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12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 05:01

En en parlant. En bien ou en mal, cela n’a pas d’importance. Il s’agit que l’espace médiatique, social et politique soit rempli par cette question. C’est une vieille technique enseignée depuis des dizaines d’années dans les écoles de commerce.

 

Mais, attention ! Il ne faut pas mettre d’huile sur le feu, ni impulser des débats sans fin qui risqueraient de se retourner contre la cause. La publicité (on dit « la pub » pour ne pas nommer tout en nommant), consensuelle si possible, c’est-à-dire sans aspérités, sans provocations, est un médium particulièrement efficace. Car en tant que contenant, elle est déjà banalisée, quoiqu’elle dise. L’occupation de milliers de mètres carrés par la publicité dans n’importe quelle ville du monde nous semble là, de toute éternité. Même dans des pays comme la Russie où, il y a quarante ans, il n’y en avait quasiment pas. La publicité n’est pas transitive mais intransitive. Un placard pour Omo (je choisis un produit qui a moins le vent en poupe qu'autrefois) ne sert pas à faire vendre Omo mais à faire vendre, tout simplement, à nous maintenir dans un monde de la vente, un monde où nous ne pouvons pas faire trois pas dans la rue sans être interpellés par l’industrie dans une démarche commerciale. Ce qui n’est absolument pas naturel mais culturel et politique. Coluche avait fort bien repéré cela dans son sketch sur la publicité qui, quarante ans après, n’a pas pris une ride. Il observait que, comme par un fait exprès, la publicité télévisuelle était principalement consacrée aux lessives et autres produits détergents. Jusqu’à saturation et écœurement : « on doit en manger parce qu’ils nous en vendent énormément ». Aujourd’hui, la publicité ne s’intéresse plus à la ménagère devant sa machine à laver : elle cible bien davantage la ménagère et son ménager envisageant d’acheter une voiture. Aujourd’hui comme hier, cela n’a rien de rationnel, nous sommes dans la pensée magique, dans le fantasme, en marge de la vraie vie.

 

Ce qui nous ramène à la banalisation de l’islam radical.

 

Observons la photo ci-dessous. Deuxième plus grand fournisseur de transferts de fonds dans le monde, Moneygram, entreprise étasunienne, compte 350 000 employés (pardon : collaborateurs). Son chiffre d’affaires en 2019 était de 1285 millions de dollars. Elle a perdu plus d’1,6 milliard de dollars d'investissements durant la crise des subprimes de 2008, et les pertes ont mené l’entreprise à vendre une grosse majorité de ses actions à – guess who ? – Goldman Sachs en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes. En janvier 2017, Alibaba, énorme conglomérat chinois aux méthodes infiniment douteuses, annonce l'acquisition de MoneyGram pour 880 millions de dollars, hors reprise de dettes. L’étasunien Euronet Worldwide surenchérit à 1 milliard de dollars. Alibaba pousse jusqu’à 1 milliard 200 millions. Le gouvernement des États-Unis bloque cette offre pour des raisons de « sécurité intérieure ». Ben voyons… Que le gouvernement français essaie de faire la même chose pour protéger une entreprise : il aura 3 000 avocats de Manhattan sur le dos !

 

Des renseignements que l’affiche publicitaire ne fournit pas.

 

En théorie, quiconque peut utiliser MoneyGram. Un Belge peut envoyer de l’argent au Honduras par son intermédiaire. Dans les faits, MoneyGram est très utile pour les transactions entre ce qu’on appelait autrefois le tiers monde et le Nord. Et dans le tiers monde, il y a beaucoup de musulmans, et parmi ces musulmans on compte de plus en plus d’intégristes. Les grandes compagnies et les institutions étasuniennes ou pilotées en sous-mains par les États-Unis comme l’Union européenne n’hésitent pas à faire appel à l’islam le plus militant dans leur communication-propagande. Tout récemment la Commission européenne n’a pas hésité à publier une affiche avec une fillette voilée d’environ huit ans pour vanter, en anglais naturellement, des méthodes d’enseignement innovantes. L’affiche fut retirée, de manière peu spontanée, après de nombreuses protestations.

Comment banaliser l’islam radical ?

Donc, par définition, une femme musulmane est une femme voilée. Voilée mais douce et sereine, à l’écart des vrais problèmes matériels et des luttes idéologiques qui font bouillonner le monde d'aujourd’hui en le parcellisant à l'infini. Elle ne regarde pas devant mais plutôt de côté et vers le bas. Et elle peut, sans demander la permission à quiconque, envoyer 3,90 euros à une copine qui, si elle réside au Royaume-Uni, sera encore plus voilée qu’elle.

Comment banaliser l’islam radical ?
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commentaires

G
Si à chaque fois que vous croisez une femme voilée vous voyez de la radicalisation alors je vous conseillerez de consulter , pour votre bien et celui de vos proches . Mais si en plus vous changez de trottoir j'ai bien peur qu'il ne soit trop tard .... Sauf à vous encarter chez zemzem ... 😂
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