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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 06:01

Je crois que c'est le journaliste et romancier canadien Pierre de Grandpré qui a dit que l'expérience n'était pas transmissible.

 

Je ne suis donc pas étonné de ne pas pouvoir transmettre à mes deux dernières comment j'ai vécu l'extraordinaire effervescence de la musique populaire (la “ pop music ”) dans les années soixante. Elle a façonné ma vie et conditionné une partie de ma recherche universitaire.

 

Il ne se passait pas une semaine sans qu'une création originale, que l'on se mettait instantanément à fredonner, puis à déchiffrer (je ne serais peut-être pas devenu prof d'anglais sans les Beatles et Dylan), nous tombe dessus, complètement inattendue, inimaginée plus qu'inimaginable. Á chaque fois, non seulement des nouvelles sonorités, mais aussi une approche nouvelle de la vie, une vista, c'est-à-dire une vision du monde mais aussi une clairvoyance, un résumé de l'avant et une anticipation de l'après.

 

Ci-dessous, les "120 plus grandes chansons des années soixante". Si l'on ne s'en tient qu'aux trois premières ("Hey Jude", "Satisfaction", "Like a Rolling Stone"), elle seront encore présentes, chantées et jouées dans 100 ans. Mais, bien sûr, cette liste – impérialisme culturel anglo-saxon oblige – a un gros défaut : elle ne compte pas une seule chanson française ("Et maintenant"), belge ("Ne me quitte pas"), et la seule chanson italienne présente est la version, en anglais, par Elvis Presley, d'"O sole mio". Pas une chanson du monde hispanique ou russe. 

Mais ne boudons pas notre plaisir...

 

PS : Á propos des Beatles.Toutes leurs chansons, les plus grands succès au premier chef, sont désormais pour nous des œuvres “ évidentes ”, au même titre que “ La Petite musique de nuit ” ou le “ Ständchen ”. Jouons au jeu suivant : nous venons de la planète Mars et nous ne savons rien des Beatles et de leur musique. Un groupe de musiciens et chanteurs très talentueux, les Analogues, a entrepris d'interpréter sur scène un certain nombre de leurs œuvres en respectant au millimètre leurs orchestrations, leurs harmonies etc. On a donc, grâce à eux, les chansons des Beatles comme au premier jour. En faisant semblant de croire que les Analogues ont créé ces œuvres, on se dit qu'à l'évidence elles sont d'une inventivité phénoménale. Ici les exemples de “ A Day une the Life ” ou “ Golden Slumbers ”. Ici, une heure en compagnie des Analogues.

 

Est-il besoin de préciser que les Analogues sont néerlandais, que leur anglais est parfait et qu'il est impossible de détecter leur origine “ étrangère ” ?

 

Et puis, une petite séquence pour la route : un “ flashmob ” de trois grands succès des Beatles, Place Plumereau à Tours, à deux pas de l'endroit où Raphaëlle et Rébecca ont vécu leurs premières années.

 

 

Plein mes oreilles, il y a cinq décennies
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commentaires

A
En lisant j'ai pensé à ce spectacle : https://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/les-franglaises-l-art-de-la-traduction-litterale-des-chansons-en-anglais_870493.html<br /> Et je me dis que pour des gens comme moi qui ont une connaissance approximative, mais alors très approximative, de l'anglais, sans doute beaucoup de ces chansons anglo-saxonnes ont l'avantage pour elles de conserver parfois leur petit mystère.<br /> Finalement quand nous ne comprenons pas les mots, la voix par l'intermédiaire de leur sonorité agit comme un instrument musical supplémentaire. <br /> Quand Billie Holiday chante Strange Fruit et que nous savons qu'il s'agit d'un hymne antiraciste, sa voix porte une charge émotionnelle si grande que même en ignorant la langue le but est atteint. Puis c'est vrai on va ensuite chercher à comprendre les paroles. On se renseigne sur l' auteur de ces paroles. On découvre qu'il est juif et communiste, que lui et son épouse ont recueilli les enfants Michael et Robert Rosenberg. Tout ça dans 1 chanson...<br /> À l'inverse on pourrait objecter que si on ne fie qu'à la musique, sans comprendre les paroles, il y a risque de contresens.<br /> Quand même et pour revenir sur un argument que je reconnais bien théorique, comme tout cela aurait été bien différend si l'Histoire avait été fidèle au récit de Laurent Binet dans son livre CIVILIZATIONS. <br /> https://www.babelio.com/livres/Binet-Civilizations/1147797
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