Avec beaucoup de sang-froid et de compétence, un type abat
un militaire à Toulouse, puis trois autres à Montauban.
Pas besoin de couper les cheveux en quatre : il y a 99 chances sur 100 pour que le meurtrier soit un militant néonazi ou un extrémiste islamiste. Dans les départements de Haute-garonne et du Tarn-et-garonne, il n’y a pas 5000 personnes correspondant à ces profils. Quelques dizaines tout au plus. Moins encore si l’on se restreint à ceux qui ont fait le pèlerinage au Pakistan et en Afghanistan.
Pourquoi Merah n’a-t-il pas – parmi d’autres – été immédiatement interrogé et éventuellement placé en garde à vue ? Une pauvre réponse est que les services de police n’avaient pas son adresse. Raison de plus pour retrouver dare-dare un jeune homme dont on savait pertinemment qu’il avait été un moujahiddine et que son frère aîné appartenait à cette mouvance. On aurait sûrement évité le massacre dans l’école juive.
Pour la seconde question, je laisse d’abord la parole à un grand expert en la matière, le fondateur du GIGN, le commandant Prouteau. Il note que Merah a été atteint d’une balle dans la tête, d’un tir « pour tuer ». Il pose ensuite la question suivante : « Comment se fait-il que la meilleure unité de la police ne réussisse pas à arrêter un homme tout seul ? ». « Il fallait le bourrer de gaz lacrymogène », ajoute-t-il. « Il n'aurait pas tenu cinq minutes. Au lieu de ça, ils ont balancé des grenades à tour de bras. Résultat : ça a mis le forcené dans un état psychologique qui l'a incité à continuer sa ‘ guerre ’. » Selon Prouteau, « cette opération a été menée sans schéma tactique précis. C'est bien là le problème », et il souligne que le Raid « aurait pu lui tendre une souricière » et « attendre qu'il sorte et le coincer ». Un ancien spécialiste de la police israélienne se montre également très critique : « Qui attend 30 heures quand il n'y a pas d'otages ? Toute l'opération ressemble à une démonstration de stupidité ».
Merah a blessé légèrement un policier au pied. C’est tout. On nous dit que deux autres membres du RAID se sont retrouvés en état de choc. C’est quoi ces surhommes qui sont en état de choc parce qu’on leur tire dessus avant qu’eux-mêmes n’aient tiré ? Ils étaient à cinquante contre un, non ? Et puis cette balle dans la tête. Ces surhommes sont parfaitement capables de tuer une vache dans un couloir. S’ils ont tiré pour tuer et non pour neutraliser, c’est que, quoique Sarkozy ait dit (« je le veux vivant ») il fallait bel et bien le tuer.
Pour faire plaisir à qui ? En vertu de quel schéma tactique ? Quand on a observé, juste après ce drame, le kleiner Mann proposer de nouvelles mesures répressives inapplicables (dont certaines existent déjà), force est de constater, comme le dit Eva Joly, que nous sommes bien dans de l'enfumage.
Dandidan 23/03/2012
dagorne 23/03/2012
Dandidan 24/03/2012
BM 24/03/2012
dagorne 25/03/2012