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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 14:01

 

http://www.reveil-fm.com/images/copé10.JPGIl y a quarante ans, on aurait classé Jean-François Copé à l’extrême droite du champ politique français. Depuis, le curseur n’a cessé de se déplacer. Copé est maintenant étiqueté “ libéral ”.

Comme notre kleiner Mann, Copé est partisan de retirer la nationalité française, dans un délai de dix ans après l’accession à cette nationalité, à ceux qui portent atteinte à la vie de personnes dépositaires d’une autorité publique, en particulier les policiers et les gendarmes. Pas les professeurs des écoles, notons-le, alors qu’ils sont également dépositaires d’une autorité publique. Si elle était votée, cette loi pourrait concerner deux ou trois personnes par an. Le but n’est clairement pas de dire le droit, de rendre la justice, mais de faire peur, de remuer des remugles de démagogie et d’instituer une forme de nationalité en CDD.

Je ne suis pas juriste, mais je me permets de penser que cette loi ne verra jamais le jour. En effet, on voit mal le Conseil constitutionnel accepter le principe d’une nationalité à deux vitesses, ainsi que des citoyens à deux vitesses : pourquoi protéger les pandores et pas les douaniers ?

Que vient faire Copé, tout particulièrement, dans cette histoire de chasse à l’étranger ? La réponse est, malheureusement, dans la page Wikipédia qui lui est consacrée :


Aîné d'une famille de trois enfants, Jean-François Copé est le fils de Monique Ghanassia, originaire d'Algérie, et du professeur Roland Copé, chirurgien gastro-entérologue proctologue d'origine roumaine.

Du côté paternel, son grand-père Marcu Hirs Copelovici, fils de Copel et Zleta, originaires de Bessarabie, est un médecin né à Iaşi dans l'est de la Roumanie au début du siècle. Fuyant l'antisémitisme de son pays, il émigre à Paris en 1926. Devenu Marcel Copé, il se marie peu après avec Gisèle Lazerovici, fille de Ghidale Lazerovici, comptable, et Anna Stern. Du côté maternel, son grand-père Ismaël André Ghanassia, fils de Moïse Ghanassia et Djouhar Soussi, originaires de Miliana, est avocat à Alger. Son épouse, Lise Boukhabza, est la petite fille d'un rabbin originaire de Tunisie, et d'une mère originaire de Tétouan au Maroc. André Ghanassia, son épouse et leurs trois enfants, dont Monique, quittent Alger pour la métropole dans les années 1950, peu après les débuts de la guerre d'Algérie.

 

Le petit-fils d'immigré qu'est Copé devrait savoir dans sa chair ce que c'est que d'être étranger. Non ?

 

PS : La majorité parlementaire UMP vient de reculer sur ce projet. Le kleiner Mann n'est pour rien dans ce recul, bien sûr. Ce sont vraiment des gens de convictions.

 

 

 

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commentaires

A
<br /> Je regrette que ceux qui viennent en France ne connaissent pas pour un certain nombre d'entre eux les valeurs républicaines et ne peuvent donc pas les respecter : ils ne savent pas ce qu'est<br /> l'égalité homme/femme (le droit au même respect pour les hommes comme pour les femmes) ni la liberté puisque dans leur propre famille leur femme ou leurs enfants n'ont pas liberté de penser et de<br /> choisir leur vie c'est-à-dire leurs études et leurs fréquentations. On critique beaucoup ces enfants d'immigrés, qu'ils sont repliés sur eux-mêmes et "nombrilistes" - expression que je n'aime pas<br /> mais qui est utilisée pour les nommer -, alors qu'ils n'ont pas choisi l'état et la situation dans lesquelles ils se trouvent et doivent en souffrir... Que fait la France pour pallier ces<br /> incohérences ? Intégrer c'est aussi voir que les différences de cultures nécessitent un vrai travail d'adaptation pas seulement du point de vue économique.<br /> <br /> <br />
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