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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 07:06

On sait, depuis Coluche, que les chrétiens l’ont échappé belle : si le fils de dieu n’avait pas été crucifié mais noyé, ils auraient été obligés de fixer un bocal à poissons rouges au-dessus de leur tête de lit.

 

Italie: la croix s’accroche à l’école

Des parents d’élèves ont bataillé dix ans pour faire retirer les crucifix des salles de classe du pays. Le 19 mars, la Cour européenne des droits de l’homme leur a donné tord.



Par ERIC JOZSEF pour Libération


Dans une salle de classe romaine.

Dans une salle de classe romaine. (REUTERS)

Massimo Albertin s’attendait, confiant, à un verdict positif pour la fin de l’année 2010. Il parlait même, avec un brin d’ironie, du «cadeau de Noël»qu’allait lui faire, à coup sûr, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), sise à Strasbourg. En novembre 2009, elle avait sommé l’Italie de remiser les crucifix des écoles transalpines, comme il le réclamait. Au nom de l’article 9 de la convention des droits de l’homme, la Cour avait jugé la présence dans les classes de la croix chrétienne «contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions» et «au droit des enfants à la liberté de religion». Il était clair que sa Grande Chambre, saisie en appel par le gouvernement italien, allait confirmer le jugement adopté un an plus tôt à l’unanimité.

«C’est une énorme déception, dit aujourd’hui Massimo Albertin, sous le choc. Nous savions que nous devions faire face à un adversaire extrêmement puissant mais le retournement du verdict est tellement spectaculaire !»Dans son arrêt définitif rendu le 19 mars, la Cour européenne a jugé «qu’en décidant de maintenir les crucifix dans les salles de classes de l’école publique, les autorités ont agi dans les limites de la latitude dont dispose l’Italie dans le cadre de son obligation de respecter le droit des parents d’assurer cette instruction conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques». En clair, les milliers de croix qui ornent les écoles publiques italiennes ne sont pas illégales. «L’Europe se rachète et nous laisse le crucifix», proclamait dès le lendemain le journal populaire de droiteLibero.« Oui au crucifix, l’Europe retrouve ses racines chrétiennes», lui faisait écho, triomphant, Il Giornale, le quotidien de la famille Berlusconi. Pour Massimo et sa femme, voilà dix ans de combat pour la laïcité, mené pratiquement en solitaire dans une Italie très majoritairement hostile, qui s’achèvent dans l’amertume et le désarroi.

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