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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 06:16


Justin. Un  gamin de 13 ans. Fou de foot depuis l’âge de trois ans. Il joue dans l’équipe de son village. Il y brille. Des instances régionales le repèrent.

 

Avec deux mille autres gosses, il est sollicité pour participer à une grande sélection qui lui permettrait de jouer à un très bon niveau. Il accepte, pas très chaud car, en cas de réussite, il devra quitter le collège où il est le meilleur de sa classe.

 

Un parcours du combattant. Des épreuves physiques et techniques. Il finit par faire partie du dernier peloton pour la dernière épreuve : une course d’endurance.

 

Là comme partout, il excelle. Il arrivera dans les cinq premiers sans problème. Après deux kilomètres, il double un des copains de son village. Le gamin respire comme une locomotive à vapeur en se pressant la main sur le cœur. Il a mal, il est blême, au bord de la syncope. Justin s’arrête, l’aide à s’asseoir, à reprendre son souffle. Les autres concurrents passent. Justin fait de grands signes pour alerter les responsables. L’un d’entre eux vient vers lui à petits pas. Justin explique la situation et propose au responsable de marcher avec son copain jusqu’à la ligne d’arrivée.

 

Justin est éliminé.

 

Le lendemain, il me dit :

 

— Si c’est cela, l’esprit de compétition de haut niveau, je préfère rester dans mon village et continuer de jouer avec mes potes.

 

Petit rappel : pour le basket professionnel, on peut relire ceci : Florilège (33) 

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commentaires

P
<br /> La scène décrite est parfaitement représentative de la mentalité du monde actuel. Au point, d'ailleurs, qu'on n'arrive plus à savoir si c'est l'esprit de compétition qui a gagné le monde des<br /> affaires ou si c'est l'esprit des affaires qui a gagné le monde de la compétition (dite, à tort, sportive).<br /> <br /> En tout cas, une chose est certaine : le vocabulaire est le même et, dans les deux cas, c'est toujours la même chose : le vainqueur porté aux nues et le vaincu piétiné.<br /> <br /> J'ai le souvenir, il y a quelques années, d'une course transatlantique où un des concurrents s'était dérouté pour porter secours à un participant en détresse. Sa générosité n'avait pas été comptée,<br /> il avait été éliminé.<br /> <br /> Ce qui m'avait choqué, c'est que le navigateur en question avait dit : la prochaine fois, je ne me dérouterai pas, attestant que la compétition, pour lui, était supérieure à la vie humaine.<br /> <br /> Tant qu'on continuera à hurler autour des stades, à en faire un monde de la moindre défaite, la droite aura encore de beaux jours devant elle...<br /> <br /> <br />
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