27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 07:13

http://dreamindemonwp.dreamindemon.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/Carlos-DeLuna-Wrongly-Executed-For-Another-Mans-Crime.jpgEn l'occurrence, est-ce ainsi que les hommes meurent ? Au Texas, un État qui exécute à tour de bras. Y compris des innocents.

Philippe Bilger, pour Marianne.fr, revient sur l'exécution en 1989 de Carlos de Luna qui eut l'infortune de ressembler à un autre Carlos, meurtrier de Wanda Lopez, une jeune mère célibataire hispanique, poignardée dans la station-service où elle travaillait. Il fallut une enquête de cinq ans d'un professeur de droit et de ses étudiants pour révéler les tenants et les aboutissants de cette fâcheuse méprise.

Les auteurs ont identifié les « nombreuses erreurs, les indices perdus, les occasions manquées qui ont conduit les autorités à accuser de Luna de meurtre, malgré les preuves non seulement qu'il n'avait pas perpétré le crime mais qu'un autre individu, Carlos Hernandez, l'avait commis », souligne leur enquête de quelque 780 pages. Le rapport, intitulé « Los Tocayos Carlos: Anatomy of a wrongful execution » (Les sosies Carlos: anatomie d'une exécution arbitraire) , a refait l'enquête, près de 30 ans après les faits.

 

 

L'enquête a permis d'établir que Carlos Hernandez était un sosie du premier, qu'il demeurait dans la même région, qu'il avait un casier judiciaire chargé avec notamment des agressions et un vol à main armée. Son passé judiciaire n'a jamais empêché qu'il soit traité étrangement par les autorités du Texas avec indulgence.

 

Le comble, c'est que Carlos De Luna n'avait pas cessé de protester de son innocence tandis qu'Hernandez à plusieurs reprises a avoué être l'auteur de cet homicide. Incarcéré à nouveau en 1996, ce dernier est mort en 1996.

 

Ces deux hommes se ressemblaient tellement que même leurs proches les confondaient. Le jour des faits cependant, un témoin avait fourni un signalement vestimentaire et physique - moustachu et une chemise grise- qui correspondait à Hernandez mais non à De Luna: rasé, avec une chemise blanche.

 

La certitude de l'existence dans le même secteur de ces deux jeunes gens si similaires d'apparence n'avait pas dissuadé le procureur, lors du procès, de prétendre «qu'Hernandez n'est qu'un fantôme né de l'imagination de DeLuca».

 

Les deux sont morts mais l'un dans la honte, en ayant réclamé justice sans l'avoir jamais obtenue, l'autre en se sachant coupable mais en n'étant pas cru.

 

Le défaut de conscience, de vigilance, de compétence, quelle catastrophe!

 

Mais la peine de mort, quelle horreur !

 

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Published by Bernard Gensane - dans Tranches de vie
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Dandidan 27/05/2012

Dans ce poème de Francis James chanté par tonton Georges:
Par l'humiliation de l'innocent châtié
Et par le juste mis au rang des assassins

Avant la justice, la foule pouvait pendre un présumé coupable.
Depuis, honte à ceux pour qui la vie d'un homme quelconque (comme le pullover rouge) vaut leur réputation de protecteur du peuple...

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