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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 07:13


http://www.ps-blog.fr/wp-content/uploads/dsk-ps-2012.jpg"À midi, j'ai regardé le journal télévisé de France 2 qui, bien entendu, était consacré, pour sa plus large part, à l'affaire Strauss-Kahn. Le journal était centré depuis le bureau d'Elise Lucet - la présentatrice - qui, d'une part, s'adressait à divers correspondants, d'autre part, 
recevait des invités à sa table (Vincent Peillon, membre du PS, un commentateur de la chaîne et un avocat américain, doublement habilité au barreau de Paris et à celui de New York).

 

Mais le point sur lequel je veux insister est celui-ci : tout le long de ce sujet, les commentaires de la journalistes ou de ses invités, n'ont pas cessé d'être accompagnés des mêmes images, celles des quelques secondes entre la sortie de Dominique Strauss-Kahn, menotté, du commissariat où il avait été interrogé et son départ dans une voiture. [Cette séquence comportait trois plans (j'appelle "plan" - peut-être le mot est-il inexact - une séquence filmée sans interruption)]. En dehors de ces plans filmés, on trouvait des photos fixes, prises dans les mêmes séquences du même DSK.

 

Rien qu'au début, au bout de 3 mn 10 s, il y avait eu 10 plans filmés du prévenu. Puis un autre plan à 4 mn 54, puis 2 à 5 mn 30, puis 1 à 6 mn 21, puis une photo à 7 mn 15, plus 7 ou 8 photos entre 7 mn 30 s et 8 mn, puis 4 plans à 9 mn 36, puis 1 plan à 15 mn 01, puis un plan à 15 mn 43, puis un à 16 mn 35, puis un à 16 mn 50, puis une photo à 20 mn 57, à 21 mn 12, à 21 mn 22, à 21 mn 31, à 22 mn 17, à 22 mn 55 et à 23 mn 19.

 

En tout, donc, en 25 minutes à peu près de traitement du sujet, Dominique Strauss-Kahn a été vu 37 fois, soit en séquence filmée, soit en photo, et vu avec les mains menottées derrière le dos, sans cravate, et, parfois même à moitié habillé, sa veste ayant glissé le long de sa manche gauche, presque jusqu'au milieu du dos, et les policiers n'ayant pas même songé à la lui remonter.

 

Cette image évoque, pour des Français, un souvenir sinistre, à l'époque de la guillotine, lorsque le condamné se voyait découper le haut de sa chemise pour que le bourreau positionne mieux le cou à l'aplomb de la lame.

 

Ce que j'ai trouvé particulièrement indécent (voyeur, obscène), c'est qu'après les premières images - qu'il n'était pas la peine de montrer trois fois ! - les téléspectateurs aient été abreuvés au moins toutes les 40 secondes de l'image du directeur du FMI dans cette situation humiliante. Et j'ai eu un peu le sentiment que le "texte" du journal (les questions, les analyses, les reportages), loin de constituer le fond de l'émission (dont les images n'auraient été que l'illustration"), n'en avait été que le "prétexte", comme si l'objectif caché était davantage le racolage du téléspectateur (arrivant en zappant d'une autre chaîne et retenu par cet appât) que l'information.

 

Je n'ai pas de sympathie particulière ni pour Dominique Strauss-Kahn, ni pour la ligne politique qu'il incarne au P.S. Je suis évidemment consterné par ce qu'il est censé avoir fait (en attendant d'autres preuves) et, si c'est vrai, je partage la frayeur, l'épouvante, la détresse de la femme de chambre confrontée à une telle agression.

 

Mais je ne peux m'empêcher d'éprouver les images exhibées par France 2 comme la diffusion complaisante d'une scène de lynchage."

 

Ce que Philippe aurait pu ajouter, c'est que la "Loi Guigou" de 2000 interdit de montrer une personne entravée alors qu'elle n'a pas été jugée. Tous les médias français ont donc agi dans l'illégalité.

Ce n'est pas parce que les EU ont des mœurs et des lois bien à eux, et un peu particulières, qu'il faut se couler, tels des colonisés de la tête, dans leur moule.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

kulturam 17/05/2011


Je n'aime pas DSK du moins je n'ai rien contre l'homme mais plutôt contre sa politique, mais ce que nous avons vu est une honte et un scandale des médias , j'ajoute que si ça avait été un homme
politique américain emprisonné en France , les américains auraient sans doute envoyés un commando pour le libérer , que la France et les français acceptent sans broncher tous les diktats américains
en dit long sur la soumission à la puissance US


Ida C 17/05/2011


Parfaitement d'accord avec ce commentaire , écoeurés sommes-nous .


Torsade de Pointes 18/05/2011


Y a-t-il vraiment lieu encore de s’interroger sur la culpabilité ou non de DSK, quand on connaît tous les antécédents de ce personnage multirécidiviste? Toutes ces spéculations sur les raisons et
les circonstances de son arrestation récente, notamment sur le fait qu’il a été inculpé sur la foi d’une plainte déposée par une femme de chambre, me paraissent hors sujet. Personnellement, de
spéculations, je n’en ferai qu’une: la plainte de la femme de chambre n’a été que la proverbiale goutte qui a fait déborder le vase, après une foultitude de plaintes de même acabit enpilées sur le
bureau des juges états-uniens.

La question qui se pose n’est plus, depuis longtemps, celle de savoir si DSK est coupable ou non, mais celle-ci: comment se fait-il qu’un notoire violeur en série ait pu sévir pendant tant d'années
en France d’abord, à Washington ensuite, sans avoir été le moindrement inquiété par la justice?

Ce pauvre homme est malade, et ce n’est pas en prison qu’il faut le mettre, mais dans un établissement psychiatrique.


Bernard Gensane 18/05/2011


Vous parlez de violeur en série ! Vous avez des preuves, donc. À partir de quand commence une série ?


Torsade de Pointes 18/05/2011


Des preuves, non. Mais je suppose que si la juge d’instruction a décidé de maintenir le bonhomme en détention, en dépit de la très forte caution proposée, c’est qu’elle devait disposer d’éléments à
charge suffisamment sérieux. De même, je peux aussi supposer que Mme Banon en France n’a pas déposé plainte contre DSK à la légère. Cela fait déjà deux. Quand je vois le mécanisme qui a été à
l’œuvre pour empêcher Mme Banon de déposer plainte (pression de la mère, ne pas faire de vagues etc.), je suppose que le même mécanisme a dû jouer à d’autres occasions, et que donc d’autres cas
viendront au jour dans les prochaines semaines. Je sais que je suppose beaucoup, et vous avez sans doute raison de dire que je vais un peu vite en besogne, mais je constate qu’il en est d’autres
ici qui s’oublient à supposer beaucoup également, notamment que le témoignage de la femme de chambre serait faux, ou à tout le moins honteusement exploité à des fins politiques.


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