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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:39

http://1.bp.blogspot.com/_WMKJbeeOKWk/TAvnAuY1T_I/AAAAAAAAFog/ybYLLzW_zN4/s1600/Menuet.jpgOn me fait passer ce texte bien frivole. Il semble être de la plume du journaliste Luc Rosenzweig.

 

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés 
de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents d’une sonate de Joseph Haydn 

 

Nicolas :
Madame, l'heure est grave : alors que Berlin danse


Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.


Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure


Entendez les Romains: ils appellent au secours !


Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.


Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux


Attendent de vous, madame, le geste généreux !


De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :


Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête


Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.

 Cette cause est bien rude, mais laissez-moi plaider... 

 

Angela :
Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu'il y a méprise


Folle étais-je de croire à une douce surprise


En vous suivant ici seule et sans équipage


Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !


Mais je dois déchanter, et comme c'est humiliant


De n'être courtisée que pour son seul argent ! 

 

Nicolas :
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand


Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent


D'entrer en badinage quand notre maison brûle !

 Le monde nous regarde, craignons le ridicule !


Notre Europe est malade, et vous seule pouvez


La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver !


Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abîme


Vous n'y êtes pour rien, mais soyez magnanime !


Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire !


Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer


Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi ! Angela :


J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière


L'ouvrier mécontent, le patron en colère.

 Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.


L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.


Et vous me demandez, avec fougue et passion


De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?


Ce serait trop facile et ma réponse est non ! 

 

Nicolas :
On ne se grandit pas en affamant la Grèce


En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !


Nos anciens nous regardent, et nous font le grief


D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !


Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.


Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles


Desserrez, je vous prie, le nœud de l'escarcelle ! 

 

 Angela :


Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle


Votre éloquence est grande et mon âme chancelle...


Mais si je disais oui à toutes vos demandes


Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !  

 

Et ils s'éloignent, chacun de leur côté.

 

 

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