Sans aucun doute possible, nous sommes au bout du monde. Le bout du monde est n'importe quel endroit où l'envie prend de se perdre, d'imaginer à perdre haleine. Ce monde n'est pas raisonnable.
Bientôt, c'est souhaitable, on arrive dans une gare.
Lens, peut-être, avec son allure de locomotive à vapeur et sa tour horloge.
Les gares c'est con, chantait Léo ferré, c'est dégueulasse, ça sent le fourgon, le passe à l'as...
Les temps ont changé. Les voies de TGV font moins rêver.
On a gagné en vitesse ce qu'on a perdu en poésie.
Tout là-bas, cependant se dressent les Seins de la Négresse.
Ils donnent du relief au pays plat et gris. Ils ont une idée du labeur
qui s'y est accompli. Le charbon fut sorti en abondance des galeries profondes.
La sueur des mineurs coulait comme la pluie certains jours.
La sueur avait une bonne odeur mais elle ne laissa aucune trace.
Avec l'aimable autorisation des auteurs et des éditions Après La Lune

