Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 08:30

En 1947, les États-Unis connaissent une récession économique tandis que le dollar baisse. Le prêt consenti aux Britanniques perd 40% de sa valeur en pouvoir d’achat. La Banque d’Angleterre est obligée de vendre son or. Le gouvernement ne parvient pas à rétablir la convertibilité de la livre sterling qui sera dévaluée de 30% en 1949. Le gouvernement lance un plan d’austérité très sévère, d’autant plus mal supporté que la population sort de cinq années de guerre. Les Britanniques ont moins à manger en 1949 qu’en 1942.

 

Le 4 mars 1946, Winston Churchill prononce pour la première fois l’expression « rideau de fer ». Churchill, qui est étasunien par sa mère, déclare, aux États-Unis, qu’un « rideau de fer s’est abattu sur le continent européen » et souhaite une alliance militaire entre Britanniques et Étasuniens pour contrer les menées soviétiques en Europe. Il demande également une aide économique massive pour l’Europe occidentale. Le plan Marshall sera la conséquence des nouvelles relations Est-Ouest. Néanmoins, le Royaume-Uni avait dû promettre aux États-Unis qu’il ne chercherait pas à empêcher les produits d’outre-Atlantique de pénétrer dans l’Empire. Il aura fallu que la guerre froide entre l’URSS et les États-Unis devienne un peu plus chaude pour que cessent les hostilités larvées entre les deux puissances atlantiques. Au Congrès, de nombreux républicains, favorables à une politique isolationniste, critiquèrent ce plan de dépenses massives à l’étranger, mais cette opposition cessa lorsque l’URSS envahit la Tchécoslovaquie en février 1948.

 

 

La victoire électorale du parti travailliste en 1945 fut suivie en 1946 par une politique de nationalisations (20% de l’économie passa entre les mains de l’État) qui ne résolut pas tous les problèmes structurels car de nombreux secteurs nationalisés étaient déficitaires. Passèrent dans le giron public le charbon, la Banque d’Angleterre, l’électricité, le câblage et les réseaux sans fil, le rail, les transports maritimes intérieurs, la métallurgie et la sidérurgie, l’agence Cook etc. (à noter que même les conservateurs nationalisèrent dans les années soixante-dix, des canards boiteux certes, comme Rolls-Royce et des chantiers navals).

 

Cela dit, vers 1950, l’économie semble être repartie d’un bon pied. La crise de sous-production redoutée n’a pas eu lieu. La croissance est soutenue de part d’autre de l’Atlantique. Le niveau de vie de la population commence à s’élever visiblement. La Grande-Bretagne reconnaît que les États-Unis sont désormais le gendarme du monde mais elle maintient une présence militaire coûteuse dans plusieurs régions du globe, pour elle stratégique, comme le Proche-Orient ou Singapour. Les années cinquante seront une décennie de consolidation sous l’égide de gouvernements conservateurs qui ne remettront pas en cause les acquis sociaux de la période travailliste, comme la gratuité totale des soins et de l’éducation. Durant la campagne électorale de 1959, le célèbre slogan du Premier ministre Harold Macmillan « Vous n’avez jamais vécu aussi bien » (en réalité : « La plupart de nos concitoyens n'ont jamais vécu aussi bien qu'aujourd'hui ») passera comme une lettre à la poste tant il rendait compte de la vérité. Pendant cette décennie le pays connaîtra un chômage insignifiant, peu d’inflation et une balance des paiements équilibrée. Mais c’est à ce moment-là qu'il va décrocher avec les autres puissances capitalistes.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article

commentaires

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche