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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 04:58

 

 

Le Blog El Diablo reprend une enquête de l’UNEF sur le coût de la vie étudiante.

 

Depuis l’élection de Macron, les aides directes de l’État ont baissé de 40 euros par an et par étudiant, en moyenne, alors que le coût de la vie, lui, a augmenté de 10 % sur la même période.

 

Les revenus des étudiants dépendent principalement de trois sources : le système d’aides sociales, les aides familiales et le salariat. Or, pour beaucoup d’étudiants, les deux premières sources sont insuffisantes, de sorte qu’un étudiant sur deux doit travailler pour financer ses études. Ces emplois sont souvent précaires : 52 % des 15 à 24 ans sont employés en CDD. Nombre de ces postes ont été supprimés pendant la crise sanitaire.

 

D’autant plus dépendants des aides familiales, les étudiants issus des familles les plus modestes pouvaient difficilement compter sur leurs proches, qui eux aussi subissaient la crise. Face à cette situation, l’Etat s’est contenté de jeter des miettes : quelques séances de psychothérapie, des repas du CROUS à un euro – et c’est tout.

 

 

 

Pour ResPublica, les réformes Blanquer ne sont pas un accident de l’histoire. Elles accomplissent la « nouvelle école capitaliste »  dont les objectifs, les modes de fonctionnement et de direction se calquent sur l’idéologie néo-libérale de la rentabilité immédiate, de l’optimisation irréfléchie des performances et du contrôle incessant de chacun par chacun sous le regard de tous. La question qu’en 1998, posait Claude Allègre, alors ministre de l’Éducation nationale : « Quels savoirs enseigner dans les lycées ? » trouve aujourd’hui sa réponse. Les savoirs à enseigner au lycée sont désormais ceux qui ont une valeur marchande. Leur mode d’acquisition ainsi que l’organisation du lycée s’ajusteront, de gré ou de force, à ce dogme politique et idéologique. Les deux ministres de l’Éducation nationale auront eu en commun le même acharnement à démolir le lycée, sauf que le premier se heurta à une opposition puissante et que le second est en voie de réussir là où son prédécesseur avait partiellement échoué. Les années Blanquer auront constitué un moment de densification et d’accélération d’une profonde régression historique. Rien pourtant n’autorise à désespérer :  de même qu’un progrès humain n’est pas irréversible, une régression politique et éducative n’est pas définitive.

 

Jean-Michel Blanquer, se prépare à accélérer la déstabilisation du lycée français autour de quelques objectifs ciblés, parmi lesquels la décomposition du corps enseignant et l’imposition rapide d’un bac local. Avec un protocole sanitaire en vue de l’année 2021-2022, qui est bancal, injuste et irréalisable, Blanquer continuera à instrumentaliser cyniquement la pandémie, en jetant le trouble et la discorde parmi les personnels, les élèves et les familles sous les yeux d’une opinion publique déboussolée. L’Éducation nationale n’allait pas bien avant l’arrivée de Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère. Elle ira beaucoup plus mal à son départ.

 

 

Dans Réveil Communiste, Gilles Questiaux revient sur les conséquences des attentats du 11 septembre : « Ce qui est important, ce ne sont pas les attentats, c’est l’usage qui en a été fait. La guerre contre le terrorisme qui a été présentée comme une réponse aux attentats a officialisé la tentative d’imposer un empire américain occidental au monde entier, dans les conditions idéologiques actuelles, qui empêchaient de présenter ce genre de projet impérialiste franchement, comme au XIXème siècle, au nom de la supériorité de la civilisation occidentale. Les attentats ont servi de prétexte en or pour avancer des projets agressifs qui étaient déjà préparés. Mais des prétextes, on en trouve toujours. Les États-Unis ont déchiré en mille morceaux le droit international qui remontait au XVIIème siècle, ils ont revendiqué officiellement leurs droits exceptionnels d’intervenir politiquement et militairement partout dans le monde, leurs satellites de l’OTAN et de l’UE leur ont emboîté le pas, et ils ont appliqué ce droit qu’ils s’étaient attribués à eux-mêmes, contre des pays qui n’avaient aucun rapport avec les attentats. Car si on ne sait pas très bien qui a commis ces actes, ont sait très bien qui ne l’a pas fait : ni l'Irak de Saddam Hussein, ni la Syrie de Bachar el Assad, ni la Libye de Khadafi, ni l’Iran, ni même les Talibans ! »

 

Revue de Presse 372
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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 05:07

 

La société Evergrande, dont les dettes s’élèvent à plus de 300 milliards de dollars, a fait l’objet d’un examen minutieux en août lorsque le gouvernement chinois lui a ordonné de prendre des mesures pour résoudre ses problèmes d’endettement.

 

Selon le World Socialist Website, les faillites en Chine sont à l’image du pays : spectaculaires : « Le marché obligataire chinois et, plus largement, son système financier sont soumis à une pression croissante en raison de la crise d’Evergrande, l'un des plus grands promoteurs immobiliers du pays, avec des retombées potentielles sur les marchés internationaux.

 

La société a déclaré qu’avec «la coordination et le soutien du gouvernement», elle travaillait avec des fournisseurs et des entreprises de construction pour reprendre les travaux sur ses projets immobiliers. Elle a 778 projets dans 233 villes de Chine.

 

Dans son rapport sur les résultats, publié à la fin du mois dernier, elle a fait état d’une baisse des bénéfices nets pour l’année et a prévenu que si les travaux ne reprenaient pas, il existe un risque de «dépréciation» pour des projets et des problèmes de liquidité pourraient surgir.

 

Depuis lors, la situation n’a fait qu’empirer. La société s’est lancée dans une course désespérée pour vendre des actifs et lever des fonds, tout en prévenant qu’elle risquait de se trouver en défaut de paiement sur des obligations sur le point d’arriver à échéance.

 

Dans son rapport sur la crise, le Financial Times a averti qu’un défaut de paiement, dévoilant l’état périlleux du marché immobilier chinois, serait une «débâcle qui pourrait se répercuter sur les marchés mondiaux». »

 

 

Selon France Info, en Hongrie, la rechristianisation à marche forcée des écoles se fait au détriment de l’enseignement public : « À Hodmezovasarhely, en Hongrie, les élèves d’une école privée catholique commencent leur journée à l’église, avec des prières et des chansons. Ils sont accompagnés à la guitare par l’une des sœurs dominicaines qui administrent l’établissement depuis un an. Auparavant, l’école était publique. La directrice l’assure, le catéchisme reste facultatif. “Actuellement, il y a une éducation religieuse en heures supplémentaires dans les deux premières années, avec deux cours par semaine, donc les enfants peuvent choisir, en fonction de leur appartenance religieuse”, explique Andrea Magyar.

 

Au pays de Viktor Orbán, fervent défenseur de la “civilisation chrétienne”, de plus en plus d’établissements scolaires deviennent confessionnels. Le gouvernement favorise ces transferts à coups de subventions, qui permettent parfois de financer des travaux de rénovation. La rechristianisation se fait à marche forcée, au détriment de l’enseignement public, qui voit ses ressources se tarir au fil des ans. Loin des valeurs chrétiennes, ce système creuse aussi les inégalités, puisque les écoles confessionnelles se montrent très sélectives pour le choix de leurs élèves.

 

 

Pour le site Anti-K, être étudiant à Montpellier (comme une de mes petites-filles) n’est pas une sinécure : « Sur la question des transports, justement, les syndicats étudiants pointent l’absence de tramways gratuits pour les moins de 25 ans, alors que le maire de Montpellier, Michaël Delafosse l’avait pourtant promis pour la rentrée 2021. « Alors que la transition écologique, avec la création de pistes cyclables, doit être encouragée, les principaux usagers du réseau de transports (1/4 de la population étudiante soit 75 000 étudiants) sont finalement exclus de la mesure de gratuité pour cette rentrée scolaire au profit uniquement des moins de 18 ans et plus de 65 ans. Pour une vraie mesure de solidarité, le maire Mickaël Delafosse doit tenir ses engagements et d’inscrire les étudiants dans le processus de gratuité dès la rentrée 2021 ! », écrivait le SCUM dans un communiqué de presse. Mais visiblement, pour le maire « socialiste » de Montpellier, la police des transports à l’air plus importante à mettre en place que la gratuité pour les étudiants !

 

Pourtant, Montpellier est déjà l’une des villes étudiantes les plus chères de France après Paris (avec des hausses du coût de la vie de +3,85% en 2020 et +2,14% en 2021, la faisant sortir du podium des villes où il fait bon étudier de l’Étudiant). Les syndicats étudiants comptent bien se mobiliser sur cette question, et Solidaires étudiants a déjà lancé une pétition sur le sujet.

 

​​​Á l’UNEF, les militants dénoncent depuis quelques mois une « liquidation des CROUS », normalement chargés d’assurer la fourniture bourses, de logement et de repas aux étudiants sur critères sociaux. La fin des repas à un euro du CROUS pour les non-boursiers, mis en place au début de la crise sanitaire, a été décidée au début de l’été par le gouvernement, et risque de peser sur portefeuille de nombreux étudiants.

 

Revue de Presse (371)
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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 05:13


 

Écriture inclusive, « politiquement correct », « cancel culture » et novlangue : le français est-il menacé ou s'agit-il de simples évolutions ? Le dernier numéro de la revue « Cités » (PUF) consacre un dossier à ce sujet. Son directeur, le philosophe et professeur émérite à l’Université de Paris, Yves Charles Zarka, revient pour « Marianne » sur les questions soulevées par sa publication.

 

Marianne : Pourquoi consacrer votre dossier à la langue ?

 

Yves Charles Zarka : Comme vous l’avez remarqué, nous avons consacré le dossier principal du numéro 86 de la revue Cités (PUF) au thème de « La langue sous contrôle ? ». C’est bien entendu la question de l’écriture dite inclusive qui en constitue l’enjeu essentiel. Pourquoi cette attention ? Parce que, tout d’abord, d’une manière générale, la langue n’est pas une dimension de la culture comme les autres. Bien entendu, il importe de préserver toutes les formes culturelles : l’architecture, l’art, la littérature, le théâtre, mais aussi les monuments, l’histoire, la philosophie. Mais la langue a en outre une dimension universelle. Elle n’est pas un simple instrument de communication, parce qu’elle est le lieu où se constitue la culture d’un pays sous toutes ses formes. Mieux, elle exprime et forme une approche du monde et de la société, une manière de les appréhender, de les comprendre.

 

Chaque langue est chargée de sens sédimentés dans l’histoire. Chaque langue a ses caractères particuliers, sa façon de dire les choses qui exprime une histoire. Cela est valable y compris pour les langues ayant la même origine, comme le latin pour bon nombre de langues européennes : le français, l’italien, l’espagnol, le portugais, etc. Ces langues ne disent pas la même chose. Elles ont chacune des traits et des façons de dire particulières.

 

C’est pourquoi la traduction est toujours difficile, sauf peut-être, et encore, pour les usages purement techniques. Si l’on considère des langues ayant des origines très différentes, les différences sont encore plus nettes, voire plus radicales. Le chinois dit le monde, exprime l’expérience des gens, leur vécu, leurs rapports d’une manière impossible à comprendre pour qui n’a pas longuement étudié cette langue et les expériences du monde qu’elle forme. Le plus souvent, c’est par une périphrase que l’on peut tenter de rendre un caractère chinois. On comprend donc que la langue est essentielle à tout un espace, non seulement culturel, mais aussi social et politique, pour tout dire civilisationnel. On ne joue donc pas avec la langue sans conséquences.

 

« La féminisation des noms de métiers ne pose en général pas de problème. »

Or, c’est pourtant ce qui arrive avec l’écriture dite inclusive. Ce qui est en jeu, sous couvert d'établir jusque dans la langue une égalité du masculin et du féminin, c’est la langue française elle-même, puisque cette écriture consiste à supprimer ce qui fait la spécificité du français. Les groupes minoritaires qui entendent la faire prévaloir agissent comme s’ils avaient « honte de leur langue natale » pour reprendre le titre de l’entretien que Jean-Claude Milner a donné dans le numéro de Cités indiqué ci-dessus. Cette écriture dite inclusive, en réalité exclusive, consiste à rendre l’écriture du français illisible, imprononçable et impossible à enseigner. Si la féminisation des noms de métiers ne pose en général pas de problème, l’écriture inclusive est destructrice de la langue française en tant que telle.

 

Vous parlez de « véritable entreprise tyrannique » concernant les attaques que subit le langage, notamment par l’écriture inclusive. Pouvez-vous revenir dessus ?

 

J’ai essayé de montrer que le principe de l’écriture inclusive relevait d’une tyrannie portée sur la langue française, en utilisant les deux définitions que Pascal donne de la tyrannie. La première définition est la suivante : « La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu’on ne peut avoir que par une autre. » Cette définition est extraordinaire, car c’est la seule définition purement formelle de la tyrannie. Généralement, on définit la tyrannie politiquement comme un régime politique coercitif où le pouvoir tient la population à sa merci et considère le territoire national comme sa propriété.

 

 

Or, la tyrannie peut intervenir dans d’autres domaines que la politique. Il y a plusieurs formes de tyrannie : une tyrannie s’exerçant sur un individu ou un petit groupe d’individus (tyrannie domestique), une tyrannie s’exerçant sur un peuple (tyrannie politique), mais il peut aussi y avoir une tyrannie sur les institutions ou sur les lois. De celle-ci, Platon disait qu’elle était la pire.

 

Il peut y avoir aussi une tyrannie par la langue (imposer une langue pour assurer l’homogénéité de populations ou d’un territoire). Le trait commun de ces figures de la tyrannie est qu’elles sont anciennes, et maintes fois éprouvées. Mais voici qu’une nouvelle forme de tyrannie voit le jour ces dernières décennies : une tyrannie s’exerçant sur la langue qui vise à la soumettre à des exigences qui n’ont aucun fondement linguistique, pédagogique ou autre. Quelle en est la raison ? Celle-ci semble à première vue tout à fait légitime : combattre la domination masculine qui se serait insinuée jusque dans la langue.

 

« En quoi changer les règles de l’écriture modifierait en quoi que ce soit les discriminations ou les inégalités réelles ? Ne s’agit-il pas ici d’une conduite proprement magique ? »

 

Or, vouloir vaincre la domination masculine en inventant de nouvelles règles grammaticales parfaitement arbitraires visant à changer la langue, n’est-ce pas vouloir avoir par une voie, ce que l’on ne peut avoir que par une autre, à savoir une lutte sociale et politique contre les inégalités persistantes ? En quoi changer les règles de l’écriture modifierait en quoi que ce soit les discriminations ou les inégalités réelles ? Ne s’agit-il pas ici d’une conduite proprement magique ? La seconde définition pascalienne complète la première. Elle s’énonce ainsi : « La tyrannie consiste au désir de domination universel et hors de son ordre. » Cette seconde définition s’applique particulièrement à la volonté qui entend s’imposer à la langue à travers l’écriture, cette volonté est bien un désir de domination universel parce que la langue est la dimension universelle d’une culture dans son histoire et son présent.

 

La langue n'est-elle pas vouée à évoluer avec le temps et s’adapter à son époque ?

 

Bien entendu, les langues ont une histoire. Il en va de même pour l’écriture. Il suffit à cet égard de lire Montaigne dans le texte pour voir les changements subis par la langue française depuis le XVIe siècle. En quelques décennies d’ailleurs, cette langue s’est nettement modifiée. On lit aujourd’hui beaucoup plus facilement Descartes que Montaigne. J’ajoute que, outre l’évolution historique qui change périodiquement les usages, fait apparaître de nouveaux mots ou expressions et frappe de désuétude d’autres mots ou expressions, des décisions proprement politiques ont contribué notablement aux changements intervenus dans la langue française.

 

Ce qui est cependant particulier à la volonté (minoritaire) d’imposer l’écriture inclusive, c’est qu’elle n’a pas pour but d’en faciliter l’écriture pour la rendre plus accessible ou un autre motif de ce genre plus ou moins légitime, mais au contraire de la compliquer infiniment et de la rendre, comme je l’ai dit à l’instant, illisible, imprononçable et impossible à enseigner.

 

L’an dernier, vous aviez consacré un dossier aux « nouvelles censures ». Ce numéro est-il un prolongement de ce dossier ?

 

Bien entendu, le dossier sur l’écriture inclusive se situe dans le contexte des nouvelles censures. Ces dernières années, ce sont tous les aspects de la culture française qui ont fait l’objet d’emprises proprement tyranniques visant à en annuler ou à supprimer certaines formes : dans la peinture, la sculpture, le théâtre, la littérature, etc. Il s’agit là de l’arrivée en France de la « cancel culture » née dans les universités aux États-Unis où certaines œuvres ou des parties d’œuvres, comme celles de Shakespeare, sont censurées, où des monuments sont détruits, et certaines œuvres picturales dénoncées. Tout se passe comme si toute l’histoire culturelle devait se conformer aux manières de penser du moment présent.

 

« Il est certain que ces formes de dominations doivent être révélées et dénoncées pour ce qu’elles sont. Mais cela ne justifie en aucune manière que l’on doive réduire les cultures et les civilisations à ces dimensions délétères. »

Comprenez-moi bien, je ne dis nullement qu’il faille cautionner en bloc tout ce qui est arrivé dans l’histoire. Il est vrai que depuis l’aube de l’humanité, les femmes ont été soumises à la domination masculine, il est vrai que l’esclavage a été (et est encore) radicalement barbare et inhumain. Il est vrai que le colonialisme a été destructeur de cultures et parfois de peuples. Il est certain que ces formes de dominations doivent être révélées et dénoncées pour ce qu’elles sont, afin qu’elles ne se poursuivent pas dans le présent sous une forme explicite ou larvée. Mais cela ne justifie en aucune manière que l’on doive réduire les cultures et les civilisations à ces dimensions délétères. Cela justifie encore moins de censurer les aspects de l’art, de la littérature et autres qui relèvent de cette histoire et faire du présent la norme de jugement de tout ce qui a été.

 

 

Source : Marianne

Yves Charles Zarka : "L’écriture inclusive détruit la langue française en tant que telle"
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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 05:06

 

Dans Le Monde, Soazig Le Névé relate que Parcoursup évince des lycéens français établis à l’étranger : « Seuls 48 % des candidats français ayant suivi leur scolarité dans un système étranger ont obtenu un de leurs vœux sur la plate-forme d’affectation dans l’enseignement supérieur.

 

Avoir vécu à l’étranger, un atout, sauf sur Parcoursup ? Tel est le ressenti de jeunes Français qui ont obtenu, souvent avec brio, un diplôme équivalent au baccalauréat dans leur pays de résidence avant de subir un échec cuisant en postulant sur la plate-forme pour intégrer une formation dans l’enseignement supérieur français.

 

Au regard des statistiques du ministère de l’enseignement supérieur, le contraste est frappant entre le sort de ces 25 000 lycéens, Français établis à l’étranger, et le reste de la cohorte. Au premier jour des résultats d’affectation, le 27 mai, seuls 20 % d’entre eux avaient reçu une proposition d’admission, contre 54 % des autres lycéens. A la fin de la phase principale d’admission, le 16 juillet, le ratio ne s’est guère amélioré, avec 48 % disposant d’une réponse positive, contre 89 % des candidats scolarisés en France ou dans un lycée français géré par le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

 

 

 

Le site Anti-K publie une entretien avec l’économiste Stavros Mavroudeas qui se trompe très pessimiste par rapport au “ Green New Deal ” :

 

« Le Green New Deal fait partie intégrante de ces restructurations capitalistes sociales-libérales néoconservatrices. Il a été présenté comme le New Deal keynésien de notre époque. Et la majorité myope et réformiste de la « gauche » occidentale s’est immédiatement jetée dessus et a agi comme les meilleurs publicitaires du capitalisme. Le Green New Deal est en grande partie une stratégie industrielle crypto-protectionniste qui vise à soutenir les capitaux occidentaux contre le défi de la Chine et des marchés émergents.

 

Il n’est vert que de nom, car il oscille entre (a) repousser les concurrents (dont les références écologiques sont moins bonnes) et (b) ne pas nuire aux intérêts particuliers des capitaux occidentaux (en imposant des restrictions écologiques trop sévères). Les récents tiraillements réglementaires concernant l’énergie et le transport maritime en sont des exemples.

 

Il n’envisage pas d’augmenter les salaires. C’est un fantasme de la majorité de la « gauche » occidentale réformiste. Au contraire, en raison de la restructuration capitaliste qu’elle implique, de nombreux emplois seront perdus. En Grèce, il y a un exemple typique avec l’arrêt brutal des usines d’électricité au lignite. Cela a augmenté les coûts de l’énergie électrique pour l’économie grecque (qui se répercutent sur les factures des consommateurs et augmentent la pauvreté énergétique) et dévaste les régions productrices de lignite (provoquant une augmentation du chômage et de la pauvreté). Bien sûr, d’un autre côté, cela favorise des intérêts entrepreneuriaux spécifiques ayant une énorme influence sur les gouvernements grecs (SYRIZA inclus). »

 

 

 

L’Obs confirme que la musique et les voix de femmes chantées sont désormais interdites en Afghanistan : « Il est désormais interdit de chanter et de jouer de la musique en Afghanistan si elle n’est pas religieuse. Alors que le communiqué des talibans consterne la scène culturelle afghane, les insurgés traquent sans relâche toute activité liée à la musique.

 

Les stations de radio et les chaînes de télévision ont cessé d’en diffuser, les écoles de musique ont été fermées, et les boutiques qui vendent des instruments ont été détruites. La musique est dorénavant prohibée en public, a confirmé Zabihullah Mujahid, pressenti pour être le futur ministre de la Culture et de l’Information.

 

Le chanteur folklorique Fawad Andarabi est tragiquement devenu un symbole de la répression après que les talibans l’ont abattu d’une balle dans la tête le 27 août, quelques jours après avoir pris le thé avec lui.

 

Il est désormais interdit de chanter et de jouer de la musique en Afghanistan si elle n’est pas religieuse. Alors que le communiqué des talibans consterne la scène culturelle afghane, les insurgés traquent sans relâche toute activité liée à la musique.

 

Les stations de radio et les chaînes de télévision ont cessé d’en diffuser, les écoles de musique ont été fermées, et les boutiques qui vendent des instruments ont été détruites. La musique est dorénavant prohibée en public, a confirmé Zabihullah Mujahid, pressenti pour être le futur ministre de la Culture et de l’Information.

 

De 1996 à 2001, les talibans avaient interdit la musique, la danse, le théâtre ou encore le cinéma. Si les talibans se déclarent disposés à certains changements, ils demeurent inflexibles sur la culture. Dans son premier entretien accordé à un média occidental le 25 août, le porte-parole Zabihullah Mujahid s’en est tenu à une interprétation extrêmement rigoriste de la charia dans les colonnes du New York Times :

 

“« La musique est interdite par l’Islam, […] mais nous espérons convaincre les Afghans de ne pas faire ces choses, plutôt que de les forcer. »

 

Le chanteur folklorique Fawad Andarabi est tragiquement devenu un symbole de la répression après que les talibans l’ont abattu d’une balle dans la tête le 27 août, quelques jours après avoir pris le thé avec lui.

 

« Il était innocent, un chanteur qui ne faisait que divertir les gens », a déclaré son fils Jawad à l’agence  Associated Press. Cette atrocité a indigné jusqu’à la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits culturels

 

Revue de Presse (370)
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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 05:30

 

 

Selon Serge Halimi, « une armée occidentale ne peut pas être vaincue. Sa défaite est nécessairement provoquée par des politiciens sans colonne vertébrale et par des auxiliaires locaux qui détalent sans combattre. Depuis plus d’un siècle, ce mythe du coup de poignard dans le dos a nourri les ruminations des va-t-en-guerre ainsi que leur désir de revanche. Laver un affront signifie préparer l’affrontement qui suit. Pour effacer le « syndrome du Vietnam » et surtout le traumatisme de l’attentat ayant tué 241 soldats américains à Beyrouth le 23 octobre 1983, le président Ronald Reagan envahit la Grenade deux jours plus tard. Qu’en sera-t-il avec les images de l’aéroport de Kaboul, humiliantes pour les États-Unis, terrifiantes pour ceux qui les ont servis ? »

 

 

Le Diplo ouvre un dossier sur “ Les guerres sans fin ” : « Les images simultanées de civils s’agrippant aux avions américains pour quitter Kaboul et des talibans installés dans le bureau présidentiel resteront comme les symboles d’une guerre ingagnable. La France, engagée au Sahel dans le même genre d’entreprise, devrait en tirer les leçons. Les insurgés afghans sont arrivés au pouvoir au terme d’une campagne-éclair car ils ont su s’implanter dans le pays. Épuisée par des décennies de guerre, la population aspire à la paix, comme en témoigne l’envoyé spécial du mensuel ; de leur côté, les pays voisins s’apprêtent à négocier. Le bilan humain, financier et démocratique est sans appel.

 

 

Pour Alain Garrigou, l’abstention lors des dernières élections en France fut « éloquente » : « L’animation politique que suscite en France l’élection présidentielle d’avril 2022 paraît avoir déjà fait oublier le niveau exceptionnel de l’abstention lors des derniers scrutins municipaux, départementaux, régionaux. En particulier au sein des catégories populaires et chez les jeunes. Que s’est-il alors passé ? Une tradition historique qui remontait à 1848 aurait-elle soudain pris fin ? »

 

 

Au Pérou, Romain Migus a observé « deux mondes face à face : « Longtemps, il a semblé qu’au Pérou les échecs de la droite ne profitaient qu’à la droite. Personne ne s’attendait donc à ce que la crise économique, politique et sanitaire actuelle se traduise par l’arrivée d’un homme de gauche au sommet de l’État. Sans majorité parlementaire dans un pays au Congrès tapageur, le nouveau président Pedro Castillo dispose toutefois d’une marge de manœuvre réduite. »

 

 

 

Le Monde Diplomatique (256)

 

Á Socotra, explique Quentin Müller, « la paix s’est envolée » : « Dans l’île battue par les flots de l’océan Indien et par de puissants vents chauds, Hercule livre un combat à mort contre un dragon à cent têtes. Le sang du monstre coule et se transforme en sève rouge qui irrigue aujourd’hui le dragonnier, un arbre fossile emblématique de la végétation exceptionnelle de Socotra, l’archipel yéménite situé en bordure du golfe d’Aden. Cette légende antique, nombre de Socotris – pour la plupart pêcheurs ou éleveurs de chèvre – la connaissent, et ils la répètent volontiers au visiteur. Ils insistent sur le caractère unique de leur archipel, inscrit en 2008 sur la liste du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en raison de sa diversité et de ses records en matière d’endémisme : 37 % des 825 espèces de plantes présentes ici ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde, et cette singularité vaut aussi pour les reptiles, les oiseaux, la faune marine et les récifs de coraux. »

 

 

Pour Thomas Lafitte et Corentin Léotard, « la Hongrie est mise en coupe réglée : « À l’initiative du gouvernement hongrois, des fondations privées ont pris le contrôle de la plupart des universités et d’un patrimoine public de plusieurs milliards d’euros. Avec cette privatisation géante d’un genre nouveau, le premier ministre Viktor Orbán dépouille l’État au profit de ses proches, tout en enracinant son influence dans les institutions culturelles et universitaires du pays. »

 

 

Pour Owen Hatherley, Londres, utopie socialiste, est devenue « le paradis de la finance » : « Issu de l’aile gauche du Labour et proche de l’ancien dirigeant travailliste Jeremy Corbyn (2015-2020), M. Kenneth Livingstone a dirigé la ville de Londres pratiquement sans discontinuer de 1981 à 1986, puis de 2000 à 2008. Son bilan illustre l’un des paradoxes auxquels se heurte la gauche, une fois au pouvoir : certaines de ses plus emblématiques réussites préparent finalement les victoires de ses adversaires. »

 

 

Pour Jean-Pierre Terrail, la scolarité devrait être repoussée à 18 ans : « Après plusieurs révisions à la hausse durant la première moitié du XXe siècle, la France a rendu l’école obligatoire jusqu’à 16 ans en 1959. Depuis, ce seuil n’a pas bougé. Certaines organisations syndicales et politiques appellent à reprendre la marche en avant des scolarités. Un tel projet implique néanmoins une vaste réforme de l’enseignement pour réaliser toutes ses promesses d’émancipation. ».

 

 

Marc-Antoine Pérouse de Montclos observe l’enlisement de la France au Sahel : « La guerre de libération du Mali est finie. Elle a été gagnée », affirmait M. Jean-Yves Le Drian le 20 mars 2014, quatorze mois après le déclenchement de l’opération « Serval ». « L’action des forces françaises, poursuivait le ministre de la défense français, a permis à ce pays de retrouver sa souveraineté, ses institutions démocratiques, que des élections aient lieu, et qu’il y ait une fierté d’appartenance malienne qui se retrouve » (Radio Monte-Carlo, 20 mars 2014). Sept ans plus tard, un tel triomphalisme paraît pour le moins surprenant. Les groupes djihadistes ont étendu leur emprise en direction du Niger et du Burkina Faso voisins. L’État malien n’a pas réussi à rétablir une présence effective dans le Nord, en particulier à Kidal, fief des séparatistes touaregs. Quant à ses « institutions démocratiques », elles sont suspendues depuis que l’armée s’est emparée du pouvoir à Bamako, en août 2020, et que le colonel Assimi Goïta a dessaisi les instances du gouvernement de transition, en mai 2021. »

 

 

Pour Frédéric Lemaire, les financiers raffolent de la dette : « Les discours sur la dette empruntent volontiers leur vocabulaire aux manuels de morale. D’un côté la faute, associée à l’emprunt ; de l’autre la vertu, que constitue l’épargne. Le créancier volerait ainsi au secours de son prochain ; le débiteur expierait ses errements au fil des remboursements. La fable est jolie, mais elle marche sur la tête. L’heure est sans doute venue de la remettre sur ses pieds. »

 

 

Un livre collectif, auquel ont contribué plusieurs collaborateurs du Diplo, rend compte des pratiques dans la France néolibérale : « lle a pris la carte. Le dossier était facile à remplir. Une pièce d’identité, deux fiches de paie, un justificatif de domicile, un relevé d’identité bancaire (RIB) et le dernier avis d’imposition. Elle a maintenant un crédit renouvelable, ou revolving, et pourra payer ses courses à Carrefour avec une carte Pass. Elle assure qu’elle dispose de l’argent, mais jamais au bon moment ; et payer comptant, elle ne pouvait plus. L’avantage, aussi, avec ce type de crédit, c’est la discrétion : une télévision ou des pâtes, personne n’en saura rien.

 

Il a collé un sale commentaire au livreur. Parce que le steak, la salade et les oignons sont sens dessus dessous, pêle-mêle dans leur boîte en carton souillée de gras. Parce que le livreur payé à la course, à force de feux tricolores grillés sous la pluie battante, a chuté de son vélo. Parce que c’était son petit kif après les calls, après le « comex ». Parce que le burger est gâché. Parce qu’il est vexé.

 

Elle ne ratait jamais un show culinaire à la télé, aucune émission gastronomique à la radio. Elle achetait les livres de cuisine d’aujourd’hui, ceux qui coûtent beaucoup d’euros à cause des belles photos. Et puis elle a tout lâché, renoncé à ses diplômes, à son statut, pour devenir apprentie cuisinière. Son certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en poche, elle pourra se faire embaucher dans la cuisine d’un bistrot, et ouvrir peut-être un jour son propre restaurant, un food truck, pour revisiter les classiques, changer l’image de la malbouffe. »

 

 

Pour Raphaël Kempf, le passe sanitaire est une « impasse pour les libertés » : « Á quel moment la contradiction entre les mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et le respect des libertés fondamentales éclate-t-elle ? Avec le passe sanitaire, nous nous approchons peut-être de ce point de non-retour. Il appartient désormais à chacun de présenter le fameux « QR code » attestant son statut vaccinal ou sérologique dans de nombreuses activités de la vie quotidienne : aller au restaurant ou au bistrot, prendre un train, voir un film, faire ses courses dans de grands centres commerciaux, rendre visite à un proche à l’hôpital, aller au concert ou dans une petite salle de spectacle… Dès lors, les personnes chargées de contrôler les passes sanitaires (du patron de bar à l’employé du cinéma) peuvent connaître l’identité, mais aussi la date de naissance, de tous ceux qui se présentent. Cela pourrait paraître anodin, mais constitue en réalité une nouvelle entaille dans la toile déjà bien lacérée de l’anonymat. Les dispositifs technologiques auxquels nous nous sommes habitués sans y prendre garde ces dernières années facilitent cette extension de la surveillance. Qui pourrait affirmer que les données relatives au passe sanitaire ne pourraient pas faire l’objet d’une exploitation par des services de police judiciaire ?

 

C’est ce sentiment d’une liberté grignotée, voire garrottée, qui unit, par-delà leurs différences, les centaines de milliers de manifestants qui, depuis le 17 juillet 2021, contestent l’extension du passe sanitaire prévue par la loi du 5 août. Leur colère prend source dans un spectaculaire reniement de l’exécutif. Ce dispositif s’introduit dans la loi presque en catimini, par la voie d’un amendement gouvernemental présenté le 3 mai 2021 lors du débat sur le projet de loi « relatif à la gestion de la sortie de crise sanitaire » déposé quelques jours plus tôt par le premier ministre Jean Castex. »

 

 

Vincent Sizaire explique qu’en France la parole publique est criminalisée : « Ce fut une ritournelle moins anecdotique qu’il n’y paraît. Pendant des décennies, certains parlementaires se sont fait un devoir d’interpeller régulièrement le gouvernement sur la persistance incongrue dans notre ordre juridique d’un singulier délit de blasphème, qui sanctionnait en Alsace-Moselle « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants  ». Et jusqu’à son abrogation, par la loi du 27 janvier 2017, la réponse fut invariablement la même : l’exécutif bottait en touche en faisant observer que cette infraction était tombée en désuétude. Il est vrai que personne n’avait été poursuivi de ce chef depuis 1918. En ce cas, pourquoi avoir attendu si longtemps pour le supprimer ?

 

Répondre à cette question amène à mettre en lumière la propension de nos gouvernants à réprimer la parole publique perçue comme dérangeante. Ancienne, cette tendance s’est accrue au cours des dernières années. Depuis 1990, la France est ainsi l’un des rares États européens à rendre passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement les propos niant l’existence des crimes contre l’humanité commis par les puissances de l’Axe durant la seconde guerre mondiale, quand la grande majorité de nos voisins s’y refusent au nom de la liberté d’expression. Cette incrimination est longtemps demeurée essentiellement symbolique, et les quelques personnes qui ont été poursuivies n’ont jamais été incarcérées. Mais en 2015 le pas a été franchi et, pour la première fois depuis la Libération, des personnes se retrouvent derrière les barreaux en raison de propos qu’elles ont tenus. »

 

 

Pierre Rimbert pose le même type de problématique : « Quel rapport officiel français mettrait l’eau à la bouche d’un éditeur nord-coréen ? Celui sur les « crises sanitaires et outils numériques » déposé à la présidence du Sénat le 3 juin 2021 répond à cet exigeant cahier des charges. Impressionnés par la « mobilisation numérique générale » décrétée dans plusieurs pays au début de la pandémie, ses trois auteurs, sénateurs de droite et du centre, décrivent avec gourmandise les expériences de vidéosurveillance avec reconnaissance faciale, traçage individuel avec géolocalisation, obligation de conserver sur soi son smartphone allumé, etc. « Ces mesures peuvent sembler très liberticides », reconnaissent-ils, mais leur mise en œuvre a évité ou écourté le confinement général de la population. « Le présent rapport propose donc de recourir bien plus fortement aux outils numériques dans le cadre de la gestion des crises sanitaires ou des crises comparables (catastrophe naturelle, industrielle, etc.). 

 

Le scénario des parlementaires ferait presque passer les officiers de la Stasi est-allemande pour un détachement de Castors Juniors. Faire respecter couvre-feu, confinement, passe sanitaire et quarantaine « implique de croiser trois types de données : données d’identification, données médicales et données de localisation ». Ces informations nominatives issues des services publics — y compris les dossiers médicaux personnels et des entreprises privées (transports, géants du Web, opérateurs divers) convergeraient vers une plate-forme baptisée en bon charabia anglo-macronien le Crisis Data Hub. Activé en cas d’état d’urgence, ce panoptique électronique, accessible notamment aux forces de l’ordre, aurait une vocation préventive et répressive. »

 

 

Raul Guillen décrit « l’eldorado de la médecine sur mesure » : « Le séquençage du génome du virus SRAS-CoV-2 a permis d’identifier et de suivre ses mutations. Adaptée au génome humain, cette technologie de pointe suscite beaucoup de promesses et d’investissements. Mais sa prééminence se justifie-t-elle ? Ne conduit-elle pas à négliger des éléments-clés de la santé publique et la recherche des causes socio-économiques ou environnementales des maladies ? »

 

 

Agathe Mélinand évoque le monde scandinave des contes de fées : « Vers l’an mille, Harald Ier, dit Harald à la dent bleue, créa le royaume du Danemark. Il convertit sa terre viking au christianisme, établit un protectorat sur la Norvège et s’allia avec les Suédois. Ainsi disparut le culte officiel du merveilleux panthéon nordique. Yggdrasil, l’arbre-monde ; Landvættir, les esprits de la terre ; Bifröst, l’arc-en-ciel-pont des dieux ; et le culte des elfes, des ondines, des loups, des cygnes… Pourtant, ce paganisme ancien, terreau du folklore populaire, des sagas magiques (et en partie du Seigneur des anneaux de John Ronald Reuel Tolkien), alimentera longtemps la passion scandinave des contes et des récits.

 

Célébrissime, universel, Hans Christian Andersen va créer une nouvelle mythologie, un monde surréel où les soldats de plomb voyagent en poisson, où les fleurs vont au bal, où les théières s’évanouissent, où les bureaucrates écrivent des poèmes, où les aiguilles ont de l’orgueil et les sapins de l’ambition. Comme lui. Un monde atroce où on coupe la queue des sirènes et les jambes des petites filles qui dansent tandis que les cordonniers meurent d’amour et que les rois sont nus. Andersen est un génie singulier, sorti de moins que rien. Et animé par une passion et une ambition folles. »

 

 

Pour Pierre Rimbert la pandémie n’a pas engendré de « monde d’après » : « Deux ans bientôt après le début de la pandémie de Covid-19, on peine à tirer un bilan sanitaire des politiques mises en œuvre par les autorités des différents pays. Sur le plan social, en revanche, leur résultat apparaît d’une clarté déconcertante : les aides- soignantes, auxiliaires de vie, transporteurs, caissières, guichetiers, nettoyeurs, etc., héros des temps viraux célébrés par le pouvoir et applaudis aux fenêtres au printemps 2020, ont été renvoyés aux ténèbres où les tient d’ordinaire l’ordre économique. Malgré les promesses d’un « monde d’après » qui subordonnerait les distinctions sociales à l’utilité commune, ni les conditions de travail ni le statut de ces services essentiels n’ont progressé.

 

Pour l’industrie numérique, en revanche, le Covid-19 a pavé la voie d’un jardin des délices : « Les cinq principales entreprises technologiques — Apple, Amazon, Alphabet, Microsoft et Facebook — ont réalisé un profit cumulé après impôt de 75 milliards de dollars au cours du deuxième trimestre, soit presque 90 % de plus que l’année précédente », frissonne un éditorial du quotidien Financial Times (31 juillet 2021). Ces résultats traduisent en termes comptables le vaste espace conquis par les plates-formes dans nos vies quotidiennes. Et pour cause : les politiques de lutte contre la pandémie reposent sur elles.

 

Du confinement au télétravail en passant par l’enseignement à distance et le passe sanitaire, les décisions des pouvoirs publics se fondent sur deux présupposés jamais discutés. Premièrement, les interactions humaines ordinaires interdites par l’état d’urgence sanitaire peuvent migrer et s’épanouir en ligne. Travailler (ceux, du moins, qui le peuvent), étudier, se divertir, consommer, communiquer, se rencontrer, se cultiver, se soigner, mais aussi se faire contrôler sur écran : la numérisation des rapports sociaux serait nécessaire puisque techniquement réalisable. »

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 05:19
 
 
 
 
 
 
 
La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.
 
 
La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
 
 
Supprimer le mot « mademoiselle » est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
 
 
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.
 
 
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.
 
 
Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.
 
 
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
 
 
L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.
 
 
Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.
 
 
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
 
 
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses « défauts », abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.
 
 
 
 
Christophe Clavé
Pauvreté grandissante de la langue française
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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 05:05
 

Une entretien avec Stéphanie Roza (publié par Le Comptoir)

 

Philosophe spécialiste des Lumières et des précurseurs du socialisme, Stéphanie Roza vient de publier « La gauche contre les Lumières ? » (Fayard, 2020) dans lequel elle revient sur l’émergence, au sein de la gauche intellectuelle, d’une critique radicale contre les principes fondateurs des Lumières, au risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. À l’heure où le rapport à l’universalisme, à la science ou au progrès sont au cœur du débat public, nous avons souhaité nous entretenir avec elle.

Le Comptoir : Dans votre livre, vous analysez la manière dont s’est développée dans une partie de la gauche, à partir des années 1970, une critique radicale contre l’universalisme, le rationalisme et le progressisme des Lumières. En quoi s’agit-il d’une rupture avec les critiques qui avaient déjà pu être observées depuis le XIXe siècle ?
 

Stéphanie Roza : Dès le XIXe siècle, il y a déjà des critiques du machinisme mais qui ne sont pas forcément dirigées contre le progrès en tant que tel. En revanche, au début du XXe siècle, des syndicalistes révolutionnaires en rupture de ban par rapport au mouvement socialiste et la Deuxième Internationale, comme Georges Sorel et un certain nombre d’intellectuels regroupés autour de la Revue socialiste, développent une critique très radicale du progrès. Ce dernier est accusé d’être une valeur portée par la République bourgeoise qui compromet le mouvement ouvrier avec la bourgeoisie républicaine. S’il s’agit d’une critique radicale de l’héritage des Lumières, ce n’est pas une critique du rationalisme. Sorel prend soin de distinguer le rationalisme des Lumières, critiquable car lié au progressisme, du rationalisme de Pascal au XVIIe siècle qui constitue à ses yeux le bon rationalisme. Cette critique reste toutefois limitée à l’entourage de Sorel et ne débordera pas sur le mouvement ouvrier, la CGT et les socialistes. Une bonne partie de ce très petit groupe partira vers l’extrême droite. Comme l’a montré Zeev Sternhell, les idées soréliennes auront une influence sur Mussolini et constitueront l’une des sources du fascisme italien. Georges Valois fondera même le premier parti fasciste français et Hubert Lagardelle deviendra ministre du travail sous Pétain…

Dans les années 1970, la critique est à la fois plus radicale sur le plan philosophique puisque, chez Michel Foucault et Jacques Derrida, la raison est en soi à rejeter, mais prend également plus de poids au sein de la gauche. Progressivement, l’héritage de Foucault va devenir particulièrement présent dans la gauche intellectuelle. La critique radicale du progrès va également fonder des mouvements décroissants au sein desquels quelqu’un comme Jean-Claude Michéa a un certain écho. Ce sont des critiques beaucoup plus massives au sein de la gauche aujourd’hui.

Quel est votre regard sur le concept d’intersectionnalité et ses usages qui font aujourd’hui débat ?

Je ne suis pas hostile à l’idée que l’on puisse prendre en compte des discriminations qui peuvent s’empiler, d’autant que ce n’est pas une découverte. C’est même une idée assez banale prise en compte depuis longtemps à gauche dans le mouvement ouvrier, féministe ou antiraciste. Les revendications féministes dans le mouvement ouvrier émergent notamment avec l’idée déjà chez Marx que « La femme est le prolétaire de l’homme » et qu’il existe une double oppression. En revanche, le concept d’intersectionnalité dans ses usages actuels provient de militants et d’intellectuels, comme Kimberlé Crenshaw, qui militent ouvertement pour une politique de l’identité. Elle l’écrit très clairement dès son article fondateur : la race et le genre sont plus déterminants que la classe. Crenshaw considère même que la classe est une conséquence de la race et du genre. Ce n’est pas possible de faire plus anti-marxiste et plus éloigné de la manière dont les combats pour l’émancipation ont été menés jusqu’à présent. La mise à l’écart des problématiques socio-économiques est centrale et, en tant que représentante de la vieille tradition socialiste, je ne suis pas du tout d’accord avec cette approche.

Dans le débat public, les questions de race et de genre finissent aujourd’hui par faire écran aux problématiques sociales, comme on l’observe avec cette notion délirante de « privilège blanc ». Des personnalités noires, journalistes, ultra-médiatiques, ayant toutes leurs entrées dans les salons parisiens expliquent qu’il existerait un « privilège blanc », et, par conséquent, que les gens au RSA et les mères célibataires dans le fin fond des Ardennes ou de la Basse-Normandie seraient « privilégiées ». D’un point de vue de gauche, c’est renversant !

 
L’ouvrage de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, Races et sciences sociales, qui avait été précédé d’un article dans le Monde Diplomatique et analyse de façon critique l’intersectionnalité, a fait l’objet d’une violente cabale médiatique et sur les réseaux sociaux. Comment expliquer ces réactions ?
 

Si j’ai également été surprise par la violence des réactions, elle s’explique à mon avis par la publication en 2019 par Gérard Noiriel de son livre Le Venin dans la plume dans lequel il comparait Édouard Drumont et Éric Zemmour en expliquant que la haine du premier pour les juifs était comparable à celle du second pour les musulmans. Cette analogie historique, qui me paraît largement excessive et peu sérieuse venant d’un historien, a pu amener le milieu militant à considérer Noiriel comme étant dans le camp des intersectionnels et des indigénistes. Dès lors, ce nouveau livre peut apparaître comme une volte-face expliquant la violence des attaques.

Il faut également ajouter que l’atmosphère est devenue complètement empoisonnée. Nous sommes quand même en pleine pandémie, dans un contexte où les gens ne vont pas bien, se retrouvent seuls chez eux, derrière leur ordinateur et en arrivent à des niveaux de violence verbale qu’ils n’auraient pas face à quelqu’un dans la vraie vie. Enfin, la logique des anti-universalistes est une logique de surenchère. Ces gens sont dans une fuite en avant vers toujours plus d’agressivité contre ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, en particulier vis-à-vis des personnes qui viennent de la gauche. On n’est jamais assez purs pour eux et il s’agit d’excommunier les hérétiques.

Vous soulignez que, contrairement à une idée répandue, la vision attribuée aux Lumières d’une croyance aveugle dans un progrès linéaire, mécanique, irréversible des sciences et des techniques amenées à s’imposer aux peuples est une reconstruction historique. Pouvez-vous expliquer ce malentendu ?

Si l’on a autant de discussions aujourd’hui sur la question des progrès, c’est d’abord parce que l’on se rend bien compte des dégâts du progrès technologique et industriel tel qu’on l’a connu, et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. On est forcé de s’interroger sur le concept de progrès et j’ai voulu rappeler que depuis le XVIIIe siècle, c’est une notion complexe. Les Lumières, que l’on a tendance à présenter rétrospectivement comme un mouvement univoque, sont traversées par énormément de polémiques et de débats, en particulier sur la question du progrès. La question était de savoir si les progrès des sciences et des arts amenaient mécaniquement ou pas le progrès moral ou des mœurs, comme on disait au XVIIIe siècle. Rousseau, qui est pourtant l’auteur du Contrat social, a un rapport d’autocritique vis-à-vis des Lumières. Dans le Discours sur les sciences et les arts, il dit que le progrès des sciences et des arts nous corrompt moralement et rend les sociétés plus malades qu’elles ne l’étaient. D’autres, comme Montesquieu ou Voltaire estiment que le progrès des arts et des sciences ainsi que le développement du « doux commerce », rapprochent les peuples mais ce n’est pas une opinion partagée par tous. Ceci conduira au débat de savoir s’il faut en finir avec la réglementation du prix du grain par l’État royal, en libéralisant le marché, ou si cela ne risque pas de dérégler l’économie et générer des problèmes d’approvisionnement. Là aussi, il y a débat.

 
Quelle a été l’influence des penseurs liés à la révolution conservatrice allemande (Spengler, Heidegger) sur Max Horkheimer et Theodor Adorno dans leur critique du règne de la technique, de la raison ou de la marchandisation de la science ? N’y-a-t-il pas un risque de réduire l’ École de Francfort à ces influences encombrantes ?

Je tiens d’abord à souligner que je n’incrimine pas l’École de Francfort en général ni l’ensemble du travail d’Adorno et Horkeimer mais que mon propos porte sur la Dialectique de la raison — texte sur lequel ils sont d’ailleurs revenus de façon critique. Dans ce texte publié dans les années 1940, ils rejettent la raison dans son fondement même. Raisonner de manière logique, c’est déjà contraindre et hiérarchiser donc dominer. L’ École de Francfort est d’ailleurs d’autant moins à incriminer dans son ensemble qu’Habermas qui est l’un de ses héritiers a lui-même critiqué la Dialectique de la raison au nom du rationalisme.

 

En revanche, cette critique isolée dans les années 1940 est reprise par Foucault, Derrida et la French theory dans les années 1960-1970. Or, Foucault cite abondamment Nietzsche qui est dans une critique radicale de la raison dès la fin du XIXesiècle et pas du tout d’un point de vue de gauche. Il fait le lien entre le rationalisme, le progressisme, l’universalisme des Lumières et le socialisme contre lequel il est en guerre. Il y a un grand malentendu sur l’héritage de Nietzsche, notamment en France, où des gens pensent que c’est un auteur subversif et progressiste. Lui-même se prononce ouvertement pour l’esclavage, explique que les nobles se sont avilis quand ils ont abandonné leurs privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 et cite les théories racistes de son époque. Il faut vraiment faire une lecture sélective des textes de Nietzsche sans s’intéresser au sens global pour voir en lui un penseur de l’émancipation. Finalement, les « nietzschéens de gauche » comme Foucault s’avèrent être des gens beaucoup plus troubles d’un point de vue politique que ce que l’on a voulu faire croire…  

 
Foucault est d’ailleurs en guerre contre le marxisme et la tradition socialiste…

Oui, s’il apparaît aujourd’hui comme un penseur de gauche, rappelons qu’à l’époque il fait campagne contre le marxisme et l’union de la gauche. Foucault soutient André Glucksmann quand ce dernier sort son pamphlet Les maîtres penseurs (1977), déclare que la tradition socialiste est raciste, entièrement condamnable, et serait proche de ce que l’on a appelé la « deuxième gauche ». La démarche de Foucault est une démarche de substitution par rapport à la tradition socialiste historique.

 
Vous reprenez le concept d’Anti-lumières à Zeev Sternhell, qui tend à créer une filiation entre des contre-révolutionnaires du XVIIIe siècle, comme Joseph de Maistre ou Edmund Burke, et des penseurs de la révolution conservatrice allemande des années 1920 dont certains se sont directement compromis dans le nazisme. N’y-a-t-il pas là une focalisation sur les idées qui néglige les facteurs politiques, économique, sociaux ou religieux dans la construction des idéologies ? Une critique que vous adressez par ailleurs à ceux qui font des Lumières la cause principale des totalitarismes et de tous nos maux contemporains.

Zeev Sternhell a été au centre de polémiques très vives entre historiens et ses travaux ne sont pas sans défauts. Il est vrai qu’il s’intéresse principalement à la bataille des idées sans toujours s’interroger sur leur diffusion. Il oublie en particulier que Sorel a occupé une place marginale dans le mouvement socialiste d’ensemble et que le fascisme avait bien d’autres sources politiques, socio-économiques que les seules idées soréliennes. Je partage en partie ces critiques.

Néanmoins, Sternhell a eu, à mes yeux, une intuition extrêmement puissante car il a été le premier à souligner l’existence d’une contre-modernité idéologique qui s’est construite dès le XVIIIe siècle en opposition aux Lumières, à l’héritage de la Révolution française et dont les schèmes de pensée sont restés à peu près les mêmes. Il y a évidemment des évolutions car les Anti-Lumières ont à réagir face à des facteurs nouveaux, comme l’émergence du socialisme international, mais la matrice conceptuelle reste assez stable. Cette intuition profonde et juste rejoint d’ailleurs celle de Georges Lukacs qui avait exhumé dans La destruction de la raison (1954) toute une tradition d’irrationalisme depuis la Révolution française. Le nazisme a bien sûr de multiples causes, comme le traité de Versailles ou la crise de 1929 mais dans le cœur idéologique du fascisme, il y a la haine explicite de 1789 et la volonté d’annuler la Révolution française. Cela n’explique pas tout et mon livre ne prétend pas tout expliquer. Le succès des Anti-lumières de gauche que je dénonce dans le livre s’explique, outre les raisons idéologiques, par des raisons socio-politiques, comme l’effondrement de l’Union soviétique, le fait que la gauche a perdu sa base de classe, les mutations structurelles dans le monde du travail, mais du point de vue de l’histoire intellectuelle, Sternhell a raison.

 
À l’heure du défi écologique, défendre les Lumières n’implique-t-il pas de reconsidérer une partie de son héritage du XVIIIe siècle ? Dans son livre Les Lumières à l’âge du vivant, la philosophe Corinne Pelluchon plaide pour un renforcement de ses idéaux émancipateurs – autonomie, idée d’une société d’égaux, rationalisme, unité du genre humain – mais de repenser le sens du progrès technologique, la séparation absolue nature/civilisation ou encore la question de l’universalisme.

Tout d’abord, les Lumières ne sont qu’un héritage et ne pouvaient pas prévoir la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, ni Marx d’ailleurs. Il y a bien sûr un droit d’inventaire à faire mais qui n’est pas spécifique aux Lumières. Ce que je trouve intéressant dans l’héritage des Lumières concernant la question du progrès, c’est le méliorisme, l’idée qu’il est possible d’améliorer notre condition individuelle et collective par des efforts communs qui passent par le politique et la démocratie.

Les progrès techniques doivent être soumis au débat démocratique. On trouve déjà chez Rousseau et un peu chez Condorcet cette idée qu’il faut soumettre tout cela à la discussion publique afin que nous restions maîtres, en tant que collectivité humaine, de nos progrès. Choisir ceux qui nous intéressent, ceux qui ne nous intéressent pas, ou encore ceux sur lesquels on souhaite revenir. Aujourd’hui, nous devrions à mon sens nous interroger beaucoup plus sur ce que les réseaux sociaux et les nouvelles technologies font de nous et nous demander si nous n’avons pas intérêt à abandonner certaines choses.

En revanche, si je suis d’accord avec la nécessité de décroître dans un certain nombre de domaines, c’est une erreur de croire que l’on pourra dépolluer uniquement en décroissant. Nous sommes allés tellement loin dans la dégradation de notre environnement qu’il va nous falloir de la science et de la technologie pour conjurer le danger écologique majeur qui pèse sur nous. De la même manière que pour faire face à l’épidémie de Covid-19 provoquée par les conséquences de la mondialisation, on a fait confiance à la science pour développer des vaccins. À propos de la séparation nature/civilisation, le livre de Serge Audier, La cité écologique, qui plaide pour une réconciliation entre le républicanisme, la tradition socialiste et l’écologie politique, apporte une contribution intéressante au débat. Ce qui n’est plus possible, c’est d’être progressiste comme dans les années 1920-1930 mais les décroissants qui fustigent la gauche de l’époque devraient se rappeler que les gens mourraient de faim. Quoi qu’on pense rétrospectivement des plans quinquennaux en Union soviétique, ils répondaient à une nécessité urgente de modernisation et d’industrialisation. La Chine s’est développée à toutes vitesses et on l’accuse de polluer mais elle nourrit et vaccine sa population. Il faut donc être nuancé et remettre les choses dans leur contexte. Si l’on doit rétro-pédaler, cela ne pourra se faire efficacement que de façon rationaliste, sans renoncer au progrès scientifique et technique car cela serait se priver d’une de nos meilleures armes.

Concernant l’universalisme, s’il est vrai qu’une partie des Lumières a défendu la colonisation au XVIIIe siècle, d’autres l’ont fortement critiquée, comme Denis Diderot qui appelait les indigènes à se révolter contre le colonisateur les armes à la main. De façon plus générale, s’imaginer que les colonisateurs français ont colonisé parce qu’ils étaient pénétrés par leur mission civilisatrice, c’est quand même avoir un raisonnement anti-matérialiste et croire que les idées mènent le monde. La Grande-Bretagne, l’Italie ou l’Allemagne ont colonisé sans avoir besoin d’invoquer les Lumières. Ce mouvement a davantage à voir avec l’économie européenne et il ne faut pas être dupe des justifications en surestimant le rôle de l’idéologie. Si l’on reste sur les idées, on peut d’ailleurs aussi bien opposer que les Lumières ont justifié la décolonisation. C’est au nom de ces idéaux que des leaders indépendantistes ont justifié leur lutte contre le colonisateur. Finalement, les Lumières représentent un mouvement pluriel qui a permis de mettre en avant l’idée de droits humains, même s’ils ne sont pas partout respectés. En ce sens, la Déclaration des droits de l’Homme est quand même un progrès par rapport à la situation qui prévalait auparavant. De ce point de vue, les Lumières restent quelque chose de positif pour l’histoire de l’Humanité.

La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions sociales
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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 05:19

Dans L'Obs, Pascal Riché évoque l'anémie idéologique de la gauche française : " La gauche peut tenir bon sur ses valeurs : ce ne sont pas elles qui sont en cause, au contraire. Elles répondent à des enjeux qui préoccupent les Français. Le problème, c’est leur incarnation. C’est l’anémie des partis et la faiblesse de leurs élus, incapables de tenir un discours inspirant pour les porter. Que ce soit sur les inégalités, sur le rôle de l’Etat dans l’économie, sur l’environnement, sur la démocratie, les formations de gauche n’ont pas, à l’approche des présidentielles, un discours très vaillant, c’est le moins qu’on puisse dire, alors que ces thèmes devraient être leurs angles d’attaque principaux. En s’échinant à rebondir sur les thématiques boueuses de la droite et l’extrême droite (sécurité, islam, immigration…), elles continuent à creuser le trou dans lesquelles elles se sont enlisées."

 

 

Le Monde explique que l'un des fils de Robert Kennedy n'est pas convaincu que l'assassin officiel de son père, Sirhan, qui pourrait faire l'objet d'une libération conditionnelle, soit le seul meurtrier du frère de l'ancien président : " Parmi les détails troublants figure le fait que l’ex-ministre de la justice et ancien sénateur de New York ait été touché par une balle tirée à bout portant derrière l’oreille droite, alors que Sirhan était censé lui faire face. Et selon un expert en acoustique, treize coups de feu ont été tirés le soir du drame, mais l’arme de Sirhan n’avait une capacité que de huit cartouches.

 

En 2018, Robert F. Kennedy Junior avait révélé avoir rendu visite à Sirhan Sirhan en prison. « J’y suis allé car j’étais curieux et perturbé par les preuves que j’ai vues », avait-il déclaré au Washington Post. « J’étais troublé à l’idée que la mauvaise personne puisse avoir été condamnée pour le meurtre de mon père ». Sa sœur Kathleen Kennedy Townsend s’était jointe à son appel demandant la réouverture d’une enquête sur le crime.

 

Bobby Junior avait envoyé à la commission une lettre soutenant la libération conditionnelle de Sirhan et son petit frère Douglas Kennedy s’est lui aussi exprimé en sa faveur vendredi durant l’audience."

 

 

 

 

 

Revue de presse (369)

 

Le quotidien de gauche Ha’Aretz décrit le travail de deux photographes israéliens qui proposent des vues aériennes que les autorités veulent cacher : « Des années durant, ces deux photographes [israéliens] ont sillonné le pays et accumulé de la documentation sur des lieux disputés, au sens propre comme au sens figuré, à la fois sur le terrain et dans la conscience collective israélienne : les villes et villages palestiniens détruits en 1948 [lors de la première guerre israélo-arabe (1948-1949), qui a fait suite à la création d’Israël], les villages bédouins non reconnus du Néguev [établis dans cette région semi-désertique du sud du pays, ils n’ont pas d’existence légale, ne figurent sur aucune carte et n’ont pas accès aux services publics comme l’eau ou l’électricité] et une série de lieux contigus au tracé de la ligne verte [la ligne d’armistice de 1949, qui a servi de frontière de facto jusqu’en 1967].

 

Grâce à plusieurs technologies innovantes, le tandem a créé une “anticartographie” détaillée d’Israël, c’est-à-dire une cartographie exhaustive des endroits que l’État tente depuis longtemps d’effacer, d’isoler ou de dissimuler.

 

L’objectif, explique Miki Kratsman, était de mettre sous les projecteurs des lieux qui n’apparaissent sur aucune carte officielle pour deux raisons. Tout d’abord, parce que leurs noms ont été complètement effacés ou remplacés par le mot khirbe [“ruine” en arabe et en hébreu], quand les vestiges correspondants n’ont pas été recouverts par des forêts plantées par le KKL [le Fonds national juif, un organisme foncier et sioniste qui possède 13 % des terres israéliennes], de nouvelles villes juives ou des bases militaires israéliennes. Ensuite, parce qu’une partie de ces traces restent indiscernables sur des photos satellite de basse définition. Bien que la loi américaine qui empêchait la diffusion d’images en haute résolution d’Israël ait été abrogée il y a plusieurs mois [en juillet 2020], les services satellitaires, en particulier Google, n’ont toujours pas mis à jour leurs cartes et leurs photos. ”

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23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 05:31

Théophraste R., dans Le Grand Soir, nous informe que la première bombe atomique qui tombera sur la France s’écrasera sur Toulouse : « La guerre de l’espace renforce l’activité du Centre spatial de Toulouse.

 

« Le campus du CNES à Toulouse va accueillir le nouveau commandement de l’espace qui opérera les moyens spatiaux de la défense nationale. Celui-ci réunira 400 personnes dans un bâtiment dédié en 2025, formées par le CNES. Sa création a favorisé aussi la venue du futur Centre d’excellence de l’Otan pour le domaine spatial ».

 

Je répète : « venue du futur Centre d’excellence de l’Otan pour le domaine spatial. »

 

Je traduis : en cas de conflit déclenché par les Etats-Unis qui commandent l’OTAN, Toulouse est en « pole position » pour recevoir une bombe atomique, con. »

 

 

 

Dans le World Socialist Website, Peter Schwarz dénonce la présence allemande en Afghanistan : « La prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan n’a pas seulement conduit à l’effondrement complet du régime fantoche dirigé par le président Ashraf Ghani et l’armée afghane, elle a également fait exploser le tas de mensonges utilisé pour justifier la mission militaire d’après-guerre la plus longue, la plus importante et la plus coûteuse de l’armée allemande (Bundeswehr).

 

 


 

Depuis 20 ans, le gouvernement, l’opposition et les médias serviles du pays ont fait croire à l’opinion publique allemande que la Bundeswehr était en Afghanistan pour forer des puits, permettre aux filles d’aller à l’école et encourager l’édification de la nation. Rien de tout cela n’était vrai. La guerre afghane a été une sale guerre coloniale dès le début, avec tout ce que cela implique: massacres, torture, crime et corruption.

 

Bagram n’était pas seulement la plus grande base aérienne américaine du pays, mais aussi une prison et un centre de torture où les prisonniers politiques du monde entier étaient interrogés et transférés à Guantanamo. Deux prisons de Kaboul détenaient à elles seules près de 10.000 prisonniers politiques qui ont été libérés par les talibans lorsqu’ils ont pris le contrôle de la ville.

 

Selon les chiffres officiels, près de 165.000 Afghans ont été tués pendant la guerre. Le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé. Des milliers de civils sont morts sous une pluie de bombes d’avions américains. Le plus grand massacre de ce genre, qui a coûté la vie à plus de 130 civils et de nombreux enfants, a été ordonné par un officier de la Bundeswehr, le colonel Georg Klein, près de Kunduz, le 4 septembre 2009. »

 

 

Revue de Presse (368)

L’Obs annonce l’éternel retour de Jean-Pierre Elkabbach sur le devant de la scène médiatique, cette fois à Europe 1 : « La radio a connu en juin sa première grève d’ampleur qui a révélé la crainte d’une grande partie de la rédaction de devenir un « média d’opinion » semblable à CNews. Depuis, outre la suppression prévue d’une quarantaine de postes, les prétendants au départ sont nombreux tout comme les évictions.

 

Le présentateur Laurent Cabrol, l’éditorialiste politique Michaël Darmon, l’humoriste Nicolas CanteloupPatrick Cohen, Pascale Clark, Anne Roumanoff, Bertrand Chameroy, Matthieu Belliard, Julie Leclerc ou encore Wendy Bouchard… Cette liste de partants s’est allongée au fil des semaines, illustrant la crise historique traversée par la radio.

 

Pour Jean-Pierre Elkabbach, nommé conseiller de Vincent Bolloré en 2017 après son éviction d’Europe 1, c’est un retour aux sources. Il avait rejoint la radio dès 1981 avant de la quitter en 1993 pour prendre la tête de France Télévisions. Il y était revenu en 1996, éclaboussé par un scandale sur l’attribution de contrats juteux aux animateurs-producteurs stars de France 2. »

 

 

Marianne nous rassure : le gouvernement du banquier éborgneur est toujours aussi incohérent : »Les gendarmes affectés sur le terrain ou au contact du public devront être complètement vaccinés contre le Covid-19 d'ici au 15 septembre, tandis que la police privilégie pour l'heure « l'incitation à la vaccination », selon des documents internes consultés mercredi par l'AFP.

 

Après les soignants, les gendarmes. Selon des documents internes consultés par l'AFP, les gendarmes vont devoir passer à l'injection obligatoire contre le Covid. Sont concernés « les personnels militaires, d'active et de réserve, en missions de sécurité publique, de sécurité routière, de maintien de l’ordre, de police judiciaire et d’accueil ou effectuant des services au contact du public ou de personnes extérieures à la Gendarmerie », liste une note de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), datée de mardi

 

Cette note fait suite à une instruction du Service de Santé des Armées (SSA), datée du 29 juillet et révélée par Le Monde, rendant la vaccination obligatoire « pour tout militaire servant (...) sur le territoire métropolitain au titre d'un engagement opérationnel décidé par l'état-major des armées ou la direction de la gendarmerie nationale »

 

Du côté de la gendarmerie, pas de surprise. « On le savait déjà depuis quelques jours et cela ne nous choque pas vraiment, ce n'est pas le seul vaccin qui nous est obligatoire » explique à Marianne Frédéric Le Louette, président de l'Association Professionnelle Nationale des Militaires de la gendarmerie GendXXI. Le militaire déplore toutefois que « dans le texte, rien ne soit prévu pour le personnel civil qui travaille en gendarmerie, nous sommes directement en contact avec eux et nous aurions aimé que les choses soient clarifiées sur ce point ».

 

 

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 05:05

 

Suite à l’assassinat du père Olivier Maire, l’ancien commissaire de police Olivier Damien écrit ceci (Collectif Confiance en la justice) :

 

Incontestablement, notre univers quotidien est devenu kafkaïen. Gouvernés par des politiciens hors-sol plus prompts à « fliquer », taxer, pénaliser et contrôler les citoyens dans leur vie quotidienne, ils s’avèrent incapables de les soigner, de les sécuriser et de respecter leurs plus élémentaires libertés. Ainsi, la loi ne sert-elle plus à préserver l’intérêt général, mais devient un instrument de contrôle social à géométrie variable qui épargne les malfaisants et contraint les honnêtes gens. Face à de telles dérives, rappelons-nous ce que Montesquieu écrivait il y a près de trois siècles :

 

« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice ».

 

 

Selon Le Figaro, l'État français s'est allié au géant du numérique américain Google pour vérifier si les piscines construites par les particuliers sont bien déclarées et soumises à imposition.

Les grosses chaleurs de l'été enfin au rendez-vous, il peut être agréable de se prélasser dans sa piscine. Allongé sur vos bouées gonflables, profitez-en pour jeter un coup d'œil dans le ciel. Car on vous observe peut-être. Le trait est forcé, mais l'idée principale est là. Afin de pallier au manque à gagner fiscal des piscines non déclarées, l'État français a décidé de faire appel à Google et à ses outils technologiques pour traquer les fraudeurs.

 

Revue de presse 367

Dans le Grand Soir, Caitlin Johnstone, « n’en revient toujours pas de l’audace dont fait preuve l’administration Biden en annonçant qu’il lui appartient de déterminer qui doit être banni des plates-formes de médias sociaux et du peu de réactions qu’elle suscite.

 

Imaginez l’indignation si Trump avait dit ça. Sérieusement, imaginez ça. L’administration Biden donnant des instructions à la plus grande plateforme de médias sociaux du monde pour savoir qui censurer est jusqu’à présent le plus grand moment de "Imaginez si Trump avait fait ça".

 

Ils ont dit que nous avions besoin de la censure d’internet à cause de la Russie. Ils ont dit que nous avions besoin de la censure d’internet à cause de Covid. Ils ont dit que nous avons besoin de la censure d’internet à cause de la sécurité des élections. Ils ont dit que nous avons besoin de la censure d’Internet à cause de l’émeute du Capitole. Ils ont dit que nous avions besoin de la censure d’Internet à cause de l’extrémisme intérieur.

 

Je suis presque sûre qu’ils veulent juste la censure d’internet.

 

Le gouvernement américain est sans exception la force la plus corrompue et la plus destructrice sur cette planète. C’est la dernière institution sur terre qui devrait être en charge de décider quel contenu en ligne est vrai ou faux. Absolument la dernière.

 

Je fais confiance à la sagesse collective pour trier le vrai du faux infiniment plus que je ne fais confiance à la sagesse du gouvernement américain et des ploutocrates de la Silicon Valley pour le faire à notre place.

 

Si les gens pensent que leur gouvernement leur ment et essaie de leur faire du mal, c’est entièrement la faute du gouvernement et de personne d’autre.

 

Vous n’êtes pas censé faire confiance au gouvernement, et les gouvernements ne sont pas censés agir d’une manière qui requiert votre confiance. Si vous vous retrouvez gouverné par une structure de pouvoir obscure qui exige votre foi aveugle en sa justesse, quelque chose a terriblement mal tourné.

 

Les États-Unis pourraient peut-être mettre fin à l’extrémisme intérieur en adoptant des politiques qui ne donnent pas envie à tout le monde de mettre le feu au pays. »

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