Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 06:08

http://static.pcinpact.com/images/bd/news/48842-radars.jpg

Cette fois-ci, je n’avais pas l’intention d’évoquer les radars proprement dit mais, députés UMP obligent, j’en remets une petite couche.

Que le gouvernement ait décidé de supprimer les panneaux signalant la présence de radars est bien la preuve par a + b que sa politique n’est pas sécuritaire mais financière. Dans une démarche essentiellement populiste, des députés de droite viennent de prendre la défense des automobilistes et des marchands d’avertisseurs embarqués. J’aurais nettement préféré les voir s'insurger contre la loi scélérate sur les retraites.

Ce populisme finit par donner raison aux différentes associations “ apolitiques ” qui prônent une plus grande liberté pour les automobilistes. Je me contenterai ici de reprendre deux ou trois arguments évoqués dans cette rubrique :

Cela fait trente ans que baisse le nombre de morts et de blessés sur les routes (de 14000 morts en 1974 à 5000 en 2003). Les radars ne sont qu’une des causes de cette baisse. Parmi les autres causes, on retiendra que les véhicules sont plus sûrs (souvenons-nous des 2 cv Citroën), que les routes sont de meilleure qualité (les autoroutes sont moins mortifères que les autres routes), que l’alcoolisme et la prise de drogue sont davantage dépistés qu’autrefois.

Il faut également noter que les automobilistes français ne sont pas particulièrement inconscients. 90% des infractions constatées par les radars concernent des dépassements de moins de 20 km. Les Britanniques qui, depuis toujours, roulent plus prudemment que les Français, sont davantage radarisés.

Deux radars sur trois ne sont pas placés dans des lieux “ accidentogènes ”, mais dans des endroits permettant de remplir les tiroirs-caisses. J’entendais récemment le témoignage d’un automobiliste qui avait été privé de son permis de conduire pendant un an parce qu’il avait été flashé à 110 km/heure sur une portion d’autoroute où la vitesse avait été provisoirement limitée à 50 km/heure. J’imagine le préfet du coin se délectant vicieusement à l’idée de demander à la Gendarmerie de placer un radar mobile à cet endroit. Cela avait brisé la vie de notre homme qui avait perdu son travail. Comme il était respectueux des lois, il s’était interdit de rouler sans permis, contrairement à des centaines de milliers de Français.

Que les radars rapportent 500 millions d’euros par an est accessoire. Ils rapporteraient dix fois plus ou dix fois moins, le problème serait le même.

Je voulais, dans cette note, parler de tout autre chose. J’ai découvert que lorsqu’un professeur des écoles souhaite emmener sa classe en excursion par autocar, il est tenu de procéder à une vérification de plusieurs points concernant la vétusté du véhicule. Il doit ainsi vérifier que les pneus ne sont pas lisses. S’ils le sont, et si le car cause un accident, le professeur sera tenu pour partiellement responsable. Ainsi que le directeur d’école qui n’aura éventuellement pas été concerné par l’excursion.

Est-ce que, dans les IUFM, on donne des cours sur l’usure des pneus des cars ? Est-ce que, dans les IUFM, on apprend aux futurs professeurs des écoles à apprécier la dangerosité d’un car ne disposant pas de ceintures de sécurité (les cars mis en circulation avant 2000 ne sont pas obligés d’en être pourvus et les enseignants peuvent refuser d’y faire monter leurs élèves, ce qui plombent légèrement les excursions) ?

Tout se tient : qu’il s’agisse de radars ou de pneus lisses, l’important est le flicage de la société au sens où chaque individu est censé être à la fois flic et fliqué.

Vichy, Big Brother, comme on voudra.

 

Dessin de Snut

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
<br /> Je me permets (pour une fois !) de m'écarter de l'opinion du maître de céans (qu'il veuille bien me le pardonner):<br /> <br /> La vitesse est bien la première cause des accidents de la route et, aussi, la première raison de leur aggravation. Les arguments habituellement avancés pour la défendre ne sont pas recevables.<br /> <br /> La sûreté des autoroutes ? Longues de 11 000 km, elles ne représentent pas même 1,5 % du réseau français. Pour des raisons que l'on comprend, il n'est pas concevable de transformer toutes les<br /> autres voies (communales ou départementales, qui représentent l'essentiel) à leur image, voies sur lesquelles ont lieu la plupart des accidents.<br /> <br /> La plus grande sûreté des automobiles ? Elle ne vaut ni à l'égard des piétons ni à celle des deux roues ni à celle des véhicules plus légers qui, en cas de choc avec un véhicule plus puissant,<br /> fournissent l'essentiel des victimes (ce que l'on nomme taux d'accident interne ou externe).<br /> <br /> Les 500 millions que sont censés rapporter les radars ? Un mort coûte à la collectivité en moyenne 1 million. 5000 morts, cela représente 5 milliards. Les amendes ramassées par les radars ne<br /> couvrent que 10 % de la perte. Sans préjudice des para et tétraplégiques, mutilés à vie ou blessés divers.<br /> <br /> Lorsque l'on sort de l'état de sûreté à peu près total que représente la présence dans son salon ou dans son lit (hors chute de météorite ou séisme) le danger que l'on encourt est directement<br /> fonction de la cause qui nous écarte de cette situation idéale : si l'on travaille en hauteur, le risque est la chute. Si l'on travaille près d'une station d'énergie, le risque est l'électrocution.<br /> Si l'on travaille dans une usine chimique, le risque est l'intoxication, la brûlure, l'incendie, etc.<br /> <br /> Si l'on roule, le risque est la vitesse. Attention : je connais l'argutie des défenseurs de la vitesse qui consiste à dire que le risque zéro est atteint... à 0 km/h ! A partir du moment où l'on<br /> excède la vitesse d'un être humain à pied, les accidents sont inévitables. La question n'est pas de les ramener à un caricatural zéro mais de les ramener au niveau où un strict respect des<br /> limitations les fait aboutir (ce que nous montrent les résultats du Royaume-Uni, des pays scandinaves ou du Japon).<br /> <br /> Les oppositions aux limitations de vitesse n'ont pas une origine scientifique ou même statistique, mais uniquement psycho-sociologique (comme l'a montré la thèse de Pierre-Emmanuel Barjonet, de<br /> l'INRETS).<br /> <br /> Et, de nouveau, toutes mes salutations les plus cordiales, les plus amicales au maître de céans, à qui je demande toute son indulgence pour ces lances que je romps avec lui...<br /> <br /> <br />
Répondre