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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 06:41

Sous l’ancien régime, toutes les charges s’achetaient. Petit à petit, on créa la Fonction publique, avec l’idée que tous les citoyens postulants à un emploi étaient théoriquement égaux. Il reste aujourd’hui quelques charges vénales dont on pourrait fort bien se passer : notaires, huissiers, commissaires-priseurs.

 

La Fonction publique française, c’est la République française, et vice-versa. Pour le gang du Fouquet’s, ceci est intolérable et doit cesser. D'abord dans l’enseignement. Une mission parlementaire, présidée par un UMP, agrégé de l’université, issu d’une famille de gauche (les renégats font les meilleurs traîtres) vient donc de programmer la fin des concours de recrutement pour les enseignants. Ces concours datent de 1833 pour les instituteurs et 1879 pour les institutrices. L’agrégation date du début du XIXe siècle. Le CAPES date de 1950.

 

À terme, les concours (agrégation, capes) seront remplacés par un master. Les autorités académiques ou les établissements recruteront les enseignants sur la base d’un entretien professionnel, comme cela se pratique dans de nombreux pays, à commencer par le Royaume-Uni et les États-Unis. Au sein de la mission parlementaire qui a élaboré ce projet, la droite a voté pour, l’unique députée communiste a voté contre. Les socialistes se sont abstenus.

 

Le député Grosperrin (agrégé d’Éducation physique, ancien champion de France de lutte – prudence quand on l’aborde, donc), qui a présenté ces propositions, reconnaît que les Français ne sont pas « prêts » à une telle réforme et qu’il faudra une dizaine d’années pour que ce projet puisse entrer dans les mœurs. Vu ce que les Français ont avalé comme couleuvres depuis cinq ans, je dirai que l’armoire à glace franc-comtoise est pessimiste.

 

Il va de soi que de telles modalités de recrutement renforceront le copinage et le piston, ainsi que les inégalités régionales et entre les établissements. Les mutations, les promotions qui, jusqu’alors, s’effectuaient au sein de commissions paritaires composées pour moitié de représentants des enseignants démocratiquement élus, seront le fait de quelques petits princes.

 

* Photo d'un agrégé célèbre.

 

Le 6 juillet, nous avons appris la bonne nouvelle suivante : le rapport Grosperrin venait d'être rejeté par la commission plénière des affaires culturelles et éducatives (15 contre, 11 pour, 2 abstentions).

 

 

 

 

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commentaires

P
<br /> Il est évident que la droite conservatrice (ou néolibérale, comme on voudra) qui est au pouvoir en Europe depuis une dizaine d'années, fait oeuvre révolutionnaire. Sait-on que la Commission<br /> européenne et le Parlement européen n'ont jamais été aussi à droite depuis la fondation de la Communauté européenne en 1958 ?<br /> <br /> Cette "oeuvre", c'est le démantèlement de la puissance publique. Les armes : la désorganisation de la Fonction publique, des services publics, les coupes budgétaires qui rendent leurs missions<br /> impossibles et, bien sûr, les privatisations.<br /> <br /> Ce qui est en train de se passer avec les dettes souveraines, procède d'une démarche similaire : au lieu d'appliquer des solutions de bon sens, comme les Euro-obligations, on contraint le<br /> contribuable européen à s'endetter pour "sauver" la Grèce et bientôt le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie et ensuite, la Belgique et même la France. Ainsi, la part de dette hellénique aux<br /> mains des contribuables étrangers passera de 26 % à 64 % en 2014. Cela veut dire que l'exposition de chaque foyer de la zone euro va passer de 535 euros aujourd'hui à 1.450 euros. En clair, chaque<br /> foyer européen se voit endetté aujourd’hui de cette somme. Cela, rien que pour la Grèce ! Que sera-ce si on prend des mesures équivalentes pour les autres pays ? Et on peut se poser raisonnablement<br /> la question : l'emballement de l'endettement des Etats n'est-il pas provoqué volontairement par les banques ?<br /> <br /> Les politiques d'austérité qui accompagnent ces "aides" massives aux banques, non seulement, entraînent un appauvrissement des peuples et un enrichissement des "élites", mais paralysent l'Etat et<br /> tous les pouvoirs publics, y compris les services comme l'éducation, la sécurité sociale, les transports publics, la poste, etc.<br /> <br /> Ces mesures sont nuisibles à tout point de vue. Même des économistes de droite crient casse-cou. Cela n'a aucune importance pour l'oligarchie. L'objectif est idéologique : la fin de l'Etat, la fin<br /> du politique au profit des banques et des multinationales.<br /> <br /> Aussi, la supression des concours pour agrégés n'est qu'une mesure, dans la masse des "réformes" concoctées par la doite pour détruire notre société.<br /> <br /> Bernard, il faudra un nouvel Orwell qui écrive un nouveau "1984". Celui-ci sera encore plus épouvantable que le premier ! Heureusement, à terme, "Big Brother" n'a pas une grande longévité, mais il<br /> a le temps de faire d'énormes dégâts...<br /> <br /> <br />
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X
<br /> Eh oui, combien il est triste de constater que la droite se livre au plus grand lessivage de l'histoire depuis l'accession de Sarkozy au trône. Les valeurs républicaines sont à jeter aux oubliettes<br /> de l'histoire car la République une et indivisible est un outil complètement dépassé pour les thuriféraires de la finance à tout prix. Le pire, c'est que ces ravages laissent, et laisseront sans<br /> doute, des traces profondes, d'autant plus que, malheureusement, tout laisse à penser que l'alternance de 2012, si elle a lieu, s'accommodera sans problème des conséquences de cette entreprise de<br /> destruction tant elles se situent dans la logique de ce que le PS a contribué à mettre en place (Jospin et le processus de Bologne, par exemple). Nous ne sommes pas encore assez nombreux à nous<br /> indigner !!<br /> <br /> <br />
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