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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 07:10

http://www.hberlioz.com/Photos/goethe.jpg

Aujourd’hui, deux fois moins d’enfants français apprennent l’allemand que dans les années soixante-dix. Je ne connais pas la situation outre-Rhin, mais le pessimisme m'habite. L’allemand, cela sert à faire des affaires avec les Allemands. Ils sont très flattés quand on leur parle dans leur langue. Et puis, cela permet aussi, accessoirement, ce qui n'est pas rien, de lire Zweig, Mann ou Werfel dans le texte.

 

Je me disais tout cela récemment parce que j’étais retombé sur quelques vers admirables de Goethe, géant parmi les géants : l’un des deux “ nocturnes du promeneur ”, que le poète écrivit  en quelques minutes dans une petite maison en bois, dans les bois. Ce court texte fut mis en musique par Schubert.

Je propose ma traduction, qui vaut ce qu’elle vaut.

 

Über allen Gipfeln

Ist Ruh,

In allen Wipfeln

Spürest du


Kaum einen Hauch;


Die Vögelein schweigen im Walde.


Warte nur, balde
Ruhest du auch.

 

 

 

Sur toutes les cimes

Le calme

Au faîte de tous les arbres

Tu ressens à peine un souffle ;

Les oiseaux se taisent dans les bois.

Attends, bientôt toi aussi tu te reposeras.

 

 

 Germanophones ou francophones, nous mourrons tous un jour. Espérons que ce sera dans cette sérénité.

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commentaires

B
Je crois que cette situation est tout bonnement due au fait que nous ne considérons plus l'Allemagne comme notre ennemi. A partir de 1870, les Français ont appris l'allemand car "il fallait<br /> connaître la langue de l'ennemi" si on voulait pouvoir le vaincre. Cette mentalité a persisté jusqu'au début des années 1970. Aujourd'hui elle a disparu, et plus personne en France ne s'intéresse à<br /> la langue allemande.<br /> <br /> Quant à faire du commerce avec les Allemands dans leur langue. En juillet dernier, j'ai séjourné brièvement à Berlin (une semaine, pour raisons touristiques). Dans le métro, j'ai vu une publicité<br /> pour un spectacle quelconque, en anglais. Ce qui m'a un peu choqué, c'était la mention "Suitable for non-German-speakers" inscrite en haut de l'affiche. De même : je parle un peu allemand, pas<br /> couramment mais suffisamment pour demander mon chemin dans la rue. A chaque fois que j'essayais de m'exprimer dans cette langue, on m'a systématiquement répondu en anglais, ce qui a fini par me<br /> froisser un peu (et pourtant, je suis convaincu que les gens qui ont agi ainsi ont cru bien faire).<br /> <br /> Je ne crois pas que les Allemands soient vraiment intéressés par le rayonnement de leur langue, à l'étranger ou même chez eux. Nos élites en France ont exactement le même sentiment vis-à-vis du<br /> français, mais ils doivent compter (pour combien de temps encore ?) avec une frange de l'opinion publique qui accepte mal le tout-anglais. Mais même la France finira par se soumettre, comme le<br /> montre le nombre croissant de groupes et de chanteurs français qui ne chantent qu'en anglais, quand bien même ils sont assurés que leur notoriété ne dépassera jamais le cadre hexagonal. La défense<br /> de la langue française paraît déjà incompréhensible aux générations de moins de vingt-cinq ans.<br /> <br /> Je finirai par une blague certes éculée mais plus que jamais d'actualité (qui doit dater d'au moins quarante ans) :<br /> <br /> "Un optimiste, c'est quelqu'un qui apprend le russe. Un pessimiste, c'est celui qui sait déjà le chinois."
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