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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 06:11

La semaine dernière, Maxime Vivas (dans l'émission “ Excusez-moi de vous interrompre ” de la chaîne Radio Mon Païs – 90.1 – qui accueille cette revue de presse) a fort bien mis en regard le militant de gauche démocrate, le jeune intellectuel courageux Clément Méric, qui a payé de sa vie le courage de ses idées, et les gros buveurs de bière au crâne rasé, jamais éloignés de leur batte de base-ball dans les meeting de Marine Le Pen.

 

Comme un clou chasse l'autre, je voudrais ici reprendre quelques échos qui ont fait suite à ce drame humain qui nous dit tant sur la société française d’aujourd’hui.

 

Une fois n’est pas coutume, L’Express offre une analyse plutôt lucide de la droite :

 

«La mort du jeune Clément Méric des suites d’un tabassage en règle par des nervis d’extrême droite suscite un immense malaise et appelle quelques questions toutes aussi dérangeantes. Car ce drame était pour ainsi inscrit dans les gènes du mouvement contre le Mariage pour tous : une vague protestataire largement relayée par les médias et dont la radicalisation est allée crescendo.

 

On a d’abord vu l’UMP prendre bien peu de distances avec l’ensemble du climat homophobe qui n’a cessé de polluer cette lamentable campagne, jusqu’à s’enraciner comme du chiendent dans les rangs de manifestants à l’homophobie souvent affichée.

 

On a aussi entendu sur les antennes des propos hallucinants, dont certains n’auraient pas déparés durant le régime de Vichy. Et ce sans que personne, sur les plateaux de télés, ne s’en offusque.

 

Cette banalisation de la haine, très docilement répercutée par des médias prêts à relayer le moindre témoignage, au nom d’une politique de « couverture » et de surenchère médiatique, fut intolérable.

 

Oui, les médias ont joué un rôle pervers dans cette lente poussée de fièvre homophobe qui s’est emparée de ce débat au fil de ces micros-trottoirs infâmes qui ont vu une France ultraconservatrice prôner l’exclusion de toute une communauté homosexuelle ostracisée. Oui, les chaînes de télés ont indiscutablement surfé sur ce climat nauséabond, tendant sans discernement leurs micros au tout-venant, hébergeant la fange, offrant aux extrêmes des tréteaux inespérés, quand derrière les mots de ces familles endimanchés, avec landaus et marmailles, suitaient une idéologie poisseuse : la peur de l'autre. »

 

L’extrême droite impressionne par son organisation. Esteban Morillo (dont les médias ont longtemps caché le nom alors qu’il est majeur) a le droit à sa page de soutien sur Facebook, "likée" par plus de 7 000 personnes. La page renvoie également à une page de soutien qui permet d'effectuer des dons :

 

« Chaque euro compte, les avocats coûtent cher. On ne vous demande pas de l'argent pour sauver les koalas rayés du Gabon occidental, mais pour éviter à un jeune homme de 20 ans de moisir dans une cellule grise. Merci d'avance pour votre générosité. »

 

Dans Le Point, Charles Consigny alimente l’amalgame et offre le point de vue des beaux quartiers pour qui Clément est le seul coupable : « Il n'y a aujourd'hui en France ni fascisme, ni résistance, ni ordre, ni courage. Ce militant avait sans doute la funeste illusion d'atteindre la fièvre de la lutte politique radicale, comme ses meurtriers. Mais que pouvaient-ils, chacun avec leurs noirs desseins, face aux forces qui actionnent désormais le destin des hommes et des peuples ? Rien. »

 

Le site identitaire (NOVOpress) crache sur le jeune assassiné : On en sait plus sur les circonstances de la bagarre ayant coûté la vie au militant gauchiste, Clément Méric. Les faits semblent éloignés du portrait du jeune martyr gratuitement et sauvagement agressé par une horde de « fascistes ». Caricature du militant d’extrême gauche, « il tractait contre les fascistes, pour le droit des étrangers, pour l’égalité hommes-femmes »TF1 fait de même : Clément Méric « était connu des services spécialisés comme appartenant à un groupe de militants d’extrême gauche qui recherchaient la confrontation avec des militants d’extrême droite ». Tout comme RTL qui évoque : « une bagarre généralisée et désordonnée, empreinte d’une grande violence, où les coups de poings et les coups de pieds ont commencé à fuser de toute part ».

 

Dans Tribune Juive, Pascale Davidovicz estime que les médias se sont emballés : « Même si la mort d’un jeune homme de 19 ans, élève brillant, ne peut pas laisser indifférent, il n’en demeure pas moins que son engagement peut poser certaines questions. Et, après les larmoiements d’une classe politique de gauche aux abois qui tient son icône et crie à la menace fasciste, le témoignage d’un vigile présent sur les lieux du drame, et dont le magazine Le Point se fait l’écho en exclusivité, pourrait ramener tout ce beau monde à la raison. »

 

Je laisserai le dernier mot à Jean-Luc Mélenchon sur BFM/TV : On lui demande s’il faut user de la violence en réponse à la violence. « Ce serait une erreur totale, nous serions sur un terrain qui n’est pas le nôtre. Le nôtre, c’est la passion, mais le raisonnement. Chaque jour, des milliers de gens basculent dans le chômage. Cette violence, nous devons l’exprimer, mais pas dans une violence de bandes armées. Ça nous amène sur un terrain où des gens comme nous ne pourrions jamais gagner. Les moyens définissent la fin, nous aspirons à une société de fraternité, de tolérance, d’égalité, pas de violence. Tout le monde a sa place dans la société, toutes les idées ne l’ont pas ».

 

 

Revue de Presse (67)

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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