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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 05:01

ResPublica tire des enseignements des dernières élections législatives : « Quel que soit le résultat des élections depuis que la gauche a accédé au pouvoir en 1981 – les politiques conduites par tous les gouvernements sans exception depuis le virage de la rigueur en juin 1982 ont été des politiques ultralibérales avec privatisation des entreprises du secteur public et des services publics, réduction de la dépense publique, la part de la plus-value revenant au travail ne cessant de diminuer au profit des actionnaires. Il n’est pas étonnant dans ces conditions qu’une grande partie des classes populaires ne voie pas l’utilité d’aller voter si c’est pour subir de toute façon la même politique à son détriment.

 

La composition sociologique de l’Assemblée n’a pas été modifiée en profondeur. Si quelques représentants des classes ouvrières ou assimilables ont été élus, nous sommes loin du reflet de ce qu’est le pays et la principale « discrimination » demeure bien la sous-représentation des « sans voix », des « sans dents », de « ceux qui ne sont rien ». Dans une première approche, la composition de l’AN serait : cadres et professions libérales 58,4 % alors qu’ils représentent 9,5 % de la population ; artisans, commerçants, chefs d’entreprises, 6,2 % pour 3,5 % ; employés 4,5 % pour 16,1% ; ouvriers 0,9 % pour 12,1 % dans le pays ; agriculteurs exploitants 1,9 % pour 0,8 %; retraités 11,6 % pour 26,9 % de la population ; sans activité professionnelle 8,3 % pour 17 %; couches moyennes intermédiaires 8,1 % pour 14,1 % dans le pays.

 

 Les politiques  ultralibérales au niveau mondial depuis la désindexation du dollar sur l’or par Nixon en 1971 et la financiarisation des économies, le tournant de la rigueur en 1982 dans notre pays ainsi que les politiques ultralibérales mises en œuvre dans l’Union européenne depuis l’adoption de l’Acte Unique impulsé par Jacques Delors, ont défait les solidarités édifiées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur « des bases démocratiques de l’égale dignité des êtres humains ».



Ce détricotage ne peut qu’aboutir au retour de « solidarités » fondées sur des sentiments d’appartenance communautaire, sur la religion, la « race », la couleur de peau, l’orientation sexuelle, au développement du sentiment de victimisation et des revendications « sociétales » de reconnaissance de ces identités, et donc à l’affaissement des revendications sociales de juste répartition des fruits du travail. Phénomène qui touche même les syndicats de salariés qui s’orientent de plus en plus prioritairement vers ces « revendications sociétales ».

 

 

Selon le World Socialist Website, Le gouvernement du Parti socialiste espagnol (PSOE)-Podemos, en collaboration avec une police marocaine agissant comme garde-frontière de l'Union européenne, a perpétré un massacre barbare aux frontières de l'enclave espagnole de Melilla en Afrique.

 

 Au moins 37 migrants ont été tués et 150 autres blessés lorsque des milliers de personnes ont tenté de franchir la frontière marocaine vers Melilla vendredi. Selon le HCR, beaucoup venaient du Tchad, du Niger, du Soudan et du Soudan du Sud, et seraient considérés comme des demandeurs d'asile potentiels selon le Droit international.

 

 La cause précise des décès reste incertaine. Certains migrants sont peut-être morts asphyxiés ou écrasés à cause d'une bousculade provoquée par les assauts de la police marocaine. Il est possible que d'autres sont morts suite à des chutes du haut de la clôture: à l'endroit de la frontière où a eu lieu le massacre, la clôture frontalière culmine entre 6 et 10 mètres de haut. D'autres ont peut-être été directement tués par des policiers qui les ont frappés avec des pierres et des matraques.

 

 Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a salué le massacre. Présenté dans les médias comme ayant une politique plus « humaine » envers les migrants lorsqu'il est arrivé au pouvoir à la mi-2018, Sánchez a salué la police et dénoncé les victimes avec des mots qui auraient pu être prononcés par n'importe quel dirigeant d'extrême droite, de l'ancien président américain Donald Trump à Santiago Abascal du parti fasciste espagnol Vox.

 

 Sánchez a condamné la tentative de traversée massive des migrants comme une « agression violente » et une « atteinte à l'intégrité territoriale » de l'Espagne. Il l'a cyniquement imputée au trafic d'êtres humains, déclarant: « S'il y a quelqu'un responsable de tout ce qui semble s'être passé à cette frontière, ce sont les mafias qui font le trafic d'êtres humains. »

 

Revue de Presse 413
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2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 04:12

Ces trois linguistes, qui me sont très familiers, cheminaient à mon côté. Soudain, je me dis qu'ils (pardon : ielles) possédaient une masse de connaissances considérable, étant spécialistes, entre autres, des verbes prépositionnels et verbes à particule, du norois, du vieil-anglais, des constructions détachées en rupture, plus généralement des grammaires anglaise et française.

 

Et je me dis aussi qu'ils appartenaient à un temps révolu, celui où l'université française était le royaume de la science, de la connaissance, de l'épanouissement, de la culture.

 

Place, désormais, aux compétences. Aux projeeeeets. Á l'alignement sur le modèle anglo-saxon. Au classement de Shanghai auquel il faut se plier. Á l'immédiateté. Á la précarité. Á la “ visibilité ” et à la “ lisibilité ”. Á la concurrence féroce de tous contre tous.

 

Il est tout à fait normal que ces mutations passent en priorité par l'enseignement supérieur où les bataillons sont beaucoup moins importants que dans le secondaire. Cela n'a que peu à voir avec les individus, qu'ils soient jeunes ou vieux. Et cela n'a rien à voir, non plus, avec l'éthique personnelle des personnels. Pourquoi l'université est-elle un ventre mou face au rouleau compresseur du libéralisme et du capitalisme financier ? Parce que les établissements sont “ autonomes ”, parce qu'on ne cesse de faire appel à du financement privé pour la création de chaires et pour des projets de recherche, et parce qu'un nombre croissant de cursus sont désormais payants. Lorsqu'elle dirigeait, il y a peu, une université scientifique, l'actuelle ministre des Universités a parfaitement incarné ce type de philosophie et de pratiques. Elle s'adressait surtout aux enfants des classes moyennes supérieures et éduquées. Ceux dont les parents pouvaient – et pourraient de toute façon – payer.

Quand j'étais étudiant, des chercheurs comme Baudelot, Establet, Passeron, Bourdieu avaient démontré que l'Université, l'Éducation nationale plus généralement, ne corrigeaient pas les inégalités sociales. Elles sont aujourd'hui une machine à les creuser.

 

Trois linguistes
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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 05:01

Cette brillante universitaire (physicienne) vient d’être nommée ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Depuis sa prise de fonction, elle n’a pas chômé !

 

En bonne groupie du banquier éborgneur et emmerdeur, son objectif est la destruction de l’Enseignement supérieur républicain. Au nom de « l’excellence », bien sûr.

 

Elle a fait ses armes à la présidence de l’université Paris-Saclay. En deux ans, elle y a opéré la fusion de trois universités, quatre grandes écoles et sept organismes de recherche regroupant 48 000 étudiants et 9 000 enseignants chercheurs. Résultat : ce conglomérat est passé de la 14ème à la 13ème place du classement – très controversé – de Shanghai. Á échelle cosmique, il fallait bien un tel bouleversement pour un résultat aussi magistral.

 

Ce progrès fulgurant dans le classement international s’est opéré – comme je l’ai dit – par la destruction de l’esprit républicain et l’accroissement du nombre d’étudiants « qui ne sont rien » et que le banquier éborgneur et emmerdeur croisera chaque fois qu’il passera par une gare.

 

Je cite ici une analyse du bureau de la section SNESUP de Paris-Saclay : [Cette mutation a été réalisée] « au prix de l’exclusion de licences non sélectives, maintenant dans l’école universitaire de premier cycle qui délivre des diplômes non estampillés université Paris-Saclay pour ne pas écorner “ la marque ” Paris-Saclay. Et au prix d’une grande souffrance au travail due à la perte de sens et de lien humain, à la complexification des procédures. » En d’autres termes, que du malheur pour la majorité des étudiants, l’interdiction d’exciper de la qualité de diplômé de Paris-Saclay, une dégradation des conditions de travail, une augmentation de la précarité par, entre autres, la multiplication de “ chaires professeur junior  ” avec des rémunérations librement fixées par les établissements, la légitimation de la sélection et, au bout du compte, l’interdiction d’exciper de la qualité de diplômé de Paris-Saclay.

 

Ce que Retailleau a fait à Paris, elle compte bien le réaliser au niveau national.

 

 

 

Connaissez-vous Sylvie Retailleau ?
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27 juin 2022 1 27 /06 /juin /2022 05:01

 

Selon la Dépêche de Toulouse, des dizaines de femmes se sont récemment baignées en burkini dans une piscine municipale alors que le short de bain est interdit.

Jusqu'à la semaine dernière, les maîtres-nageurs fermaient pourtant les yeux. La plupart de ces mères ont su que le burkini était toléré à la piscine Nakache grâce à des publications sur le réseau social Facebook.

Si l'on se fie au règlement de la piscine et à la loi, ces femmes en burkini ont le droit de se balader librement sur les installations. En revanche, elles ne peuvent pas accéder à la baignade pour une question d'hygiène. 

« Il est d’abord question d’hygiène. Plus la tenue vestimentaire est couvrante, plus elle transporte de matière organique polluant l’eau et créant ainsi des chloramines, puis, par dégazage, des trichloramines dans l’air. Les chloramines nuisent à la santé, non seulement des baigneurs, mais aussi des maîtres-nageurs sauveteurs. Et nous souhaitons, de fait, protéger le plus possible les usagers des piscines », explique la municipalité. Avant de préciser : « Une personne portant une tenue couvrante sera plus difficilement réanimable qu’une personne en maillot de bain simple. Il faudra, en plus du temps nécessaire pour aller la chercher au fond de l’eau, découper ou arracher ses vêtements qui seront alors une entrave pour un sauvetage optimal ».

 

 


 

Revue de Presse 412

Á propos du martyre subi par Julian Assange, Viktor Dedaj écrit dans Le Grand Soir : « Le journalisme est mort non pas au fond d’un cachot, non pas d’une balle dans la tête, non pas dans l’explosion d’une voiture, ni même découpé dans une ambassade saoudienne. Il est mort le jour où il a choisi la complicité en laissant filer en silence et vers l’oubli le meilleur d’entre eux. »

 

 

 

Irène Pivarec, sur le site de la Révolution prolétarienne, revient sur le danger d’importer en France les catégories identitaires étasuniennes : « En France, l’importation et la promotion des catégories identitaires étasuniennes présentent notamment l’avantage inappréciable de favoriser des carrières universitaires et politiques et de repeindre le conformisme et l’arrivisme le plus banal aux couleurs de la subversion. Les récents remaniements ministériels sont une parfaite illustration de ce phénomène. Ainsi, tandis que Mme Borne dédiait, de façon émouvante, son accession au poste de premier ministre à toutes les « petites filles », le nouveau ministre de l’éducation nationale, l’historien Pap Ndiaye, considérait pour sa part sa nomination comme un « symbole de la méritocratie et de la diversité ». Les femmes et les « racisés » ayant enfin leur ministre, on peut, en bonne logique intersectionnelle, espérer que les classes exploitées auront bientôt le leur, en dépit du fait que, à la différence de la « race » et du genre, on ne peut faire « arriver » la femme de ménage ou l’ouvrier qu’en les sortant de leur classe et que, devenant ministre ou professeur d’université, le prolétaire cesse par là-même d’en être un. »

 

 

 

Pour le site Communistes, la recherche publique est de plus en plus au service du capitalisme : « S’il y avait le moindre doute sur la volonté du gouvernement d’asservir la recherche pour doper la compétitivité des entreprises, la dure réalité apparaît crûment avec la décision de sortir le Cnes (Centre national d’Etudes Spatiales) de la tutelle du ministère de la recherche pour le placer sous celle de l’économie et des finances. Faut-il rappeler que le Cnes a joué un rôle fondamental dans la réussite du programme Ariane et la mise en exploitation de nombreux satellites pour diverses applications. Le spatial est un des domaines où une interaction très forte existe entre la recherche et les industries de haute technologie, l’une ne pouvant se développer sans l’autre. Tous les développements sur le lanceur Ariane auraient été impossibles sans une industrie capable de produire de nouveaux matériaux, les carburants et moteurs cryogéniques, l’électronique et le traitement des données associées. Et réciproquement les développements industriels n’ont pu se faire que sur la base des données des laboratoires, parfois en collaboration étroite avec les industriels. Cette interaction a été particulièrement productive si on regarde la réussite du programme spatial européen.


Pour le pouvoir politique, cette époque est révolue.

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 04:28

Quand on veut trop bien faire... Et qu'on prouve, à son corps défendant  qu'on ne “ dit ” pas mais qu'on “ est dit ”.

 

Voulant remercier ses militants le soir de son élection, Sandrine Rousseau a fait une curieuse faute de grammaire, en voulant parler de manière inclusive. Enseignante et chroniqueuse RTL, Lisa Kamen analyse, à partir de cet exemple, les limites de l'écriture inclusive.

 

« Merci pour la campagne que vous avez fait et faite. » Sur le ton lyrique qu’on lui connaît et avec des airs de télévangéliste, c’est par cette étrange phrase que Sandrine Rousseau a congratulé son équipe dimanche 19 juin, soir de son élection à la députation. La France entière a sursauté. Enfin, tous les Français ayant dépassé le CM1 parce qu’ils se souviennent qu’aux temps composés, le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct s’il est placé avant le verbe. En l’occurrence, le pronom relatif que, dont l’antécédent féminin est « campagne » était placé avant le verbe.

 

La seule option possible était donc : « La campagne que vous avez faite. »Point. Et zéro pointé pour Madame Rousseau qui s’est pris les pieds dans le tapis de la grammaire inclusive, vous savez cette nouvelle grammaire supposée éviter les « discriminations sexistes » par les usages linguistiques. Féminisation des noms de métiers, usage du point médian, comme dans mon titre, ou encore accord de proximité pour les adjectifs ,sont censés contribuer à anéantir la domination masculine…

 

L’écriture inclusive fait évidemment partie de la panoplie de cette « écoféministe » comme elle se définit sur Twitter. Elle devrait la manier sans difficultés. J’ai pris le temps d’examiner son fil et à part un vilain « une demie heure », je n’ai pas relevé d’erreur d’orthographe majeure. Madame Rousseau est universitaire, elle a même été vice-présidente de l’université de Lille : elle s’exprime correctement. Alors, pourquoi cette grossière erreur ?

 

L’écriture inclusive est source de confusion, elle porte en elle le virus de la dysorthographie et le chaos grammatical. Si elle provoque des fautes de ce type dans le discours d’une personne adulte ayant acquis sa langue sans difficulté, imaginez quels effets désastreux elle peut provoquer chez des enfants en cours d’apprentissage, a fortiori ceux qui rencontrent des difficultés. Les personnes qui en prônent l’usage portent une grande responsabilité car l’écriture inclusive a surtout l’effet d’exclure.

 

L’orthographe et la grammaire françaises sont réputées compliquées. La maîtrise de leurs arcanes demande plusieurs années d’apprentissage et une attention permanente à des millions d’élèves et à leurs professeurs. Il suffit de lire quelques phrases en écriture inclusive pour apprécier leur illisibilité. Même de bons lecteurs se trouvent en difficulté devant tant de signes diacritiques, tant de « possibilités grammaticales ». Et c’est sans doute ce qui est arrivé à Madame Rousseau qui s’est rendue coupable d’hypercorrection : son militantisme féministe l’a poussée à en faire trop.

 

Bien que favorables à la féminisation de la langue, trente-deux linguistes ont publié une tribune collective en septembre 2020, estimant l'écriture inclusive profondément problématique. « Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral. »

 

Toutes les réformes orthographiques précédentes ont eu pour objectif la simplification de la langue. L’écriture inclusive, elle, a pour résultat d’exclure d’office les élèves en difficulté et de provoquer une instabilité linguistique. Au passage, on observe souvent que les plus militants abandonnent d’eux-mêmes l’écriture inclusive après quelques lignes tant elle complique l’écriture.

 

Dernier point ! À ceux qui veulent « renverser la table », détruire le système et changer la société : un discours est beaucoup plus efficace lorsqu’il est beau ; il faut commencer par maîtriser l’exercice pour s’en affranchir et improviser ; la virtuosité d’un Clemenceau, d’un Victor Hugo ou d’un Zola qui ne s’amusaient pas à pervertir la grammaire mais la maîtrisaient parfaitement est bien plus puissante que les simagrées sans style d’Europe Écologie les Verts et les Vertes. Les Vertes et les Verts. Oh et puis je ne sais plus !

 

Sandrine Rousseau ou les raté.e.s de l’écriture inclusive
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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 05:01
 

Pour moi, la publicité est l'une des sources majeures de l'aliénation du genre humain.

La publicité, c'est le mensonge, le rêve éveillé. La publicité n'aide pas à vendre des produits, elle aide à vendre, de manière intransitive.

Je ne sais ce que la publicité ci-dessous vantait. De l'alcool, des cigarettes ? En “ flashant ” le QR code, je suis tombé sur une page expliquant qu'il fallait être vigilant. Un exemple était donné de ces pubs qui promeuvent, en Hollande, les voitures à moteur thermique. Tiens donc ! Comme si les moteurs électriques étaient la bonté, la beauté et la propreté. Bref, un mensonge contre un autre mensonge.

 

Stop Pub !
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23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 05:43

L'écrivaine Sylvie Germain répond aux lycéens qui la harcèlent (Le Figaro Etudiant).

 

ENTRETIEN - Un texte de Sylvie Germain, tiré de son ouvrage Jours de colère (Gallimard), a été proposé aux candidats du bac de français 2022. Sur les réseaux sociaux, les élèves se sont déchaînés sur l’extrait qu’ils ont jugé trop difficile à analyser et ont insulté l’auteur.

 

LE FIGARO. - Qu’avez-vous ressenti en apprenant que votre texte avait été choisi au bac de français? 

Sylvie GERMAIN. - Je n’avais pas été prévenue, pour préserver la confidentialité de l’épreuve. Lorsqu’on accepte d’être publié et que notre texte devient public, on doit s’attendre à des surprises, bonnes ou mauvaises. J’ai été étonnée, et touchée par le choix d’un de mes livres, et aussi légèrement perplexe devant cet extrait peut-être peu évident hors contexte. Et puis, dès le lendemain, la polémique est arrivée, des lycéens mécontents ont déversé leur colère.

Comprenez-vous ce déferlement de haine sur les réseaux sociaux?

Je ne suis qu’un prétexte, je ne me sens pas concernée personnellement. Je suis plutôt inquiète du symptôme que cela révèle. C’est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d’immaturité, et de haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination, et également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit. Le passage à analyser n’était pas délirant, le vocabulaire était accessible, mais certains se contentent d’un vocabulaire si réduit, riche seulement en insultes et en invectives, que tout écrit un peu élaboré leur est un défi, un outrage.

Les plus «vénères» se sont donc défoulés (propos grossiers, goguenards, agrémentés parfois d’intimidations..., et montages photos et vidéos visant à me ridiculiser). Je n’éprouve même pas de colère, seulement de la désolation devant tant d’aveuglement et d’absence de remise en cause (s’ils ratent leur épreuve de français ce sera à cause de mon texte «de m... qui va niqué leur bac» (sic), pas du tout à cause de leur manque de travail et de réflexion), devant aussi leur rejet hargneux de la culture qui leur est dispensée au lycée. Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu’ils injurient et menacent. Quels adultes vont-ils devenir?... J’espère que cette flambée de rage, où comme toujours le mimétisme et le goût de la surenchère électrisent la meute, va retomber aussi vite qu’elle a éclaté. Tout cela est aussi absurde qu’affligeant.

Quels conseils auriez-vous pu donner aux élèves pour analyser votre texte?

Je n’ai pas de conseils à donner pour étudier ce texte, je n’écris pas pour proposer des analyses, juste des histoires susceptibles de faire rêver, imaginer, penser. Je ne peux que souhaiter aux élèves d’apprendre à lire, à s’efforcer de penser par eux-mêmes, et à aimer les mots, et aussi à en peser le poids, la justesse et les possibles conséquences quand ils les utilisent.

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 05:01

Cette revue de presse a été conçue le samedi 18 juin, donc avant les résultats du second tour des législatives. J’ai voulu reprendre certains arguments chocs de la Macronie contre la gauche de gauche, c’est-à-dire la NUPES.

 

Á commencer par le banquier éborgneur et emmerdeur qui, sur un tarmac, devant un avion dont les moteurs ont tourné à vide une heure durant, a exhorté les Français à penser à « l’intérêt supérieur de la nation » et de voter pour une majorité qui assurerait « l’ordre à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières ». « Rien ne serait pire », expliqua-t-il, que « d’ajouter un désordre français au désordre mondial ». Il demanda de « défendre nos institutions face à tous ceux qui les contestent et les fragilisent ».

 

Faisant encore moins dans la dentelle, Amélie de Montchalin, vaillante lancière de la Macronie, affirma que » ce que cherche Jean-Luc Mélenchon, ça n’est pas le pouvoir mais l’anarchie. Nous pouvons dimanche prochain faire un barrage très clair, au fond, presque un référendum pour l’Europe et contre la désobéissance, un référendum pour l’ordre contre le désordre dans la rue, contre la Nupes. Contre ces candidats, qui se sont alliés dans un accord électoral qui n’est pas un accord de fond et qui promet aux Français le désordre et la soumission."

 

 

Willy Schraen, le président des chasseurs de France, y alla d'une sortie fracassante. Invité sur le plateau des Grandes Gueules (RMC), il émit un lien de causalité entre la vague de chaleur actuelle et les élections législatives.

“ Il faut reconnaître qu’il va faire chaud pendant trois jours. Bizarre, on est entre le premier et le deuxième tour... ”. On nous explique du matin jusqu'au soir depuis deux jours 'Attention l'écologie machin...' Bon, dites-le carrément au niveau de la météo : votez la Nupes ! On va gagner du temps, on a bien compris...”.

 

Christophe Castaner a pour sa part noté que « Mélenchon nous propose – d’après l’Institut Montaigne - un déficit annuel de 219 milliards, c’est comme si une famille avec un revenu de 2 000 euros par mois en dépensait 3 800… ».

 

Le CRIF, par la bouche de son président Francis Kalifat, n’y est pas allé de main morte : « nous considérons que La France Insoumise représente un danger, en raison de l'antisionisme que l'on peut entendre dans certains discours du parti. Il y a un passif extrêmement important sur la position antisioniste de La France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon. Les candidats qui ont fait le choix de l'extrême gauche avec la NUPES, ou de l'extrême droite avec le RN représentent un danger pour la stabilité de nos institutions".

 

Élisabeth Borne a également revendiqué une certaine “radicalité”, qu’elle oppose à ses deux adversaires principaux du RN et de la Nupes. “Ces deux blocs extrêmes font assaut de mots forts pour masquer des idées courtes”, a-t-elle dénoncé, selon France Inter. “Ils ont la radicalité des slogans et des postures, quand nous incarnons la radicalité des actes et des résultats”, a déclaré la Première ministre. 

 

Quant au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, il n’a pas hésité à taxer Jean-Luc Mélenchon, de « Chavez gaulois »« autoritaire », à la tête d’un parti de la « soumission à une idéologie collectiviste ». « Son programme conduirait tout droit notre pays à la faillite. Une fois ruinés, nous n’aurions pas d’autre choix que de nous soumettre aux organisations financières internationales et à un plan d’austérité brutal ».

Revue de Presse 411
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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 05:01

Une analyse de Nicolas Framont publié par le site Frustration

 

Grâce aux réseaux sociaux, l’orientation idéologique des sujets du bac de spécialité Sciences Économiques et Sociales de cette année n’est pas passée inaperçue. Que cela soit dans les questions de cours comme dans l’étude de documents, les élèves ont été amenés à travailler dans le cadre étroit de la pensée dominante. « A l’aide d’un exemple, vous montrerez que l’innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance », pouvait-on ainsi lire : le cadre à respecter, c’est donc la sainte croissance, celle des richesses produites sous le capitalisme. C’est dans ces bornes étroites que la question écologique doit donc être pensée par les élèves. Après avoir donc dû affirmer que capitalisme et écologie étaient parfaitement compatibles, grâce à l’innovation (le MEDEF applaudit l’élève de Terminale), il a fallu ensuite suivre la consigne suivante : « À l’aide d’un exemple, vous montrerez que l’action des pouvoirs publics en faveur de la justice sociale peut produire des effets pervers ». Pascal Praud et l’ensemble des éditocrates peuvent se réjouir : l’élève doit montrer que les aides découragent le travail, l’effort et le mérite, et qu’elles pèsent sur les finances publiques ! (car on ne voit vraiment pas ce qu’il est possible de répondre d’autre).

 

Ces deux énoncés ont suscité de nombreuses réactions, à juste titre. Mais l’étude de document présente elle aussi un intérêt pour comprendre la façon dont on éduque notre jeunesse à penser dans les limites de la pensée dominante : il s’agit d’un texte de Danilo Martuccelli, sociologue universitaire contemporain qui explique que si l’on mettait des gens autour d’une table et qu’on leur demandait qui ils sont, ils répondraient par une série de choses complexes, pas seulement leur métier ou leur classe sociale, et cela tend à prouver que « hier, l’individu était cerné par une position sociale (…) associée d’une manière ou d’une autre à une perspective de classe, ou tout du moins à une strate sociale ». Cette nouvelle façon de se définir impliquerait l’extension du « goût pour les logiques affinitaires [logiques basées sur des intérêts communs, des raisons amicales, professionnelles… nous explique-t-on en note] au détriment des logiques sociales entre groupes ».

 

Ce petit extrait est de bien piètre qualité car il ne démontre rien, il ne comporte aucune donnée prouvant son propos, il se contente d’affirmer. Plus inquiétant pour un sociologue, il oppose un passé indéfini (“hier”) au présent, comme si dans ce passé, chacun affirmait son appartenance de classe en levant le poing, sur fond d’usine et de mines de charbon… Pourtant, les élèves doivent s’en servir pour « montrer que l’approche en termes de classes sociales, pour rendre compte de la société française, peut être remise en cause ».

 

 

Cette consigne est assez comique puisque l’approche en termes de classes sociales, dans l’Éducation nationale comme dans la sociologie française en général, n’a pas bonne presse. Qu’on demande aux élèves d’en remettre une couche en dit long.

 

Le livre dont ce petit texte est tiré a été publié en 2010. Il s’appelle La société singulariste, et s’inscrit dans la parfaite lignée de tous ces bouquins de sociologie qui ont pour point commun de dire que les classes sociales c’est dépassé, qu’il n’y a plus de luttes collectives, qu’à la place nous avons des individus « singuliers », des « tribus » (comme dit Michel Maffesoli, sociologue à nœud papillon), que l’individualisme aurait pris le dessus sur la lutte des classes et que c’est ainsi. Les classes sociales c’était vrai dans Titanic et Germinal, mais maintenant c’est ter-mi-né.

 

 

Le tout repose, comme dans ce petit texte, sur des démonstrations complètement douteuses ou factuellement erronées. Dans les cours de SES (Sciences Économiques et Sociales) auxquels j’ai assisté comme lycéen puis étudiant à la fac, on m’a ainsi asséné que “la classe ouvrière” avait “disparu”. Je revois encore ces manuels illustrés d’usines en grève dans les années 80, fermées les unes après les autres, entraînant leurs ouvriers dans le tourbillon de l’incontournable « mondialisation » (plutôt que victime de choix politiques néolibéraux et de dirigeants voleurs comme Bernard Tapie). C’est triste mais c’est ainsi : au revoir les ouvriers, place à la « grande classe moyenne ». Et qu’importe si les ouvriers représentent encore un quart de la population ! La sociologie de manuel scolaire a dit qu’ils avaient disparu, donc on ne parlera plus d’eux.

 

Nathalie, professeure de SES en Île-de-France, que j’ai questionnée pour l’occasion, a apporté un peu de nuance : il y a bien un chapitre du programme consacré aux classes sociales, qui n’est pas si mal fait. La notion y est soumise à débat, mais ce qu’elle constate, c’est que les démonstrations qui vont à l’encontre de la lutte des classes sont un peu fragiles, manquent de consistance.

 

Par exemple, l’argument toujours avancé en cours pour nier les classes sociales, c’est la “moyennisation”. En gros, l’idée qu’une grande classe moyenne aurait supplanté les classes antagonistes d’antan. Pourquoi ? Parce que « la toupie de Mendras » enfin ! Grand classique des copies des étudiants de fac lorsque j’étais chargé de cours, la « toupie de Mendras » est le nom d’une métaphore utilisée par le sociologue du même nom dans un ouvrage publié en 1988 (La seconde Révolution française. 1965-1984, Gallimard). Au milieu, une grande classe moyenne, au-dessus quelques riches, en dessous quelques pauvres : c’est la « moyennisation », l’idée que les conditions sociales vont s’homogénéiser et une douce égalité de mode de vie s’instaurer. Mendras professait cette idée à la fin des néolibérales années 80, un pari risqué donc… qui s’est avéré entièrement erroné puisque les inégalités de revenus et de conditions de vie se sont remises à augmenter dans les années 2000. Pourquoi continuer à enseigner Mendras ?

 

 

Nathalie confirme : « J’ai l’impression qu’il y a des gens comme ça qui sont utiles car ils permettent d’être un contrepoids à la sociologie critique [celle qui parle de classes sociales, à l’image des travaux du sociologue Pierre Bourdieu, ndlr]. Et ce alors même que c’est très faiblard. Mendras dit par exemple que la pratique généralisée du barbecue montrerait qu’il y a bien une moyennisation. Pourtant, même si on se fait toujours griller de la barbaque et que l’on regarde les mêmes émissions – ce qui n’est pas du tout démontré – ce n’est pas un argument suffisant : l’importance, dans la division en classes sociales, ce n’est pas la consommation, c’est le rapport de production ! »

 

 

La conséquence de tout cela (“la fin de la classe ouvrière”, “la moyennisation”…) ce serait donc la fin de notre sentiment d’appartenance de classe, nous dit l’extrait à partir duquel les lycéens ont dû montrer que la notion de classe sociale pouvait être remise en cause. On serait déterminé par autre chose que cela, on ne sait pas trop quoi au juste – des « intérêts communs, des raisons amicales et professionnelles » nous dit-on, comme si cela n’existait pas avant et que cela n’était pas profondément lié à notre appartenance de classe. Nous ne serions plus des membres d’une classe sociale mais bien des individus, « pluriels », « complexes » : « Par rapport aux précédents programmes de SES, il y a actuellement pas mal de choses qui servent à noyer le poisson : la multiplicité, la complexité… », soutient Nathalie. Bref, de parfaits consommateurs et travailleurs disciplinés et atomisés pour une société néolibérale que la bourgeoisie rêve de nous faire gober. 

 

Pour Nathalie, le programme de SES ne contient pas tant un biais idéologique en niant la notion de classe sociale, mais c’est dans la partie “économie” que les dégâts sont les plus importants : « Dans le programme de première, il y a une réification du marché, une conception de l’économie très libérale qui décrit des individus qui ne sont mus que par de la rationalité en finalité… la théorie de l’acteur rationnel qui compare les coûts/avantages de ses choix s’impose depuis longtemps dans le programme. L’économie est étudiée sans tenir compte d’aucun rapport social ! » En gros, dans les chapitres d’éco : “la croissance c’est bien”, et le travail est analysé comme un marché laissant complètement de côté les rapports sociaux de production. « C’est une économie qui est complètement autonomisée de la socio. Donc en gros, les concepteurs de programme ont séparé l’éco et la socio, alors qu’à l’origine les SES liaient les deux. On se retrouve à enseigner l’économie des économistes libéraux qui ne veulent pas tenir compte de l’apport des sciences sociales. »

 

Le triomphe des notions d’individualisme et de marché montre surtout que l’école et l’université choisissent le mensonge plutôt que les faits pour des raisons politiques : c’est ce qu’on appelle l’idéologie, prétendre qu’un récit est vrai et objectif, alors qu’il est lié à des intérêts. Quel est l’intérêt d’enseigner la fin de la classe ouvrière, la moyennisation et le fait que nous ne sommes plus déterminés par notre classe mais par autre chose (on ne sait pas trop quoi) ? C’est obtenir l’adhésion de chacun au récit bourgeois selon lequel il suffit de se bouger le cul, « mobiliser son réseau » (qu’importe si vous n’en avez pas, faites-le quand même) et travailler dur pour « réussir » et ainsi prendre « l’ascenseur social ».

 

En bref, la classe dominante ne décrit jamais la société telle qu’elle est : elle serait alors obligée de reconnaître l’existence de classes sociales aux intérêts antagonistes, et le sale rôle qu’elle joue dans tout cela, si c’était le cas. Non, elle décrit la société telle que l’on doit penser qu’elle est pour que le système fonctionne et que notre soumission soit heureuse et consentie.

 

Sur la plupart des plateaux télé comme dans nombre de colloques universitaires, l’analyse en termes de lutte des classes était décrite comme « dépassée » voire « pas du tout scientifique ». La société serait devenue « trop complexe » pour qu’on puisse utiliser une grille d’analyse développée au XIXe siècle par Marx et l’ensemble du mouvement ouvrier. D’ailleurs, pour eux, la bourgeoisie, ça n’existe pas vraiment. Les travaux de Monique et Michel Pinçon-Charlot, en immersion pendant des années dans le monde des grands bourgeois ? Des travaux “engagés”, peu dignes de confiance enfin ! 

 

Et puis le monde du travail s’est « atomisé », chacun est isolé, dans son coin, et qu’importe si les grandes entreprises concentrent de plus en plus d’emplois depuis trente ans, et qu’en proportion de la population il y ait plus de salariés soumis à un patron qu’à l’époque de Marx : cette évidence continuait d’infuser dans toutes les conversations que j’avais. 

 

 

Au lycée, les profs de SES se sont mobilisés contre les réformes de modification des programmes (qui réduisaient notamment l’approche de l’économie autour de la seule théorie néoclassique), la sociologie universitaire dominante n’est pas du tout une idéologie de gauchiste, comme on le lit souvent sur les réseaux sociaux. Il s’agit dans de nombreux endroits (pas tous, heureusement) d’une pensée conservatrice au diapason des intérêts de la bourgeoisie, avec au mieux une dose de compassion pour les « moins bien dotés socialement ». Le milieu universitaire fait largement partie de la sous-bourgeoisie, cette classe dont nous parlons régulièrement à Frustration et qui est la courroie de transmission de la bourgeoisie vers les classes laborieuses. 

 

Il existe heureusement des chercheuses et des chercheurs qui utilisent leur statut pour autre chose que tenter de briguer des places dans le système universitaire (dont la baisse des moyens fait qu’il faut être de plus en plus complaisant avec sa hiérarchie pour espérer obtenir un poste de titulaire… à 35 ans). Tels proposent des travaux qui articulent la notion de classe sociale avec des paramètres géographiques (par exemple Benoît Coquard dans Ceux qui restent), des facteurs de genre (comme Haude Rivoal dans La fabrique des masculinités au travail), urbains (Monique et Michel Pinçon-Charlot avec Les ghettos du gotha)… Et nous permettent de mieux comprendre la société qui nous entoure afin de la transformer.

 

 

Comment on nous enseigne à ne pas voir la lutte des classes

Pour en revenir aux sujets de bac, on attend donc de nos chers élèves qu’ils restituent bien les leçons apprises au lycée : quand on veut, on peut, il n’y a pas de classes sociales dans lequel on serait coincé, oui, même toi petit prolétaire qui vis dans ton HLM, même toi jeune fille du monde rural…Tout vous est ouvert, croquez la vie à pleines dents et surtout ne venez pas vous plaindre. Ironie du sort, cet exercice de récitation de la pensée dominante se déroule pendant le baccalauréat, examen national qui symbolise l’illusion de la méritocratie à la française. Ces sujets du bac en disent bien plus long sur les objectifs de celles et ceux qui les font que sur leurs effets réels sur la jeunesse. Par exemple, l’enquête Arte-France Culture de 2021 montre que, parmi les répondants français, 77% jugent le capitalisme incompatible avec l’écologie, que la majorité veut s’épanouir au travail, qu’une minorité seulement veut créer une entreprise, qu’ils sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur (63%), que les trois quarts d’entre eux pensent qu’il faut multiplier les référendums…

 

 

L’idéologie dominante est toujours en échec. C’est cela qui rend ses partisans si hargneux. Puisqu’ils décrivent une réalité sociale qui est fausse, ils construisent de fausses évidences et de grandes théories qui finissent toujours par tomber face aux événements. La croissance verte, la mondialisation heureuse, le ruissellement, la méritocratie. Il suffit de regarder autour de soi pour s’apercevoir de la fausseté de ses affirmations. Seuls celles et ceux qui bénéficient de ces mensonges – les bourgeois et les sous-bourgeois (parmi lesquels se situent donc nos sociologues-idéologues et leurs équivalents télévisuels éditocrates) y croient. Forcément, quand on est né avec une cuillère en argent dans la bouche, qu’on a eu les voyages linguistiques, les prépas concours, les grandes écoles sélectives, le réseau de papa, il est plus sympa de se dire qu’on a eu tout ça à la force de notre poignet que grâce à son lieu de naissance. Mais lorsque le réel de notre société de classes fait irruption dans leurs vies, ils hallucinent. Chaque mouvement social est une surprise pour eux, puisqu’ils se racontent le reste du temps que le travail n’est pas pénible, que les salaires sont bons, que la croissance profite à tous et que les seuls problèmes de ce pays sont les arabes qui refusent de s’intégrer et les assistés qui ne veulent pas faire d’effort.

 

La hiérarchie de l’Éducation nationale, les grands médias et la majeure partie du monde intellectuel nous apprennent à ne pas voir la lutte des classes mais, inévitablement, la vie réelle nous y ramène. Qu’ils parlent, qu’ils trépignent, qu’ils mentent : nous, nous avançons.

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 05:01

Courrier International a relevé la température record au Koweit de 52°. Cette température, mesurée à l’ombre, correspond à 70° au soleil, la plus élevée enregistrée cette année dans le monde. Dans le même temps, selon L’Obs, une forte quantité de neige est tombée en Bavière à quelques jours de l’arrivée de l’été.

 

 

Longue réflexion, dans Res Publica sur les suites de l’affaire des burkinis de Grenoble :

 

La nature de l’offensive islamiste contre la République par le biais des tenues prescrites aux femmes n’est pas une révélation : rappelons-nous l’affaire du foulard de Creil en 1989. Faudra-t-il renouveler le même long combat que celui qui a mené à la loi du 15 mars 2004 ? La situation n’est pas la même pour des raisons liées à la géopolitique de l’islamisme jusque dans ses manifestations terroristes, qui ont conduit dans notre pays, d’un côté au durcissement des positions sécuritaires extrêmes, de l’autre à l’adoption de stratégies plus souterraines et bien ciblées sur les angles morts des textes. Sans compter que la France constitue une cible de choix par son attachement aux principes laïques.

 

La première victoire des fondamentalistes de l’islam serait de parvenir à diviser non seulement le peuple, mais en outre les femmes, et de renforcer ainsi une domination masculine qui n’a point besoin de prétextes pour reprendre du poil de la bête !

 

Il faut reconnaître la nature politique de ce combat. Or, sur un sujet hautement inflammable en période électorale, les partis politiques, syndicats et mouvements féministes de la gauche se signalent à ce jour par un silence prudent sinon embarrassé !

 

Dans L’Obs, les dinosaures de Hollywood sont des « machines à fric du fond des âges. La saga des dinosaures a déjà réuni 5 milliards de spectateurs. Son sixième et dernier volet sera à coup sûr un des succès de l’été. Les films précédents ont rapporté suffisamment d’argent en trente ans pour combler le déficit d’un État africain. Les dinosaures sont des machines à fric : fabriqués par ordinateurs, tripotés par des programmes informatiques, incroyablement réalistes, ils sont la preuve (presque) vivante de l’invasion des effets spéciaux, créatures de métavers (univers virtuels) lâchés dans nos imaginations. »

Revue de presse 410

 

L’Humanité a enquêté sur la piraterie sociale et les pavillons de complaisance des ferries transmanche :  « 786 marins licenciés en trois minutes... Le quotidien a enquêté en Angleterre afin de retracer la façon dont, le 17 mars, la compagnie britannique P&O Ferries a remplacé ses équipages par une main-d’œuvre intérimaire étrangère, employée par une société tiers et sous-payée. C'est tout un modèle de dumping social maritime qui est mis au jour. Un phénomène qui, de surcroît, contribue à rendre la Manche, empruntée par 25 % du trafic maritime mondial, toujours plus périlleuse.

 

Quand Joe embarque pour la première fois sur le Pride of Kent en 1998, il est âgé de 16 ans et rêve de devenir cuisinier. Une photographie prise à Douvres (Kent) cette année-là le montre souriant et fier en train d’exhiber, aux côtés de sa mère, un trophée récompensant le meilleur gâteau de Noël confectionné par un apprenti de la compagnie maritime P&O.

 

Vingt-quatre ans plus tard, le 17 mars 2022, en fin de matinée, Joe travaille toujours, coiffé de sa toque de cuisinier, à bord du Pride of Canterbury, lorsqu’un commando d’une quinzaine d’hommes portant des bottes de combat, des pantalons de treillis noir, des menottes accrochées à la ceinture et des blousons de sécurité jaunes lui intime l’ordre de débarquer. « Vous venez d’être licenciés ! » aboient les hommes de main à l’ensemble de l’équipage. Recruté par la société de sécurité privée Interforce, le commando agit pour le compte de la compagnie P&O Ferries. »

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