24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 11:54

http://www.linternaute.com/television/programme/dossier/nouvelle-star-les-phrases-chocs-du-jury/image/anglicisme-34932.jpgJ’ai failli intituler cette série « Anglicâneries », avec un accent circonflexe. Mais je n’ai pas voulu accabler les neu-neux.

 

Les plus anciens de mes lecteurs savent qu’il y a deux ans, j’ai beaucoup alimenté internet avec les problèmes de l’aliénation linguistique : link.

 

L’âge n’aidant pas, je fatigue un peu, alors je vais faire plus léger avec cette nouvelle série, et j’espère que mon lectorat enthousiaste m’aidera à l’alimenter. Je vais évoquer, à partir d’exemples précis, les circonstances où les Français parlent en anglais sans le savoir (ou en le sachant), et donc imposent des calques anglais à la langue de Molière. Si des lecteurs peuvent m’aider avec l’espagnol, l’allemand, l’italien etc., je suis preneur.

 

Penser dans une autre langue, c'est s'aliéner, se déculturer. Le bouquet (le peak, devrais-je dire) vient sûrement d'être atteint par cette université italienne qui a décidé que tous ses cours seraient dispensés en anglo-américain. Que des membres d'une telle élite, appartenant à une telle culture ait pu se lancer dans cette entreprise en dit long sur l'inféodation des compatriotes de Dante au Wall Street English.

 

Comme premier exemple : une anglicanerie sortie récemment dans le RER. Avant l’arrivée de tel ou tel train, des panneaux affichent désormais « Train de Saint-Germain-en-Laye à l’approche ». Le calque est bien sûr « Train approaching ».

 

Pour se persuader à quel point cette formulation est crétine, imaginons à Roissy : « Avion de Dakar à la descente » ou « Avion de New York à la montée ».

 

« Arrivée imminente » ne convenait naturellement pas aux esprits supérieurs de la SNCF.

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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BM 24/06/2012

Bonsoir M. Gensane,

Je partage votre hostilité à la domination de l'anglo-américain tendance "globish". Cela me rappelle un article du Monde Diplo, il y a quelques années, intitulé "l'Amérique dans les têtes" ; ce
titre résume à merveille, je pense, la situation actuelle.

Je me permets quand même la réflexion suivante :

Aujourd'hui, plus personne ne parle latin. Par contre, il existe aujourd'hui des langues "romanes" ou "néo-latines", telles que le français, l'espagnol, l'italien, le roumain, etc. Ces langues sont
le produit d'un usage, disons, "défectueux" du latin par des non-latinophones tels que Gaulois, Ibères, etc. Les langues gauloises et ibères, justement, ont disparu sans laisser beaucoup de traces
au profit de ces langues néo-latines.

En ira-t-il de même de l'anglais ? Remplacera-t-il certaines langues (surtout en Europe occidentale), uniquement pour se fragmenter dans des langues "néo-anglaises" qui seront aussi différentes
entre elles que l'italien est différent du français ? Sans parler de l'anglais parlé dans les différentes ex-colonies britanniques ; par exemple, je comprends l'accent britannique, ou celui nommé
"Mid-Atlantic", mais quand un natif du Kentucky ou de l'Australie ouvre la bouche, pour moi, c'est du chinois. Si on prend d'autres exemples que l'anglais, il est assez clair que l'allemand parlé
par les Suisses Alémaniques, ou le français de nombre de Québécois, sont devenues des langues différentes de l'allemand ou du français d'origine.

Enfin, dans le cas particulier de la France, il y a eu, en prime, l'expérience de l'éradication des langues et dialectes régionaux par l'école de la Troisième République ; comme l'a remarqué Régis
Debray dans son livre "L'Edit de Caracalla", cela a créé un précédent qui est peut-être en train de se reproduire à l'identique au profit de l'anglais.

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