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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 05:00

Repris d’Europe1 (Nicolas Beytout)

 

Attendons-nous à ce que la suppression du corps diplomatique plombe l'influence de la France.

 

La réforme de la haute fonction publique, qui prévoit la suppression du corps diplomatique, est redoutée par les hauts-fonctionnaires. Ils seront rassemblés sous un même statut, celui des administrateurs de l'État.

 

La création d'un nouveau corps, les administrateurs d’État, n'est pas anodine. Ce statut, qui fait l'objet d'un décret examiné, doit regrouper les hauts-fonctionnaires des différentes administrations comme les préfets et les inspecteurs généraux. C'est la conséquence de la réforme de la haute fonction publique, lancée par le banquier éborgneur et emmerdeur, qui doit également acter la suppression de l’ENA. 

 

6 000 cadres vont perdre l'appartenance à leur corps d'origine.

 

La nouvelle entité des administrateurs d’État regroupera une bonne partie des plus hauts dirigeants de l’administration française, ceux qui sont actuellement membres des fameux grands corps de l’État : préfets, diplomates, magistrats de la Cour des Comptes, inspecteurs généraux.

 

Ce sont près de 6 000 cadres dirigeants qui vont être rangés sous un même statut. Et donc perdre, progressivement, leur appartenance à leur corps d’origine. C’est l’autre face de la suppression de l’ENA : on supprime également les signes distinctifs d’appartenance à une certaine élite, celle des préfets par exemple, des conseillers d’État ou des diplomates de haut rang.

 

Pour le gouvernement, cette réforme permettra à la fonction publique d'être moins fermée. Ce qu’on reproche le plus souvent aux actuels grands corps, c’est l’entre-soi et le fait, lorsqu’on y est entré, d’être assuré d’avoir une histoire professionnelle toute tracée, à l’abri des aléas professionnels ou des évolutions du métier. Il y a quelques mois, devant des centaines de hauts-fonctionnaires, le banquier éborgneur et emmerdeur avait soutenu que l’ENA et son classement de sortie « scellaient des destins à 25 ans, pour le meilleur et quelquefois pour le pire ».

 

Être membre d’un grand corps, c’est avoir une carrière planifiée, c’est être protégé. C’est surtout porter les signes distinctifs d’appartenance à une élite. Ce qui, évidemment est insupportable, en ces temps de “ populisme light ”. Alors, on les supprime, tous ces signes extérieurs d’influence. Les préfets, les membres du Conseil d’État ou de l’inspection des Finances existeront toujours, mais leur recrutement ne sera plus le même. Les diplomates, eux aussi, perdront une partie de ce qui fait leur communauté, leur histoire collective. Et c’est difficile de ne pas voir dans cette disparition une manifestation du recul des ambitions de la diplomatie française dans le monde.

 

Pour autant, il restera toujours des ambassades, avec des ambassadeurs, des diplomates en France et à l'étranger. Mais, une partie de ce qu’ils sont s’effacera progressivement, au fur et à mesure que leur corps se diluera.

 

La diplomatie française, ce n’est pas un ensemble de cadres piochés dans un groupe de hauts potentiels à qui on inculque le béaba des relations internationales, de l’histoire des civilisations et des conflits contemporains. Ce ne sont pas les mêmes savoirs que pour être inspecteur général de l’Éducation nationale, ou préfet. Les compétences ne sont pas les mêmes, les caractères ne sont pas les mêmes.

 

Faire disparaître ce genre de grand corps, c’est faire disparaître une filière d’excellence. Et ce qui est préoccupant, c’est que tout ça se produit alors que les grandes heures de la diplomatie française sont déjà en train de disparaître. Le budget des ambassades est miséreux, et la puissance de frappe de nos représentants à l’étranger s’est insensiblement affaiblie depuis quelques années. L’exemple le plus frappant de cette triste réalité se trouve à Bruxelles, où la représentation française est maintenant dépassée par la diplomatie allemande. Notre présence dans les arcanes de la Communauté européenne est passée au second plan. Notre influence y perd.

 

La fin du corps diplomatique français
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commentaires

A
L'autre jour je regardais sur RMC découvertes un documentaire sur la construction du Tunnel sous la Manche. Ça racontait les projets du XVIII ère siècle au XX ème. Évidemment le plus intéressant était le dernier projet qui lui s'est concrétisé.<br /> La partie politique est tout aussi intéressante que l'exploit technique et je dirais que si la première étape n'avait abouti la seconde ne serait même pas posée. <br /> On ne peut pas regarder cette histoire sans passer par des sentiments divers mais toujours positifs jusqu'aux émotions ressenties comme l'accolade des 2 techniciens - 1 anglais et 1 français - tirés au sort et qui se tiennent à travers le dernier trou qui fait la jonction ou bien encore lors de l'inauguration par Mitterrand et la reine Élisabeth car il y a dans cette événement final un remerciement implicite et ressenti comme tel, à tous ceux qui ont concouru à ce succès. <br /> Pour quelles raisons je raconte tout ça ? Parce qu' en regardant ce documentaire je me suis posé la question qu'elle réalisation concrète, même beaucoup plus modeste, peut être mis au crédit de notre camarade Macron pendant son quinquennat.<br /> La réponse est simple : aucune. Pire car ce à quoi on a assisté c'est une démolition persévérante de tout ce qui fait la singularité ou la richesse du pays, des biens industriels avec les brevets qui vont avec aux lois sociales jusqu'à la réduction des libertés. Son passage qui a de fortes chances de se poursuivre n'est qu'un champ de ruines. Aurait-il fait construire un musée à sa gloire ou par mégalomanie, le motif aurait été critiquable mais au moins aurions posé devant nos yeux un objet en plus. Mais rien, le néant
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