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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 06:01

Avec l’aide de Maxime Vivas et de moi-même, Viktor Dedaj administre le site du Grand Soir. Il mène depuis des années un combat acharné pour la libération de Julian Assange.

 

Une guerre ne devient pas une guerre le jour où les médias décident de vous la montrer.

Être anti-guerre, ce n'est pas être simplement contre “ la ” guerre. Être anti-guerre, ce n'est pas exprimer des positions (plutôt futiles à notre humble niveau) une fois qu'elle a éclaté. Être anti-guerre, c'est vouloir comprendre l'enchaînement des décisions prises par chacun des acteurs qui ont mené à un tel dénouement. Être anti-guerre, ce n'est pas déclarer son opposition à sa forme la plus concrète, évidente, et spectaculaire, mais d'être aussi archi-critique des actions et des logiques économiques et politiques qui l'ont alimentée. C'est tenter d'évaluer la culpabilité respective des acteurs.

Rejeter une telle démarche intellectuelle montre que l'on n'est nullement “ anti-guerre ”, seulement anti cette guerre-là, en particulier. C'est aussi exposer un “ angle mort ” sur les causes et les autres formes de guerre, économiques, tels que les embargos et blocus, qui peuvent faire, et font souvent, autant de victimes, mais silencieuses (silencieuses, parce que les grands médias en ont décidé). Les centaines de milliers de victimes des sanctions contre l'Irak, pour ne prendre qu'un exemple – et pas des plus récents – en sont la preuve.

Être anti-guerre, c'est s'opposer à toutes les guerres, y compris économiques.

Être anti-guerre, c'est s'opposer à son expression concrète et aussi aux politiques qui y ont mené.

Le premier responsable d'une guerre est évidemment celui qui l'a déclenché. Le deuxième est celui qui l'a sciemment provoqué, ou manœuvré pour, en créant les conditions qu'il savait seraient perçues comme un casus belli. Avec – et c'est important – une hiérarchisation des “ légitimités ” invoquées. Car, non, tous les casi bellorum ne se valent pas.

Que les gigantesques États-Unis considèrent comme casus belli l'instauration dans la minuscule Cuba d'un système socio-économique inconvenant à leurs yeux n'est pas la même chose que l'installation de missiles nucléaires sous le nez de votre adversaire. Et l'installation de missiles nucléaires sous son nez n'est pas la même chose si lui-même a commencé par en installer sous le vôtre. (Le résultat final pouvant être difficile à distinguer, on est d'accord).

Il est donc évident, et je n'ai pas l'intention de m'en cacher ni de me justifier, que je “ comprends ” mieux la position russe que la position occidentale. On l’a compris, je considère l'Ukraine comme un pion du camp occidental, et la réaction des chancelleries occidentales tend à me conforter dans cette opinion. On dirait qu'elles n'attendaient que ça.

Il me paraît évident aussi que la diabolisation des Russes pour cet acte d'agression n'est qu'une de ces farces régulières dans lesquelles les médias entraînent les populations hébétées. C'est quoi ça ? Quelle population a déjà été lynchée par les médias occidentaux et sanctionnée par les politiques pour un acte d'agression commis par ses dirigeants ? Et qui en a déjà commis et combien de fois, et qui en commet en ce moment même, et sous quelles formes et avec quelles “ excuses ” et pour quelles indignations ? Posez les listes côte-à-côte, et on en reparle.

Et il se trouve aussi que, contrairement à d'autres, je m'en cogne et contre-cogne que l'Ukraine se trouve en Europe et que ses habitants soient des blonds aux yeux bleus.

Alors,

Aux Raphaël Glucksmann et consorts...

Á tous ceux qui ont trouvé dans cette affaire un exutoire pour leur racisme, leur bellicisme – qui l'eut cru ? – et un casus belli contre la liberté d'opinion et notre droit de savoir...

...Tant que la Tour Eiffel ne sera pas éclairée, ne serait-ce qu'une fois, une seule fois, aux couleurs de la Palestine, du Yémen, du Soudan, de l'Irak ou de [longue liste], je n'ai qu'une réponse : « Fermez-la ».

 

 

 

La guerre en Ukraine : une réflexion dialectique de Viktor Dedaj
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commentaires

A
Au chapitre des petits ruisseaux de la propagande qui font le grand fleuve du consentement on aura noté le petit drapeau ukrainien qui est apparu à l'angle supérieur droit de nos écrans télé et sur nos nombreuses chaînes. <br /> Concernant la guerre on a envie de reprendre les paroles mi-sérieuses mi-ironiques de la ( belle)chanson de Charlebois : https://greatsong.net/PAROLES-ROBERT-CHARLEBOIS,ORDINAIRE,102336069.html<br /> Autour de moi il y a la guerre<br /> Le peur, la faim et la misère<br /> Je voudrais qu'on soit tous des frères<br /> C'est pour ça qu'on est sur la terre<br /> Chui pas un chanteur populaire<br /> Je suis rien qu'un gars ben ordinaire<br /> Ordinaire, ordinaire, ordinaire<br /> Sinon j'ai lu un commentaire très juste qui signalait que Poutine en intervenant en Ukraine nous a guéri en même temps du Covid puisqu'il en est plus question.<br /> C'est vrai que pour cette guerre mais aussi comme pour tous les sujets, on fait discuter sans fin sur une situation présente en prenant soin d'éviter l'historique. L'argument avancé est qu'il s'agit d'une situation à laquelle il faut répondre maintenant et tout de suite, sauf que bien souvent la solution se trouve l'origine du long enchaînement qui a mené à la situation de crise.<br /> Cependant cette démarche s'oppose à la logique et aux intérêts du camp adverse car il faudrait poser des questions aussi élémentaires que celles-ci :<br /> Quelles sont les raisons qui justifient la présence sur le sol européen des USA ( je sais je l'ai déjà dit ) ?<br /> Pense-t-on vraiment que la Russie est un danger pour l'Europe ? <br /> L'intérêt de la Russie n'est-il pas dans des relations apaisée avec l'Europe ? <br /> L'intérêt économique des USA n'est-il pas dans l'antagonisme Europe/Russie ?<br /> À propos des sanctions je suis étonné par la naïveté ou la servilité de l'Europe et particulièrement de la France ou plus précisément de notre chef, évidemment suprême. En effet si ces sanctions auront peu d'effets négatifs pour les USA sinon marginalement en positif, elles ajouteront à nos difficultés économiques actuelles de nouvelles compte tenu de nos échanges commerciaux avec la Russie. C' est d'une bêtise sans nom.<br /> En tout cas les USA n'oublient pas leur intérêt puisque j'ai lu que Biden avait envoyé un émissaire au Venezuela pour s'approvisionner en pétrole. <br /> Preuve qu'ils ont beaucoup plus pragmatiques que notre idiot de l'Élysée.
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E
c'est malheureux à dire, pour un pays comme la France, d'en être obligé à aller chercher des informations objectives dans des lieux très très lointains comme les Etats Unis, l'Angleterre, même l'Espagne . Des sites d'information qui appellent un chat un chat et ne s'adonnent pas à des circonvolutions pseudos dramatiques où l'on nous raconte un récit pour nous émouvoir et nous attendrir. La liste serait trop longue pour convaincre de cette omerta qui est en train de se dérouler sous nos yeux. <br /> Ne nous y trompons pas , toute guerre est atroce , toute violation du droit des pays à être souverain dans ses frontières est inique , que ce soit en Ukraine, au Yémen, en Palestine. Ouvrons les yeux bon sang !
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J
C'est ce que j'essaye de faire comprendre dans mes billets quotidiens
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