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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 16:08

http://medias.68mai08.org/affiches/bourrage_des_cranes_A4c.jpgDe l'aveu même de ses dirigeants, TF1, donc Jean-Pierre Pernaut, vend des cerveaux vides à Coca Cola. TF1, et Jean-Pierre Pernaut, sont capables de faire plier toute institution qui les dérange. Ils viennent d'intimer à You Tube l'ordre de retirer une vidéo édifiante consacrée à la rhétorique de Pernaut. Un tel acte de censure n'est évidemment pas très malin de leur part. Très bien fait, le montage de You Tube corroborait ce que l'on savait déjà sur le vidage de cerveaux par les JT de l'immense journaliste. Cette censure ne peut que renforcer la critique et rendre les téléspectateurs non moutonniers encore plus lucides.

 

Ci-dessous, l'article de RUE 89 consacré à ce prurit scandaleux.

 

CiDiffusé par Rue89, le montage peu flatteur décrypte l'idyllique JT de TF1. La chaîne a obtenu son retrait de la plateforme de vidéos.

Mi-juillet, Bastien Hugues décryptait pour Rue89 la rançon du succès du JT de Jean-Pierre Pernaut. Ce sont les sempiternels reportages cartes postales, le vocabulaire positif et l'air débonnaire du présentateur qui rassurent les téléspectateurs.

Une stratégie que le journaliste a mis en lumière de manière flagrante dans un montage posté sur le site de partage de vidéos YouTube. La vidéo est désormais impossible à visionner après que TF1 en a exigé le retrait.

Pour ceux qui n'ont pas encore pu visionner la prose redondante de « JPP », il n'est pas encore trop tard : la vidéo est toujours disponible sur Dailymotion, qui n'a pas encore privé les internautes de ce montage qui redonne le sourire. (Voir la vidéo)

Dans la nuit du 26 au 27 juillet, Bastien Hugues a reçu une notification de YouTube l'avertissant que sa vidéo avait été retirée. Selon le site de partage, TF1, qui estime que la vidéo porte atteinte à ses droits d'auteur, en a formulé la demande.

Audrey Lefevre, avocate spécialiste du droit d'auteur, précise qu'il s'agit de « droits voisins », une disposition créée par les parlementaires en 1985. Depuis cette date, les producteurs audiovisuels peuvent autoriser ou interdire l'exploitation de leurs contenus par autrui. Elle explique :

« C'est certainement à ce titre que TF1 a considéré la vidéo comme une diffusion illicite des JT de Jean-Pierre Pernaut. Ce n'est pas parce que de nombreuses vidéos sont sur YouTube que c'est forcément légal. »

Une vidéo qui entre dans le champ de la parodie

L'avocate, qui a regardé la vidéo pour Rue89, précise cependant que YouTube aurait pu débattre de ce retrait. Selon elle, un article du code de propriété intellectuelle (CPI), le L211-3, peut permettre d'empêcher la vidéo d'être enlevée du site.

 

Le texte précise en effet que les bénéficiaires des droits ne peuvent interdire « la parodie, le pastiche et la caricature, compte tenu des lois du genre ».

Le montage, dans lequel la star du 13 heures répète inlassablement les mots « superbe » ou « très joli » plusieurs dizaines de fois au fil des extraits de JT, pourrait entrer dans cette catégorie.

Le site internet Numerama évoquait lui aussi cette possibilité le 27 juillet.

« Un contenu critique et pédagogique plus qu'une parodie »

Remonté, Bastien Hugues a décidé de contester le retrait de sa vidéo auprès de YouTube, mais la plateforme a refusé de remettre la vidéo en ligne. Motif : « Les informations que vous nous avez fournies sont insuffisantes. »

Selon le journaliste, un deuxième argument permet pourtant de contester le retrait de la vidéo :

« Plus qu'une parodie, ma vidéo est un montage journalistique, au contenu critique et pédagogique. Ce qui lui permet aussi d'échapper aux droits d'auteurs. »

Le L211-3 précise en effet que « les bénéficiaires des droits […] ne peuvent interdire […] les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'œuvre à laquelle elles sont incorporées ».

Selon Audrey Lefevre, son évocation est possible, étant donné que la vidéo est une succession de petites citations de Jean-Pierre Pernaut.

La censure d'une vidéo peu flatteuse ?

Cette bataille juridique intéresse peu Bastien Hugues. Ce qui le révolte, c'est qu'il s'agit avant tout pour lui de la censure par TF1 d'une vidéo peu flatteuse à l'égard de son présentateur :

 

« Cette vidéo a été visionnée plus de 170 000 fois sur YouTube. Si c'est réellement une question de droits d'auteur, pourquoi ne pas avoir demandé le retrait plus tôt ?

La chaîne savait qu'en la supprimant en plein buzz, elle allait attirer l'attention. »

TF1 agirait donc discrètement, une fois que l'attention des internautes est plus faible. Joint à maintes reprises par Rue89, le directeur de la communication de la chaîne Frédéric Ivernel n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

Bastien Hugues déplore les méthodes employées par TF1 dans cette histoire :

« Quand nous rédigions notre article [le papier est cosigné de Raphaël Godet, ndlr], on a contacté Jean-Pierre Pernaut, qui a refusé de nous parler alors qu'on lui donnait la possibilité de s'exprimer.

Maintenant, TF1 passe par YouTube et refuse toujours de communiquer. »

TF1 avait déjà demandé 100 millions d'euros à YouTube

Ce n'est pas la première fois que TF1 conteste la diffusion de ses contenus sur YouTube. En 2008, elle a attaqué l'hébergeur, lui réclamant 100 millions de dommages et intérêts. L'affaire, toujours en cours, a sans doute incité YouTube à ne pas discuter le retrait de la vidéo de Bastien Hugues.

En 2010, un procès similaire qui opposait la chaîne espagnole Telecinco à YouTube a donné raison à ce dernier. Le juge a considéré que le droit européen sur le commerce électronique s'appliquait aussi aux sites d'hébergement.

Une décision qui équivaut à l'émergence d'une juridiction européenne, selon Numerama. Ce qui donnerait un certain avantage à YouTube sur TF1.

En retirant la vidéo de Bastien Hugues, il n'est pourtant pas impossible que YouTube ait joué la carte de la prudence. Le jugement espagnol précisait :

« L'unique obligation [de l'hébergeur] est justement de collaborer avec les détenteurs de droits pour, une fois l'infraction identifiée, procéder au retrait immédiat des contenus. »

Contacté par Rue89, YouTube a déclaré « ne pas commenter le retrait des vidéos » de son site.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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