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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 04:54

Lorsque l’on vient d’une famille qui a beaucoup souffert, deux cas de figure peuvent se présenter : soit on fait preuve d’une forte empathie pour ceux qui sont éprouvés, soit on met à distance le malheur des autres pour, en évacuant la détresse humaine, se persuader que tout le monde peut s’en sortir car l’adversité, les calamités, ne sont pas collectives mais individuelles. Je ne peux pas expliquer autrement les comportements brutaux, d’une dureté rare, de l’actuelle Première ministre.

 

Je reprends ici un texte d’El Diablo.

 

Le Premier ministre s'est vu reprocher un manque d'empathie et d'humanité après avoir invité une femme en fauteuil roulant qui lui faisait part de sa situation, à revenir vers l'emploi, au cours d'un échange sur France Bleu.

Lors d'une émission sur France Bleu le 7 juin, Elisabeth Borne a suggéré à l'une des auditrices, une personne handicapée privée de l’allocation adulte handicapée (AAH) en raison des revenus de son mari, de solliciter un accompagnement pour reprendre le travail... Et cela n'a pas échappé aux oppositions.

Visiblement émue, l'auditrice souhaitait savoir ce que le gouvernement comptait faire pour les personnes handicapées. Elle-même victime d’un « très grave accident » l'obligeant à se déplacer en fauteuil roulant, elle expliquait ne plus pouvoir travailler. « J’ai fait la demande d’AAH, mais dans la mesure où mon époux touche 1 800 euros malgré un loyer de 1 000 euros à Nice, on me dit que je n'ai le droit à rien car on dépasse les plafonds. Sans mon époux, je serais à la rue », détaille Dolorès.

« J’entends votre émotion », répond d’abord Élisabeth Borne en évoquant d'autres aides sans conditions de ressources, mais aussi un éventuel accompagnement « pour reprendre une activité professionnelle ». « J’adore quand madame la Première ministre dit de reprendre une vie professionnelle, mais vous savez quand vous arrivez en fauteuil… », réagit alors son interlocutrice, des sanglots dans la voix. Le Premier ministre concède alors que « peut-être, ce n’est pas le moment de parler de cette reprise professionnelle ».

 

La gauche a vivement réagi à cet échange, qui reflète selon elle un manque d'empathie et d'humanité de l'ancienne ministre du Travail. « Technocrate brutale, Elisabeth Borne humilie par erreur ou par goût ? », s'est interrogé Jean-Luc Mélenchon. « Elle humilie une femme en fauteuil », a dénoncé le leader des Insoumis, tout en rappelant qu'elle a aussi été à l'initiative de la réforme de l'assurance-chômage, ce qui lui aurait permis de « faire les poches » des allocataires.

Pour le Parti socialiste, Olivier Faure n'a pas été en reste. « C’est l’histoire d’une rencontre avec un bloc de glace », a-t-il attaqué, promettant que la coalition de gauche voterait la déconjugalisation de l'AAH.

La froideur des propos tenus par Elisabeth Borne a aussi fait réagir le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, qui a jugé l'échange « glacial » et le Premier ministre « insensible ».

[…]

« Tout simplement indigne », a jugé laconiquement Xavier Bertrand, président Les Républicains de la région des Hauts-de-France. François Asselineau, pour l'Union populaire républicaine, s'est aussi élevé contre un « manque d'empathie » d'Elisabeth Borne.

Comme le souligne Le Parisien, « la scène est d’autant plus dérangeante pour la Première ministre qu’Emmanuel Macron avait déjà abordé le sujet de la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé lors de la campagne pour l’élection présidentielle ». Mi-avril, le chef de l'État avait en effet critiqué sur France Info le caractère inadapté des dispositifs actuels et s'était engagé à «bouger sur ce point». « Choisissez l'amour », avait-il alors suggéré à une autre interlocutrice handicapée présente sur le plateau, qui lui faisait part de sa crainte de devenir « dépendante financièrement » lorsqu'elle aurait épousé « l'homme de [sa] vie ».

La réforme de l'AAH a donné lieu à des tensions à l'Assemblée entre la majorité présidentielle et les oppositions : en juin 2021, gauche et droite confondues avaient décidé de quitter l'hémicycle afin de protester contre le blocage orchestré par la majorité contre l'individualisation de cette allocation, créée en 1975 pour compenser l'impossibilité de travailler pour certains handicapés.

 

La glaçante Élisabeth Borne
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commentaires

A
C'est vrai qu'on ne sait pas par quel bout le prendre cet exemple. Parce quand même c'est une personne qui a, comme nous tous, des réactions émotionnelles devant certaines situations. Alors on cherche une raison même pas idéologique mais plutôt technique. Le particulier faisant parti d'un tout on suppose que concéder un élément elle fragilise l'ensemble. En quelque sorte elle reste accrochée à une logique qui ne peut pas souffrir l'exception. <br /> Mais il est un point qui reste un mystère concernant ces personnes. Ces personnes ont un statut social confortable et qui, pour la plupart, ont atteint l'âge de la retraite donc qui ne craignent plus pour leur avenir. Pourtant on les voit accepter le rôle de courtisan ou de second couteau.<br /> En effet ces personnages ne sont que des seconds rôles qui vont défendre les décisions du maître qui d'ailleurs ne les vaut pas intellectuellement, comme c'est le cas ici.<br /> Le maître toujours aussi vulgairement cynique ose dire, avec ses expressions mi-figue mi-raisin, que les dispositions actuels ont un caractère inadapté. C'est insupportable car on entend dans ces mots aucun engagement précis, pire la certitude qu'il en sera après comme il en est actuellement. Pourtant la question est simple et la réponse tout autant : êtes-vous pour la déconjugalisation de l' allocation adulte handicapé ? <br /> Alors devant cet exemple et devant tellement d'autres on ne sait plus vers qui tourner sa colère si c'est vers celui qui prononce ces mots ou vers les journalistes qui ne posent pas la question. Je choisirais les journalistes.
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