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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 06:47

http://4.bp.blogspot.com/_-53gf-48uq8/TT_kD4h_99I/AAAAAAAACxI/yJMASgB99d4/s400/solitude+ballon+coeur+rouge.jpgIl y a les hommes ; et puis il y a aussi les enfants.


Le nombre de suicidés chez les gosses de cinq à douze ans augmente depuis plusieurs années. Fin 2011, Boris Cyrulnik rendait un rapport sur ce problème douloureux à la secrétaire d’État idoine (Quand un enfant se donne la mort, publié aux éditions Jacob). Selon le psychiatre et neurologue, un grand nombre d’accidents sont des « analogue suicidaires ». S’il ne faut pas sous-estimer les facteurs génétiques, l’acte fatal est le résultat d’une construction très complexe. Pour Cyrulnik, l’impulsivité qui débouche sur le passage à l’acte peut être gravée in utero dans le cerveau de l’enfant par la souffrance parentale. J’ai connu de près une femme qui s’est suicidée à moins de trente ans après une vie de déprime, de neurasthénie, d’angoisse, de névrose. Elle avait parfaitement senti, durant la gestation, que sa mère ne voulait pas d’elle, mais qu’elle aurait, à la rigueur, accepté un garçon. Le moins qu’on puisse dire est qu’elle avait été en privation sensorielle dans le ventre de sa mère. J’ai pensé, sans pouvoir l’expliciter et le vérifier évidemment, que, dans les dernières heures de sa vie, elle avait vécu mille fois l’enfer d’Ophélie face à Hamlet.

 

L’enfant de six ans veut-il vraiment se tuer, alors qu’il n’est pas vraiment conscient du caractère irrémédiable de la mort, ce qui n’est pas le cas de l’adolescent pour qui la mort commence à être posée de manière métaphysique ? Le jeune enfant ne désire-t-il pas simplement faire disparaître son mal être, son désir de vivre ?

 

Il semble, selon Cyrulnik que, plus les enfants sont précoces plus ils sont valorisés, mais plus ils sont fragiles.

 

Bref, nous n’avons pas fini d’être déconcertés par ces enfants désemparés, par des histoires tragiques soudaines, inattendues, avec des facteurs déclenchants de plus en plus ténus. Récemment, un enfant de 11 ans s’est pendu chez lui, dans le Calvados. Selon le parquet qui a instruit l’affaire, il n’avait pas supporté des remontrances parentales consécutives à un mauvais carnet scolaire. Une enfant de douze ans s’est suicidée à Lens, victime de harcèlement de la part de ses camarades. Sans parler de cet ado qui s’est tiré une balle dans la tête à Cambrai, en direct devant sa webcam. Ou de cet autre jeune de seize ans qui s’est pendu à un arbre vers 12h30, sur le chemin de l’école, à Courcouronnes.

 

12000 suicidés meurent chaque année. Davantage que dans les accidents de la route. 160000 tentent, en vain, de se donner la mort. Un adulte qui se supprime en pleine conscience peut éventuellement racheter par cet acte une vie qu’il estime ratée. Il peut se présenter aux yeux des autres comme éternellement parfait. Mais un gosse ?

 

 

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