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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:01

La violence sauvage qui a assassiné Clément Méric n’est pas fortuite. C’est une culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d’extrême droite. Elle s’exprime à tous propos, en toutes circonstances comme un mode considéré comme admirable par ces groupes. Il a connu un développement particulier du fait de son impunité et de la campagne de dédiabolisation du Parti des Le Pen auxquels ces groupes sont liés. L’impunité est le fait d’un ministre de l’intérieur intéressé à manipuler l’opinion en laissant agir ces groupes pour discréditer les manifestations dans lesquels ils se nichent.

 

 

La banalisation des Le Pen complaisamment entretenue en même temps que j’ai été continuellement diabolisé, a ouvert un espace de légitimité et d’encouragement à l’extrême droite dans toutes ses composantes. Je sais qu’il ne faudra pas longtemps avant que la machine à calomnier et à insulter se remette en marche dans ce registre pervers. Je note que la première arrestation dont j’ai l’écho ce matin est celle d’un jeune qui aurait menacé madame Le Pen sur internet, coïncidence médiatique qui ne manque pas d’impressionner. Mais il est possible aussi que les nombreux journalistes et photographes présents à Henin Beaumont aux législatives de 2012 retrouvent la mémoire. Il est possible qu’ils se souviennent d’avoir vu les militants des JNR, et leur chef, diffuser sur les marchés. Peut-être même retrouveront-ils la photo de la poignée de main que madame Le Pen leur donna! D’ici là nous les publierons nous même pour éviter que madame Le Pen puisse être une nouvelle fois complaisamment disculpée de sa responsabilité morale dans les activités de ces groupuscules violents. Le ministère de l’intérieur doit dissoudre ces groupes. La complaisance et la dédiabolisation systématique des Le Pen doit cesser. Nous ne devons plus être si seuls avec les militants « anti-fa » à porter le poids de la résistance pendant que d’autres jouent sans vergogne l’instrumentalisation.

 

Jean Luc Mélenchon

PS : Un buzz médiatique affirme que Clément aurait été membre de notre parti. Nous en aurions eu beaucoup d’honneur. Mais ce n’est pas le cas. Nous avons milité ensemble et dans certaines circonstances assez étroitement. Mais Clément Méric avait ses propres engagements, notamment syndical à Sud. Sa mémoire et le devoir de l’honorer s’impose à tous, sans condition ni réserve.

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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Lacaze 07/06/2013 18:23

La bourgeoisie recours au fascisme quand le mouvement ouvrier et populaire est fort. Quand il est faible elle n'en a pas besoin. C'est ce qui explique la nouvelle politique des Le Pen. Ils tentent de s'intégrer dans le processus soit disant démocratique d'un système politique à bout de souffle, en cherchant en particulier des alliances. L'histoire est là pour le démontrer. En Allemagne le recours à Hitler était lié à un fort mouvement populaire. En Indonésie le pouvoir n'a pas hésiter à faire massacrer plus de 2 millions de personnes sous l'accusation de communisme, au Chili, et dans d'autres pays d'Amérique Latine, en Italie Mussolini a été le moyen de casser un fort mouvement des ouvriers agricoles et de la métallurgie etc etc. Le système étatsuniens, d'alternance de deux partis faisant la même politique, mais qui devient de plus en plus dur, autoritaire et répressif bref qui se fascise sous des couleurs de démocratie est le système qui convient à la grande bourgeoisie quand le mouvement populaire est faible.
Ce qui bien sur ne veux pas dire que ces gens là(les fachos qui relèvent la tète dans toute l'Europe) ne sont pas dangereux. Mais la droite "républicaine" est aussi très dangereuse et la gauche Hollandaise tout autant. Et ça ne veux pas dire qu'une mobilisation n'est pas nécessaire.
Monsieur Mélenchon se situe dans le cadre aujourd'hui complètement pourri et dépassé de la démocratie bourgeoise. Au fond il défend comme le sinistre Valls successeur de Sarkozy dans le ministère de l'intérieur, la "République" la "Démocratie" etc etc. Il se trompe d'époque. Les combats sous les ors de la République n'est plus de mise. La violence du propos ne remplace pas sa vacuité. Quand tout l'éventail politique glisse d'une façon vertigineuse à droite on n'en est plus aux petites mise au point entre gens de bonne compagnie.
On n'en est plus aussi, à essayer de raccommoder une "gauche" au pouvoir mais pour servir mieux que le précédent gouvernement le grand capital, avec une gauche plus radicale. Les travailleurs, le peuple a en face de lui un bloc parfaitement assis sur la volonté de finir de détruire les acquis des luttes et surtout de réduire ce peuple à la situation du peuple grec. Ce bloc réactionnaire va aujourd'hui du PS au parti lepéniste. Si dans la période qui vient un mouvement de grande ampleur se développe, Valls enverra ses tueurs contre les travailleurs en lutte: ne nous fésont pas d'illusion. Son prédécesseur le sinistre Jules Moch l'a fait sans état d'âme dans le bassin minier du Nord Pas de Calais.

Par contre il me semble qu'il se fait jour quelque chose de nouveau (dans la conjoncture, pas dans la tradition ouvrière et étudiante) c'est l'émergence d'une mobilisation à l'occasion de ce meurtre d'une jeunesse anti faff, anti Hollande, anti droite, donc très politisée. Cette politisation est très importante stratégiquement car c'est le problème du changement de société qui est posé en filigrane et le rejet des manifs promenades qu'on va inéluctablement nous proposer. Le problème de l'orientation du mouvement est donc posé. Il ne faut pas se tromper. En gardant en tète que les choses peuvent changer très vite et que le mouvement populaire peut inquiéter la bourgeoisie qui alors mettra Le Pen en avant avec la solution fasciste.

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