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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 14:25

http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2011/08/04/201108041431_w350.jpgMaxime Vivas est un ami. Il a travaillé toute sa vie à France Télécom. Parallèlement, il est devenu un écrivain reconnu, comme romancier et essayiste. Son premier roman, Paris Brune, obtint le prix Roger Vailland en 1997. Son essai La face cachée de Reporters sans frontières : de la CIA aux faucons du Pentagone  (2007) est une dénonciation sans complaisance de l'arnaque intellectuelle mise en place par Robert Ménard (dont on a vu tout récemment qu'il mamourait avec le Front National). Son ouvrage récent le plus connu est certainement Dalaï-Lama, pas si zen (2011), où en plein délire de dalaïlamaphilie, il eut le courage de dénoncer le caractère réactionnaire, parfaitement moyen-âgeux, du chef religieux. J'ai rendu compte de cet ouvrage dans les pages de ce blog (link).

 

Par ailleurs, Maxime anime, sur les ondes de Radio Mon Païs, une émission culturelle hebdomadaire très roborative : "Excusez-moi de vous interrompre". Ajoutons qu'il figura parmi les premiers soutiens à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle.

 

Ce toujours jeune homme de 70 ans met toute son énergie au service des idéaux de gauche, de l'antiracisme, de l'antiimpérialisme, de la cause des peuples qui résistent.

 

Il est l'un des animateurs du site Le Grand Soir, où j'ai moi-même publié plus de 300 articles depuis 2007. Dans un passé récent, ce site a fait l'objet d'attaques aussi ignobles que morbides de la part d'une demi-poignée de pseudo-journalistes en mal de reconnaissance. Certaines publications ont repris ces attaques totalement infondées. C'est le cas de Charlie Hebdo. D'où une lettre ouverte de Maxime à son directeur, Charb. Signalons que Le Grand Soir fut l'un des premiers sites à publier des articles expliquant que la situation en Syrie n'était pas "aussi simple que cela", comme on dit. Aujourd'hui, même le New York Times "découvre" que des milliers de réfugiés sont en fait des chrétiens qui fuient les persécutions de bandes armées islamistes. Ce qui ne dédouane en rien les horreurs commises par le clan Assad depuis le massacre de 60000 hommes, femmes et enfants à Hama en 1982.

 

 

 

Lettre ouverte à Charlie Hebdo

 

Cher Charb,

 

Je suis atterré de voir mon nom figurer sous un article de Charlie Hebdo (8 août, page 11) intitulé : «Les soutiens bruns de Damas ».

 

En raison de la proximité, de Charlie Hebdo avec l’équipe de Cuba-Si (nous avons signé plusieurs années côte à côte au stand de Cuba Si), je croyais que nous n’étions pas ennemis. Je m’étais rendu l’an dernier à L’Isle sur Tarn ou Charlie Hebdo était à l’honneur et j’avais aimablement discuté avec vous.

 

L’an dernier, j’eus aussi l’occasion de rencontrer Bernard Maris au salon du livre de Montgiscard (31) et tout allait bien.

 

Le site Article 11 a été l’initiateur, en mars 2011, d’une campagne crapuleuse visant à désigner Le Grand Soir (LGS), son webmaster (Viktor Dedaj) et moi comme des antisémites et des rouges-bruns. Lequel Article 11, parmi mille mensonges, calomnies et insinuations a laissé entendre à un autre moment, dans un article haineux à votre égard, que l’incendie de Charlie Hebdo était une escroquerie à l’assurance. Vous le saviez ?

 

Toute cette affaire de rouge-brun a été montée par une jeune journaliste parisienne sans morale, Ornella Guyet, qui rechercha mon amitié, m’approchant à Marseille où je présentais un de mes livres, puis à Toulouse où je vis. Là, elle s’informa sur la possibilité d’un job au GS. Mais on est des bénévoles. Peu après, le site Article 11, sous le pseudonyme de Boutoleau, a publié un article au vitriol contre LGS. Par la suite, alors que j’ignorais qui était Boutoleau, elle m’indiqua par mail qu’elle était au courant de l’article, mais que « franchement, elle ne voulait, pas se mêler de cette affaire ». Judas en jupon !

 

Ornella Guyet a récidivé dans un article publié en juin2012 sur Rue89 où elle me qualifie de rouge-brun.

 

J’écris des livres et des articles depuis 1997 et j’attends que quelqu’un y débusque une ligne, une allusion qui justifierait l’accusation portée contre moi.

 

Je n’ai au contraire jamais cessé de combattre tous les racismes.

 

J’ai écrit un roman historique (1) qui a été primé et très favorablement accueilli, par la critique, entièrement consacré à pourfendre un antisémite notoire.

 

Quand j’avais l’âge des voyous qui me salissent, je participais clandestinement à Athènes et à Salonique à la mise en place de réseaux d’évasion de démocrates grecs promis à la mort par la dictature fasciste du colonel Papadhópoulos.

 

C’est une vie entière de lutte et d’engagement physique contre tous les fascismes que Guyet et ceux qui la suivent jettent aux chiens.

 

Par ailleurs, Le Grand Soir entend user dans ses publications des mêmes droits que les autres médias. Un peu moins en vérité puisque, contrairement à Article 11, qui fait l’éloge appuyé des écrivains fascistes, contrairement à Rue89 qui a invité Marine Le Pen à dialoguer avec ses lecteurs, nous fermons nos colonnes à cette engeance. Cela n’empêcha pas qu’un site (lié à Ornella Guyet) a annoncé ma venue à un salon du livre aux cris de « Pas de fachos dans nos quartiers. Pas de quartier pour les fachos ! »

 

Usant de l’effet pervers dit « effet de halo » ou effet « tache d’huile » ou du procédé qui consiste à affirmer que l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours est zoophile, Ornella Guyet nous dit rouges-bruns parce que, sur les 1000 auteurs du monde entier qui ont publié plus de 10 000 articles sur LGS en 10 ans, quelques-uns (0,6 %) ont publié aussi sur des sites pas clairs ou ne sont eux-mêmes pas clairs (ailleurs que dans nos colonnes). Un esprit objectif en déduirait que nous sommes cleans à 99,4 %. Plus que nos accusateurs, qui sont tombés dans le même travers que nous, et plus souvent ! Il reste qu’en fouillant dans les 0,6%, la Nouvelle Inquisition saura nous conduire au bûcher sous les huées de la foule instruite par elle.

 

Seul un journaliste qui écrit sans avoir tué le flic qu’il a dans sa tête peut nous reprocher pas de ne pas avoir étudié à fond les CV (et leur évolution) de nos mille auteurs.

 

Par ailleurs, Acrimed dont Guyet /Boutoleau faisait partie du CA (Comité d’Animation) l’a virée en nous écrivant ceci :

 

« … nous récusons les accusations de complaisances négationnistes ou antisémites portées contre Le Grand Soir dans l’article signé Marie-Anne Boutoleau (ainsi que dans ses réponses sur le forum d’Article 11), notamment et précisément parce qu’elles sont fondées sur des pratiques journalistiques que nous critiquons régulièrement : erreurs factuelles et amalgames confusionnistes, extrapolations et généralisations abusives, etc. »

 

 

 

Pierre Stambul, fils d’un rescapé du groupe Manouchian (triangle Boczor-Glasz-Stambul) déporté à Buchenwald et d’une mère résistante dans la POI, coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix exprime sa solidarité à Viktor Dedaj, accusé sur des sites qui ont lu Guyet d’être antisémite. Stambul dénonce la « dérive grave » et « le délire » d’Ornella Guyet.

 

Pourquoi donc faut-il que Charlie Hebdo, sans nous contacter, s’associe indirectement à la cabale contre le seul grand site ami des pays en lutte en Amérique latine, qui a par ailleurs fait campagne ces derniers mois pour le Front de Gauche et contre le FN (Plus de 20 articles contre les fachos depuis le début de l’année) ?

 

Eric Simon écrit que LGS a publié des articles d’Infosyrie. Nous n’en avons publié aucun.

 

Et « des contributions de Ginette Skandrani ». Nous avons publié UN article d’elle, dont nous savions vaguement à l’époque qu’elle avait été co-fondatrice des Verts et qu’elle y siégea pendant 20 ans au bureau national. Dans l’article qu’elle nous a envoyé

 

(www.legrandsoir.info/Libye-je-me-refuse-a-hurler-avec-les-loups.html) 

 

elle se prévalait de sa proximité avec Nelson Mandela, Ben Bella, Laurent Désiré Kabila (avant son accession au pouvoir), Chavez (pas encore président), Museveni (Ouganda), etc. Pour un site comme LGS, qui « donne à lire » à un public exigeant et informé, son article était digne d’être ouvert à la discussion. Elle eut lieu dans les commentaires de nos lecteurs dont plusieurs ont récusé l’auteur.

 

Nous avons ainsi appris que Ginette Skandrani avait viré négationniste au point de se faire tabasser chez elle à coups de casques de motos par le Betar. Bon, hors du GS cette vieille dame (et le Betar !).

 

Eric Simon écrit encore que nous avons publié « des discours de Kadhafi ou Bachar el Assad ». Quand ? Mais pourquoi pas, au fait ? Par contre, nous publions régulièrement les discours des chefs d’Etat latino-américains en lutte pour récupérer leur souveraineté et leurs richesses naturelles au bénéfice de leur peuple. Et Ornella Guyet en prend ombrage.

 

Par ailleurs, LGS est un lieu de débat direct entre lecteurs et contributeurs sur des informations peu ou pas abordés par les médias classiques. Par-là grandit la connaissance du monde et se renforce le camp de gauche dont les arguments (ou alors on se trompe) l’emportent sur ceux d’en face dans un débat non truqué-tronqué. Mais, les fachos n’ont jamais été admis à développer leur discours facho chez nous. C’est la limite. Cependant, nous ne nous soumettrons pas à ceux qui auraient interdit la Conférence de Valladolid. 

 

 

 

Vous dites encore que mon ami Michel Collon a été interdit de conférence à Paris par la CGT. En vérité, la CGT a annulé la conférence par mesure de sécurité devant de pressantes menaces anonymes. Des tracts diffamatoires et affiches mettaient également en cause Le Grand Soir.

 

 

 

Michel Collon, membre de l’équipe dirigeante de Telesur (télévision révolutionnaire anti-CNN qui émet sur toute l’Amérique du Sud) est un habitué de l’émission « Ce soir ou jamais » de Dominique Taddéi (France 3). On trouve ses prestations sur Youtube. Allez-y voir le « rouge-brun » expliquer sur la « télé bourgeoise » ce que des « anars » (en vérité la Police de la Pensée) lui ont interdit de faire dans des locaux syndicaux.

 

Je ne vais pas répondre ici, sauf si on m’y invite sur tous les noms que vous citez.

 

Encore un mot : Kadhafi, Hussein, Al Assad Moubarak, Ben Ali et la plupart des dirigeants arabes sont (étaient) des dictateurs dont le sort nous importe peu. Ce qui intéresse nos lecteurs, c’est la vérité sur les révolutions arabes, les enjeux géostratégiques, l’enfumage médiatique (on n’a pas oublié les ADM de Saddam Hussein), les remplacements de dictateurs gênants pour les USA par des dictateurs dociles déguisés en démocrates et adulés par l’occident, même quand ils imposent la charia et vendent leur pays aux oligarchies nationales et étrangères.

 

LGS, Dedaj, moi, antisémites ? Je veux croire que vous avez été piégés. Pensez à ce mot attribué à Richelieu : « Qu'on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j'y trouverai de quoi le faire pendre. » Dix lignes ou dix dessins de Charlie Hebdo, si l’on jouait à imiter Ornella Guyet pour vous taxer de rouges-bruns.

 

 

 

Vous dirais-je que, depuis 16 mois que ces saloperies ont été lancées contre nous, reprises ici et là, je suis, selon le mot de Beaumarchais (voir plus bas), de ces « honnêtes gens près d'en être accablés » ?

 

Compter Charlie hebdo dans cette curée (même si la charge est plus mesurée) m’accable.

 

Est-ce que tout ce qui précède vous inciterait à informer vos lecteurs que l’accusation de rouge-brun me va comme une auréole à Cruella Guyet ?

 

Bien à vous.

 

Maxime Vivas

 

Le Grand Soir.

 

___________________________________

 

(1) La Cathédrale au fond du jardin, roman 2002. Atout Editions.

 

(Bandeau : Pourquoi j'ai voulu tuer Louis-Ferdinand Céline)

 

Prix du Zinc, sous l’égide de Régine Deforges.

 

___________________

 

 

 

 

 

En complément, ce texte ancien où il est manifestement question d’Ornella Guyet et des animateurs du site Le Grand Soir :

 

ÉLOGE DE LA CALOMNIE 

 

Beaumarchais « Le barbier de Séville, II-8 »

 

« Bazile : Si c’était un particulier, on viendrait à bout de l’écarter.

 

Bartholo : Oui, en s’embusquant le soir, armé, cuirassé...

 

Bazile : Se compromettre par un brutal assassinat ! Non ! Susciter une méchante affaire, à la bonne heure ! Et, pendant qu’elle fermente, calomnier à dire d’experts. Oui !

 

Bartholo : Singulier moyen de se défaire d’un homme !

 

Bazile : La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! ... D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sait comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? »

 

 

 

« Qui diable y résisterait ? ». LGS, peut-être (pas sûr, pas sûr). Ne vous y mettez pas, amigos.

 

 

 

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commentaires

R
Monsieur Vivas a attendu août 2012 pour déceler de petites choses bizarres chez Charlie-Hebdo ? A chacun son rythme bien sûr, mais enfin je trouve cette prise de conscience assez lente.
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A
Excellent, comme d'habitude.

Mon total soutien au Grand Soir et à ses administrateurs. Ne vous laissez pas décourager.

L'on est aussi grand que l'ennemi que l'on combat Venceremos
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