14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 07:19


http://media.paperblog.fr/i/86/863765/parking-velo-payant-L-3.jpegRécemment un de mes anciens collègues organisait un colloque scientifique dans une petite ville de province où il réside. Il avait convié une cinquantaine de spécialistes, dont une bonne minorité était britannique. Comme il est de nature conviviale, il avait invité ce beau monde à déjeuner chez lui. L’invitation avait été stipulée en toutes lettres sur le programme du colloque. Elle disait ceci :

 

Buffet gratuit chez le professeur X.

Free Buffet at Professor X’s.

 

Pourquoi cette insistance sur la gratuité ? Parce que dans les universités britanniques, plus rien n’est gratuit. On fait de l’argent avec tout. Il y a un quart de siècle, je me souviens avoir participé à un énorme colloque européen dans l’université de Norwich. À l’époque, lorsque nous, universitaires français spécialistes de sciences humaines, organisions ce type de rencontre, nous demandions aux participants 50 francs au titre des frais d’inscription. Cela couvrait largement l’achat d’enveloppes, de timbres, de photocopies, la location éventuelle de rétroprojecteurs. Il va de soi que, personnellement, ou institutionnellement, nous ne mettions pas un centime dans notre poche. J’avais été stupéfait par l’exigence du collègue britannique qui, nous ayant réclamé 1000 francs de frais d’inscription, s’avérait un parfait thatchérien.

 

L’université britannique est naturellement à l’image de la société. Je me suis un jour trouvé invité par raccroc au cocktail consécutif à un mariage d’Anglais que je connaissais un peu. Le buffet était nul. Des cacahuètes, de la bière tiède et des sodas. Soudain, j’avisai un ou deux invités buvant du vin. Je leur demandai comment ils s’y étaient pris pour se procurer ce breuvage un peu plus en rapport avec l’événement. Ils m’expliquèrent qu’il fallait se rendre dans telle pièce de la maison et que, contre une livre, on me donnerait un verre de vin.

 

Certains me demandent parfois pourquoi moi, qui suis angliciste depuis toujours, j’espace à ce point mes visites outre-Manche.

 

PS qui n’a rien à voir, quoique si, justement. Je suis récemment passé à Saint-Guilhem-le-Désert. Ce village médiéval est toujours aussi beau. Rien n’a changé depuis ma dernière visite, il y a une vingtaine d’années. Mais, si ! Il y a du mieux. Les 250 habitants ont décidé l’implantation de parkings lourdement payants. Apparemment, Vinci n’y est pour rien. Cette mesure est petit bras. Je conseille aux Sauta Rocs (le nom officiel des Saint-Guilhem-le-Désertiens) de monter en puissance en faisant payer l’air sacré de leur village.

 

Je ne fis que passer, sans me poser. Je suis allé me restaurer ailleurs. Ils ne me reverront plus.

 

Photo du haut : parking payant pour vélo au Canada.

 

Ci-dessous : le parking payant du CHU Pellegrin de Bordeaux :


http://www.sudouest.fr/images/2012/02/28/644965_19406111_460x306.jpg

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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