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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 12:56

Ne plus enseigner le français en France présenterait, entre autres, l'avantage suivant : les Français ne seraient plus capables de décrypter les finesses langagières d'un Claude Guéant, par exemple (voire la note précédente).

J'ai reçu hier cet appel urgent : 


http://img.clubic.com/0118000000068274-photo-imperialisme-jacquette.jpg


 

Langue française : Opération Chatel
Tous ensemble devant le ministère de l'Éducation  Anglo-saxonne
dirigé (et détourné) par M. Luc Chatel, 110 rue de Grenelle - 75007 Paris, pour un
RASSEMBLEMENT
samedi 30 avril à 15h.
Nous ne les laisserons pas instrumentaliser l'École !
 Refusons l'endoctrinement impérialiste et linguistique de nos enfants !


 
 

 

 

M. Chatel, pédagogue bien connu, aime tant l'anglais qu'il tient à en faire partager sa passion à tous nos enfants, dès 3 ans, -et tout au long de leur scolarité. M. Chatel est un homme de convictions : il est seulement à déplorer que le patriotisme et la loyauté n'en fassent partie,  -ou plutôt que ce patriotisme exacerbé, franchement chauvin et péniblement exclusif, s'exerce vis à vis des États-Unis -probablement la patrie "de cœur", pour l'ancien DRH de la multinationale Lauréal.
 Mais ce n'est pas le seul projet du gouvernement dont il est l'homme de peine. Notre tâcheron de l'endoctrinement devra bientôt répondre au souhait présidentiel de voir les mathématique, l'Histoire (et le sport !) enseignés "en langue étrangère" (langue dont le choix n'est plus un mystère...) dans les lycées, rendant de facto la langue de Business Europe, le syndicat du patronat européen, LA matière principale pour avoir son bac, puisque celle qui conditionne l'accès et la compréhension de toutes les autres ! Un jeune britannique de passage aura ainsi plus de facilités que nos enfants à réussir son bac en France -une délicatesse rare et très ciblée en matière d'intégration, sans doute le véritable sens de l'  "immigration choisie" chère à M. Sarkozy- mais surtout une façon de faire comprendre très efficacement à tout parent et tout écolier la véritable hiérarchie des langues en France : rater le français c'est perdre une matière -bien marginalisée qui plus est, avec la division par deux dès l'an prochain de son volume horaire en première et terminale L, au profit d'un apprentissage "de la littérature étrangère en langue étrangère" dont n'a peine à deviner, là encore, quelle langue en bénéficiera. Échouer en anglais c'est louper son bac.
 
[Quelques précisions très officielles -la partie émergée, celle déjà mise en œuvre, pour le reste relire les discours de nos gouvernants : http://www.education.gouv.fr/cid55664/installation-du-comite-strategique-des-langues.html. On y parle beaucoup "des langues étrangères", d'ailleurs, mais pour ce qui est des stages gratuits au lycée, les masques tombent : c'est pour l'anglais seulement].

 Après avoir été, selon les vœux de Jules Ferry, le moyen de notre unité et le premier service de la République française, l'École publique, laïque et obligatoire, est donc en passe de devenir l'instrument par excellence de notre formatage linguistique et culturel, de la "normalisation" de notre "exception culturelle" -de la relégation accélérée de notre langue maternelle au rang d'idiome local pour nostalgiques d'un réservoir de travailleurs qualifiés interchangeables qui s'est appelé un jour France.
 
 Car autant les causes d'une mesure aussi brutale et délétère sont profondes et ramifiées -créer de toute pièce un peuple européen dont la langue "nationale" serait l'anglais, ce qui aurait l'avantage de donner une apparence de légitimité à la construction bruxelloise tout en favorisant les rapprochements ultérieurs avec les "modèles" anglo-saxons ; rendre nos enfants plus à l'aise avec l'anglais qu'avec toute autre langue (y compris... la nôtre, si possible !), pour que la nouvelle génération n'est plus de réticences à voir cette langue s'imposer ; rendre l'anglais naturel pour eux, puisque connu dès le plus jeune âge et légitimé par l'École, étape indispensable au remplacement pur et simple du français...- autant les raisons de s'y opposer sont simples. Évidentes. Parmi elles, conserver la capacité à accéder notre patrimoine littéraire -ces textes qui ont forgé notre pensée à travers les âges et infléchis notre histoire collective-, mais aussi plus immédiatement, nos propres concepts pour décrire le monde et ses possibles, car une langue est tout sauf objective ! Préserver ce creuset particulier de définitions et de non-dits, de connotations, d'usages, d'abstractions et de descriptions imagées qui donne à une langue toutes ses nuances pour décrire la réalité de ses locuteurs : la nôtre, notre pacte social,  et cet humanisme des Lumières que l'on voudrait bien extirper de nos têtes. Conserver, d'ailleurs, simplement une langue pour s'exprimer, revendiquer s'il le faut, car ce qu'on nous propose n'est qu'un code formaté, toiletté, neutralisé. Du globish plus que de l'anglais. Un jargon mercatique politiquement corrigé, une boussole faussée qui indiquera toujours  la droite plutôt que le nord...
 
 
 Vous voudrez bien trouver en pièce-jointe l'appel à ce rassemblement -qui reprend certains aspects de celui du 19 mars, dont il est un prolongement.
 En pièce-jointe également, le compte-rendu du Rassemblement de la fontaine Molière, qui fut une belle réussite pour ce tout premier coup d'essai. Merci à tout ceux qui en furent !

 A vous retrouver le 30 avril,
 salutations militantes,
 
       M.V., pour le COURRIEL. 

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commentaires

K
<br /> on y sera<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Bravo pour cet article, mais...<br /> <br /> La référence à Jules Ferry a fait "tilt" dans mon esprit (oserais-je le dire en anglais, "it rang a bell"), mais certainement pas de la manière espérée par les auteurs de ce texte.<br /> <br /> Je pense que les réformes "tout-anglais" prévues par M. Chatel sont tout bonnement dans la continuité de l'imposition du français au détriment des langues régionales depuis 1789 et tout<br /> particulièrement pendant la 3è République. Les arguments invoqués sont d'ailleurs les mêmes (la lutte du "progrès" contre "l'archaïsme").<br /> <br /> Les mêmes méthodes qui ont été utilisées (avec succès) pour "tuer" les langues régionales en France vont maintenant servir pour effacer le français au bénéfice de l'anglais. Il y a là une certaine<br /> logique, et une continuité indéniable.<br /> <br /> Liens utiles :<br /> <br /> http://www.languefrancaise.net/forum/viewtopic.php?pid=77311 : entre autre, un extrait du rapport Barrère de 1794 où on prônait la suppression du basque, du "bas-breton" et des autres langues<br /> régionales au motif que celles-ci auraient été "les auxiliaires du fanatisme et de la superstition".<br /> <br /> http://www.greatsong.net/PAROLES-GILLES-SERVAT,KOCH-KI-GWENN-HA-KOCH-KI-DU,100226793.html : la très belle chanson de Gilles Servat, "Koc'h ki gwenn ha koc'h ki du", une des très rares fois où l'on<br /> a décrit, en français, la brutalité de la mise au pas des "provinces" par les élites parisiennes (le texte parle de la Bretagne, mais c'était pareil ailleurs).<br /> <br /> http://www.monde-diplomatique.fr/2000/05/CASSEN/13725 : cet article sur la "langue-dollar" contient cette citation merveilleuse de franchise d'un certain Alexandre Adler : « L’anglais, parlé par<br /> les Européens, deviendra une langue unique de communication, à côté de laquelle les langues nationales garderont leur utilisation. » Remplacez le mot "anglais" par le mot "français", et vous serez<br /> transporté dans une salle de classe d'un hussard noir de la 3è République.<br /> <br /> <br />
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