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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 05:04

Dans Le Grand Soir, Guillaume Suing s’en prend violemment à la candidature Jadot, selon lui, « le vote anti-écologiste par excellence » : Voter pour Jadot, c’est refuser clairement qu’un programme écologique, celui de l’Union Populaire défendu par Jean-Luc Mélenchon, passe le cap du second tour et soit donc potentiellement appliqué. C’est voler objectivement au secours du « fascisme en marche », version Le Pen et du candidat « En Marche » vers le fascisme Macron, dans leur duo concerté et planifié de longue date pour la présidentielle. C’est, enfin, pour Jadot, démontrer par l’acte concret, celui du vote, que les discours sur le climat, l’agriculture saine et la biodiversité sont pour eux de creuses utopies, tout juste utiles à rhabiller une nouvelle social-démocratie sur les cendres socialiste, jamais à changer le cours des choses dans le réel. Un peu comme le discours « social » pour le Parti Socialiste des années Mitterrand aux années Hollande.

Le bulletin de vote Jadot n’est bien souvent qu’un acte irrationnel de haine « anti-Mélenchon » dicté par un patient travail de propagande politico-médiatique, voire un acte irresponsable et coupé des aspirations populaires, dicté par l’esprit de chapelle pour la tristement célèbre « lutte des places » à quelques mois des élections législatives, à la faveur d’une coupable sous-estimation de la menace fasciste et de la prolongation ultra-libérale du règne Macron, dont seul le peuple paiera le prix.

 

 

Dans le blog du réveil communiste, Gilles Questiaux » s’interroge sur « La gauche, les ouvriers, l’extrême droite, et les droits de l’homme » : 

 Les militants de gauche se disputent en ce moment sur la question de savoir quel candidat il faut soutenir et s’accusent mutuellement de trahison. Mais pendant ce temps-là, les ouvriers sont de plus en plus à droite. 

La gauche toutes tendances confondues malgré quelques nuances est favorable aux migrants, indulgente avec les délinquants, et propose d’attribuer des revenus à vie à ceux qui ne travaillent pas.

Or, sauf erreur, on dirait que la classe ouvrière est opposée à l’immigration, excédée par la délinquance et contre l’assistanat. C’est en tout cas ce que semble montrer la prégnance du vote d’extrême droite dans la classe ouvrière.

Si c’est bien le cas on voit que le divorce est profond.

Sur l’insécurité, on ne reviendra pas sur le sujet sauf pour rappeler qu’au bout du compte c’est la classe ouvrière qui en paye le prix.

Sur l’assistanat, s’il n’est pas carrément rejeté, il est perçu souvent dans les classes populaires comme une entreprise de dévalorisation du travail, qui est au cœur de la fierté ouvrière.

Incidemment, la classe ouvrière n’aime pas qu’on remette en cause les normes morales en cours. La gauche à ce sujet est dans le chamboule-tout permanent et dans un irrespect de principe des traditions qui est une sorte de tradition en soi, la culture « Charlie ».

Le rejet de l’immigration dans la classe ouvrière est imputable sans doute en partie à la prégnance des idéologies racistes profondément diffusées dans les sociétés occidentales dans les générations précédentes pour justifier la colonisation et diviser la classe ouvrière, enseignées à l’école et propagées par les médias. L’inertie idéologique joue un rôle.

On peut faire l’hypothèse principale que le rejet de l’immigration provient du fait qu’elle a été imposée à la classe ouvrière par la bourgeoisie, dans son besoin insatiable de main-d’œuvre exploitable. Fondamentalement le fait migratoire tourne le dos à la démocratie et continue l’œuvre de division de la classe ouvrière par d’autres moyens.

Il advient que face au rejet dont ils font l’objet ces ouvriers immigrés, ou plutôt leurs enfants, sous l'influence de la petite bourgeoisie de gauche radicale ne s’assimilent pas, ou pour mieux dire : s'assimilent en prétendant refuser cette assimilation en bon gaulois frondeurs qu’ils sont devenus sans s’en apercevoir. Mais ils sont alors condamnés à s’ethniciser superficiellement et à revendiquer une considération sociale qui ne sera utile que pour une nouvelle bourgeoisie cooptée dans leurs rangs par la discrimination positive.

Et il est significatif que la gauche n’a jamais eu tant d’influence sur la classe ouvrière que lorsqu’elle ne professait aucun respect particulier pour les droits de l’homme, au-delà de ce qui était nécessaire pour construire un front antifasciste.

Revue de Presse (401)
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commentaires

A
Oups ! mille excuses à Paul Lafargue : " Au lieu de réAgir contre cette aberration mentale... "<br /> <br /> Pour le travail, dont celui d'enfants de 4/5 ans au XIXème et début XXème siècles, voir l'accablant ouvrage d'Adolphe Blanqui (le frère aîné d'Auguste) : " Des Classes ouvrières en France, pendant l'année 1848 ", éditions Pagnerre, 1849. Est-ce que que la professeure de Français l'a lu ? Nous étions dans une éphémère République (la deuxième) déjà moribonde à peine née, et surtout à la veille d'un Second Empire dirigé, lui aussi, par un couple très satisfait de lui-même !
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A
On aura compris depuis longtemps que le parti dit écologiste n'est qu'un leurre au sens de piège pour attraper une partie de l'électorat progressiste tendance sociétal et le fixer hors des partis réellement à gauche. Depuis Dumond ils et elles ont prouvé qu'ils et elles n'étaient que des libéraux bon teint pour ceux et celles qui avaient une conscience politique car pour la majorité d'entre eux il ne s'agit que d'opportunistes qui un jour sont, par exemple, contre le nucléaire et les suivants pour ( Barbara Pomplilî ). <br /> Quant à son électorat, il lui permet dé s'affubler et d' afficher des valeurs progressistes sans remettre en cause l'ordre du monde qui est pourtant la cause première de ce qu'ils prétendent contester.<br /> Par conséquent le parti écologiste tel qu'il est fondamentalement ne peut pas être écologiste. <br /> À propos de l'assistanat, nous nous trouvons, dès le début de la discussion, piégés par le mot lui-même, par son utilisation car nous entrons immédiatement par la vision du monde qu'il charrie. Ici, comme bien souvent, contester ce mot c'est lui donner malgré nous un peu plus de consistance. Mais comment faire autrement ?<br /> Alors et pour reprendre le mot des adversaires, il faut sans cesse rappeler que nous sommes tout au long de notre vie à un moment ou un autre, par séquences, des assistés : assistés lorsque nous sommes enfants, puis étudiants, lorsque nous sommes malades, lorsqu'une femme est enceinte et qu'elle est est prise en charge du début de sa grossesse à ses congés de maternité, lorsque nous sommes retraités et puis plus tard vieux. Je dirais par conséquent, pour être plus conforme à la réalité, que nous ne sommes jamais assistés mais bénéficiaires de la solidarité indispensable dans une société civilisée. On aura compris que le mot assistanat agit comme le mot charges en lieu et place de cotisations sociales, comme les mots État providence pour État social.<br /> En appui de ce qui précède je citerai le texte suivant <br /> « Un étudiant a demandé un jour à l'anthropologue Margaret Mead ce qu'elle considérait comme le premier signe de civilisation dans une culture. L'étudiant s'attendait à ce que l'anthropologue parle de crochets, de bols en argile ou de pierres à aiguiser, mais non. Mead a dit que le premier signe de civilisation dans une culture ancienne est la preuve d'une personne avec un fémur cassé et guéri. Mead a expliqué que dans le reste du règne animal, si vous vous cassez la jambe, vous mourez. Vous ne pouvez pas fuir le danger, aller à la rivière pour boire de l'eau ou chasser pour vous nourrir. Vous devenez de la viande fraîche pour les prédateurs. Aucun animal ne survit à une patte cassée assez longtemps pour que l'os guérisse. Un fémur cassé qui a guéri est la preuve que quelqu'un a pris le temps de rester avec celui qui est tombé, a guéri la blessure, a mis la personne en sécurité et a pris soin d'elle jusqu'à ce qu'elle se rétablisse. "Aider quelqu'un à traverser des difficultés est le point de départ de la civilisation", a expliqué Mead. La civilisation est une aide communautaire."<br /> Quant à l'idée qu' a fait la bourgeoisie du mot travail il y aurait beaucoup à dire et pour commencer en évoquant un livre salutaire comme " le droit à la paresse " . un livre dont le propos est de désacraliser l'idéologie bourgeoise du travail, une idéologie de la soumission et non ce que pourrait être le travail et qu'il est parfois pour certains, une élévation personnelle, une libération et parfois une possibilité matérielle et intellectuelle de penser par soi-même.
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A
" Une étrange folie possède les classes ouvrières où règne la civilisation capitaliste. Cette folie trame à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de régir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. " (Paul Lafargue, 1883)<br /> <br /> En effet, no comment !!