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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 05:55

Je me trouve avec quelques membres de ma belle-famille dans le cimetière du petit-village de Brassac, dans le Tarn-et-Garonne, où nous avons quelques sépultures. Si ne se dressait dans le lointain la centrale nucléaire de Golfech, le paysage serait une perfection. D’ailleurs, de nombreux Anglais ont racheté d’anciennes fermes à des kilomètres à la ronde.

 

 

Soudain, je tombe en arrêt devant la tombe d’André Claveau. C’eût été celle de Gengis Kahn que je n’en aurais pas été davantage surpris. J’ai quelque peine à déchiffrer le nom, qui n’a pas été rafraîchi depuis l’enterrement du chanteur.

 

 

Quatre modestes plaques funéraires sont posées sur cette tombe ordinaire. Celles de trois amis, pour un homme qui eut des millions d’admirateurs, et celles des pensionnaires du foyer résidence Balivernes, situé à Valence d’Agen, où j’imagine que Claveau finit ses jours.

 

 

Cette tombe active ma machine a remonter le temps. Avec sa belle voix (légèrement caprine) et son très grand talent, Claveau a bercé mon enfance d’auditeur de Radio Luxembourg dans les années cinquante.

 

 

Né – officiellement – en 1915, André Claveau est donc mort à Brassac en 2003 à l’âge de 87 (ou 93) ans. Il étudie d’abord les métiers d’art à l’École Boulle, puis travaille comme graphiste et dessinateur de bijoux. Débutée en 1936, sa carrière de chanteur n’aura pas à souffrir – c’est le moins qu’on puisse dire – de l’Occupation. Durant ces années horribles, il chante pour Radio Paris, ce que l’on pouvait à la rigueur comprendre, mais aussi pour la Légion des volontaires français contre le bolchévisme de Deloncle et de Doriot, ce qui relevait d’un vrai choix.

 

 

La période de la Libération est plutôt douce pour lui. Il est surnommé “ Le Prince de la chanson de charme ”. Il devient très populaire. Des millions de femmes sont à ses pieds, mais il ne leur fera jamais beaucoup de mal.

 

 

Lorsqu’il voit débouler la vague yéyé, il quitte complètement le métier. Avant cela, il va gagner le Grand Prix de l’Eurovision (contre “ Volare ”, un pur scandale !), mais sera surtout le créateur de très grands succès. Par exemple “ Marjolaine ” (en 1943), sur des paroles de Francis Lemarque (d’origine juive polonaise), “ Domino ” en 1950, où il cache à peine son homosexualité, le magnifique “ Cerisier rose et pommier blanc ”, “ Bon anniversaire ” (« nos vœux les plus sincères ») en 1951, “ Deux petits chaussons ”, inspirée des Feux de la rampe, de Charlie Chaplin, “ Le Petit train ”, (recréé par les Rita Mitsouko), le poème “Les Yeux d’Elsa”, que Jean Ferrat mettra en musique pour lui en 1956.

 

 

Sic transit…

La tombe d’André Claveau

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commentaires

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Aude 24 09/08/2014 08:13

André Claveau est lé le 29 décembre 1911 et non pas en 1915.

Vous pouvez découvrir la biographie officielle parue chez ABM Editions en 2014. "André Claveau, ne m'oubliez pas" de Pierre-Yves Paris, préface de Pierre Bellemare. Ce livre est vraiment exceptionnel de par son contenu de recherches.

Gensane 20/07/2014 14:47

A Villa : merci pour votre commentaire. C'est bien le nom d'André Claveau qui figure sur cette tombe. Comme le précise d'ailleurs sa fiche Wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/André_Claveau

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