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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 05:52

RP2Le retour de l’obscurantisme peut-il sauver les riches ? se demande Caleb Irri dans les colonnes du Grand Soir.

Pour expliquer le capitalisme, on le compare souvent à un gâteau qui représenterait la somme des richesses à se partager. Au départ d’une taille qui correspondait à la quantité de monnaie qui le constituait, il s’est agrandi au fur et à mesure des convertibilités successives, de la création monétaire, du crédit… jusqu’à devenir un gigantesque dessert « mondial », par addition de tous les gâteaux « nationaux » : c’est le résultat de la mondialisation.

Mais ce gâteau qui grandit sans cesse (c’est ce qu’on appelle la croissance) est à partager entre tous les acteurs qui ont contribué, de près ou de loin, à sa réalisation, selon des règles établies et acceptées sinon par tous, au moins par la majorité. Et toute la science politique se résume à savoir comment : chaque individu a-t-il le droit de prétendre à la même part, et si non comment le justifier ?

En réalité la crise est l’excuse sur laquelle s’appuient les puissants pour le rester en imposant LEUR modèle de civilisation, et le choc des civilisations sera la croisade capable de détourner l’attention des peuples vers d’autres responsables des injustices dont ils sont victimes.

 

Selon Daniel Bernard, journaliste à Marianne, Étienne Mougeotte a réuni ses journalistes du Figaro pour leur expliquer que Sarkozy faisait vendre et que lui, Mougeotte, n’avait rien à faire de leurs états d’âme de journalistes soucieux de la pluralité d’expression. Pour Mougeotte, le pluralisme existe. La preuve : « Les chroniqueurs vont d’Ivan Rioufol à Luc Ferry, d’Alain-Gérard Slama à Yves de Kerdrel, il y a plus que des nuances entre eux, je les laisse écrire ce qu’ils veulent ». Prions que Maxime Vivas ne traite jamais les collaborateurs d’« Excusez-moi de vous interrompre » comme Mougeotte traite sa rédaction !

 

Mediapart s’est intéressé au Canal du Midi qui été un des héros médiatiques de l’été dernier, quinze ans après son classement à l’Unesco. La cause ? Le chancre coloré, qui, à terme, condamne les 42000 platanes qui bordent l’ouvrage.

Le 24 novembre dernier, Nathalie Kociusko-Morizet, était à Trèbes dans l’Aude, site emblématique du Canal du Midi, pour planter un arbre en fanfare, sous l’œil des caméras. La ministre de l’Ecologie en a profité pour lancer un appel aux dons pour financer le remplacement de tous les platanes qui bordent le canal, fortement touchés par le chancre coloré, un champignon ravageur. Même dans ce domaine, l’État recule et attend tout des investisseurs privés.

Un entretien très intéressant du démographe Hervé le Bras dans les colonnes de Rue 89 sur la France saine et la France malade :

Vous avez évoqué les liens entre la transformation de structures familiales et le communisme. Mais vous rejetez tout lien entre vote PC et vote FN.

Hervé Le Bras. Les régions où le vote FN est élevé ne sont pas les régions où le vote PC est élevé. C'est une autre histoire. On pense que ce qui est en cause, ce n'est pas une anthropologie familiale mais une anthropologie de voisinage, et on le constate à deux niveaux : à très grande échelle, dans des régions où la nature du voisinage s'est profondément transformée, dans un sens de perte de contact avec les voisins. C'est toute la France du Nord-Est, au dessus de la Seine, toute la France qui descend dans le couloir rhodanien, et les rivages de la Méditerranée.

Les cartes ne bougent pas depuis 1984, année du premier vote FN de masse. Plus on s'éloigne des centre-ville, depuis 2000-2002, plus on vote FN. C'est la France périurbaine, des banlieues éloignées. C'est là qu'on trouve le plus de ruptures avec le voisinage. On travaille en moyenne à 30 km de chez soi, on fait ses courses à l'hypermarché, il n'y a pas de café, de fêtes de village, de mariages où se retrouver.

Ce sont des vies difficiles, qui ne peuvent guère compter sur une communauté pour les accueillir ou les aider, plantés au milieu des champs. C'est d'une grande dureté. Le voisin, c'est déjà un étranger. Je pense que le FN est lié à cette question de voisinage.

C'est assez violent de parler comme vous le faites d'une « France saine » et d'une « France malade »...

La France saine est celle qui ne vote pas FN. Depuis l'époque de Charlemagne, deux modes de vie différents coexistent en France. Et l'un deux correspond au vote FN : là où on vit dans des petits villages, des petites villes : la Champagne, la Haute-Marne, séparés par rien, des vastes champs. Dans une autre partie de la France, il y a une succession d'habitats isolés.

La France saine, c'est là où les relations sociales se sont plutôt épanouies au fil des années, et la France malade, c'est celle où les relations sociales se sont durcies.

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