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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 05:01

La République française s’est imposée contre la mainmise de l’église catholique. Dans l’esprit de beaucoup, peu importe de la voir reculer face à l’islam militant.

 

Pour clore des débats qui avaient commencé le 18 septembre 1989 quand le principal du collège de Creil (militant RPR, par parenthèse) avait exclu de son établissement trois élèves portant un foulard islamique en expliquant aux parents que cet attribut était une marque religieuse incompatible avec le bon fonctionnement scolaire, le gouvernement de Lionel Jospin faisait voter en mars 2004 une loi interdisant les signes religieux ostensibles dans le premier et le second degré. Obéissant à des convictions qui variaient en fonction de son trouillomètre, Jospin ne demanda pas au parlement l’interdiction dans l’enseignement supérieur. La loi interdisait le voile islamique, et aussi la kippa et le port de grandes croix. Elle permettait en revanche le port de symboles discrets : petites croix, médailles religieuses, étoiles de David, mains de Fatma.

 

Partant du principe que l’activisme, le volontarisme, se rient des ventres mous, la loi de 2004 subit des assauts réguliers au point que les valeurs de la République laïque sont non seulement chamboulées mais de plus en plus suspectes et combattues. Pour beaucoup, la norme ce n’est plus l’absence de religion dans l’École de la République mais, au contraire, l’exigence de pratiques religieuses posées comme normales, indispensables.

 

Un exemple parmi d’autres, le renvoi brutal d’un enseignant d’un centre de formation d’apprentis, un établissement privé, qui s’était étonné de l’acceptation par la direction de jeunes filles voilées dans les classes. Cet enseignant, qui voulait simplement que la loi fût respectée et en discuter calmement avec sa direction, a été traité de « raciste » avant d’être contraint de quitter l’établissement.

 

La politique de la direction était, apparemment, d’accepter des jeunes filles voilées à condition qu’elles soient peu nombreuses et de considérer le questionnement du jeune enseignant comme du « prosélytisme ».

 

L’affaire débute en octobre 2021 au CFA Enfances et Compétences appartenant au réseau de crèches La Maison Kangourou. Cet établissement – qui, on en rirait presque, pratique l’écriture inclusive – forme des jeunes femmes à l’apprentissage des métiers de la petite enfance avec un CAP à la clé. L’enseignant dont il est question y est présent depuis 2018 par le biais d’un « CDD d’usage » renouvelée chaque année. Le 15 octobre 2021, jour de la rentrée pour le CFA, il donne son premier cours d’histoire-géographie. Cette spécialité comprend, comme dans le public, l’éducation civique et l’enseignement de la laïcité. Il a face à lui une élève couverte d’un tchador. Cela ne lui était jamais arrivé. Á noter que ce 15 octobre 2021 – les coïncidences sont souvent cruelles – était le jour d’hommage à Samuel Paty, le professeur égorgé après un cours d’enseignement civique par un musulman radicalisé.

 

D’anciennes collègues du professeur renvoyé le décrivent comme « investi et dénué de racisme ». L’une d’elles témoigne de pressions de plus en plus grossières concernant le port du voile.

 

Affaire à suivre.

 

 

 

Accepter le voile islamique à l’école : lâcheté ou reculade visionnaire ?
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commentaires

J
La main de fatma n'est pas un signe religieux, c'est un "porte bonheur" comme le trèfle à quatre feuilles ou le fer à cheval.
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