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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 06:01

 

Dans son éditorial, Serge Halimi dénonce la marche forcée de la numérisation, qu’il qualifie de maltraitance institutionnelle : « Conduite à marche forcée, la numérisation de l’accès aux services publics s’applique désormais à des démarches aussi indispensables qu’une demande d’état civil, le règlement d’un impôt, l’obtention d’un permis de séjour. Pourtant, l’obligation de recourir à Internet dans ces domaines et dans beaucoup d’autres liés à la vie quotidienne (voyages, réservations, tenue de comptes) réclame un effort particulier de ceux qui sont les moins en mesure de le fournir, faute du matériel requis, des savoirs informatiques, d’une assistance des proches. Pour eux, la « start-up nation » de M. Emmanuel Macron s’apparente à une peine d’exil dans leur propre pays.

 

Dès les premiers mots du rapport qu’elle consacre au rôle croissant du numérique dans la relation entre l’administration et ses usagers, la défenseure des droits Claire Hédon donne le ton : « Dans les permanences de nos délégués territoriaux arrivent des personnes épuisées, parfois désespérées, qui font part de leur soulagement à pouvoir, enfin, parler à quelqu’un en chair et en os» Les scènes poignantes de Moi, Daniel Blake, le film de Ken Loach dans lequel un chômeur britannique fait face à des procédures administratives d’autant plus inhumaines qu’elles sont informatisées, se rejouent quotidiennement en France. Treize millions de personnes, soit une sur cinq, y galèrent avec le numérique sans que les responsables politiques se soucient de leur existence.

 

 

 

 

 

Un article d’Hélène Richard et Anne-Cécile Robert écrit avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie : “ Le conflit ukrainien entre sanctions et guerre ” : « En reconnaissant l’indépendance de deux régions séparatistes, le président Vladimir Poutine a porté atteinte à l’intégrité de l’Ukraine et accéléré la spirale des sanctions occidentales contre la Russie : liste noire de dirigeants, embargos, restrictions financières… Bien que ces mesures soient rarement efficaces, Washington et l’Union européenne en font un usage croissant. »

 

 

 

Frédéric Le maire se demande s’il faut craindre l’inflation : « Confrontés aux soubresauts de l’économie mondiale, les dirigeants politiques ressemblent aux plombiers des dessins animés. Dépourvus d’outils pour colmater une fuite d’eau, ces derniers utilisent leurs mains… mais le liquide finit toujours par rejaillir ailleurs. Déflation ou bulles spéculatives, inflation ou récession, la plomberie néolibérale ne répare rien, elle déplace les problèmes. »

 

 

 

Évelyne Pieiller revient sur “ L’éternelle fabrique de l’histoire ” : « Au début des années 1980, le discours sur la « fin des grands récits » postula que toute tentative de comprendre l’histoire collective et de lui donner un sens relevait de l’illusion. La fin des idéologies et celle de la croyance au progrès constituèrent autant de variations sur ce thème. Or les grands récits reviennent, divers, pour proposer des avenirs. »

 

 

 

 

Le Monde Diplomatique (271)

 

Pierre Daum évoque “ le niqab au pays des soviets indiens ” : « Alors que, sous la houlette du premier ministre indien Narendra Modi, intégriste hindouiste, les musulmans sont pourchassés et que les violences interreligieuses se développent dans tout le pays, au Kerala ils s’affirment de plus en plus dans l’espace public. On y voit couramment des femmes en voile intégral. Pourtant, ce petit État indien est dirigé par les communistes. Une alliance inédite entre des marxistes et des musulmans rigoristes ? »

 

 

 

Alan Audi : Pour Alan Audi, la Cour suprême des EU est suprêmement politique : « En démissionnant de la Cour suprême, le juge Stephen Breyer a permis au président Joseph Biden de nommer son remplaçant, qui doit être confirmé par le Sénat. En l’occurrence, il s’agira d’une remplaçante, M. Biden ayant promis de choisir une Afro-Américaine. L’équilibre politique de la Cour ne sera pas modifié pour autant : celle-ci continuera à favoriser des politiques conservatrices. »

 

 

 

Michael Klare estime que le repli américain aura duré six mois : « Six mois après la chute de Kaboul et la débandade occidentale en Afghanistan, les États-Unis se sentent obligés de relever le défi que leur pose un rival stratégique, la Russie, certes militairement puissant mais moins prioritaire à leurs yeux que la Chine. Les tensions croissantes en Ukraine leur permettent toutefois de rassembler derrière eux des alliés européens apeurés. »

 

 

 

Damien Lefauconnier explique pourquoi : en Irak et en Syrie, les civils sont les premières victimes des bombardements : « L’usage intensif des bombardements aériens dans les multiples conflits en Syrie et en Irak a provoqué la mort de milliers de civils en moins de dix ans. Dans tous les cas, les acteurs impliqués tendent à minimiser le bilan qui leur est imputable, à l’image de l’alliance internationale menée par les États-Unis. Ou à le nier, comme le fait la Russie, alliée du régime syrien. »

 

 

 

Ernesto Samper Pizano donne la parole à un ancien président de la Colombie : « Président de la Colombie entre 1994 et 1998 et secrétaire général de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) de 2014 à 2016, M. Ernesto Samper dresse un tableau sombre des politiques menées en Amérique latine au cours des dernières décennies. Après la crise sanitaire, qui a révélé la faillite du néolibéralisme, la voie du progrès passerait désormais par l’intégration régionale. »

 

 

 

Philippe Leymarie nous rappelle quand les yeux des Australiens se sont décillés (“Le club des « cinq » face à la Chine ”) : « Si le vaste maillage des services de renseignement américains a été révélé notamment par MM. Edward Snowden (en exil) ou Julien Assange (en prison), personne ne semble dérangé par l’alliance des cinq géants de l’espionnage : États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande. Nés après la seconde guerre mondiale, ces « five eyes » connaissent une nouvelle jeunesse.

 

Longtemps, ce fut une alliance invisible, y compris pour les dirigeants des pays concernés. Le travailliste australien Gough Whitlam la découvre en 1973, à l’occasion d’une crise constitutionnelle, alors qu’il est premier ministre. Celui qui avait entrepris de moderniser son pays, aboli la White Australia policy (la politique raciale qui n’autorisait que les Européens blancs à immigrer), retiré ses soldats du Vietnam et reconnu la République populaire de Chine, apprend que l’Australie est reliée à un réseau secret d’échange automatique de renseignements avec les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, familièrement appelé les five eyes (« cinq yeux » ou FVEY). On l’informe par la même occasion que la base d’écoutes australienne de Pine Gap est passée pratiquement sous le contrôle de la Central Intelligence Agency (CIA)… qui provoquera vraisemblablement son limogeage deux ans plus tard. »

 

 

 

Emmanuel Haddad décrit “ Les chrétiens d’Orient « chez eux » en France ” : « Depuis plus d’un demi-siècle, des ressortissants du Proche-Orient de confession chrétienne choisissent la France comme terre de refuge et d’exil. Ces diasporas ont vu leurs rangs s’élargir au fil des multiples soubresauts subis par leurs pays d’origine. Préserver leur culture ancestrale et dépasser l’entre-soi pour s’intégrer dans la société française est pour elles un défi quotidien. »

 

 

 

Nedjib Sidi Moussa évoque : “ Les enfants perdus de l’« Algérie française » : « Soixante ans après la conclusion des accords d’Évian, qui conduisirent à l’indépendance de l’Algérie, le souvenir des attentats perpétrés par l’Organisation armée secrète (OAS) s’est estompé. Pourtant, cette violence d’extrême droite fut responsable de centaines de tués et d’importantes destructions, sur les territoires algérien et métropolitain. »

 

 

 

Aurélien Bernier décrit le nouveau “ made in France ” : « C’est un petit séisme dans le monde de l’étiquette. La direction de l’usine en charge de la confection des étiquettes portant la mention “fabriqué en France” a annoncé la délocalisation de sa production sur un site chinois» En publiant cette (fausse) dépêche en 2016, les auteurs du site parodique Le Gorafi savaient-ils qu’on trouvait déjà, sur la plate-forme de commerce en ligne Alibaba, des centaines de références d’étiquettes made in France fabriquées en Chine ? »

 

Il y a quelques décennies, un tel constat aurait sans doute suscité la résignation, tant les délocalisations font partie des « évidences » défendues par la pensée libérale. Mais la pandémie de Covid-19 a bousculé quelques certitudes. Alors que la France découvre que 80 % des molécules pharmaceutiques dont elle a besoin sont importées, l’heure n’est plus à la plaisanterie. La promesse de relocaliser figure désormais au rang des passages obligés des discours politiques.

 

 

 

Pour Marc Endeweld, “ Le pouvoir gesticule, l’industrie agonise ” : « En déplacement à Amiens au début de son mandat, M. Emmanuel Macron promettait de sauver l’usine de sèche-linge Whirlpool, menacée de délocalisation. Deux ans et un repreneur plus tard, le site fermait ses portes. Une histoire qui symbolise le bilan du président en matière de politique industrielle : beaucoup de paroles et peu de résultats.

Il y a deux ans, la pandémie de Covid-19 a suscité la sidération dans la population. C’est sans doute sur le terrain industriel que la prise de conscience fut la plus douloureuse : la France est le seul membre du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) à ne pas avoir su développer un vaccin, et le pays a été incapable de mobiliser des ressources industrielles suffisantes pour disposer ne serait-ce que de simples masques en urgence. « [La pandémie] a eu l’effet, dans le débat public, d’un électrochoc, constate, dans un récent rapport. le Haut-Commissariat au plan, une institution fondée par le général de Gaulle en 1946, supprimée en 2006 et ressuscitée par le président Emmanuel Macron à l’automne 2020. Les fragilités résultant de la désindustrialisation ont éclaté au grand jour : masques, respirateurs, équipements médicaux et produits stratégiques, certains vitaux, ont fait cruellement défaut lorsque la France a dû affronter l’épidémie. »

 

 

Margot Hemmerich et Clémentine Méténier estiment que, pour beaucoup de jeunes à la Réunion, l’exil est le seul horizon : « La population de la Réunion a quadruplé depuis que l’île est devenue département français en 1946. Afin de limiter la pression démographique et d’éviter une explosion sociale, les autorités ont toujours encouragé l’émigration vers la métropole. Mais cette dépendance vis-à-vis de l’Hexagone prive les Réunionnais d’une partie de leurs talents. Les jeunes gens aspirent de plus en plus à rester et à parler leur langue maternelle. »

 

 

 

Guillaume Fondu demande ce qu’est un roman progressiste ? : « Chercher à définir ce qui, dans une œuvre littéraire, relève d’une démarche progressiste est devenu rare. Aujourd’hui, ce label est souvent attribué en fonction du sujet traité. Georg Lukács avait ouvert jadis des pistes autrement plus stimulantes. »

 

 

 

Pierre Rimbert s’en prend ironiquement au Totem teuto dans les médias français : « Si l’éditocratie française éblouit la planète entière, c’est avant tout par la folle originalité de ses analyses. « Voilà une élection allemande tout à fait extraordinaire », a expliqué Bernard-Henri Lévy peu après le scrutin fédéral de septembre dernier : il « donne au monde et à la France une belle leçon de démocratie » (Le Point, 30 septembre 2021). « Ce qui se passe à Berlin, où une coalition dévoile sa feuille de route après des mois de négociation, constitue effectivement une leçon de démocratie », confirme Thomas Legrand, l’éditorialiste politique de France Inter dans une chronique audacieusement titrée « La leçon de démocratie allemande » (26 novembre 2021). « Les Allemands sont en train de nous donner une formidable leçon de démocratie », renchérit le quotidien économique Les Échos (27 septembre 2021). »

 

 

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