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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 15:36

Il s’agit du plus ancien quotidien des États-Unis. Il fut fondé en 1801. Il défendit l’abolition de l’esclavage et fut proche de l’Association Nationale pour le Progrès des Gens de Couleur (NAACP).

 

En 1933, le journal passa au format tabloïd. Le magnat australien Rupert Murdoch l’acheta en 1977 et en fit un organe nettement marqué à droite. Il fut obligé de le revendre pour se conformer à la loi limitant l’achat de médias pour des étrangers. Le Post passa alors entre les mains de trois propriétaires juifs : un magnat de l’immobilier qui fit faillite, un financier convaincu de fraude et, pour deux semaines seulement, un promoteur immobilier totalement farfelu. Après que Murdoch eut obtenu la nationalité étatsunienne, le journal fut racheté en 1988 par l’une de ses sociétés. Murdoch en fit un quotidien populiste d’extrême droite.

 

Lorsque DSK tomba dans les rets de la police new-yorkaise, le Post l’affubla du surnom infamant “ The Perv ” (le pervers), en pleine première page.

 

Comme il est désormais établi que la présumée victime de DSK a menti, le journal s’acharne désormais sur elle et affirme qu’elle est une prostituée de haut vol.

 

Le Post sait que la mémoire de ses lecteurs est limitée, mais pas nulle. Afin de ne pas perdre complètement la face, il continue à s’en prendre à DSK. Le 2 juillet 2011, il titrait en première page sur l'ancien directeur du FMI : “ The filthy froggy is still a wart hog ”. Ce qu’on peut traduire par “ L’obscène Frenchie de mes deux est toujours un phacochère ”. Nous sommes au niveau des pires crapuleries polémistes antisémites de la presse française des années trente quand elle s’en prenait à la “ juiverie ”.

 

Marshall McLuhan l'expliquait il y a soixante ans: le medium est le message. En d'autres termes, le sens est dans la forme, pas dans le fond. La presse à grand tirage est passée de formules du genre "Le Perv", "l'argent sordide" ("sleazy money"), "les politiciens véreux" ("dirty pol") à "Le Libéré" ("The Freed"). Ce qui ne change rien à rien. Ce qui ne contribue pas à éclairer les lecteurs.

 

Le New York Post tire à 700000 exemplaires. Ce n’est pas énorme, mais cela n’en fait pas une feuille confidentielle. Sommes-nous dans la presse de caniveau ? Je répondrai candidement par la négative. Nous sommes dans la presse, tout simplement. Des New York Post, aux États-Unis, il y en a des dizaines. Il en existe des centaines de par le monde. La tendance de la grande presse est de glisser sur cette pente : le cul, le sensationnel, la caricature, la simplification à outrance (à ce propos, un lecteur me signale cette petite ignominie : link), le réflexe conditionné.

 

Pauvres de nous !

 

 

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