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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 06:51

10 heures du matin. Gare de la Part Dieu, Lyon (mais cela aurait également pu se passer dans toute autre grande gare de France).

 

Je souhaite que la Société de moins en moins nationale me rende un service que je paye par l’achat de mes billets, par mes impôts etc : changer d’horaire pour un train que je dois prendre quelques heures plus tard. Je désire par ailleurs faire l’achat d’une carte d’abonnement. Je me dirige donc vers la « Boutique » (comme il n’y a plus d’usagers mais que des « clients », le vocabulaire utilisé par la SNCF, quand il n’est pas anglais – « Inter City », est celui de l’entreprise privée). Un brave garçon en CDD me conseille de changer moi-même mon billet, donc de faire le travail des employés, ce qui me permettra de gagner du temps. Pour ce qui est de l’achat de la carte d’abonnement, il me demande de prendre un billet et de me placer dans la file d’attente.

 

Je me retrouve dans une grande salle (la moitié de la Boutique) où patientent une quinzaine de clients. Devant nous : 10 guichets, dont 8 sont, pour le moment, inoccupés. Je me rends rapidement compte que l’attente est beaucoup plus longue pour les clients dont la demande va faire « perdre » de l’argent à la SNCF – comme moi qui vais demander une carte d’abonnement ou ceux qui souhaitent annuler leur billet et se faire rembourser – que pour ceux qui n’en font pas perdre (qui veulent changer de train, par exemple).

 

Parmi la quinzaine de clients, deux vieilles dames qui s’éventent comme elles peuvent dans cette pièce qui n’est pas climatisée (Lyon est, ce jour-là, la ville la plus chaude de France). L’une d’elle est au bord de la défaillance. Une autre dame s’exclame en parvenant enfin au guichet : « J’ai attendu une heure ! ». Réponse de la guichetière : « Il fallait venir plus tôt. » C’est quoi « plus tôt » dans le monde merveilleux du rail, me demandais-je ? Ma voisine immédiate, qui patientait depuis 45 minutes, quitte la salle car elle doit prendre un train qui part dans trois minutes. « Je gagne une place », me dis-je lâchement.

 

 

Soudain, il se passe un petit miracle : deux autres employés viennent rejoindre leurs collègues. Il n’y a plus que 6 guichets vides. Mais, nouveau grippage : on pourrait croire que, lorsqu’un employé rencontre un problème, il peut faire appel à un « chef » plus expérimenté. Que nenni ! Les employés se débrouillent entre eux, ce qui ralentit considérablement le flux.

 

Au bout de 55 minutes, mon numéro s’affiche enfin. Dès lors, tout se passe bien.

 

Je retourne l’après-midi à la Gare de la Part-Dieu, pour prendre un train cette fois-ci. L’esprit complètement dégagé, je vais faire un tour à la Boutique. Il y a deux fois moins de clients et deux fois plus de guichetiers. De l’autre côté du mur, j’imagine un planificateur de génie.

 

Mon train ne part que dans 35 minutes. Je souhaite m’asseoir un instant. Dans cette gare immense où passent en permanence des centaines de passagers, il n’y a de sièges que pour les Very Important clients, dont je ne suis pas. Comme d’autres, j’en suis réduit à poser mon fessier sur un tube en aluminium, qui fait office de siège, mais qui n’en est pas un.

 

La prochaine fois, pour revenir à Toulouse, je prendrai l’avion. En cherchant bien, on trouve à Air France des billets moins onéreux que ceux de la SNCF pour ce trajet.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

Adario 02/08/2013 11:45

En France, en Belgique et ailleurs... la désinvolture de celles et ceux qui ont un emploi dit stable se développe de + en +. Le respect, l'attention à l'autre sont en voie de disparition face à l'accomplissement du moi et de soi !! Après l'éveil du "Moi", l'accomplissement de "Soi", quels que soient les moyens pour y parvenir, est devenu le seul but important : moi, moi, moi. Ce n'est pas nouveau : "Chacun sur terre se fout, se fout / Des p'tites misères de son voisin du d'ssous " chantaient Mireille et Nohain avant guerre je crois.
Dans un temps pas si lointain, on essayait d'apprendre aux enfants - à l'école et chez eux - qu'ils n'étaient pas seuls au monde et que "Moi" si j'ai du boulot, les autres n'ont pas toujours eu la chance d'avoir eu du bol (et des opportunités) et qu'ils n'ont pas toujours qu'à se débrouiller ! Et puis, hein ! "on ne peut pas porter toute la misère du monde sur ses épaules", etc. Il n'y a que lorsqu'une catastrophe touche personnellement que l'individu prend conscience que le partage est essentiel.
George Sand a très bien écrit tout ça dans "Histoire de ma vie", Gallimard, La Pléiade, 1971 (t. II, pp. 323-338) et, horreur, évoque même Babeuf ! Mais qui se souvient de Babeuf et qui lit George Sand ?

CanluCat 02/08/2013 15:38

"...la désinvolture de celles et ceux qui ont un emploi dit stable se développe de + en +...".
Malheureusement, je crois sincèrement que lorsque, justement, les employés et salariés étaient sur des emplois vraiment stables (CDI, agents de l'État titulaires, Fonctionnaires) et non pas en CDD (au mieux) ou en emplois aidés (esclavage financé par l'État) ou vacations (Éducation Nationale où, dorénavant 40% des agents et enseignants sont des précaires et non plus des fonctionnaires titulaires : des contractuels et des vacataires ; le statut de Maître auxiliaire n'existe même plus !), je crois que cela fonctionnerait beaucoup mieux.
Beaucoup mieux, car beaucoup mieux formés (surtout, formés, tout simplement, avec des formations continues), avec une culture d'entreprise (connaissance de la vie et de l'évolution de l'entreprise), avec des contacts en intra et en inter (les agents de Pôle Emploi font se qu'ils peuvent avec les moyens qu'on ne leur donne pas ; et, popole, avec l'EN, sont les deux structures qui emploient le plus de précaires en proportion de leurs effectifs, et toutes les deux ont été condamnées à plusieurs reprises pour non respect du devoir de formation des contrats aidés !!! Un comble !!!). Donc, sans connaissance du terrain, en intra ou en inter, pas moyen de diriger ou réorienter les personnes en quête de renseignements ou d'aide vers les bons interlocuteurs... Etc.
Bien entendu, comme partout, il y a des imbéciles (et je reste poli). Mais il y a surtout un manque total de ressources... et on aboutit à des incohérences (pour le moins !!!) de ce type là qui font que, au lieu d'économiser des ressources financières (tellement rares par les temps qui courent, parait-il) on ne fait que se précipiter dans le tonneau des Danaïdes :http://www.charentelibre.fr/2013/08/01/l-informaticien-apprend-a-allumer-son-ordinateur,1848805.php
Et, il ne s'agit que d'un exemple (encore un) entre beaucoup d'autres... Rien que pour ce qui me concerne, je pourrais vous en conter !
Je ne suis pas agent de l'État, je ne suis pas fonctionnaire. Je ne suis qu'un "inutile" de 51 ans (en recherche d'emploi), diplômé de niveau 1, spécialisé dans le "domaine et le monde du travail, du recrutement, du bilan de compétences et du bilan professionnel et de la formation", qui forme et corrige les personnels des structures de "formation" vers lesquelles me dirige chaque année Popole emploi (je rédigeais et corrigeais les erreurs de la dernière personnes, par exemple, qui était censée me réinsérer dans l'emploi !!!, et je lui fournissais des idées et des pistes à suivre pour aider les autres chômeurs qu'elle "orientait" sur le bassin d'emploi et ceux adjacents !).
C'est pour cette raison, à mes yeux, que nous avons, en France, une fonction et des agences d'État qui plombent tant les caisses. Non pas qu'il y a trop de fonctionnaires et/ou d'agents. Bien au contraire. Mais juste parce qu'il y a trop de précaires non formés (et qui, malgré tout font de leur mieux) qui envoie leurs interlocuteurs vers des impasses (tout en étant de bonne fois : ils n'ont personne vers qui se retourner en cas de doute), ou qui se forment comme ils le peuvent avec les non-moyens du bord (je connais aussi : recruté en contrat aidé, il y a trois ans, à la mi-juin, je me suis retrouvé quasi seul pendant les deux mois d'été à gérer quasi seul un structure d'insertion, hé oui, mais sans avoir été formé ; résultat, des erreurs et des loupés qui, bien entendu, sont retombées sur la tête à bibi, sans que personne de la structure ne se remette en question quant à ma non-formation de départ !!!).
Et, pour finir, malgré mes compétences dans le domaine social et du travail, popole emploi ne m'a jamais recruté (malgré mes candidatures). Par contre, il a recruté des gens formés dans le domaine commercial (un ancien VRP et un ancien gestionnaire de cave à vin de ma connaissance) qui, tous les deux, étaient complètement perdus, restés sans formation, quant aux procédures, possibilités, gestion des profils et compétences des DE, ne connaissant absolument pas les techniques de l'entretien professionnel, etc.
Bref, désolé pour "l’assommoir" ci-dessus. Mais bonne journée.

Éric G. Delfosse 02/08/2013 10:36

Ho, oui ça aurait pu se passer dans n'importe quelle gare française, et en Belgique également...

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