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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 06:32

Je rappelle que c'est toujours sur les ondes délicieuses de la vigoureuse Radio Mon Païs que je propose cette revue de presse hebdomadaire différente de celle d'Ivan Levaï, dans l'émission de Maxime Vivas “ Excusez-moi de vous interrompre ” (99.1)RP2

 

Selon Bernard Cassen, dans Mémoires des Luttes, La mafia de la finance s’installe directement au pouvoir : Les gouvernements européens ne se donnent même plus la peine de le cacher : toutes leurs décisions ont pour seule et unique motivation de donner des gages aux marchés financiers, avec les agences de notation dans le rôle de distributeurs de bons et de mauvais points. À Athènes et à Rome, la finance a réussi un double exploit : non seulement elle a conforté la déconnexion entre la sphère économique et financière et la sphère politique, mais elle s’est carrément installée dans cette dernière. Jusqu’ici les banquiers avaient comme interlocuteurs politiques des élus, maintenant ils dialoguent avec d’autres banquiers.

J’ajouterai pour ma part que l’Europe est désormais dirigée par ce que Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique appelle, sans malheureusement forcer le trait, des « juntes civiles ».

Une grave question posée par The Lancet : Faut-il prescrire la pilule aux bonnes sœurs ? Pour prévenir les cancers génitaux auxquels elles sont exposées du fait de leur chasteté, les religieuses catholiques devraient pouvoir bénéficier de contraceptifs hormonaux. On attend la réponse du Vatican.

 

Il y aura bientôt trois siècles (c’était en 1713), un médecin italien, Bernadino Ramazzini, observait que les sœurs catholiques présentaient ce que l’on n’appelait pas encore une maladie professionnelle: il avait noté que ces femmes (ayant fait vœux de célibat, de chasteté et de vie monacale) souffraient avec une fréquence anormalement élevée de cancers du sein.

Un entretien très intéressant d’Annie Ernaux avec Blandine Grosjean pour Rue 89. L'œuvre d'Annie Ernaux est très fortement marquée par une démarche sociologique bourdieusienne qui tente de « retrouver la mémoire de la mémoire collective dans une mémoire individuelle ».

Annie Ernaux revendique une écriture neutre, « sans jugement, sans métaphore, sans comparaison romanesque », et évoque un style « objectif, qui ne valorise ni de dévalorise les faits racontés »

Annie Ernaux : La coupure est à l'intérieur de moi. Ce sont deux mondes irréductibles. La lutte des classes est en moi. J'ai un mode de vie, une façon physique d'apparaître qui est celle de la classe dominante, je ne vais pas me le cacher. Mais je sais quelle était ma vision de petite fille, d'adolescente, et ce n'est pas réconciliable. Ma mémoire est dans un monde et ma vie est dans un autre et ça, c'est insupportable.

J'ai vu mon père travailler de ses mains, et pourtant je viens là, à Gallimard. Il n'y a pas de réconciliation, sinon sur un plan politique. Mais intérieurement, ce n'est pas possible.

Vous sentez-vous « traître » à votre classe ?

Je ne vais pas dire que je me sens traître, mais j'ai tout de suite conscience qu'il y a des mondes ennemis, des classes sociales, qu'il y a de la liberté d'un côté et de l'aliénation de l'autre. Oui, j'ose employer ce terme marxiste, et on va pas me la faire « Mais non, il est très heureux cet homme qui fait des choses de ses mains. »

Pendant que l’homme du Fouquet’s et ses gens organisent la misère au profit de la finance, des gens formidables comme Julien Lauprêtre et tous ceux qui militent avec lui au Secours populaire s’efforcent de panser quelques plaies.

 

Le dernier numéro de Convergence, l’organe su Secours populaire, évoque l’existence à La Rochelle de l’Escale, un établissement visant à accueillir dans la dignité les personnes âgées dépendantes, en grande pauvreté. Les maisons de retraite ne s’empressent pas d’accepter des personnes souvent atteintes de troubles du comportement et qui ont vieilli avant l’heure. Ces pauvres qui ont longtemps évolué en marge de la société éprouvent de réelles difficultés à investir les lieux. « Ayant toujours affirmé leur liberté », estime une infirmière, « ils admettent mal leur dépendance. Ils revendiquent leur marginalité, mais ont aussi sans cesse besoin de notre aide. » Ils ont réduit leur consommation d’alcool. Des diabétiques se passent désormais d’insuline. Ils craignent moins de mourir un jour seuls dans la rue.

 

Dans Siné Hebdo, Véronique Brocard évoque les conditions de travail des gardiens de musée, en lutte devant les Prud’hommes. Le métier n’est pas facile. Bien-sûr, il y a l’obligation de respecter une certaine tenue dans les salles – ne pas manger, ne pas boire, ne pas écouter de musique, ne pas mâcher de chewing-gum –. Il y a les pauses qui passent trop vite (vingt minutes le matin, une heure à midi, dix minutes l’après-midi). L’attitude des gardiens de musées est contrôlée en permanence par des responsables qui passent dans les salles. « La société nous fournit l’uniforme gris mais pas les chaussures qui doivent être obligatoirement noires. Gare à nous si elles ont un liseré blanc ou si nous mettons des chaussettes blanches. Gare à nous si nous fermons les yeux deux secondes, ils nous reprochent de dormir même si ce n’est pas vrai. Un jour, pour me punir, ils m’ont fait garder une rotonde vide. Pendant quatre mois, je n’ai vu personne, je fixais un petit morceau de carrelage pour tenir le coup ». Tout cela pour 1300 euros brut par mois.


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commentaires

P
Bonjour Bernard, je suis devenu un fidèle lecteur de votre blog qui vise toujours très juste.<br /> C'est dans ces espaces en dehors des medias classiques que l'on peut réellement "se faire son opinion" comme on dit, loin du bourrage de crâne généralisé.<br /> Merci à vous<br /> Pierre Paris 12
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B
<br /> <br /> Merci, cher Pierre, pour votre soutien.<br /> <br /> <br /> Comment ça Paris12 ? Vous êtes prof à Paris 12 ? Vous habitez dans le XIIè ? Il faut m'en dire un peu plus...<br /> <br /> <br /> <br />