16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:05
Un ami qui s’y connaît plutôt en économie (ce qui n’est pas mon cas), m’explique la chose suivante : la dette publique de la France est de 1700 milliards d’euros. Le PNB est de 2000 milliards d’euros. On nous serine partout que la dette représente environ 85% du PNB. Ce qui est considérable. Or l’encours de la dette est de 7 ans, quelques mois et quelques jours. Donc la dette ne représente plus que 12% du PNB.

 

Quelqu’un peut-il confirmer ou infirmer ceci ?

 

http://modem07.lesdemocrates.fr/files/2012/01/120128-La-dette.jpg

Partager cet article

Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article

commentaires

Spawn 16/04/2012

Parfaitement juste Bernard.

En résumé (j'envoie dans un commentaire suivant un mail plus long où tout cela est détaillé), le calcul ci-après :


Hypothèses de base pour problème de 4ème : Le PIB reste de 2000 Milliards pendant 7 ans (soit une croissance économique de 0%) et on rembourse la même somme chaque année pendant 7 ans. On emprunte
à 2,21% (taux d'emprunt (mensuel) des obligations Françaises en 2010). On nous prête 1600 Milliards.

Résultats : Le coût total du crédit est de 1777 Milliards d'euro. L’État doit rembourser par an : 1777 / 7 = 254 Milliards d'euro.
Chaque année, sachant que l’État a 2000 Milliards de revenus (nets), son taux d'endettement annuel est de : 254 / 2000 = 12,7 %

Conclusion : voilà, donc pour être réglo il faudrait dire que la France doit rembourser chaque année et pendant 7 ans, 12,7% de ses revenus annuels.

Spawn.

PS : "Postulons la compétence des incompétents", Paul Ariès.

Spawn 16/04/2012

[Mail initialement non destiné à être diffusé sur internet]

En réalité, la teneur de ce mail c'est de désamorcer la peur-panique qu'inspire la crisedeladette© et qui empêche de débattre du fond du problème, à cause notamment de la présentation qui en est
faite [Partie 1], de la légitimité de ceux qui la dénoncent [Partie 2] et de l'austérité imposée par ces derniers au peuple [Partie 3].

1 - Présentation volontairement effrayante

La dette publique de la France ou dette de l’État Français est de 1646 Milliards d'euro en 2011 et était de 1591 Milliards d'euro en 2010.
Le Produit Intérieur Brut (PIB) de la France, soit l'ensemble des richesses produites par la France en 1 an, est de 1946 Milliards d'euro en 2010. [1]

Alors, ça démarre comme ça dans la présentation de cette dette : "La dette de la France en 2010 représente 82% du PIB"
STOP, arrêt sur présentation. Depuis quand on compare une dette totale accumulée depuis des dizaines d'années à la somme des richesses produites en 1 année ? Quel est le sens de cette manière de
présenter sinon de troubler l'esprit de celui qui reçoit l'information ? Peut être, je suis gentil, parce que c'est "parlant" de comparer la dette au PIB annuel d'un pays, puisque c'est globalement
du même ordre. Ok pour ça mais ça a des effets pervers graves sur l'opinion.

Cette présentation laisse (involontairement ou pas) croire que l'état Français est endetté de 82% chaque année. Ce qui est complètement faux. L'endettement est de 1600 Milliards (j'arrondis) au
total alors que les revenus de la France sont de 2000 Milliards (j'arrondis) chaque année, ce qui fait quand même une différence nette.

Si on veut être rigoureux intellectuellement dans la présentation de la dette, il faudrait dire que cette dette se présente en majorité sous forme de bons et obligation du trésor (ce sont des
titres de dette) que d'autres états ou banques achètent et à qui on (l'Etat Français) rembourse petit à petit avec les intérêts, comme le premier con venu qui veut acheter une maison. La moyenne
des durées des obligations est de 7 ans. [2]
Donc en toute rigueur (mot à la mode), aujourd'hui, il faudrait rembourser 1600 Milliards d'euro en 7 ans.

Exercice - Etude de cas n°1 - LA FRANCE ET SA DETTE :

Hypothèses de base pour problème de 4ème : Le PIB reste de 2000 Milliards pendant 7 ans (soit une croissance économique de 0%) et on rembourse la même somme chaque année pendant 7 ans. On emprunte
à 2,21% (taux d'emprunt (mensuel) des obligations Françaises en 2010). On nous prête 1600 MIlliards.

Résultats : Le coût total du crédit est de 1777 Milliards d'euro. L’État doit rembourser par an : 1777 / 7 = 254 Milliards d'euro.
Chaque année, sachant que l’État a 2000 Milliards de revenus (nets), son taux d'endettement annuel est de : 254 / 2000 = 12,7 %

Conclusion : voilà, donc pour être réglo il faudrait dire que la France doit rembourser chaque année et pendant 7 ans, 12,7% de ses revenus annuels.


Exercice - Etude de cas n°2 - UN COUPLE ET SA MAISON :

Maintenant je me permets une petite comparaison qui à n'en pas douter est partiellement inexacte (je simplifie volontairement) mais pas tant que ça sur le fond. Considérons un couple qui gagne
4000€ par mois à 2 (2 x 2000€ mensuels) et dont le salaire ne bouge pas pendant 25 ans (oui, je sais mais j'ai fait pareil avec le PIB de la France). [Toute ressemblance avec des personnes du gîte
est fortuite]
Ce couple achète une maison à 216 000 € sans apport initial. Le prêt bancaire est à 4,5% et sur 25 ans. Le couple paie donc chaque mois 1200€ pour rembourser ce prêt.(calcul ici)
Ainsi, sur l'année ils dépensent 12 x 1200€ = 14440 €
Sur l'année ils gagnent 12 x 4000€ = 48000€
Leur taux d'endettement annuel est de 14440 / 48000 = 30 %

Conclusion : le couple doit rembourser chaque année et pendant 25 ans, 30% de ses revenus annuels.

Cette phrase est bien sûr à comparer directement avec la même en gras ci-dessus dans l'étude de cas n°1 pour la dette de la France, afin de se rassurer sur la gravité de la situation...

Bonus, pour sourire ->
Si on présente la situation d'endettement du couple comme on présente la situation d'endettement de la France [en remplaçant "France" par "couple" et "PIB" par "Revenus"], ça donne :

"La dette du couple en 2011 représente 450% de ses revenus" [Dette = 216000€ ; Revenus annuels = 48000€ ; 216000 / 48000 = 4,5]

Du coup, est-ce que ce couple s'affole de son taux d'endettement ? Peut-être mais c'est le quotidien de plein de gens et c'est vivable même si c'est un boulet de se trainer un prêt pendant tant
d'années. La dette privée est bien plus importante que la dette publique en France et en Europe notamment.

La manière de présenter est du coup vraiment effrayante à bon escient, pour préparer l'opinion à une cure d'austérité [Partie 3], mais avant de voir pourquoi ils ne nous prendrons pas pour des
cons, je vous propose une partie 2 sur le bilan de ceux qui nous gouvernent et nous disent comment il faut faire pour réduire la dette.

Pour conclure cette Partie 1, j'insiste sur le fait que je ne suis pas du tout en train de défendre le fait que vivre à crédit c'est super et que d'avoir une dette c'est pas grave du tout etc... Le
propos n'est pas à proprement parler sur la dette, mais sur l'utilisation de la dette comme argument d'une politique libérale.

2 - Sarkozy and Co, les pompiers pyromanes

Un petit historique sur la dette s'impose. Sur Wikipedia [1], on relève que l'utilisation de la dette par la France pour faire face à des dépenses importantes, remonte au XIIème siècle.
Depuis 1975, le solde public (différence entre recettes et dépenses) est toujours négatif donc l'Etat présente un budget en déficit. Pour autant, les banques et autres États prêtent toujours de
l'argent à la France sans problème en étant certains de le récupérer avec intérêts, ce qui se passe d'ailleurs.

Maintenant, en regardant de plus près ce qui se passe ces dernières années, et en reprenant la fameuse présentation de la dette en fonction du PIB dénoncée dans la Partie 1, on peut observer que la
dette n'a jamais autant grandie que sous le règne Sarkozy 1er, passant de 64% du PIB en 2007 à 82 % du PIB en 2010.

Voir le graphique à ce lien : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/68/Dette_publique_France_1978-2010.png

Ce à quoi, Fillon et Baroin s'empressent de répliquer qu'il y a eu la crise© (argument de campagne déposé). Oui mais, les gouvernements Fion depuis 2007 ont, par rapport au PIB annuel, accru la
dette comme jamais elle n'avait été accrue auparavant.

Les raisons c'est pas compliqué, c'est soit que les dépenses sont trop élevées, soient que les recettes sont trop faibles, au choix. Et là est la vraie question, de la partie 3.

3 - Bon maintenant, les pauvres, soyez raisonnables, c'est la crise de la dette

Voilà, nous y sommes. Baisser les dépenses ou augmenter les recettes ? Choix politique de société.

Le lavage de cerveau du gouvernement et de tous ceux qui nous abreuvent d' "Etat raisonnable" ou "rigueur budgétaire" (socialistes compris, Valls et Hollande en tête) consiste donc à nous informer
qu'il faut se serrer la ceinture maintenant parce qu'on dépense comme des gorets. Et les économies, elles, sont des choses bien réelles qui nous touchent très directement : ce sont tous les
domaines de l'Etat, c'est à dire, l'école, la santé, les administrations publiques et un peu (ce qu'il en reste) notre énergie etc...

Alors donc, on nous prépare le cerveau avec la peur de la dette comme l'année dernière avec la peur du déficitdesretraites© pour qu'on soit prêts, résignés mais prêts, à ouvrir nos portemonnaies
pour qu'on pioche dedans.

Pour rappel, les rentrées fiscales en 2010 sont de 250 Milliards d'euro réparties ainsi : 50 Milliards d'Impôts sur le revenu, 130 Milliards de TVA, 40 Milliards d'impôt sur les sociétés et le
reste pour les taxes restantes. [4]

Depuis 1999, on perd, grâce aux superbes réformes fiscales droitières (cadeaux fiscaux, baisses d'impôts) pour "dynamiser entrepreneuriat", "rendre compétitif les entreprises" ou encore "libérer la
croissance" (novlangue libérale), 100 milliards par an.[5] (voir la première minute de la vidéo [5])

Si on revient au barème d'imposition de 1999 (date à laquelle la France vivait comme en Corée du Nord, vous en conviendrez) on récupère 100 milliards par an de rentrées fiscales + intérêts de dette
pour l'Etat.

Pour info, aujourd'hui, le calcul de la partie 1 dans l'étude de cas n°1 n'est pas juste puisque c'est une moyenne des durées de titres de dette (7 ans), on ne doit pas rembourser 254 Milliards
d'euros par an, mais de 150 Milliards d'euro chaque année (ces dernières années depuis 2008) en fonction des échéances des différents prêts souscrits. Cette somme c'est le service de la dette soit
le capital de la dette à rembourser aux prêteurs + la charge de la dette (les intérêts de la dette).

Et donc, la sinistrose organisée par nos gouvernants actuellement consiste à dramatiser la situation à l'excès (Très bonne illustration de ça avec le personnage de Fillon aux Guignols) pour
convaincre le bas peuple que ces 150 Milliards, il faut les prendre sur les dépenses de l'Etat. Donc espèces de porcs de Français, vous allez payer plus cher la sa

Spawn 16/04/2012

[Suite du commentaire précédent]

Donc espèces de porcs de Français, vous allez payer plus cher la santé, l'école (ou du moins la qualité sera moindre), et toutes les choses que l'Etat a encore dans ses prérogatives.

L'alternative consisterait à indiquer que le problème principal n'est pas celui-là. Le problème principal serait les recettes qui ont diminué comme peau de chagrin ces 10 dernières années à
l'avantage d'une poignée de privilégiés. Ensuite alors, et SEULEMENT ensuite, on parlera des dépenses, mais l'escroquerie intellectuelle des dirigeants c'est de faire croire que la question des
recettes n'est pas le coeur du problème et qu'avec les impôts on n'a pas une baguette magique. 100 Milliards par an, c'est pas une baguette magique, c'est quoi ? Bienvenue à l'EuroMilliards,
remboursez votre dette plus grosse que grosse...

Les inégalités sont tellement criantes que les riches savent bien qu'il faut qu'il lâchent un peu du leste et se répandent en "générosité" pour montrer qu'ils sont solidaires des souffrances de la
populasse. En quelque sorte, tout le monde participe. Quelle blague ! ça fera l'objet d'un autre mail, l'arnaque de la taxe de 3% sur les fortunes supérieures à 500 000€...mytholand.com. C'est
grave de grave. [6]

Spawn, la dette tu l'aimes ou tu la quittes.

Sources :

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France
[2] http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bc/Dur%C3%A9e_dette_negociable_Etat_France_1995-2011.jpg
[3] http://eco.rue89.com/2010/05/10/on-parle-beaucoup-de-la-dette-publique-et-la-dette-privee-alors-150883
[4] http://www.impots-utiles.com/repartition-des-recettes-fiscales-en-2010.php
[5] http://www.liberation.fr/politiques/06012123-retraites-les-deficits-sont-fabriques-politiquement
[6] http://www.bastamag.net/article1725.html

Dénia 17/04/2012

Votre ami a parfaitement raison. Pour le comprendre, j'ai moi-même dû imaginer l'exemple suivant: soit un ménage qui se rend acquéreur de sa maison au prix de 200.000€. Ses revenus annuels
s'élèvent à 20.000€. Pour cet achat, il contracte un emprunt de 140.000€, sur 20 ans. Ses annuités de remboursement s'élèvent à 7.000€, et correspondent donc à 35% de ses ressources annuelles
(7000€/20000€).
Selon le mode de calcul de nos chers économistes et journalistes à "gages", ce ménage serait, au-delà de toute raison, hyper-surendetté puisqu'il aurait à rembourser, sur une seule année, les
140.000€ de crédit. Avec 20.000€, mission impossible, n'est-ce pas ? L'Etat, nous dit-on, doit être géré comme un ménage. Alors, pourquoi ne pas appliquer la bonne méthode de calcul ? Place à
l'enfumage habituel de la pensée unique trop attachée à faire de la "communication politique" plutôt que s'adonner à un réel devoir d'information. On est là aux antipodes de l'EDUCATION POPULAIRE
cher à JL Mélenchon.

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog