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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 06:43

Pleurs-copie-1.jpgL’histoire lamentable de cette fille de cinq ans emmenée au poste de police parce que ses parents n’avaient pas réglé les frais de cantine (170 euros)  est bien la preuve (voir Ça se durcit n° 148 : link) que tout est désormais possible dans notre pays en matière de répression.

 

Je l’ai dit précédemment (link), on ne sait pas ce qui se passe dans la tête d’un enfant. On ne sait jamais à quel point il peut être traumatisé.

Le drame qu’a vécu la gamine d’Ustaritz (elle a tout de même cru que ses parents étaient morts) m’a remémoré, en moins violent, une aventure similaire subie par une de mes filles dans son école élémentaire.

L’année dernière, je règle la cantine comme tous les débuts de mois. La personne responsable de l’encaissement commet une erreur à mon avantage, dont je ne m’aperçois pas sur le champ. Personne n’est parfait (je parle de moi). Le chèque est refusé par la municipalité. Je deviens instantanément mauvais payeur, plus exactement non payeur. Sans le savoir. L’encaisseuse de chèques déboule dans la classe de ma fille et dit devant l’institutrice et les autres enfants :

   Raphaëlle, tu diras à ton père qu’il n’a pas payé la cantine.

Le soir, ma fille est paniquée, aux bords des larmes, persuadée qu’elle va être privée de cantine. Le lendemain, je rencontre le directeur dans la cour de l’école et lui fais part de mon très sérieux mécontentement. Il me fait observer qu’en droit il n’est pas concerné par ces problèmes. Je lui rétorque qu’il est concerné dès lors que le service d’encaissement des chèques a balancé (j'utilise ce verbe à dessein) mon nom en classe comme celui d’un mauvais payeur. Je lui signifie également que je peux, à la minute, porter l’affaire devant l’Inspection académique.

Les problèmes d’argent que rencontrent des centaines de milliers de parents dans la cinquième puissance économique mondiale n’ont pas à être évoqués devant les enfants, ni devant les équipes pédagogiques. Malheureusement, les délits, même s'ils ne sont pas constitués, entrent officiellement dans l’école, tout comme la situation matérielle de parents qui sont chosifiés, humiliés, qui cessent d’être des sujets, des citoyens. Tout devient possible, y compris l’irruption de la police, demain le passage de menottes comme aux États-Unis.

Le directeur de l’école, les personnes de la cantine ne m’ont adressé aucune excuse.

Bref, dans notre pays, on s’attaque désormais aux enfants en bas âge et aux personnes en toute fin de vie, comme l’a montré la triste mésaventure vécue par la nonagénaire expulsée de sa maison de retraite. On mène les combats qu’on choisit, on remporte les victoires qu’on peut.

 

PS : mon ami Pierre Rose me fait passer cette histoire d'un bébé de 12 mois placé en garde à vue pour avoir mendié : link

 

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commentaires

I
Réflexion d'une instite qui surveille la cantine d'une école primaire dans la région parisienne :<br /> "quel gâchis : avec toutes les assiettes à peine entamées , tous les fruits jetés intacts à la poubelle , on pourrait nourrir un nombre bien plus élevé d'enfants et cela gratuitement .Mais les<br /> règles d'hygiène exigent que l'on ne récupère rien , alors on jette une énorme quantité de bonne nourriture."
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