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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 07:28

J'ai découvert il y a peu un livre que Philippe Delerm a publié il y a dix ans : Intérieur. Aux éditions Les Flohic. Une petite merveille.

L'auteur nous livre le fond de ses pensées face aux œuvres du peintre danois Vilhelm Hammershøi (1864-1916), qui influença Dreyer et qu’aimait beaucoup Rilke.

Je cite un extrait des mots de Delerm face au tableau ci-dessous :

 


 

Delerm2.jpg

 

" Une lumière exsangue et bleue, fatiguée de se frayer un chemin à travers des rideaux, des tentures, des bibelots espacés, respectables, inutiles. Et puis cette nuque un peu penchée... Froide ou! chaude ? C'est dans l'incertitude que la sensualité progresse, en silence, en secret. Nuque offerte ou préservée ?

[…] Il y a quelque part une fenêtre ouverte, des cris d'enfants qui montent dans la rue, une rumeur. Mais le regard est sur la cour, l'espoir au fond d'un antirêve gourd. De cette nuque seule, offerte ou préservée, pourrait venir la solution – mensonge du désir, le sang qui cognerait plus fort aux tempes, un poison doux. Une épingle tomberait sur un coin de tapis, des cheveux électriques. Il faut ranger ce plateau en bas du vaisselier. "

 

En économie, ce qui est à moi n'est pas à toi. En art, la beauté peut se surajouter à la beauté. Indéfiniment. Infiniment.

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