23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 10:45

http://media.rtl.fr/online/image/2012/0322/7745826517_les-policiers-du-raid-l-organisation-leurs-missions-et-leur-equipement.jpgAvec beaucoup de sang-froid et de compétence, un type abat un militaire à Toulouse, puis trois autres à Montauban.

 

 

Pas besoin de couper les cheveux en quatre : il y a 99 chances sur 100 pour que le meurtrier soit un militant néonazi ou un extrémiste islamiste. Dans les départements de Haute-garonne et du Tarn-et-garonne, il n’y a pas 5000 personnes correspondant à ces profils. Quelques dizaines tout au plus. Moins encore si l’on se restreint à ceux qui ont fait le pèlerinage au Pakistan et en Afghanistan.

 

Pourquoi Merah n’a-t-il pas – parmi d’autres – été immédiatement interrogé et éventuellement placé en garde à vue ? Une pauvre réponse est que les services de police n’avaient pas son adresse. Raison de plus pour retrouver dare-dare un jeune homme dont on savait pertinemment qu’il avait été un moujahiddine et que son frère aîné appartenait à cette mouvance. On aurait sûrement évité le massacre dans l’école juive.

 

Pour la seconde question, je laisse d’abord la parole à un grand expert en la matière, le fondateur du GIGN, le commandant Prouteau. Il note que Merah a été atteint d’une balle dans la tête, d’un tir « pour tuer ». Il pose ensuite la question suivante : « Comment se fait-il que la meilleure unité de la police ne réussisse pas à arrêter un homme tout seul ? ». « Il fallait le bourrer de gaz lacrymogène », ajoute-t-il. « Il n'aurait pas tenu cinq minutes. Au lieu de ça, ils ont balancé des grenades à tour de bras. Résultat : ça a mis le forcené dans un état psychologique qui l'a incité à continuer sa ‘ guerre ’. » Selon Prouteau, « cette opération a été menée sans schéma tactique précis. C'est bien là le problème », et il souligne que le Raid « aurait pu lui tendre une souricière » et « attendre qu'il sorte et le coincer ». Un ancien spécialiste de la police israélienne se montre également très critique : « Qui attend 30 heures quand il n'y a pas d'otages ? Toute l'opération ressemble à une démonstration de stupidité ».

 

Merah a blessé légèrement un policier au pied. C’est tout. On nous dit que deux autres membres du RAID se sont retrouvés en état de choc. C’est quoi ces surhommes qui sont en état de choc parce qu’on leur tire dessus avant qu’eux-mêmes n’aient tiré ? Ils étaient à cinquante contre un, non ? Et puis cette balle dans la tête. Ces surhommes sont parfaitement capables de tuer une vache dans un couloir. S’ils ont tiré pour tuer et non pour neutraliser, c’est que, quoique Sarkozy ait dit (« je le veux vivant ») il fallait bel et bien le tuer.

Pour faire plaisir à qui ? En vertu de quel schéma tactique ? Quand on a observé, juste après ce drame, le kleiner Mann proposer de nouvelles mesures répressives inapplicables (dont certaines existent déjà), force est de constater, comme le dit Eva Joly, que nous sommes bien dans de l'enfumage.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

Dandidan 23/03/2012

Était-il possible de tirer dans les jambes? ou de procéder comme avec les animaux sauvages, utiliser gaz somnifères? Je ne sais pas.
Mais lors du procès, le type et son avocat auraient parlé de ce qu'il faut taire: la guerre en Afghanistan avec ce qu'ont subi les populations civiles; le sort des civils palestiniens en proie à
des attaques et spoliations illégales etc.
On enterre tout ça.

dagorne 23/03/2012

Bonjour,
Je lis tous vos articles, je suis "fan". Mais, içi, je suis très déçu. Si vous aviez creusé un peu le sujet, vous n'auriez pas écrit n'importe quoi.
Désolé.
Quelqu'un qui préfère la qualité à la quantité.

Dandidan 24/03/2012

Cet évènement a fait mentir Hortefeux.
"Quand y'en a qu'un, ça va".

BM 24/03/2012

Bonjour,

Je ne sais pas quelle a été la "tactique" suivie, mais il me semble que les policiers du RAID avaient surtout peur que Merah n'ait stocké des explosifs dans son appartement, qu'il aurait fait
sauter en cas d'assaut. J'ai aussi entendu qu'une fois Merah mort, les policiers ont attendu plusieurs minutes avant de s'approcher de son corps, là encore par peur qu'il n'ait disposé des
explosifs (je suppose à retardement) sur son corps.

Une autre possibilité est que Sarkozy, Guéant et consorts aient été tellement déstabilisés qu'ils auraient "cafouillé" et tergiversé pendant des heures, ne sachant quelle décision prendre, avant de
décider de l'assaut dans un climat de panique. Pour ma part, je vois très bien Sarkozy paniqué ne sachant pas quelle décision prendre et ordonnant l'assaut au bout de 30 heures, poussé probablement
par les responsables du RAID.

dagorne 25/03/2012

Bonjour Mr Gensane,
Voici quelques arguments au sujet de mon dernier commentaire.
"Pourquoi Merah n'a-t-il pas, parmi d'autres, été immédiatement interrogé et éventuellement placé en garde à vue?" D'abord, toutes les pistes devaient être approfondies. La piste islamiste a été
envisagé, mais à ce moment là, on pensait à un ancien militaire ou à l'extrême droite. Rappelez-vous, on parlait du climat délétère de la campagne... ( Il y avait aussi eu un témoignage comme quoi
le meurtrier était de type européen. Ceci n'implique pas cela, mais pour Merah?)
"... on savait pertinemment qu'il avait été un moudjahid et que son frère aîné était de cette mouvance." On savait seulement qu'il était aller au Pakistan et en Afghanistan. La première fois, il y
est resté 15 jours après avoir été arrêté par les autorités locales et renvoyé en France par les Américains. Pensez-vous qu'il a eu le temps de faire la guerre? La deuxième fois, il n'est pas resté
longtemps non-plus, il a été rapatrié pour hépatite A. D'ailleurs, a ce moment là, il avait un rendez-vous avec la DST afin d'expliquer les raisons de son "voyage". Rendez-vous auquel il ne pouvait
assister car il était de nouveau là-bas. Merah les a appelé pour les prévenir et afin de convenir d'une nouvelle date. Il faut savoir, également, qu'il est parti là-bas, non pas par les filières
habituelles, mais par ces propres moyens. Pays par pays, il serait même passer par Israël. Lorsqu'il est revenu, à la DST, il leur a parlé de tourisme et leur a montré de nombreuses photos. Donc,
même s'il y avait des soupçons, aucune preuve. Au sujet de son frère, on savait qu'il était "salafiste", c'est tout. On l'avait soupçonné d'organiser une filière de moudjadine vers la guerre en
Irak, mais pas de mise en examen. En France, on ne peut arrêter quelqu'un sur des soupçons, des idées... On ne peut constamment suivre ce genre d'individu.
En ce qui concerne la suite, ne vous laissez pas troubler par la "guéguerre" des polices (police-gendarmerie). Le RAID a décidé d'intervenir après plus de 9 heures de silence de la part de Merah et
surtout, avec la vision thermique, plus aucun mouvement de sa part (on commençait à parler de suicide...). Le RAID était en train de préparer l'envoi de gaz lacrymogène lorsque le forcené surgît,
et tire sur les policiers. Au sujet de l'agent en état de choc, certains agents en première ligne ont reçu des balles dans leur gilet par balles. De plus, psychologiquement, Merah était à un point
qu'il n'avait même pas peur. Au contraire des agents, qu'il doivent la maîtriser. Personne n'est parfait. De là a les "insulter", c'est un peu fort.
Pour finir, je suis quand même d'accord avec vous sur le fait que c'est le politique qui a décider que ce soit le RAID. Il aurait pu associer le GIGN pour mettre toutes les chances dans
l'arrestation du meurtrier. Mais vu les critiques médiatiques de Prouteau, que se serait il passer?

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