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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 15:22

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0d/Charles_Ier_d%27Orléans.jpg/250px-Charles_Ier_d%27Orléans.jpg

 

 

 

 

 

Après la défaite d’Azincourt, Charles d’Orléans fut emmené en captivité à Douvres, où il resta vingt-cinq ans. Il sera libéré contre une rançon de 220000 écus. Le mal du pays le rendit poète. En 1433, il exprima dans le texte qui suit sa nostalgie de son pays et d’authentiques sentiments pacifiques.

 

 En regardant vers le pays de France,

Un jour m’advint, à Douvres sur la mer,

Qu’il me souvint de la douce plaisance

Que je soulais au dit pays trouver ;

Si commençai de cœur à soupirer,

Combien certes que grand bien me faisoit

De voir France que mon cœur aimer doit.

 

Je m’avisai que c’était nonsavance

De tels soupirs dedans mon cœur garder,

Vu que je vois que la voie commence

De bonne paix, qui tous biens peut donner ;

Pour ce, tournai en confort mon penser ;

Mais non pourtant mon cœur ne se lassoit

De voir France que mon cœur aimer doit.

 

Alors chargeai en la nef d’Espérance

Tous mes souhaits, en leur priant d’aller

Outre la mer, sans faire demeurance,

Et à France de me recommander.

Or nous doint Dieu bonne paix sans tarder :

Adonc aurai loisir, mais qu’ainsi soit,

De voir France que mon cœur aimer doit.

 

Paix est trésor qu’on ne peut trop louer.

Je hais guerre, point ne la dois priser :

Destourbé m’a longtemps, soit tort ou droit,

De voir France que mon cœur aimer doit.

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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