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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:08

Ci-dessous, une analyse de camarades de la FSU de la Haute-Garonne

 

A cette fin nous entendons beaucoup parler de cette génération qui a « profité » des trente glorieuses, comme si elle ne les avait pas rendues possibles à la sueur de son front, cette génération prête - telle Saturne - à dévorer ses propres enfants pour ne rien lâcher de ses exorbitants privilèges. (Quel égoïsme en effet de garder pour soi - comme 5 millions de retraités osent le faire - des revenus mensuels compris entre 800 et 1100 euros par mois !). Nous sommes depuis longtemps habitués à entendre des « vérités premières » que nul n’est censé contester concernant le niveau de vie (quand ce n’est pas carrément le train de vie) des retraités (comme s’il s’agissait d’un groupe homogène), mais la nouveauté, me semble-t-il, réside dans la culpabilisation croissante des séniors, comme s’ils retiraient le pain de la bouche de leurs enfants et petits- enfants.

 

Faudra-t-il bientôt avoir honte d’être retraité ?

Est-il bien juste de chercher parmi eux les responsables de la situation des plus jeunes ? Les 1426 ultra riches que compte la planète (210 de plus que l’an passé !) possèdent une fortune cumulée de 4170 milliards d’euros. Ces sommes ne produisent pas le moindre PIB, donc pas de croissance : les paradis fiscaux sont là pour y veiller ! L’impôt qui s’évade – par fraude ou « optimisation » – doit-il condamner les salariés et les retraités de la planète à une austérité sans fin? L’Europe syndicale semble se mettre enfin en ordre de marche (lentement, trop lentement sans doute) contre cette philosophie du malheur, contre cette folie suicidaire à laquelle on nous demande d’adhérer. Il est temps de réaliser collectivement que la situation créée n’a rien à voir avec la fatalité et ne doit pas laisser place à la résignation.

 

 

En attendant nous ne devons pas renoncer aux solidarités au profit du « tout business » vers lequel on nous pousse. En France, les assurances privées multiplient leurs propositions de services pour remplacer une retraite par répartition dont le « coût insoutenable » est estimé à 105 milliards d’euros pour... 2060 ! Mme. Soleil a sans doute repris du service car une prévision à si long terme relève de la divination...Quant aux entreprises privées, flairant les bonnes affaires générées par le marché de la dépendance, elles sont déjà dans les starting-blocks le couteau dans une main et la fourchette dans l’autre.

Nous sommes prévenus et de notre degré de mobilisation dépendra la société dans laquelle nous voulons vivre et que nous laisserons finalement à nos enfants.

 

Le rapport de la commission présidée par Y. Moreau, « Nos retraites demain : équilibre financier et justice », a été remis au premier ministre la semaine dernière.

Selon ce rapport la crise économique, qui a débuté en septembre 2008, a entrainé une forte dégradation financière du système. En conséquence « l’effort financier requis pour équilibrer le régime général et les régimes alignés peut être évalué à environ 7 Mds € en 2020 ».

 

Le rapport propose différents leviers

qui concernent les ressources des régimes, l’évolution des pensions, les paramètres d’âge ou de durée pour la liquidation des droits.

Maintes fois évoquée par le gouvernement, la nécessité de travailler plus longtemps fait partie de la boîte à outils de la réforme. Le rapport préconise donc l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans en 2020 et peut- être à 44 ans. Pour les fonctionnaires l’idée serait de ne plus calculer les pensions sur les traitements des six derniers mois mais sur les dix dernières années. La commission propose aussi de désindexer les « salaires portés au compte » au moins pour 2014 et 2015, ce qui réduit le salaire qui sert de base au calcul de la pension dans le RG (régime général). Enfin le rapport suggère la possibilité d’une légère augmentation des cotisations (0,1 à 0,2% partagés entre salariés et entreprises).

Toutes ces mesures concernent les actifs, mais le rapport souligne qu’il est indispensable de partager l’effort entre actifs et retraités et que les réformes précédentes ont épargné les retraités. D’où les efforts envisagés pour les retraités :

 

- l’alignement du taux maximal de CSG (6,6%) applicable aux pensions sur celui des revenus d’activité (7,5%), ce qui génèrerait un gain net d’environ 2Mds € par an.

- la révision des « avantages fiscaux » des retraités, il s’agit de remettre en cause l’abattement de 10% sur les pensions (plafonné à 3660 € par foyer fiscal) et dont le coût est évalué à 3,3 Mds € en 2013 Le rapport envisage plusieurs scénarios allant de la suppression à la diminution du plafond (2500, 1500) ou à la diminution du taux 7%, 5% ...

- la fiscalisation des majorations de pension pour les femmes et les hommes ayant eu ou élevé au moins trois enfants. Cette exonération bénéficie à 3 millions de ménages pour un coût de 890 M € en 2013.

- la désindexation des pensions comme ce qui a été acté par l’accord inter professionnel de mars 2013 concernant les retraites complémentaires. La revalorisation serait limitée et différenciée selon le niveau de pension. En cas de désindexation de 1 point (taux d’inflation moins 1%) le rendement serait de 1,3 Mds€ en 2014, 3 Mds€ en 2015, 3,5 Mds€ en 2016.

Toutes ces mesures concernant les retraités ont un effet financier important et à très court terme. On comprend dès lors que ces solutions aient la faveur du pouvoir.

« De très nombreuses mesures ont été évaluées pour leur seul effet financier, et visent à réduire les pensions déjà liquidées comme les droits des futurs retraités. (..) La FSU n’acceptera pas de régressions pour les salarié-es et les retraité-es sur l’ensemble de ce dossier. » Communiqué de presse de la FSU 14 juin 2013

 

Je crois encore entendre mon grand- père, à la fin des années 30, chantonner avec humour : « c’était pas la peine (bis) assurément de changer de gouvernement ! ».
Voilà que sous la présidence Hollande et malgré tous nos espoirs l’offensive contre le droit à la retraite a repris de plus belle. Les media s’en font l’écho en en reprenant et amplifiant les poncifs. Nous avons la salve d’artillerie habituelle: les retraités sont des nantis qui pèsent lourdement sur l’économie de la nation, leur nombre entraîne des déséquilibres budgétaires, leur longévité fera courir de graves menaces au pays dans les années 20, 30, 40, etc...
L’argumentaire a déjà trop servi et il est usé jusqu’à la corde, mais on ne craint pas d’y avoir recours sans vergogne à longueur d’émissions « politiques » et de journaux télévisés.

 

 

Le discours gouvernemental est à cet égard plus subtil. Témoin le rapport Broussy* qui est plein d’enseignements : il met l’accent à juste titre sur

            -  L’adaptation du logement aux besoins des personnes en perte d’autonomie

            -  La répartition des résidences pour personnes âgées au sein d’un quartier et d’une ville

            -  Les transports individuels et collectifs

            -  L’aménagement dans la ville (mobilier urbain, voirie etc...) 
Il va jusqu’à proposer un label « ville amie des aînés » ( sic )

Il affirme même : « nous avons des vieux exceptionnels » ( merci !), et constate que les grands parents consacrent à leurs petits-enfants 23 millions d’heures par semaines ( ??? ).

Il propose d’aider les aidants en leur prodiguant congés sans solde et temps partiels lorsqu’ils sont encore en activité.
Là où le bât blesse, c’est qu’il se refuse « à traiter la question de la solvabilisation ». Tout juste fait-il allusion à des prêts hypothécaires ou au viager pour les propriétaires de logement, et, dit-il joliment, à la nébuleuse des complémentaires et des assurances.

 

Ainsi, il conclut logiquement que les vieux peuvent être une source de profits

 

- Par le développement des technologies d’aide à l’autonomie

- Par la création d’emplois dans l’artisanat et le BTP

- Par l’appel à des personnels nombreux dans le domaine de la santé et de l’aide à la personne.

Une question n’est pas posée : les vieux seront- ils solvables ?
Avec une retraite moyenne en 2012 de 1106 € pour les hommes et de 957 € pour les femmes ?

Avec l’allongement de la durée de cotisation à 44 annuités ?

 

Imaginons ce que provoquera la paupérisation programmée des pensionnés dont plusieurs sont d’ores-et-déjà réduits à la misère : perte du lien social, chute du bénévolat associatif, amenuisement des solidarités familiales, chacun renvoyé à la nécessité d’assurer sa propre survie. Les sacrifices, dit-on, seront équitablement partagés...entre les pauvres et les moins pauvres ! Les retraités imposables sont et seront lourdement ponctionnés. Mais les évadés fiscaux sont toujours épargnés, les dividendes ne sont pas taxés, les salaires des grands patrons ne sont pas plafonnés.

Pour l’âge de départ à la retraite, la tartufferie est à son comble: 44 ans de durée de cotisation ! Vu la longueur des études, l’entrée tardive sur le marché du travail, le poids grandissant du chômage, à quel âge pourra-t- on prétendre à une retraite complète ?

Epuiser les travailleurs c’est sûrement le meilleur moyen de réduire leur longévité à la retraite !
Devant de tels choix politiques, chers collègues, indignez-vous et surtout mobilisez- vous.

Il est encore temps, si nous ne voulons pas que surgisse à nouveau le spectre hideux de la fin des années 30.

 

Pour pallier les ravages causés par les spéculations bancaires les états se sont lourdement endettés. Les spéculateurs ainsi sauvés de la faillite ont alors sans vergogne exigé des taux d'intérêts exorbitants et des régressions sociales considérables pour accorder des prêts aux états. FMI, BCE et UE ont accepté ce chantage et pressuré les peuples d'Irlande, de Grèce, d'Espagne, du Portugal et d'Italie et soumis à la « rigueur » les autres avant de les passer progressivement à la moulinette de l'austérité au nom de la compétitivité.

 

Ils promettaient à la Grèce de « renouer avec la croissance dès 2012 ». Mais en 2013 elle est en récession pour la 6ème année consécutive (Le Monde.fr du 06/06/2013), et son taux de chômage atteint 27% (près de 60% pour les jeunes). En Espagne il est de 26,9% (plus de 50% pour les jeunes).
Au Portugal un nième plan d'austérité recule à 66 ans l'âge de la retraite à taux plein, supprime 30000 postes de fonctionnaires supplémentaires et porte de 35 à 40 h l'horaire hebdomadaire des enseignants dont les salaires ont été sauvagement amputés. Le chômage y dépasse déjà 17%.

 

Après l'Italie c'est au tour de la France de s'engager à marche forcée dans l'austérité alors que le chômage explose.

 

Les « marchés », eux, continuent leurs bonnes affaires. Au Portugal ils ont la délicatesse de réduire de 17,4% à 5,6% le taux de leurs prêts alors que la BCE prête aux banques à moins de 1%!

 

Google, Apple et bien d'autres échappent à peu près totalement à l'impôt et les paradis fiscaux continuent de prospérer alors que pour la nième fois on nous annonce leur disparition!

 

Mais c'est pour tondre salariés et retraités qu'en France l'édito du Monde du 16 juin appelle à "un peu d'audace, M. Ayrault" après avoir le 2 mai délibérément confondu taux d'imposition nominal et taux effectif pour dénoncer " La France championne européenne de la taxation des entreprises et du capital". Tapie en rigole encore...

 

 

Passe encore de planter, mais se syndiquer à cet âge !!!

Retraités syndiqués, est-il suffisant de payer une cotisation syndicale ? Un syndicat n’est pas une abstraction, il est ce qu’en font ses syndiqués.

Pourquoi participer aux A.G. de la SFR 31 ?
Tout d’abord, parce qu’il est toujours bon de frotter sa cervelle à celle des autres, c’est l’étape indispensable préalable à toute action réfléchie. La SFR 31 permet d’élargir les horizons de chacun à travers la participation active des sept syndicats qui la composent actuellement. Le but que nous nous fixons est d’avoir un poids dans nos syndicats et dans la société afin d’agir avec d’autres (retraités et actifs) en continuant à exercer pleinement nos droits de citoyens : la justice fiscale concerne tous les citoyens, la santé et la façon de la prendre en charge aussi, même chose pour la retraite, pour la dépendance. Ne nous laissons exclure par personne d’aucun pan de la vie : tout nous concerne et tout nous regarde légitimement. C’est pourquoi nos actions et participations aux manifestations de l’année écoulée, ainsi que les thèmes abordés au cours de nos assemblées générales, ont concerné aussi bien des préoccupations spécifiques aux retraités que partagées par toutes les tranches d’âge. Vous en avez été informés en leur temps et invités à y participer.

Ne cédons pas au fatalisme. Nous ne pouvons rien faire ? Si ! Regroupons nos forces. Nos trois A.G. annuelles n’attendent que vous. Vous ne perdez rien à y participer au moins une fois « pour voir », mais je vous préviens : les essayer, c’est les adopter !!!

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

toutes mes excuses 25/06/2013 08:37

....c'est vrai , faudrait peut etre arreter de "pondre" des gosses comme on enfile des perles , mais comme le disait si bien Frédéric Dard , "le jour ou les hommes comprendront qu"en donnant la vie ils offrent aussi la mort , peut etre qu'ils y réfléchiraient à deux fois avant de vider leurs burettes"

toutes mes excuses 25/06/2013 08:32

....et temps pis pour les dégats "colatéraux" !

toutes mes excuses 25/06/2013 08:31

Désolé mais j'ai tranché , plutot crever que travailler pour un salaire , et leur retraite (me concernant) ils peuvent se la foutre ou vous savez !
Et si on décidait TOUS d'arreter de bosser !!!????...........

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