Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 06:45

 

Pour Marianne, Emmanuel Macron n’a pas besoin de chaîne YouTube, il a BFMTV. BFMTV diffuse autant de Macron que de Fillon, Hamon, Mélenchon et Le Pen réunis ! Macron a cumulé 7 heures de meetings sur BFMTV, contre 3 pour Fillon. Les discours de Macron ont été retransmis pendant un total de 426 minutes ces quatre derniers mois, 135 de Jean-Luc Mélenchon. Alors que ses meetings sont nettement plus longs que ceux de ses rivaux, BFMTV s'est toujours refusée à couper les interventions du fondateur d'En Marche. Ce dernier est par ailleurs le seul candidat à compter comme conseiller spécial un ancien haut-gradé de Altice Média, le groupe qui possède BFMTV

 

Le Monde nous parle d'une nouvelle passée presque inaperçue : l’ex-président du FMI Rodrigo Rato a été condamné à quatre ans de prison. L’ex-ministre espagnol de l’économie, figure éminente du Parti populaire (droite) a été condamné dans l’affaire dite des « cartes Black », pour laquelle étaient jugés 65 anciens dirigeants et membres des conseils d’administration de Caja Madrid et Bankia pour avoir détourné 12 millions d’euros grâce à des cartes bancaires non déclarées entre 2003 et 2012.


 

Revue de Presse (195)

Rodrigo Rato plonge avec l'argent détourné...

 

Selon L’Humanité, dans les Hauts-de-Seine, les PMI redoutent une mort subite. Le département le plus riche de France projette de déconventionner les structures de santé préventives destinées aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans. Les professionnels du secteur s’organisent pour éviter la casse de ce service public.

Depuis quelques années déjà, le conseil départemental dirigé par le député (LR) Patrick Devedjian traîne des pieds. En 2016, il a attendu le mois de décembre pour finalement signer la convention avec la ville pour le financement des PMI. Il a également déjà commencé à réduire le personnel dans les deux PMI départementales, faisant passer le nombre de puéricultrices de 9 à 4,5 et celui d’auxiliaires de puériculture de 10 à 5. Quatre heures de vacations médicales ont aussi été supprimées, ainsi qu’un poste de psychologue. Si la décision de déconventionnement des deux PMI devient effective, elles ne pourront plus fonctionner, avec un impact important sur les habitants. La crainte est aussi alimentée par l’exemple du département des Yvelines, qui doit fusionner avec celui des Hauts-de-Seine : là-bas, le nombre de PMI a fondu de 55 à 22…

 

Selon le Huffington Post, une quarantaine d'employés de l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, ont manifesté le 22 février, devant le ministère de l'Économie à Paris. À l'intérieur de Bercy, une réunion sur l'avenir de leurs emplois avait lieu entre les dirigeants de l'entreprise étasunienne et des responsables du gouvernement.

Le candidat à l'élection présidentielle Philippe Poutou, lui-même ouvrier à l'usine de Blanquefort, était présent parmi les manifestants. Depuis plusieurs mois, les salariés du géant de l'automobile craignent la fermeture de leur lieu de production et le licenciement des 930 personnes en CDI qui y travaillent actuellement. En 2013, Ford s'était engagé au maintien des emplois sur le site pendant cinq ans, engagement conditionnant le versement d'aides publiques.

 

Dans Slate, Laurent Sagalovitsch rend un vibrant hommage à Jacques Brel qui «aimait tous les hommes. Quand il s'est tu, c'est qu'il n'en pouvait plus. Il avait trop donné, il lui fallait s'éloigner de la société des hommes pour permettre à son cœur et à son esprit de respirer et de respirer encore, de bouffer cette vie qui ne sert à rien mais dont on n'est jamais rassasié, cet inlassable combat pour toujours se dépasser, tenter d'aller au bout de ses rêves afin de mourir sans regret. Avant de partir, il est revenu dans la grande ville, il a déposé à nos portes un dernier disque qui a la beauté grave d'une oraison funèbre et l'élégiaque splendeur d'un chant écrit par un homme revenu de tout, fatigué mais assez lucide pour célébrer encore et toujours l'amitié, l'amour, la tendresse, l'infinie compassion d'un poète qui aura passé son existence à consoler le cœur chagrin des hommes. »

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 06:35

 

Laurent Lesnard, dans L’Humanité, revient sur le travail du dimanche. « La perte des liens familiaux et amicaux n’est jamais compensée ». Hors agriculture, on estimait à 6,5 % la part de la population active qui travaillait le dimanche en 1970. En 2010, cette proportion est passée à 14 %. Nous faisons donc face à un renversement historique total. Il est important de discerner le travail à domicile et hors domicile. À domicile, ce temps de travail ne dure statistiquement en moyenne que deux heures. Le travail hors domicile concerne, lui, la journée entière et implique des contraintes de lieu. Or, le dimanche, il est plus facile d’intégrer des activités amicales, familiales et récréatives lorsque l’on n’a qu’une heure ou deux de travail chez soi à réaliser. Avec un dimanche entièrement travaillé à l’extérieur, les temps de sociabilité diminuent mécaniquement. Le dimanche est en effet consacré aux liens parents-enfants et à la sociabilité amicale. Pour le travail dominical hors domicile, ces temps sont perdus car ils ne peuvent être compensés par un jour de repos en semaine. Pour le travail dominical à domicile, c’est surtout les relations amicales qui sont touchées.

 

 

Le Grand Soir, sous la plume de Thomas Vescovi, évoque ces citoyens français complices de la politique israélienne en Palestine. La communauté juive française semble être prise en étau entre plusieurs dynamiques. D’une part, bien qu’une partie significative des juifs de France ne ressente pas d’ancrage particulier au Proche-Orient, l’atmosphère politique les y renvoie perpétuellement. Lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) défend inconditionnellement le gouvernement Netanyahou, ses responsables renforcent dans les esprits les plus influençables l’idée d’un lien entre la politique israélienne et les citoyens français de confession juive.

 

D’autre part, depuis les années 1990, la droite israélienne appelle les grandes puissances à reconnaître Israël comme « l’État du peuple juif ». Déjà en 1985, la Knesset avait débattu autour d’un amendement visant à définir Israël comme « l’État du peuple juif et de ses citoyens arabes ». À l’époque, une majorité de députés avaient vigoureusement rejeté cette formulation, considérant que la notion de citoyenneté renvoie à un statut juridique qui confère des droits et des devoirs et institue une nation d’égaux sur un territoire où ils sont souverains. De fait, l’État ne pouvait pas appartenir à la fois à des individus qui n’en sont pas citoyens tandis que d’autres qui sont citoyens mais pas juifs seraient clairement considérés comme extérieurs à cet État. Désormais, le gouvernement Netanyahou use à tort et à travers de cette rhétorique, profitant de toute attaque contre des juifs de par le monde pour appeler ces derniers à émigrer en Israël.

 

Revue de Presse (194)

Toujours dans Le Grand Soir, Naomie Klein évoque la « bande de copains » de Trump qui gouverne à Washington. C’est Andrew Puzder que Trump a nommé ministre de l’Emploi (un ministre qui préfère les robots aux travailleurs en chair et en os). En tant que PDG de son empire du fast-food, cela ne lui suffisait pas de payer ses travailleurs d’un salaire scandaleux tout à fait insuffisant pour vivre, mais son entreprise a également été condamnée pour vol dans divers procès : des travailleurs n’étaient pas payés pour leur tâche et pour leurs heures supplémentaires.

 

Trump a réalisé une prise de contrôle des commandes par le monde de l’entreprise. Ceux qui achetaient les deux plus grands partis pour défendre leurs intérêts ont décidé qu’ils en avaient marre de jouer le jeu. Apparemment, tous ces dîners fins avec les politiciens, toutes ces cajoleries et pots-de-vin légalisés insultaient leur sentiment de pouvoir de droit divin.

 

Désormais, ils suppriment l’intermédiaire et font ce que tout grand chef fait quand il veut que quelque chose soit fait comme il l’entend : ils le font eux-mêmes. C’est Exxon qui est ministre des Affaires étrangères. C’est Hardee qui est ministre de l’Emploi. C’est General Dynamics qui est ministre de la Défense. Et, pour tout le reste, ce sont les types de Goldman Sachs.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 06:43

 

Un de mes proches décide de résilier son abonnement à Canal+. Il envoie un courriel à cette fin. Le lendemain, une employée du groupe l’appelle par téléphone. Á Canal+, on sait saboter de forts bonnes émissions, mais au niveau du commercial, on est réactif !

 

  • Je peux vous demander pourquoi vous souhaitez résilier votre abonnement ?
  • Pour plusieurs raisons. La principale est que je n’aime pas votre patron. Pour lui, la chaîne n'est qu'un produit et on a bien vu qu'au début de l'affaire Fillon i-télé faisait de la rétention d'information.
  • Mais enfin, si vous avez l’électricité, c’est grâce à lui !

 

Le futur ex-abonné ne s’attendait absolument pas à ce type d’argument.

 

  • Je croyais que l’électricité nous était fournie par EDF.
  • 15% d’EDF est possédée par des actionnaires privés, dont Monsieur Bolloré.

 

Elle aurait pu ajouter que 1,8 % de l’entreprise étaient possédés par des salariés d'EDF (les sots !), et qu’EDF possédait 0,09 % d’elle-même !

 

Rappelons que, selon la loi, l'État doit conserver 70% des parts de l'entreprise. Aujourd'hui, est de 84,49%, donc il possible de privatiser 15% de plus. Wikipedia expose clairement la situation : « Le changement de régulation du secteur électrique, d'un régime historique de monopole régulé, privés ou publics, à un régime de concurrence à la production, découle d'un choix politique au niveau européen. Cette évolution s'inscrit dans le mouvement général de déréglementation connu dans les pays occidentaux depuis le milieu des années 1970 et qui a affecté jusqu'à nos jours de nombreux secteurs de services d'infrastructure : transport aérien, télécommunications, transport ferroviaire, etc. Elle s'inscrit dans la perspective de construction d'un marché intérieur de l'Union européenne dessinée par l'Acte unique européen de 1986. »

 

Le futur ex-abonné tenta d’expliquer à la petite main de Bolloré que, s’il avait du courant, ce n’était pas par la miséricorde du milliardaire breton qui possède à peu près la moitié de l’Afrique de l’Ouest mais grâce aux travail de dizaines de milliers d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs dont on ne parle guère chez les Solfériniens, chez les Républicains, à Paris, à Bruxelles ou ailleurs.

 

Il ajouta en guise de coup de grâce que, « provisoirement », il conservait Canal Sat pour ses enfants et petits-enfants mais que, si Bolloré continuait à ravager ses antennes (Le Grand Journal est passé en trois ans de 1,5 million à 100 000 téléspectateurs), il se délesterait de ces chaînes sans état d’âme.

 

Sur une résiliation d’abonnement à Canal+

Est-ce que le futur ex-abonné s'est détourné de Canal+ depuis que la présentation des nouvelles par Émilie Besse est beaucoup moins sexy ?

 

PS : Quant à moi, je viens de recevoir une longue lettre de Canal qui commence bizarrement ainsi, comme s'ils avaient envie qu'on se sépare :

 

"Nous sommes ravis de vous compter parmi nos abonnés et nous vous informons que la reconduction de votre contrat d'abonnement interviendra automatiquement à son échéance.

Si toutefois vous ne souhaitez pas que votre contrat soit reconduit, vous pouvez nous adresser un courrier écrit à la main ou à l'aide du formulaire disponible sur votre Espace Client, avant la date figurant dans l'encadré ci-dessus."

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 06:33

Mes amis valaisans de l'1dex (et ici) ont publié récemment cette analyse de ce petit chef-d'œuvre de Brassens, “Le Vent”. Comme quoi Trump est – malheureusement – dans toutes les consciences et à tout moment.

Georges Brassens a fait paraître cette courte et magnifique chanson en 1953, dans son deuxième album.

Elle présente d’abord le vent comme une force naturelle violente et facétieuse qui, au hasard, vient semer le désordre dans la société. Il est « fripon » (gaillard, grivois) et « maraud »(coquin, impudent) et vient soulever les « jupon(s) » des filles et les « chapeau(x) » des hommes. Il ne respecte rien, « rebrouss’ les bois, détrouss’les toits, retrouss’les robes » et se moque indistinctement des « jean-foutre », indignes et des « gens probes », honnêtes, poétiquement rapprochés par la similitude des sons « jean-« et « gens », qui se plaignent également de lui.


Une deuxième partie des paroles corrige la première impression: « une attention profonde » permet de voir que le vent ne s’en prend pas au petit bonheur à tout le monde, mais qu’il vise spécialement les « fâcheux »(ceux qui sont déplaisants, importuns). Le vent est désormais doté d’une autre fonction: il vient rectifier le désordre du monde en punissant ceux qui l’empêchent de fonctionner correctement. Si les « fâcheux » ne sont pas remis en place par les lois ou les règles de la vie commune, ils passent au moins à la caisse grâce au vent. Imaginons que le vent s’intéresse plus aux « jupons » des ministres et banquières, et davantage aux « chapeaux » des candidats aux présidentielles et des milliardaires. Brassens nous entraîne avec lui quand il rit sous cape de voir se lever les jupons et s’envoler les chapeaux des puissants.

Brassens, avec son habituel sens du comique, nous fait prendre de la distance par rapport aux grands chefs qui se croient tout permis. A l’heure de l’élection du mégalomane Trump, il est bon de penser qu’il y a quelque chose comme le vent qui saura lui déplaquer sa mèche comme il saura lui faire perdre de sa vanité. C’est une satisfaction pour le simple citoyen de savoir qu’il y a quelque chose comme le « vent » qui vient remettre les pendules historiques à l’heure, comme on l’a vu mille fois, alors même que sur le moment on se sent écrasé par les tendances négatives qui semblent définitivement nous emporter !

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Les jean-foutre et les gens probes
Médis’nt du vent furibond
Qui rebrouss’ les bois, détrouss’ les toits, retrouss’ les robes
Des jean-foutre et des gens probes
Le vent, je vous en réponds
S’en soucie, et c’est justic’, comm’ de colin-tampon

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Bien sûr, si l’on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux
Le vent semble une brut’ raffolant de nuire à tout l’monde
Mais une attention profonde
Prouv’ que c’est chez les fâcheux
Qu’il préfèr’ choisir les victimes de ses petits jeux

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

http://www.parolesmania.com/paroles_georges_brassens_9624/paroles_le_vent_334332.html

Le Pont des Arts à Paris

 

Le Pont des Arts à Paris

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:13

 

L’origine de cette fable humoristique semble remonter à 1997. Il en existe de nombreuses variantes.

 

Deux universités ont pour habitude de se confronter annuellement dans une compétition d’aviron. Le doyen de l’université A, qui a perdu les deux confrontations précédentes contre l’université B, décide d’appliquer à son équipe les techniques managériales modernes enseignées dans son établissement. Il débloque un budget conséquent pour ce projet et fait appel au cabinet de conseil Mc Delsen fondé par d’anciens élèves. Les deux équipes s’entraînent dur, mais l’équipe A est réorganisée à la lumière des méthodes de management modernes.

 

L’heure de la course arrive enfin, malheureusement, le bateau A perd avec un kilomètre de retard sur l’équipe B. Le doyen de l’université A et les consultants de Mc Delsen en sont très affectés. Ils se réunissent pour rechercher les causes de cet échec. Une mission d’audit composée de seniors managers est constituée. Après enquête, elle constate que leur équipe est constituée d’un barreur, de cinq consultants et de trois rameurs, alors que l’équipe B comporte un barreur et huit rameurs. La direction décide de lancer une nouvelle mission de conseil pour l’année suivante, mission confiée à un groupe d’experts de haut niveau.

 

Ceux-ci proposent de procéder à une réorganisation totale du bateau de l’université A. Il est question de manuel qualité, de procédures d’application, de documents de suivi. Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle de Zéro Défaut, de Qualité Totale. La nouvelle équipe supervisée par Mc Delsen comprend désormais un directeur général d’aviron, un directeur adjoint d’aviron, un manager d’aviron, un superviseur d’aviron, un consultant qualité, un contrôleur de gestion, un chargé de la communication interne, un barreur et… Un rameur !

 

Il est demandé au rameur de rédiger un rapport d’activité tous les vingt coups de rame. Une brève réunion de suivi et d’évaluation des objectifs est programmée tous les kilomètres. La course a lieu et l’équipe A termine cette fois avec trois kilomètres de retard sur l’équipe B qui s’obstine à fonctionner avec un barreur et huit rameurs ! Le doyen et les consultants de Mc Delsen en sont profondément affectés et prennent une décision rapide, mais logique et courageuse : ils licencient le rameur, celui-ci n’ayant pas atteint ses objectifs. Ils vendent le bateau et annulent la mission ainsi que tous les investissements prévus pour la réorganisation.

 

Avec l’argent ainsi économisé, le doyen rénove son bureau, et l’associé Mc Delsen en charge du projet octroie une prime aux managers et aux superviseurs. Il augmente les salaires des directeurs et s’attribue une indemnité exceptionnelle de fin de mission.

 

La Revanche du rameur est un livre écrit par Dominique Dupagne, publié chez Michel Lafon (février 2012).

La revanche du rameur
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:47

 

Evariste, dans Res Publica, est peu optimiste après la primaire socialiste : « elle a désigné Hamon et, immédiatement, ont fleuri les carambouilles et les carabistouilles en tous genres. Oubliés son aval au Traité budgétaire de l’UE, son refus de voter la censure du gouvernement, son européisme béat, son communautarisme débridé, etc. Quant à la potion magique du revenu universel qui passe pour une mesure de gauche, oublié le fait qu’en un mois il a changé trois fois de position sur cette mesure dont il a fini par avouer qu’il ne s’agissait en réalité que de faire du RSA une allocation universelle, toujours en dessous du seuil de pauvreté, étendue aux jeunes de 18 à 25 ans et distribuée à tous les ayants droit et non seulement à ceux qui la demandent.

 

Et Hamon ne dit rien sur les conditions de financement d’un tel revenu réellement universel, qui ne pourra que se réduire à une forme d’application de la proposition d’origine de Milton Friedman, l’impôt négatif, qui visait à tuer à terme l’extension des conquis sociaux de type Sécurité sociale. »

 

 

Toujours dans Res Publica, Bernard Teper observe que « la sphère de constitution des libertés est la grande absente de la campagne présidentielle. Alors que les dépenses publiques couvrent plus de la majorité des richesses produites pour un résultat de plus en plus éloigné des besoins sociaux, il est incroyable d’avoir aussi peu de débat dans cette campagne présidentielle. Il a fallu que François Fillon prenne comme modèle le système de santé le plus cher, le plus privatisé, et le moins efficient des pays développés (celui des États-Unis) pour que la campagne parle de cela. Depuis que Penelope Fillon fait la une des journaux, le débat sur la Sécu s’est estompé. Les candidats néolibéraux ont bien sûr fait des propositions qui vont dans le sens de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes concernant ces trois piliers de la République sociale. Benoît Hamon a obscurci sa casquette de frondeur avec une proposition de revenu universel susceptible d’accélérer le recul de la Sécurité sociale – comme la CSG de Rocard fut un cheval de Troie dans le financement de la Sécu.

 

Seul Jean-Luc Mélenchon a fait un discours sur la Sécurité sociale intégrale mais sans entrer dans le détail des retraites, de la santé et de l’assurance-maladie, de la branche famille, de celle des accidents du travail et des maladies professionnelles, ce qui aurait intéressé au plus haut point les couches populaires ouvrières et employées ainsi que les couches moyennes intermédiaires. Le même a fait des propositions sur l’enseignement professionnel mais sans entrer dans le détail nécessaire de l’enseignement général. »

 

 

De qui François Fillon est-il le prête-nom, demandent François Denord et Paul Lagneau-Ymonet dans Le Monde Diploimatique ?

 

« La droite française présente à l’élection présidentielle un candidat incarnant ses valeurs les plus traditionnelles. Pour l’emporter, M. François Fillon devra non seulement réfuter les soupçons d’emplois fictifs visant son épouse, mais aussi et surtout élargir sa base sociale. La radiographie de son équipe – ses soutiens, ses alliés, ses conseillers – révèle à quel point son assise est étroite. […] Fillon, comme Macron, marquent l’aboutissement du processus de néolibéralisation qui affecte la structure du pouvoir depuis quarante ans. Il se traduit par un moindre contrôle politique sur l’ordre économique et par un retour en force des puissances financières, commerciales et industrielles privées. »

 

 

Enfin dans Le Grand Soir, Théophraste R. (Chef du département « Épuration des forces de l’ordre et séparation du MEDEF et de l’État ») encourage François Hollande à livrer au public le visage du présumé violeur de Théo et le nom du commissariat où il est protégé par les siens : « Non pas pour une exécrable vengeance populaire, mais pour que ses émules aient peur au lieu d’être assurés d’être acquittés sans procès (ou condamnés avec sursis 2 ou 3 ans plus tard), assurés de conserver l’estime de leur famille, de leurs voisins !

 

Vas-y François, après avoir réconforté sa proie innocente, dénonce le prédateur en bande organisé. Fais-toi aussi photographier devant lui, l’œil noir, l’index levé.

 

François, si la Police et la Justice t’échappent, place-les sous le contrôle du peuple.

 

Entre dans l’Histoire autrement que par la loi El Khomri, le CICE, ta soumission à Merkel et à Gattaz, ton choix de faire d’un obscur banquier de chez Rothschild le secrétaire général adjoint de la présidence de la République, puis un ministre de l’Économie. »

 

 

Revue de Presse pour les chtis
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 06:37

Ci-dessous un communiqué d'associations de défense de la langue française au moment où la gauche américaine vient de donner une gifle à notre langue et à la francophonie, non pour gagner des parts de marché mais pour exprimer, une fois de plus, sa soumission à l'impérialisme étasunien.

 

 

 

Plutôt Paris sans les J.O. que les J.O. à Paris sans, et contre, la langue française !

 

 

 

Scandalisées par l’annonce d’un slogan en anglais pour « vendre » au C.I.O. les J.O. de Paris, les associations de défense de la langue françaises avaient protesté ensemble auprès du Comité pour les J.O. de Paris. Une rencontre était prévue début mars pour engager le dialogue. Or c’est le vendredi 3 février à 18 heures qu’un slogan en anglais a été officialisé au mépris, non seulement des associations concernées, mais de l’article II de la Constitution, de la charte des J.O. (dont la langue officielle est le français !) et de la loi du 4 août 1994 (art. 2) qui dispose que « ... la langue française est obligatoire pour toute publicité, écrite, parlée ou audiovisuelle... »

 

 

Quant à l’argument du comité Paris-J.O-2024, selon lequel il faudrait désormais parler anglais « pour se faire entendre de tous », c’est le même que celui que vient d’employer M. Macron quand, parlant dans le cadre d’une campagne électorale française, il est allé discourir en anglais à Berlin, humiliant ainsi notre langue à l’international, sans respect aussi pour la langue allemande. Si désormais chacun procède ainsi dans son champ de compétence, c’en est fait de notre langue, déjà assaillie en tous domaines (enseignes, publicité, chanson, cinéma, recherche…) au profit du tout-anglais.

 

 

Nous exigeons que les autorités de l’État, chargées de faire respecter la langue nationale, qui se trouve être aussi la langue de la Francophonie internationale et la langue officielle des J.O. depuis P. de Coubertin, rappellent à l’ordre le comité pour les J.O. à Paris. Paris sans la langue française, c’est un couteau sans manche dont on a jeté la lame !

 

 

Nous interpellons les candidats à la présidentielle. Lesquels d’entre vous briseront la forclusion du débat sur la langue qui pèse sur les médias ?

 

 

L’universalité de l’olympisme n’a que faire d’une pseudo-langue unique mondiale, ce Business Globish totalitaire qui insulte à la fois la langue de Molière et la biodiversité culturelle indispensable à l’humanité. Si les communicants de Paris-J.O-2024 sont vraiment à court de vocabulaire, qu’ils sachent que les mots « amour » et « sport », mot anglais francisé, mais dont l’étymologie est française, sont compris partout ! L’affairisme et l’argent-roi ne doivent pas prévaloir sur la dignité de Paris, de la France et de la Francophonie !

 

 

Si le slogan en anglais insultant pour Paris, la France et la Francophonie était maintenu, nous appellerions les citoyens à le contrer par tous les moyens démocratiques possibles pour que le peuple français et tous les francophones aient un destin en français.

 

 

N'ayons pas un esprit de vaincus ou de colonisés, refusons ce diktat en appliquant la devise olympique : « plus vite, plus haut, plus courageusement ».

 

 

 

Léon Landini et Georges Gastaud, présidents de CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques, 07 61 05 99 21), Marc Favre d’Echallens, président de Droit de comprendre, Albert Salon, président d’Avenir de la Langue française, Philippe de Saint-Robert, président de l’ASSELAF, Régis Ravat, président de l’A.FR.AV, Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain.

 

 
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 06:48

C’est un très bon article de Lucie Delaporte dans Mediapart qui m’a incité à rebondir sur un fait divers qui ne fait pas diversion et dont on n’est pas près d’avoir fait le tour.

 

Comme beaucoup, lorsque j’ai découvert que la femme de François Fillon se prénommait Penelope (la prononciation anglaise est magnifique à l’oreille), m’est revenue en mémoire la facétieuse complainte de Brassens, encore plus prémonitoire que l’entretien accordé à la journaliste anglaise :

 

Toi l'épouse modèle

Le grillon du foyer

Toi qui n'as point d'accrocs

Dans ta robe de mariée

Toi l'intraitable Pénélope

En suivant ton petit

Bonhomme de bonheur

Ne berces-tu jamais

En tout bien tout honneur

De jolies pensées interlopes

De jolies pensées interlopes...

 

En toute honnêteté intellectuelle, je dois confesser (filons la métaphore religieuse, cela ne fera pas de mal) que frôler le monde de Fillon est pour moi encore plus hasardeux que si je me rendais chez les Bororos. Je ne « décrypte » pas (comme on dit dans les médias neuneux) spontanément. Les familles de notaire, le centre-ouest catholique intégriste (ah, mes randonnées à vélo en Vendée le dimanche matin, personne dans les rues, tout le monde à la messe !), la droite dure, ce monde où la femme idéale (n’est-ce pas Chirac ?) est celle de « l’ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s’assied jamais avec eux et ne parle pas », tout cela m’est très étranger. Après tout, sur la désormais célèbre photo montrant les six membres de la famille Fillon au cours d’une garden party devant la désormais célèbre « maison » dont la valeur vénale est passée en une semaine de 600 000 à 750 000 euros (750 000 euros, my foot !), la seule personne debout n’est autre que Penelope.

 

Depuis que le scandale des activités monstrueusement surpayées de l’« assistante parlementaire » a éclaté, des élus de droite et des médias complaisants ont vanté, ad nauseam, la « discrétion » de Penelope, à leurs yeux le commencement et la fin des vertus cardinales du “deuxième sexe”. La pauvre Ségolène Royal, fille de militaire d’extrême droite, a embrayé : en demandant le respect pour Penelope, elle l’a ramenée à sa condition de « mère de famille respectable » ignorante des montages diaboliques de son mari aimant. Nous sommes à Sablé dans une droite aux antipodes de celle de Macron, celle des familles recomposées, urbaine, où un homme n’hésite pas, dans une démarche transgressive plutôt courageuse, il faut bien le dire, à épouser une femme un quart de siècle plus âgée que lui. En profondeur, Fillon est le candidat de certains banquiers et financiers (qui n’ont jamais autant prospéré que sous les Solfériniens) comme le montre l’article du Monde Diplomatique “De qui Fillon est-il le prête-nom ? ; en surface, le fils de notaire est le représentant de la France des manoirs et de valeurs proches de celles du pétainisme. Cela dit, on n'entre pas chez les Fillon comme dans du beurre : anglicane, Penelope Fillon dut se convertir à la religion catholique, ce qui, si l'on excepte une poignée de grands intellectuels ou créateurs au XXe siècle, reste une démarche très rare outre-Manche.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que, pour Penelope, Emma Bovary, c’est elle, mais on admettra sans peine qu’elle a un long et lourd passé de discrétion, et sûrement de soumission, comme tendrait à prouver cette courte séquence qui a fait le tour du monde où l’on voit François, non pas prendre la main de Penelope, mais se saisir fermement de son poignet. A-t-il fait de même lorsqu’elle lui a apprit que, onze ans après la venue au monde de leur quatrième enfant, elle en attendait un cinquième ? L’histoire le dira peut-être un jour. Quand le monde clos des Fillon, où l'une des sœurs de Penelope a épousé un des frères de François, aura fini d'exploser.

Le “mystère”  Penelope Fillon

 

Ce qui m'a frappé dans l'interview avec la journaliste anglaise – outre qu'elle dévoile rétrospectivement le pot aux roses (the skeleton in the closet) – c'est que Penelope Fillon se montre franchement décontractée avec une journaliste qu'elle ne connaît pas ou, en tout cas, pas plus que cela. Nous sommes loin de la personne timide, effacée, qui ne veut pas parler en public. Nous sommes sûrement au plus près de la jeune Anglo-Galloise de dix-huit ans qui a quitté le cocon familial pour étudier en France. Dans cet entretien, elle se livre en creux et en bosses. Au débotté, elle nous informe que, si elle a voulu reprendre des études (de littérature anglaise, of all subjects !), c’est pour montrer à ses enfants, diplômés comme il faut, qu’elle n’était pas une cloche (« that stupid »). C’est que, vraisemblablement, c’est ainsi qu’ils la percevaient. Il faut dire que, dans le monde de la ruralité fillonesque de la Sarthe, une épouse, même si elle a réussi une capacité d’avocat, est d’abord une mère. « Si je n’avais pas eu le dernier, je serais sans doute allée chercher un travail », dit-elle avec une pointe d’amertume. Par parenthèse, les soutiens de Fillon n’ont pas été intrigués que Penelope ait souhaité trouver un emploi… alors qu’elle travaillait pour son mari depuis dix ans, pour un salaire plus que confortable, mais sans adresse électronique, ce qui est singulier de nos jours. Comme elle le dit dans l’entretien, le travail était lui-même confortable : elle glissait de temps en temps des prospectus dans des boîtes au lettres, mais surtout elle s’asseyait au fond des salles où s’exprimait François car elle aimait bien écouter comment les gens réagissaient. Une tâche fort prenante, que dis-je, éreintante ! Et lorsqu’elle reconnaît ne s’être jamais occupée de sa communication, alors que lui affirme – droit dans ses bottes – le contraire, elle a un petit rire triste sur elle-même signifiant : « j’en eusse été bien incapable ».

 

Elle est mélancolique, au sens vrai du terme. En quittant l'Angleterre, elle s'est sûrement quittée elle-même. François a saisi un poignet inerte. Jean-Jacques Rousseau aurait dit que son vague à l'âme était peut-être sa volupté, sa jouissance secrète. A-t-elle, à ses yeux, manqué de reconnaissance, gâché sa vie de femme (pas d’épouse ou de mère) ? On finira par le savoir, forcément.

 

PS : un entretien d'octobre 2016 avec Penelope Fillon. Á l'évidence, elle sait penser par elle-même !

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:38

Sur son blog Mediapart, Cathy Cartier-Thomas, professeur des écoles, a récemment publié un long article sur la suppression d’un collège dans le quartier populaire de la Reynerie, à Toulouse, au nom de la « mixité sociale ».

 

Ci-dessous de larges extraits :

 

Dans le quartier du Mirail à Toulouse, deux collèges vont être vidés de leurs élèves puis détruits au nom d’une soi-disant mixité sociale, laissant un quartier de 16 000 habitants sans collège ! Les décisions imposées aux familles et aux professeurs sans concertation témoignent d’un mépris absolu pour ces enfants. Mais que sont-ils au regard de chacun et des institutions pour qu’on les traite ainsi ?

 

Le Conseil départemental de Haute-Garonne et l'Inspection académique sont à l’origine d’un dispositif censé lutter contre l'échec scolaire en développant une soi-disant mixité sociale. Dès la rentrée prochaine les enfants actuellement scolarisés en CM2 dans les écoles de La Reynerie ne pourront pas aller en 6ème au collège de ce quartier, le collège Raymond Badiou. Ils seront affectés sur des collèges « favorisés » du centre-ville et des banlieues résidentielles. Les élus promettent des transports scolaires gratuits mais ces collèges sont très éloignés du quartier (par exemple, le collège de Balma se trouve à l’Est de Toulouse, alors que le Mirail est au Sud-Ouest). L’objectif est de vider le collège de ses élèves et de le détruire dans 2 ans ! Le collège de Bellefontaine subirait le même sort avec un dispositif qui doit se mettre en place à la rentrée 2018. On ne sait pas actuellement ce qui est prévu sur les terrains laissés vacants. La reconstruction future du collège Badiou, reste floue. Elle n’est prévue que dans 5 ans, pour l’instant sans garantie ! Le Conseil départemental serait à la recherche d’un terrain. Le nouveau collège serait construit en périphérie du Mirail, toujours pour des raisons de mixité sociale !

 

 

 

 

Dès la rentrée prochaine 150 enfants de onze ans vont donc devoir traverser chaque jour une ville, particulièrement étendue, de 450 000 habitants, pour se rendre dans des collèges inconnus. S’est-on demandé une seule seconde ce que pouvait ressentir un enfant à qui on annonce en quelque sorte : « On va démolir ton collège. Tu iras à l’école dans un lieu que tu ne connais pas, avec des jeunes que tu n’as jamais vus. Ta meilleure copine n’ira pas au même collège que toi. Tu devras faire une heure et demie de bus chaque jour. Tu ne pourras plus rentrer déjeuner chez toi. Tu verras moins tes copains car tu ne pourras plus te rendre au club de sport à 17H. Mais tout ça, c’est pour ton bien ! ». Ces enfants ne seraient donc que des cobayes d’une expérimentation sur la mixité sociale, expérimentation réalisée dans la précipitation, imposée et sans autre contrepartie que « c’est pour votre bien » ? Malaise.

Les inquiétudes des parents et des profs sont tellement légitimes, naturelles, logiques, qu’on ne comprend pas comment des pouvoirs publics, avec l’approbation de certains syndicats enseignants et membres de la FCPE ont pu décider en leur nom et pour leur bien !

 

Alors, forcément, des parents d'élèves qui ne voient pourtant aucun problème à la mixité sociale se demandent pourquoi ce sont les enfants de la Reynerie qui doivent aller au centre-ville et pas l'inverse ! Eux seuls doivent faire les efforts ! On détruit le collège de leur quartier alors que depuis quelques années les collèges poussent comme des champignons dans toutes les banlieues riches.

 

D’autres inquiétudes se profilent. Le collège est essentiel pour la vie du quartier : c’est un lieu de vie, un lieu de rencontres, un lieu d’apprentissage, un lieu de savoirs. Il y a aussi une forme particulière de mixité sociale car les profs qui y travaillent, souvent depuis de nombreuses années, viennent des quartiers favorisés où ils vivent. En venant travailler dans ces quartiers, les profs comprennent mieux la vie de leurs élèves et c’est essentiel pour enseigner. Ils sont en lien avec les éducateurs qui travaillent dans le quartier et le connaissent. Surtout, la proximité du collège et des habitations permet aux familles, aux parents, aux grands frères et sœurs, de venir facilement rencontrer professeurs, administration, les portes leur sont toujours ouvertes et les rencontres fréquentes. La plupart des familles ne sont pas motorisées et l'éloignement des enfants empêchera forcément ce lien. C’est aussi un lieu de réussite pour des élèves, une ouverture sur l’avenir. L’été dernier, un ancien élève du Collège de la Reynerie, Sofiane Oumiha, joueur de rugby et champion de boxe a été médaillé d’argent aux J.O. de Rio. Aller au collège du quartier et pouvoir s’identifier aux anciens élèves qui font rêver c’est aussi une fenêtre sur l’espoir. La destruction d’un collège dans ces conditions ne peut envoyer qu’un message négatif d’une grande agressivité : « Ici c’est tellement mauvais qu’on va vous sortir de là ! Il va falloir faire des sacrifices, mais c’est pour votre bien ! » Il me semble qu’un tel message ne peut être que contre productif. Dire aux habitants, qui n’ont déjà pas des vies faciles, ce qui est bon pour eux avec un tel mépris, c’est prendre le risque de renforcer un sentiment de repli sur soi et de colère ! Il y a une grande violence symbolique dans la destruction d’un lieu qui représente le savoir.

 

Il paraît aberrant de créer une mixité sociale en envoyant des enfants de 8h à 17h en dehors de leur lieu de vie, pour les ramener et les laisser, les soirs, les week-end, les vacances dans leur quartier de vie ! C'est un concept étrange que de créer un mélange de divers milieux sociaux encadré par des horaires précis ! Déconnecter l’école de la vie, c’est tuer toute idée de transmission !

 

Au Mirail, on aurait pourtant pu avoir une belle occasion de mixité sociale. Il y a peu de temps, le Rectorat de Toulouse a déménagé. Un aménagement complet d'une ancienne caserne a été fait, avec certainement beaucoup d'argent, assez proche du centre-ville. L'idée d'installer ce nouveau Rectorat dans une "barre d'immeuble désaffectée" du quartier Reynerie, que l’on aurait réhabilitée, aurait été particulièrement bien accueillie dans un quartier où l’Education est prioritaire : un joli symbole. Proche de la rocade, à deux pas du métro, le très nombreux personnel du rectorat, les très nombreux passages, auraient peut-être apporté au quartier un souffle nouveau avec le développement de petits commerces, restaurants, lieux de rencontre… Mais ce choix n’a pas été fait. On peut aussi préciser que dans la commune où je travaille, durant des années, les parents se sont battus pour obtenir l’implantation d’un lycée : leurs principaux arguments étaient que « une commune de 25 000 habitants ne peut demeurer sans lycée » et que « les jeunes ne pouvaient plus supporter ces temps de transport pour se rendre au lycée de secteur », le lycée du Mirail, situé à 5 km mais difficile d’accès aux heures de pointe en raison du trafic routier.

 

Un quartier de 16 000 habitants privé de collège ! Comment a t-on pu en arriver là ? La justification officielle, c’est la lutte contre l’échec scolaire ! Mais lors de réunions d’informations les propos du Conseil Départemental laissent deviner d’autres motivations : le collège ne serait qu'une "poudrière", un ghetto ethnique et un foyer de radicalisation. On entend parler de « République en danger ». On peut aussi s’interroger sur les raisons d’une telle précipitation dans les prises de décisions. On ne peut, en songeant aux terrains laissés vacants, s’empêcher de songer aux spéculations immobilières dans une ville en constante expansion.

 

Le projet s’est construit dans la précipitation. Dans un article paru le 1er février 2017 dans Le Monde, on peut lire : « Il fallait faire quelque chose de nouveau. Ce projet, on y travaille depuis un an. Il est le fruit d'un grand dialogue citoyen, qui nous a conduits à changer souvent notre fusil d'épaule, pour aboutir à une solution relativement consensuelle. Propos de George Méric, Président PS du Conseil départemental. »Les professeurs n’ont pas vraiment le souvenir d’un grand dialogue citoyen. Au sujet du manque de concertation et de la difficulté des professeurs et des familles à se battre dans l’urgence, on peut préciser que le 19 janvier une réunion publique fut organisée par des professeurs du collège de Bellefontaine. Une occasion d'aller à la rencontre des parents d'élèves et des habitants du quartier pour les entendre et dialoguer avec eux. A l'entrée de la salle de réunion, les représentantes des élèves avaient pris l'initiative de faire remplir un questionnaire nominatif : pour ou contre la fermeture du collège ? 16 personnes ont répondu être pour la fermeture ; 18 ne savaient pas ; 134 sont contre la fermeture. On peut aussi trouver dommage que l’on n’ait pas demandé leur avis aux chercheurs de l'Université Jean Jaurès qui se trouve à quelques centaines de mètres. Ces sociologues, dans différents labos, travaillent justement sur l'intégration des diverses populations, le radicalisme et d’autres institutions font appel à eux. Leur avis aurait sans doute été précieux.

 

Alors comme si tout cela n’était déjà pas assez triste et choquant, un élément de cette histoire vient apporter une certaine confusion. Un des collèges vers lequel vont être affectés quelques enfants du Mirail est le collège Michelet. Ce collège se situe dans le centre de Toulouse. Il est un collège d’accueil pour des jeunes du Conservatoire régional de Toulouse qui suivent les cours en horaires aménagés (HA). Actuellement, une structure HA collège existe dans l'enceinte même du conservatoire de Toulouse : c’est une antenne du collège Michelet. Les quatre niveaux de collège y sont représentés. L'effectif des classes reste faible. Les élèves bénéficient de studios de répétitions, d'horaires souples pour travailler leur instrument ou pour continuer à danser. Le projet actuel prévoit de fermer cette "antenne" du collège Michelet (actuellement donc dans l'enceinte même du conservatoire) pour "rapatrier" ces élèves vers le collège Michelet situé à 20 mn à pied. Le déménagement de cette petite structure, globalement favorisée (qui possède bien plus en aménagement horaire et en dotation globale que les collèges Reynerie et Bellefontaine) provoque la colère des parents. Il est évident qu’il faut défendre, pour la musique, pour la danse, pour ces jeunes, la poursuite d’une formation exigeante et maintenir les conditions qui permettent d’atteindre l’excellence artistique. La structure HA du conservatoire a depuis longtemps fait ses preuves en ce sens. En décembre, sur France Musique, Hervé Niquet, dans sa chronique, prend contre les politiques la défense des conservatoires, qui sont, dit-il, des espaces d’espoirs. Concernant l’envoi des jeunes du conservatoire vers le collège Michelet et autres, une pétition a donc été lancée sur le site change.org. Elle a déjà recueilli près de 7000 signatures. Y sont évoqués le temps perdu par les élèves dans les transports entre le conservatoire et le collège, le problème du transport de l’instrument, la fatigue occasionnée, etc.… A la rentrée prochaine, le collège Michelet devrait donc recevoir la structure musique des HA et une vingtaine d'élèves du collège Badiou.

 

 

 

 

Enseignants en milieux favorisés, de la maternelle au lycée, nous connaissons des parents qui ont fait le choix de sortir leur enfant de l’école publique car deux ou trois élèves dans une classe, parfois un seul, posant problème, ils ne supportaient plus l’idée que leur enfant doive « supporter » dans la classe cet enfant à problème. Nous savons combien les préjugés sont tenaces quand il s’agit de faire croire que ce sont les élèves en difficulté qui tirent les autres vers le bas. Nous savons surtout comment l’esprit de compétition associé à la peur primitive de l’autre-différent alimente encore et encore les écoles privées et fabrique les débrouilles pour obtenir les lycées d’élite. Les dispositifs du Conseil départemental et de l’Inspection académique sont des fausses solutions à la difficulté scolaire car elles vont renforcer cet esprit de l’entre soi pour les plus favorisés tout en renforçant le sentiment d’abandon des plus faibles. Les écoles privées ont de beaux jours devant elles !

http://actu.cotetoulouse.fr/esperance-banlieues-ecole-hors-contrat-toulouse_56888/

 

Enfin, des parents, des profs et des élèves du Mirail luttent pour préserver leur collège. Ils se réunissent, réfléchissent, informent, manifestent avec leurs moyens modestes… Voici leur pétition.

Les enfants ne sont pas de la poussière

Pétition Collège Badiou (pdf, 71.6 kB)

Mail : assembleeparentsprofshabitants@gmail.com

 

https://www.facebook.com/profile.php?id=100014886767714

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 06:23

Sur son blog, Jacques Sapir s’interroge sur Benoît Hamon :

 

La victoire de Benoît Hamon se fait dans un contexte très détérioré. Elle va donc très probablement accélérer la décomposition du dit parti. D’ores et déjà, un certain nombre de députés P « S » et de responsables se préparent à passer avec armes et bagages du côté de Macron. Nous assistons à la phase finale de l’agonie du parti crée à Epinay en juin 1971. Cela présage de recompositions politiques importantes, voire décisives, dans les mois qui viennent.

 

Cette victoire de Benoît Hamon est celle, avant tout, d’une politique de réseaux. Réseaux que l’intéressé a cultivés avec soin depuis de nombreuses années. Il faut se souvenir que Hamon entra en politique comme un « jeune rocardien », et qu’il y fréquenta alors Manuel Valls. Mais, surtout, Benoît Hamon s’est construit un personnage politique sur le mode « de gauche, mais pas trop ». Il n’hésite pas à reprendre des thèmes comme le « revenu universel » ou à piocher dans le programme de candidats plus à gauche que lui, comme dans celui de Jean-Luc Mélenchon où il a trouvé l’idée de « constitutionnaliser » les Biens Communs.

 

 

Fakir revient sur l’action de DSK au service du grand patronat :

 

Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Elysées. De leurs voitures avec chauffeurs, descendent Lindsay Owen-Jones (PDG de L’Oréal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie Générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)…

 

À l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn , trente-cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 F chacun pour son futur « Cercle de l’Industrie ». À partir de septembre 1993, donc, tous les deux mois, une vingtaine de PDG se retrouvent à dîner. Autour de l’ancien ministre, ils rencontrent les commissaires européens, le président de l’OMC, celui de la Commission. Grâce à ce groupe de pression, une première taxe sur le CO2 est repoussée.

 

Qu’y gagne DSK ?

 

« On lui payait une secrétaire, un chauffeur et un téléphone », se souvient Raymond Lévy, ancien président de Renault et du Cercle. Via des comptes secrets, sa collaboratrice est payée par Elf. Tandis que lui ne touche rien, en apparence : c’est son bénévolat.

 

Et c’est naturellement cet ami du patronat qui sera choisi, en 1997, comme ministre de l’Économie. Et c’est naturellement que DSK mènera une politique pro-patronale : c’est lui qui convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro, lui qui privatise les services publics à tout-va, lui qui offre Airbus en cadeau à Lagardère, lui qui diminue la fiscalité sur les stock-options, lui qui réclame des « fonds de pension à la française », etc.

 

 

 

Dans son blog, Robert Chaudenson évoque ce qu’occultent la plupart des grands médias : la petite entreprise de François Fillon, 2F Conseils :

 

Cette jeune entreprise est en effet un modèle de réussite ( plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires entre 2012 et 2015), d’autant qu'elle ne compte qu'un seul salarié... Monsieur François Fillon lui même, qui s'est versé 624 000 euros de salaire net en 3 ans et demi. Presque 18.000 euros de salaire mensuel, cette rémunération s’ajoutant à son traitement de député (5 357 euros net).

 

L’entreprise, d’après ses statuts, a pour objet social "le conseil, l’assistance, la formation, la réalisation d’études, de veille, d’audits, d’analyses ou de prestations (…)" en faveur "de toute personne physique (…), personne morale (…), tout Etat et de tout organisme international européen, national, étatique, régional, départemental, municipal ou local (…) ».

 

Tout au plus précise-t-on, dans son entourage, non sans réticences : l'essentiel de l'activité de 2F Conseil est constitué "des conférences données par François Fillon. Des conférences (dont une au Kazakhstan en 2013) auxquelles s'ajoutent "quelques analyses de conjoncture et des notes portant sur l'état des relations internationales". On nie en revanche que François Fillon ait été rémunéré pour une conférence en 2013 en Russie et une autre en Iran en 2016.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article