11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 06:46

OmbreTrier.jpgDans le dernier numéro du Canard Enchaîné, je lis ceci :

 

                                               Valérie ne badine pas

« Thomas, l’aîné des quatre enfants du couple Royal-Hollande. » Pour avoir écrit ces mots, la semaine dernière dans un article de Paris Match, la journaliste Mariana Grépinet a reçu un SMS incendiaire de sa consœur Valérie Trierweiler :

 

« Thomas, c’est le fils de l’ex-couple Royal-Hollande. À quoi joues-tu ? »

 

Désolé, Madame Trierweiler, et c’est un divorcé qui a des enfants de – comme on disait autrefois – deux lits, qui vous le précise, Thomas Hollande est bel et bien le fils du couple Royal-Hollande. Pour Thomas, comme pour les trois autres enfants Hollande, ce couple a existé, existe et existera toujours. Il en va de même pour les enfants que vous eûtes avec M. Trierweiler.

 

Vous êtes actuellement entre deux eaux et vous ne savez trop – ce que chacun comprend – quelle posture adopter. Il est difficile de passer, en quelques semaines, du statut de journaliste de Paris Match (Paris Match !) à celui de compagne du président de la République française. Je ne vous souhaite pas d’imiter Madame Giscard d’Estaing, avec ses lèvres pincées, sa voix flûtée et sa règle en acier, coincée entre ses deux omoplates. Je ne vous souhaite pas d’imiter Madame Chodron de Courcel, épouse Chirac, avec son air de chaisière pour films de patronage des années cinquante. Je ne vous souhaite pas de vous inspirer de la Terminator aux implants dentaires qui mouilla de partager sa vie avec quelqu’un qui possédait le « feu nucléaire ». Moi qui me souviens de Madame Coty, qui ramassait les petits gâteaux qu’un serveur de l’Élysée avait fait tomber par terre en présence d’un photographe de Paris Match (déjà !), moi qui me souviens de Tante Yvonne De Gaulle, modèle de plon-plonitude et de grenouillisme de bénitier, je vous conseillerais plutôt de vous rapprocher de l’exemple de Danièle Mitterrand. Le hic, c’est que cette fille d’un proviseur proche d’Henri Frenay qui avait refusé en 1940 de recenser des élèves et des professeurs juifs, cette adolescente qui s’engagea dans la Résistance à l’âge de 17 ans, fut, sa vie durant, pétrie d’idéaux admirables. Je sais bien qu’il faut manger, mais, à cet exemple, vous ne pouvez opposer que votre carte de visite de salariée de Lagardère et de Bolloré.

 

Ces dernières semaines, pendant que votre compagnon battait la campagne, et depuis qu’il a remporté la victoire, vous fûtes constamment sur la photo. Je me dis, bien sûr, que ce fut pas sans son accord. Mais n’oubliez pas que la qualité de Première Dame de France n’existe pas. Dans le paysage politique, vous n’êtes, officiellement, rien. Dans l’esprit des institutions, vous existez, mais à la marge. Si bien que vous me surprîtes lorsque vous éconduisîtes l’envahissant Julien Dray lors d’une petite fête organisée par votre compagnon pour remercier ses amis politiques. Vous outrepassâtes votre rôle en vous prenant pour un janissaire de la bienséance.

 

Il faut vous calmer car nous finirons par vous croire en insécurité, jalouse de la vie passée de votre compagnon, toute tendue vers une revanche à prendre. Ce qui ne pourra que nuire à celui pour qui moi et de nombreux autres avons voté au second tour.

 

Le facétieux Macé-Scarron vient de retrouver un de vos twits de janvier dernier :

 

« Non vraiment, j'ai essayé @nadine__morano , mais c'est au dessus de mes forces. Je me désabonne, bon courage à ses followers. Adieu Nadine ! »

 

À votre niveau, le problème n’est pas de quitter les followers de Nadine Morano (dont le calme n’est pas la vertu première). Le problème est d’avoir appartenu à cette horde !

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

Pierre Verhas 11/05/2012

Je ne suis pas d'accord, Bernard. Je trouve que Valérie Trierweiller a de la classe et elle nous change d'une Carla Bruni avec son air de petite fille sage et qui intervenait dans les coulisses
pour des affaires pas toujours très propres.

Qu'elle ait foutu Dray à la porte, je le comprends volontiers. Avec sa connerie (voulue ?), il a failli ridiculiser Hollande. C'était le mettre dans une position délicate à la veille du second tour
alors que ,on l'a vu, cela s'est joué à quelques milliers de voix près.

Les règlements de compte entre éléphants, on en a marre. Il y a des enjeux bien plus importants.

Ida 11/05/2012

Quant à nous , "gens modestes " tout de go , sans afféteries ,minauderies , ,simagrées , embarras ,chichis,circonvolutions d'aucune sorte , nous souhaitons à notre cher blogueur un excellent
anniversaire !!

kulturam 11/05/2012

à suivre hihi!!

Arsinoe la Crapaude 11/05/2012

Ah ben voilà, c'est clair... J'arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui me gênait chez cette femme...

Arsinoe la Crapaude 11/05/2012

Oh oui, j'imagine qu'il faut qu'elle prenne ses marques, ça doit pas être simple ! Pis elle a l'air d'être intelligente, il faut juste qu'elle montre un peu plus de réserve, je trouve.

BM 11/05/2012

Le problème avec Mme Trierweiler, ce n'est pas elle ; c'est que les unions entre hommes politiques (toujours des hommes, d'ailleurs, passons) et journalistes sont tellement répandues aujourd'hui en
France, que cela amène immanquablement à se poser des questions sur le degré d'intimité (littéralement) entre "élites" journalistiques et politiques. (Cf. Mmes Ockrent, Drucker, Sinclair,
Pulvar).

Cela me rappelle un mot de Pujadas repris dans les "Nouveaux Chiens de Garde" de Serge Halimi (je cite de mémoire) :

"Ils ont été ensemble à Sciences-Po, ils ont dragué les mêmes filles... Et maintenant, ils devraient arrêter de se voir ? C'est dur aussi." [Sur les relations entre journalistes et politiques.]

Quand les choses en sont à ce point, on devrait d'ailleurs éviter des expressions du genre "consanguinité des élites". Il n'y a pas DES élites, mais UNE élite, formée dans le même moule. C'est
comme les bonbons, seule la couleur change, mais la composition reste la même dans tous les cas.

  • Bernard Gensane
  • Né à Hénin-Liétard en 1948, j’ai passé mon enfance dans cette ville minière où mes parents étaient instituteurs. Je suis angliciste. Spécialiste de George Orwell et des Beatles.
  • Né à Hénin-Liétard en 1948, j’ai passé mon enfance dans cette ville minière où mes parents étaient instituteurs. Je suis angliciste. Spécialiste de George Orwell et des Beatles.

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