J’ai failli intituler cette série « Anglicâneries »,
avec un accent circonflexe. Mais je n’ai pas voulu accabler les neu-neux.
Les plus anciens de mes lecteurs savent qu’il y a deux ans, j’ai beaucoup alimenté internet avec les problèmes de l’aliénation linguistique : link.
L’âge n’aidant pas, je fatigue un peu, alors je vais faire plus léger avec cette nouvelle série, et j’espère que mon lectorat enthousiaste m’aidera à l’alimenter. Je vais évoquer, à partir d’exemples précis, les circonstances où les Français parlent en anglais sans le savoir (ou en le sachant), et donc imposent des calques anglais à la langue de Molière. Si des lecteurs peuvent m’aider avec l’espagnol, l’allemand, l’italien etc., je suis preneur.
Penser dans une autre langue, c'est s'aliéner, se déculturer. Le bouquet (le peak, devrais-je dire) vient sûrement d'être atteint par cette université italienne qui a décidé que tous ses cours seraient dispensés en anglo-américain. Que des membres d'une telle élite, appartenant à une telle culture ait pu se lancer dans cette entreprise en dit long sur l'inféodation des compatriotes de Dante au Wall Street English.
Comme premier exemple : une anglicanerie sortie récemment dans le RER. Avant l’arrivée de tel ou tel train, des panneaux affichent désormais « Train de Saint-Germain-en-Laye à l’approche ». Le calque est bien sûr « Train approaching ».
Pour se persuader à quel point cette formulation est crétine, imaginons à Roissy : « Avion de Dakar à la descente » ou « Avion de New York à la montée ».
« Arrivée imminente » ne convenait naturellement pas aux esprits supérieurs de la SNCF.
BM 24/06/2012