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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 06:34

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Haroune Hachim Rachid, poète palestinien, né en 1927 à Gaza. Il a émigré en 1948 au Caire, puis à Tunis. Principaux recueils : Avec les exilés(1927), Le retour des exilés (1956), Psaumes de la terre et du sang(1970).

 

 

NOUS REVIENDRONS UN JOUR

 

Nous reviendrons un jour


Nous reviendrons un jour dans notre quartier et nous jouirons de nos espérances les plus douces.


Alors patience, ô cour, ne te laisse pas gagner sur la voie du retour, par la lassitude.


(Haroune Hachim Rachid)




 

Nous reviendrons...

Un exil douloureux.


Immérité.


Alors que nous avons été chassés de chez nous, par les sauvages.


Qu'ils nous ont pris jusqu'au goût de vivre.


L'air que nous respirions.


Les bienheureux oliviers, qu'ils cultivent à notre place.


Monstres qui méritaient bien les camps de concentration,

qui n'ont d'ailleurs jamais existé,

comme l'a démontré un savant comme Abou Mazen, Mahmoud Abbas.


Ton nom, Haroun, est simplement celui du frère de Moché,

un imposteur, tu sais, comme ne le dit pas le Coran.

Haroun, Aharon.


Celui qui donna aussi son nom à un vénérable calife,

trop civilisé pour ce paysan qu'était Charlemagne.


Lui qui ne connaissait pas même la mesure du temps,

et qui resta interdit, comme un teckel ou un basset,

devant les deux horloges offertes pour ne pas laisser perdre les heures.


Fils de la servante de Sara.


Faisant tranquillement comme si elle était la princesse.


Comme si tout, dans la maison, lui appartenait.


Ne se souciant guère d'un soi-disant Dieu, lui aussi un imposteur,

qui donna quantité de foi à l'ignoble Israël une terre qui n'appartenait à aucun des deux.


"Nous reviendrons un jour"

Gospels désespérés,

esclaves traînés d'Afrique vers la terre des Indiens d'Amérique, légitimes propriétaires.

Leur chant ravageur et ravagé.


"We will overcome, someday..."


Cette terre où l'on nous a humiliés, elle est nôtre.


Nous y serons un jour les maîtres, avec ces blancs si pâles qui ne méritent que la mort la plus lente, dans les souffrances qui correspondent à leurs innombrables crimes.

 

 

 

Traduction Abdellatif Laâbi

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commentaires

D
Je préfère ne pas commenter.
Répondre
B
<br /> <br /> Ben pourquoi ? Le commentaire est permis pour tous dans ces pages de blog.<br /> <br /> <br /> <br />