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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 05:01

Serge Halimi analyse longuement la manière dont l’élection présidentielle est « percutée » par la guerre en Ukraine : « Alors même que nombre de bouleversements sont intervenus depuis cinq ans et que la politique du président Emmanuel Macron ne peut se prévaloir d’aucun succès réel, sa reconduction à l’Élysée paraît le scénario le plus probable : l’extrême droite est puissante mais divisée entre deux candidats peu susceptibles de triompher du président sortant ; une bonne part de l’électorat bourgeois et conservateur de la droite est aspirée par M. Macron, à qui se sont déjà ralliés nombre de ses caciques ; enfin, la gauche est trop faible pour s’imposer, d’autant que depuis cinq ans les partis qui la composaient vaille que vaille ont conforté des analyses de plus en plus éloignées sur des questions aussi capitales que l’âge du départ à la retraite, la planification économique, la place du nucléaire dans le mix énergétique, les institutions de la Ve République, le fédéralisme européen, l’alliance avec les États-Unis, la guerre en Ukraine… De telles fractures ne sont pas susceptibles de se résorber, même si, le 10 avril prochain, M. Jean-Luc Mélenchon accédait au second tour du scrutin présidentiel, une performance à laquelle aucun autre candidat de cette (ex-)famille politique ne peut prétendre. En tout état de cause, la poursuite de la guerre en Ukraine favorise M. Macron en mobilisant l’attention des Français sur les efforts diplomatiques de leur président. »

 

 

Pour Olivier Zajec (professeur de sciences politiques à Lyon 3), « En annonçant qu’il plaçait sa force de dissuasion en état d’alerte, le président russe Vladimir Poutine a contraint l’ensemble des états-majors à mettre à jour leurs doctrines, le plus souvent héritées de la guerre froide. La certitude de l’annihilation mutuelle – dont l’acronyme en anglais MAD signifie « fou » – ne suffit plus à exclure l’hypothèse de frappes nucléaires tactiques, prétendument limitées. Au risque d’un emballement incontrôlé. »

 

 

Pour François Thuillier (“ Genèse du discours sécuritaire ”), Peu de questions illustrent aussi bien le glissement de l’échiquier politique français vers la droite que la thématique de la « sécurité ». Pour une partie des candidats à la présidentielle française de 2022, elle constitue l’unique prisme permettant d’appréhender les dysfonctionnements de la société. Comment l’obsession de certains est-elle devenue aussi centrale ?

 

 

 

Maëlle Mariette explique pourquoi le Venezuela est « brisé par les sanctions » : « Soucieuse de s’assurer un approvisionnement en pétrole dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’administration américaine a dépêché, début mars, une équipe à Caracas, dont Washington refusait jusque-là de reconnaître les autorités. Après avoir semé le chaos dans le pays par leurs sanctions, les États-Unis estiment peut-être le Venezuela suffisamment transformé pour leur être de nouveau utile. »

 

 

En Égypte, selon Léa polvérini, « l’avenir passe par les pharaons » : « Le régime du président Abdel Fattah Al-Sissi exploite à tout- va le prestigieux passé antique de son pays, symbole millénaire de pouvoir. Source importante de devises, la mise en valeur de ce patrimoine permet aussi d’atténuer les critiques formulées à l’étranger sur les violations des droits humains. »

 

 

Romain Mielcarek explique pourquoi la défaite française au Sahel est « inavouble » : « Accueillis en héros en janvier 2013 après avoir arrêté une offensive djihadiste partie du nord du pays, les soldats français ne sont plus les bienvenus au Mali. La junte au pouvoir révise ses alliances en se rapprochant notamment de la Russie, et oblige la France à repositionner ses troupes dans la région. Sur le terrain, l’absence de progrès économiques se fait sentir. »

 

 

Martine Bulard ouvre un dossier sur « l’engrenage » en Ukraine : « Longtemps les images de champignons nucléaires renvoyaient à un âge révolu. Elles nourrissent à présent un avenir possible. Découlant de motivations géopolitiques, mémorielles et idéologiques), l’invasion de l’Ukraine, suivie de son cortège de dévastations, de réfugiés et de censures a précipité le basculement de l’Europe dans un univers guerrier que la plupart des habitants du Vieux Continent avaient oublié. Alors que l’Allemagne annonce procéder à son réarmement, l’Union européenne entend promouvoir une autonomie qui ne dérangerait pas trop son suzerain américain. De leur côté, les pays asiatiques, Chine en tête, naviguent entre l’allié russe et le client occidental.»

 

 

Marc Endeweld critique durement la diplomatie d’Emmanuel Macron : « Accueilli parThe Economist  comme le « sauveur de l’Europe » et parTime  comme le prochain « leader » du Vieux Continent, le président français Emmanuel Macron fait désormais sourire dans la presse étrangère. Son action diplomatique, qui semble orchestrée par des agences de communication, a été rythmée par des « coups », le plus souvent infructueux. »

 

 

 

 

Le Monde Diplomatique (272)
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