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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 06:01

Le 26 août 2022, le ministère de l’Éducation nationale a publié une note de service très préoccupante : « Agir sur l'organisation du temps scolaire pour identifier un temps périscolaire favorable à l'accès aux acteurs sportifs locaux. Il s'agit, pour les collèges qui souhaitent s'inscrire dans cette expérimentation pour l'année scolaire 2022-2023, d'organiser des créneaux horaires permettant aux élèves volontaires de participer aux activités physiques et sportives proposées par les clubs et associations sportives/socio-sportives de leur territoire. L'offre sportive peut également reposer sur la mobilisation de l'association sportive. Les chefs d'établissement garantissent ainsi jusqu'à deux heures d'activité physique et sportive par semaine aux élèves volontaires, sur des temps identifiés en fonction de la nature de l'activité et des autres paramètres partagés par les membres du groupe projet placé sous la direction du chef d'établissement en relation avec le projet d'EPS de l'établissement et le comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement (CESCE). En tout état de cause, les créneaux horaires dédiés à ces deux heures de sport supplémentaires ne peuvent être alternatifs à un enseignement optionnel. »

 
Dans une perspective tout à fait libérale, l’idée est de mettre en concurrence le sport scolaire et un dispositif expérimental mis en œuvre par les clubs. Il y a donc transfert de biens et de responsabilités publics vers des acteurs privés.
 
Les inégalités entre les régions, les villes de France, vont se creuser du fait de la mainmise, plus ou moins importantes d’acteurs privés, sur les activités sportives scolaires. Seule l’éducation physique scolaire – quatre heures hebdomadaires sont préconisées – peut permettre à tous les enfants de France de pratiquer un sport. Quelle que soit leur origine et leur lieu de vie.
Le banquier jet-skieur détruit l’enseignement de l’EPS dans les établissements publics
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commentaires

A
le rôle des associations a été au fil du temps dévoyé. Ainsi alors que l'état se retirait par étapes des fonctions qui relèvent de sa responsabilité, il a délégué par une logique inverse celles-ci aux associations. Bien évidemment cela s'est fait sous le prétexte de se " libérer " de l'étatisation et de favoriser la participation et même paraît-il la démocratie. C'est ainsi qu'au niveau local, les municipalités ont et particulièrement dans les quartiers difficiles, sous les contraintes liées à la diminution des budgets, favorisé l'émergence de nombreuses associations. Ces dernières ont ainsi vivoté bon an mal an en occupant des personnes sans emploi et en facilitant la venue sur le devant de la scène publique de personnages qui se trouvaient tout heureux de côtoyer les élus de premier ou de second plan. Bien évidemment tous n'étaient pas animés par cet état d'esprit mais bon nombre l'avaient et le sont sans doute encore. <br /> Mais au-delà de cette dérive il faut se demander si tout cela est bénéfique à la société et s'il ne s'agit pas au final de diversion sans perpective d'avenir pour les gens concernés et qui ne sert qu'à stocker, comme on stocke des marchandises, des personnes puisqu'on est dans l'incapacité de leur proposer une solution professionnelle pérenne. <br /> Dans un monde souhaitable où l'Etat remplirait la totalité de ses missions les associations ne devraient être qu'un surplus d'humanité.<br /> L'autre jour je regardais une séquence sur une commission parlementaire concernant l'éducation nationale à laquelle participait le ministre. Il était question des collèges professionnels et plus particulièrement de leurs élèves. Concernant ces adolescents je crois que c'est la plus grande régression sociale qui est en œuvre. C'est un retour au siècle précédent. En effet la mission éducative de ces collèges se voit réduite au profit de l'apprentissage en entreprise. C'est une honte de ce qui est fait à ces jeunes qui se voient non seulement réduits à une main-d'oeuvre gratuite - comme l'avait si cyniquement indiqué notre Macron à un petit patron - mais on les fait entrer dans la vie active par le dressage à la servilité. Sans compter et ce n'est pas le moindre des défauts qu'on les prive d'une culture générale qui ne peut être dispensée que dans l'éducation nationale et qui est, pour rester dans leur logique utilitaire, autrement plus efficace pour leur adaptation future à l'évolution des techniques.
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