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28 avril 2022 4 28 /04 /avril /2022 05:15

Depuis quelques semaines, un groupe d’une douzaine de zonards s’est installé à 30 mètres de chez moi, à 5 mètres de la sortie du métro Garibaldi.

 

Pourquoi ont-ils choisi cet endroit ? Je n’en sais rien et je n’ai pas spécialement envie de le leur demander.

 

J’utilise à dessein le mot “ zonard ” qui date des années 1930, à l’époque où sévissait une crise économique grave dans notre pays, avec très peu de protection sociale. Aujourd’hui, un zonard est une personne de la zone, ou d’une zone qui vit plus ou moins en marge de la société.

 

Tout est dans le plus ou moins. Nous avons ici, en effet, affaire à une véritable culture. Cela fait bien 50 ans que des personnes, majoritairement masculines, passent quelques années de leur vie dans cette posture. Ils sont habillés et coiffés de manière similaire et sont entourés de chiens de races également similaire.

 

Pour ce qui est de la bande voisine de mon immeuble, il s’agit de gens bien nourris, très peu alcoolisés. Leurs chiens ne sont pas agressifs (ce qui n’est pas toujours le cas) et leurs sébiles sont désespérément vides car ils ne mendient pas (ce qui n’est pas toujours le cas non plus).

 

Ils ne gênent personne. Un résident de mon immeuble estime que la rue étant à tout le monde, le trottoir n’appartient pas à notre immeuble. Ma conception est que la rue étant à tout le monde, elle n’appartient à personne. Que dirait mon contradicteur si – tout est possible – 150 Roms ou Auvergnats s’installaient au même endroit avec une trentaine de chiens ?

 

Des voisins doués d’une bien plus belle âme que la mienne me disent qu’ils sont en rébellion contre le système et en perdition. Je ne le crois pas. Lorsqu’on est en rébellion contre un système, on agit contre ce système. Que font-ils contre le système à part dormir dans des foyers, toucher des subsides qui leur permettent de ne pas crever de faim et s’acheter un ou deux litres de bière par jour ? Sans parler de la nourriture et des soins pour les chiens, dont on sait ce que cela coûte quotidiennement. Sans parler non plus de l’abonnement internet. Bref, ils ne sont pas du tout en perdition et réintègreront la société civile quand ils auront décidé, par exemple, d’aller ramasser des melons à la saison.

En perdition, ou pas…
En perdition, ou pas…
En perdition, ou pas…

 

 

Un pauvre hère authentiquement en perdition est ce malheureux assis dix heures par jour devant un café bien connu dans le 7ème arrondissement de Lyon. Il est imbibé, malade, fait vingt ans de plus que son âge et je ne serais pas étonné qu’il passe l’arme à gauche rapidement. Il occupe un demi-mètre carré du trottoir et demande de l’argent aux passants. Il n’a pas choisi son triste sort.

En perdition, ou pas…
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https://laurencekt.wordpress.com/2020/08/27/people-exode-a-hollywood-la-la-land-usine-a-cauchemars/
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