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5 août 2022 5 05 /08 /août /2022 07:26

Ne pas "laissez faire", comme dans le libéralisme classique, mais imposer à la société la direction qu'elle doit prendre. Cette direction, c'est celle de son adaptation progressive à la division mondialisée du travail.. Et sa destination finale, c'est celle d'u n grand marché mondial dans lequel devront désormais prévaloir les règles d'arbitrage d'une compétition fair-play où, comme dans le spot, tous doivent avoir les chances égales de révéler leurs talents. Car ce que les nouveaux libéraux comprennent, dans le sillage de la crise de 1929 et à la suite de la décennie noire qui lui succède, c'est que le marché ne se régule pas tout seul. C'est qu'il n'y a aucune main "invisible" qui harmonise spontanément la lutte des intérêts, et qu'il faut donc impérativement en appeler à la mains des États, architectes et arbitres de ce nouveau marché à construire.

 

Ce tournant étatiste séduira les sociaux-démocrates du monde entier. C'est lui qui leur permettra de se convertir massivement au néolibéralisme, consciemment ou non, tout en continuant à parler d'"État social" et d'"égalité des chances".

 

[...] Il n'y a aucune relation logique entre la grève et la masse, et c'est même plutôt le contraire. Car la grève n'aura jamais lieu à la fin, elle n'aura jamais lieu tant qu'on attendra d'être très nombreux, des centaines, des milliers ou des millions, pour être finalement des milliards. La grève n'est pas générale, mais elle est très spéciale. Elle a lieu maintenant, et avec les quelques uns qui sont là, ou bien elle n'a pas lieu.

 

Du cap aux grèves. Récit d'une mobilisation, 17 mars 2018- 17 mars 2020.

Le "néolibéralisme" selon la philosophe Barbara Stiegler
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commentaires

A
C'est pour ces raisons que j'ai toujours trouvé falsificateurs les propos selon lesquels le libéralisme serait un système dans lequel l'Etat serait inexistant ou peu présent. En effet même dans l'hypothèse où un état déciderait de laisser libre cours à des forces économiques prétendument naturelles, il y a et il y aura toujours à l'origine la décision de cet état. Par conséquent l'état reste l'organisateur et d'ailleurs si ces forces économiques étaient si indépendantes, leurs responsables n'investiraient des sommes considérables pour occuper les sommets. On peut même affirmer que tout multimilliardaire qu'ils sont ces dirigeants restent dépendants du pouvoir politique. Alors on laisse croire qu'ils peuvent au gré de leur caprice et assis sur leur fortune prendre des décisions dans un monde parallèle. C'est une fable commode pour justifier l'impuissance des états qui est organisée par eux-mêmes.<br /> Ce qu'il y avait de bon sous l'ancien régime c'est que le rapport de subordination du monarque sur le créancier était clair :<br /> " le roi dispose de nombreux moyens pour payer ses dettes! Le plus rapide c'est d'envoyer aux galères un prêteur trop indiscret ; le plus habile c'est d'altérer la monnaies avant de rendre l'argent ; et le plus courtois c'est de garder mais d'envoyer en échange à l'heureux créancier une lettre de noblesse". Ces Messieurs de Saint-Malo. Bernard Simiot . ( déjà cité ). <br /> On connaît le sort réservé à Jacques Cœur par le roi Charles VII.<br /> Maintenant c'est un République bourgeoise, alors forcément entre gens du même monde on se sert chacun son tour. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter ces derniers jours les discours à l'Assemblée et les arguments de Bruno Lemaire pour mesurer le niveau de son indécence. Et puis on ment tranquillement pendant que notre président fait du canoë à proximité du fort de Brégançon où ce branleur de première catégorie passerait des vacances studieuses. 3 semaines quand même !
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