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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 05:07

En broutant récemment sur Facebook, je tombe sur quelqu'un de ma génération s'appelant Charles Humez. Mon sang ne fait qu'un tour et je lui demande s'il est de la famille de … Charles Humez, ancien grand champion de boxe français. La réponse est oui ! Né en 1927, le grand boxeur était de la génération de mes parents. Originaire de la ville minière de Méricourt, il s'entraîna longtemps à Hénin-Liétard, dans la salle des sport de Louis Sion, à trente mètres de l'école primaire où mon père exerçait et où j'étais moi-même élève. C'est ainsi que mon père, ancien athlète de bon niveau, et lui firent connaissance. Et c'est ainsi que je fis la connaissance de Mona, la fille très mignonne des époux Humez. Sur la photo du milieu, on peut voir Charles réparé par le docteur Deltombe, qui était notre médecin de famille et qui aida ma mère, en 1953, à mettre au monde mon frère en lui racontant toute la nuit des histoires de carabin...

 

Charles Humez disputa 300 combats en tant qu'amateur en plus de 100 chez les professionnels (94 victoires dont 47 avant la limite). Il fut champion du monde amateur, champion de France professionnel et champion d'Europe des poids moyens.

 

Sur le ring, c'était un sacré dur à cuire. Dans la vie, il était affable et modeste. Quant à Mona...

 

Il décéda, trop jeune, d'une congestion cérébrale, à Bois-Bernard,  là où mon arrière-grand-mère paternelle, vers 1948-1949, me promenait tous les jours parce qu'il y avait un bois où mes poumons d'enfant prématuré pouvaient s'oxygéner. 

 

Je reprends ici de larges extraits de la page Wikipedia qui lui est consacré.

 

Charles Humez nait en 1927, à Méricourt dans le Pas-de-Calais. Ses parents tiennent une boucherie qui nourrit péniblement la famille de cinq personnes. Les revenus sont modestes puis le commerce doit fermer. En 1933, la famille s'installe à Fouquières-lès-Lens. Charles suit les cours de l'école communale. Le 19 avril 1941, son père décède. Charles doit quitter l'école pour travailler afin de contribuer à l'existence de la famille. Il est aide-cimentier puis entre aux Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais à la fosse 7 de Fouquières.

 

C'est en 1941, à lace de 14 ans, qu'il entre dans une salle de boxe. Il se révèle doué, réceptif aux conseils professeur Jean-Baptiste Tornu. C'est une force de la nature qui s'est endurcie à la mine où il déchargeait des wagons remplis de terre. Payé à la pièce, 12 francs les dix tonnes. Il déchargeait 100 tonnes par jour en s'étant fabriqué" une pelle sur mesure nettement plus large que le modèle officiel de la compagnie.

 

Au début de sa carrière de boxeur, il continue de travailler sur le terril, de 7 heures du matin à 17 heures.

 

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le ravitaillement manque souvent. Son frère Désiré, prisonnier évadé, doit se présenter deux fois par semaine à la Kommandantur de Lens. Malgré son jeune âge, Charles intègre les FFI, dont il porte la carte en septembre 1944.

 

Il se marie à Fouquières en 1945, à l'âge de 18 ans. Il entre la même année à la centrale électrique d'Haynes (où mon père va occuper son premier poste d'instituteur) et travaille jusque'à son passage chez les professionnels en 1948.

 

Après avoir mis fin à sa carrière de boxeur à 32 ans, en 1959, il revient à Hénin-Liétard, dirige une entreprise de transports, reprend un café et gère trois laveries automatiques.

 

Il s'exhibe dans quelques combats de catch pour mettre du beurre dans les épinards.

 

On l'a considéré à juste titre comme le meilleur boxeur français de l'après-guerre, derrière Marcel Cerdan. Après Georges Carpentier, né à deux pas, qui sera le premier français champion du monde de boxe anglaise et qui mènera par la suite une carrière mondaine ébouriffante (fréquentant l'Aga Khan, Louis Renault, Maurice Maeterlinck, Nijinski, Charlie Chaplin, Mistinguett, la Belle Otero), Charles marqua les esprits par sa carrière exemplaire.  

 

Charles Humez n'a pas atteint les sommets de popularité des deux boxeurs cités ci-dessus, en raison de sa réserve naturelle, et d'un style de boxe, moins marqué par la beauté des gestes que par le souci de l'efficacité, il boxe sans finesse, sans gestes élégants, il boxe pour asséner des coups et gagner. Il est dur au mal et se montre solide encaisseur. De plus, il ne participe pas à la vie parisienne, et préfère, après ses combats, rejoindre sa région natale pour se ressourcer.

 

Après quelques combats, il; s prend dans le club de boxe déHénin-Liétard, où l'entraîneur est l'ancien boxeur  Louis Sion qui va lui apprendre le métier.

 

En 1945, il obtient son premier titre de champion de France en amateur. En 1948, il remporte le tournoi de Chicago, championnat du monde officieux des amateurs. Il est également sélectionné pour les JO de Londres. En 1950, il est champion de France des poids welters en professionnel. En 1952, il devient champion d'Europe dans cette catégorie. En 1954, il devient champion d'Europe des poids moyens. En mars 1958, il bat le champion allemand Gustav Scholz. Lors de la revanche, Charles, sérieusement blessé à la bouche, abandonne. Le seul abandon, avant la limite, de toute sa carrière.

 

Il met fin à une carrière de 16 ans. Il avouera plus tard ressentir une certaine frustration : il aurait voulu au moins une fois « boxer pour le titre mondial, même gratis, puis rentrer à Hénin-Liétard, satisfait. »

 

Le nom du boxeur a été donné à de nombreuses installations sportives et de rues dans la région Nord-Pas-de-Calais. Charles Humez, sa fierté et son courage, ont suffisamment marqué les esprits pour que plusieurs livres, romans ou témoignages, jusqu'à récemment, évoquent explicitement son nom, jusqu'à Frédéric Dard qui cite son nom dans un de ses San Antonio.

 

Á la mémoire de Charles Humez
Á la mémoire de Charles Humez
Á la mémoire de Charles Humez
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commentaires

J
Charles Humez est cité quatre fois dans San-Antonio : <br /> « L’un était long et cagneux, avec un début de compteur à gaz dans le dos, style Charles Humez. Ça tourne au vinaigre (1956)<br /> « M. Jean Nohain est en train de sévir sur les ondes. Je le laisse aller, car j’ai besoin de bruit. Faut dire qu’il se déchaîne en ce moment. Il est en train de présenter au public de l’Alhambra-Maurice-Chevalier une reconstitution des Contes de Perrault. C’est Michel Simon qui est déguisé en Petit Chaperon rouge et Charles Humez qui fait la Grand’mère ! Une trouvaille, quoi ! Le loup arrive, sous les traits de Fernandel. » La vérité en salade (1958)<br /> « La preuve : mon uppercut du droit ! Charles Humez dans ses belles années ! Oh, la vache : ce parpaing ! » Faut-il vous l'envelopper ? (1969)<br /> « Il a commencé par un crochet au foie à la Charles Humez. » HS Le standing selon Bérurier (1969)
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A
Charles Humez : un autre boxeur : Laurent Dauthuille qui eut une vie terrible ! Je me souviens de la collection du Miroir Sprint de mon père qu'il gardait précieusement et de certaines photos à propos de Dauthuille qui fut, paraît-il, un grand champion... mal dirigé et dont l'entourage a amplement profité ! Est-ce vrai ?
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