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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:14

http://www.pieter-bruegel.com/salles/tableau/beggars.jpgParce que la notion d'école de la République ne les concernait plus (alors qu'ils en avaient été nourris et qu'ils en avaient largement profité), parce qu'ils avaient vu dans ce tournant sarkozyste un moyen d'augmenter leur pouvoir et leurs émoluements, et parce qu'ils étaient majoritairement de droite, les présidents d'universités ont accepté la LRU et l'ont appliquée sans états d'âme.


Depuis 2007, j'ai dénoncé ces reniements. J'ai annoncé (avec d'autres) la transformation des universités en entreprises, la fin des pratiques démocratiques dans les établissements, l'avènement du pouvoir des technocrates et de certains administratifs, la précarisation de tous les personnels, l'arbitraire, la misère à petit feu.


La Tribune est un journal de qualité. Bien que de droite, il lui arrive d'être plus hostile au gang du Fouquet's que ne le sont les présidents d'université, et de montrer du doigt, avec lucidité, des problèmes présents ou à venir. C'est ce qu'il fait ci-dessous en expliquant pourquoi les universités vont désormais devoir se coltiner avec la finance qui dictera sa loi et qui décidera de leur salut.


La mutualisation des universités, c'est un peu comme la Grèce : on coupe les têtes qui dépasse ("Vire-moi ce département de portugais, cette filière de Grec ancien"), et alors seulement, les banques vous prêtent.


J'en profite pour renvoyer à un article de synthèse sur la privatisation, la financiarisation et la défonctionnarisation de l'université publié dans ce blog début juillet 2011 (link).


 

Faute de moyens, les universités françaises se tournent vers la mutualisation

La Tribune, Enseignement supérieur, 21/09/2011



Des discussions sont en cours avec la Caisse des dépôts afin de pouvoir financer des programmes de mutualisation d'outils et de services.


A une semaine de la présentation du budget 2012, les universités sont inquiètes. Malgré l'engagement présidentiel d'augmenter les moyens de l'enseignement supérieur et de la recherche de 9 milliards d'euros entre 2007 et 2012, et un gel des suppressions de postes pour 2011-2013, le passage à l'autonomie met les universités, qui doivent désormais gérer leur masse salariale, face à des contraintes budgétaires mal anticipées. Lors de sa conférence de presse de rentrée, ce mercredi, la conférence des présidents d'université (CPU) s'en est émue. "Les universités pourront-elles faire face à leurs dépenses d'investissements ?


Certaines sont contraintes de geler des postes et des projets de développement", constate Louis Vogel, président de la CPU. Certaines souffrent d'une pyramide des âges défavorable (ce que l'on appelle le "glissement vieillesse technicité") et doivent parfois supprimer des postes face à une masse salariale qui progresse. Rien que pour ces problèmes de pyramide des âges (la masse salariale est plus élevée si l'université doit rémunérer beaucoup d'enseignants-chercheurs ayant de l'ancienneté), il manque "entre 15 et 20 millions d'euros", estime Louis Vogel.  Quant au rattrapage prévu en matière de postes et de budget lors de la mise en place du système de financement à la performance en faveur des universités les moins bien dotées, "il est bloqué", dénonce Anne Fraïsse, vice-président de la CPU. Les ministres de l'Enseignement supérieur et du Budget se renverraient la balle. Selon les présidents d'université, Valérie Pécresse, qui était autrefois à l'Enseignement supérieur, argue auprès de Laurent Wauquiez que les universités disposent d'un fonds de roulement total de 1,5 milliard d'euros. Mais de leur côté, les recteurs ne veulent pas que les universités puisent dans leur fonds de roulement, véritable marge de sécurité qui équivaut à un voire deux mois de salaire...


Compétences élargies


Dans ce contexte tendu, les universités réfléchissent à mutualiser certains outils (systèmes d'informations notamment) et services (formation des personnels en contrôle de gestion, laboratoires de recherche communs, achats...), à l'image de ce qui se fait déjà dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale. L'agence de mutualisation des universités et établissements (Amue) est en train d'élaborer un plan stratégique visant à élargir ses compétences. Il sera finalisé à la fin de l'année. "Le défi de l'autonomie ne pourra être relevé que si les universités ont les moyens techniques et de formation de ses personnels adéquats. Or l'Amue ne peut pas y faire face aujourd'hui. Elle est sousdimensionnée", insiste Louis Vogel. La CPU et l'Amue négocient donc avec l'Etat et la Caisse des Dépôts. Selon son directeur, Claude Ronceray, l'Amue, qui est un groupement d'intérêt public, pourrait créer une filiale dotée d'un capital destiné à lancer des programmes de mutualisation. Les besoins de préfinancement sont évalués entre 40 et 80 millions d'euros.


Clarisse Jay - 21/09/2011, 15:49

 

Illustration : Les Mendiants, de Pieter Bruegel (Musée du Louvre).

 L'effervescence règne parmi les culs-de-jatte. Les différents couvre-chefs renvoient aux classes sociales : la mitre (les ecclésiastiques), la toque de fourrure (les bourgeois), le bonnet (les paysans), le bassinet (les soldats), la couronne (les nobles). Selon un proverbe flamand "le mensonge [de Pécresse et des présidents d'université?] marche comme l'estropié avec des béquilles".

 

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