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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 06:00

De nombreux médias ont relevé les propos du banquier qui dirige la France en clôture. Du congrès de France Universités (ex Conférence des Présidents d’universités) : « « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante, et une difficulté à financer un modèle beaucoup plus financé par l’argent public que partout dans le monde ».

 

 

Dans ReSPUBLICA, Évariste analyse la poussée de l’extrême droite en France : « Alors qu’une poussée de la gauche a lieu en ce moment en Amérique latine, le recul électoral de la gauche dans les pays développés est patent. Particulièrement en France, où même le parti socialiste ne parvient plus à jouer un rôle dans les élections nationales autre que celui de bouffon. L’abstention majoritaire des jeunes de moins de 35 ans et de la classe populaire ouvrière et employée, depuis 2017 à aujourd’hui, explique en grande partie la marginalisation des gauches et empêche celles-ci d’être un rempart face aux extrêmes droites et de porter le changement social et politique nécessaire.

 

Alors que l’immigration maghrébine des années 60 et le regroupement familial de 1976 n’avaient pas suscité de poussée de l’extrême droite, l’extrême droite s’est développée contre l’immigration maghrébine à partir du milieu des années 80 en France. 

 

La crise du profit démarrée à la fin des années 60 s’est transformée en crise néolibérale en France à partir du tournant de 1983. Aucun gouvernement n’a réussi à combattre cette crise, pire chaque gouvernement a développé cette crise. Nous allons sans doute vers une crise paroxystique globale. Une fois de plus, les forces du capital utilisent l’extrême droite qui instrumentalise l’immigration pour combattre les forces sociales populaires.

 

Le contrecoup est que même dans l’élite politique et syndicale, les éléments de la classe populaire ouvrière et employée (la moitié de la population française) ont été progressivement éliminés pour disparaître des radars médiatiques et même de la simple représentation. La moitié du peuple sans représentation ne gêne pas la bourgeoisie intellectuelle ! Comme le nez au milieu de la figure, il est pourtant visible qu’au moment de l’explosion du discours sur la nécessaire diversité, la moitié du peuple (la classe populaire ouvrière et employée) est exclue de toute représentation médiatique, dans les directions des organisations syndicales, politiques et associatives, et qu’une partie des couches moyennes intermédiaires subit un déclassement. Et on s’étonnera du mouvement des gilets jaunes…

 

La droite et l’extrême droite feront plus de 70 % des votants tant qu’une gauche n’aura pas compris qu’elle ne peut plus gouverner sans le vote massif de la classe populaire ouvrière et employée et d’une majorité des jeunes de moins de 35 ans ! 

 

C’est dans ce cadre qu’entre en lice le « wokisme » importé de la gauche identitaire étasunienne avec sa police de la pensée, sa compatibilité avec le capitalisme qui vise à tenter de substituer la lutte des identités à la lutte de classe comme axe prioritaire du développement social et historique. L’idéal pour les tenants du capitalisme, c’est de développer ces associés rivaux que sont les droites autoritaires, d’une part, et des identitaires de gauche et d’extrême gauche et de la gauche néolibérale, d’autre part. Cette dernière ayant abandonné la question sociale comme l’a théorisé Terra Nova en 2011.

 

Ce n’est pas l’arrivée subreptice de la gauche sociétale, « wokiste », néolibérale et anti-laïque qui sauvera la gauche ! La présentation médiatique de Christiane Taubira comme sauveuse de la gauche laisse songeur. Elle, qui a soutenu toute la politique antisociale de la présidence Hollande, est une des rares députés de gauche à avoir voté en 2004 contre le retour aux circulaires laïques du Front Populaire interdisant les signes religieux à l’école. Pire, lorsque le conseil départemental de la Guyane a souhaité que le conseil départemental ne paye plus les salaires de l’évêque et des prêtres catholiques comme dans 96 autres départements français, elle a demandé au procureur l’application de l’ordonnance de Charles X de 1828 donnant ce privilège à la seule Église catholique !

 

 

Revue de Presse 389
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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 06:07

 

Passe sanitaire ou licenciement ? Élisabeth Borne veut lancer une nouvelle offensive contre le monde du travail, selon le site Anti-K :

 

« Le passe vaccinal annoncé par Jean Castex vendredi dernier à l’issue d’un énième conseil de défense, constituait déjà une nouvelle offensive contre les non-vaccinés, renforçant l’autoritarisme sanitaire du gouvernement. Depuis, Olivier Véran a mis sur la table une nouvelle mesure envisagée par le gouvernement, un passe sanitaire en entreprises. La 3 janvier, la Ministre du travail Élisabeth Borne convoquait les organisations syndicales et patronales à une réunion en visioconférence pour en discuter.

 

Ce passe sanitaire en entreprise constitue une véritable attaque contre l’ensemble du monde du travail puisque la mesure consiste à menacer de sanctions, notamment de suspension, les salariés qui n’auraient pas de passe sanitaire à jour : « On ne peut pas empêcher les gens de travailler s’ils ne sont pas vaccinés, mais on peut exiger d’eux qu’ils fassent un test », a précisé le ministre de la Santé. Une façon donc d’étendre à l’ensemble des salariés l’obligation de présenter un passe sanitaire à laquelle sont déjà soumis quelques « 2 millions d’employés travaillant dans les hôtels, bars et restaurants », et donc en contact avec du public, précise Libération. Une façon aussi d’imposer, sous peine de sanctions, la vaccination, puisque la durée de validité des tests a été réduite à 24h et qu’ils constituent un coût plus que conséquent pour les non-vaccinés. »

 

 

Le World Socialist Website revient sur la tentative de coup d’État fasciste du 6 janvier 2021 à Washigton.

 

1. Le 6 janvier a été un tournant et un événement unique dans l’histoire américaine. Il s’agissait d’une tentative en règle du président de renverser l’élection afin de rester au pouvoir et d’établir une dictature personnaliste.

 

2. Cette tentative a presque réussi. La tentative de coup d’État a été extraordinairement proche de réussir à renverser l’élection. Elle a échoué entièrement en raison d’erreurs d’organisation, d’inexpérience et, dans certains cas, d’accidents purs et simples.

 

3. Aucune institution de l’establishment politique ne s’est activement opposée à la tentative d’instaurer une dictature. La police était intentionnellement en sous-effectif et fraternisait souvent avec la foule. L’armée a refusé d’intervenir pendant 3 heures, offrant à Trump une fenêtre pour agir. Le Parti démocrate a refusé de lancer un appel à la population pour s’opposer au coup d’État, de peur de déclencher une explosion de l’opposition sociale.

 

4. Le danger de la dictature demeure bien réel. Les tentatives de minimiser les événements du 6 janvier facilitent les préparatifs en cours de Trump pour de futurs complots.  

 

Le site Initiative Communiste rappelle que le 15 JANVIER marquera le 400ème anniversaire de la naissance de Molière. Il soutient l’initiative de l’association COURRIEL pour la résistance au tout-globish. Ursula von der Leyen fait illégalement de l’anglais la langue de travail unique des institutions européennes. L e tout-globish de la mondialisation capitaliste se substitue de jour en jour à la langue de la République avec la complicité de Macron et des euro-gouvernements successifs. Rivale pseudo-patriote de Macron, Valérie Pécresse est une militante du globish et une adversaire déterminée du français, qu’elle déclare « en déclin ». Ne parlons pas d’Hidalgo qui a « vendu » la candidature de Paris aux J.O. en badigeonnant la Tour Eiffel de slogans débiles en globish. Étant donné qu’aucun des candidats de gauche médiatiquement répertoriés ne lève le petit doigt pour défendre notre langue (on se souvient du tonitruant « PCF IS BACK » de Fabien Roussel…), l’avenir de cette dernière est entièrement dans les mains des militants du mouvement populaire.

 
Revue de Presse (388)

 

Á propos de son film Twist à Bamako, Robert Guédiguian, dans L’Humanité,  estime qu’il faut redécouvrir ce qui s'est passé au Mali vers 1960. Un souci d'émancipation, et cette voix particulière de développement pour l'Afrique. Une voix envisagée d'ailleurs par les plus rêveurs de ceux qui portaient ce mouvement, ceux qui étaient favorable à ce mouvement socialiste, comme pouvant être un exemple pour le monde. Ce rêve-là, il faut le redécouvrir, parce qu'il pourrait encore rendre pas mal de services aujourd'hui. Je crois qu'il est toujours aussi nécessaire aujourd'hui, on l'a un peu oublié, mais on peut l’assimiler, de manière critique bien sûr. Il faut en garder l'essentiel, c'est à dire le partage, le sens du collectif et le sens de la fête.

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 06:00

Comme un enfant de cinq ans qui donne des grands coups de pied dans une porte qui ne veut pas s’ouvrir, le banquier ne supporte pas l’obstacle, la contradiction.

 

L’extrême violence de la police à ses ordres – qui a utilisé des armes de guerre contre des manifestants Gilets-jaunes, ne l'oublions jamais – ne fut (n’est, ne sera ?) que la traduction de son désarroi face à une expression collective hostile qu’il n’avait pas envisagée.

 

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder » est la dernière des petites phrases assassines sorties de la bouche d’un individu en perpétuelle recherche d’équilibre, et que certains vont jusqu’à qualifier de psychopathe. Mais il s’agit de psychologues étrangers qui ne risquent rien.

 

Alors, récapitulons ce florilège indigne tout en violence, en mépris pour ceux qui s’opposent, mais aussi pour ses soutiens lorsqu’ils ne sont pas assez empressés.

 

En juin 2017, à Mayotte, une île lointaine peuplée de gens sans aucune sensibilité, peut-on penser, il compare les migrants comoriens à des animaux : « « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent ».

 

Toujours en juin 2017, tombe de sa bouche, à la surprise générale, la tristement célèbre (et meurtrière si on y réfléchit bien) métaphore de la gare « un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ».

 

En août 2017, il s’en prend – à l’étranger – à la France dans sa globalité en pensant accéder aux « rêves de Français » qu’il croit connaitre, lui le petit-bourgeois du quartier chic d’Henriville à Amiens : « La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Transformer le pays en profondeur pour retrouver le destin qui est le sien, ça, c’est un combat qui fait rêver les Français ».

 

En septembre 2017, il s’en prend aux « fainéants » qui, on le sait depuis le XIXe siècle, sont responsables du chômage car ils ne veulent pas travailler : « Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

 

En octobre 1917, il s’en prend à des syndicalistes CGTistes qui accompagnent des salariés licenciés (pour lui, un adhérent de ce syndicat doit être un alien extrêmement malfaisant) : « Certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas ».

 

En juin 2018, dans une vidéo, il déplore qu’on mette « un pognon de dingue dans les minima sociaux » et que « les gens pauvres restent pauvres »« On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir. » Ah, si l’on pouvait gouverner par des « trucs », comme au Café du Commerce…

 

Lors de l’affaire Benalla – qui s’éternise sûrement parce que la Justice veut la décortiquer à la perfection – le banquier éborgneur attaque ceux qui doutent devant ses propres godillots LREM : « On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir s’y soustraire lorsque le temps est difficile. S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. Et ce responsable, il répond au peuple français, au peuple souverain ».

 

Deux mois plus tard, dans les jardins de l’Élysée, chez lui donc, il suggère à un chômeur horticulteur de rechercher un emploi dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration. Et il a le front d’ajouter qu’en traversant la rue il va lui trouver du travail.

 

Á la même époque, il critique, à l’étranger, les Français « Gaulois réfractaires au changement ».

 

Je l’ai dit et redit, mais quand je pense à la distinction naturelle avec laquelle sa grand-mère s’exprimait, mes bras ballent. Sacré retour du refoulé chez cet enfant choyé…

 

La violence verbale d’un enfant d'Henriville devenu banquier éborgneur et emmerdeur
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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 06:00

Un dossier remarquable sur « la gauche qui perd « : « Pour la gauche européenne, c’est l’hiver. Loin des espoirs suscités par leurs débuts, les nouvelles formations critiques envers la social-démocratie, Podemos en Espagne et Die Linke en Allemagne, sont elles aussi affaiblies, tandis qu’en Italie la disparition du Parti communiste, en avril 1991, a laissé le camp progressiste sans boussole . Incapable d’écouter les aspirations populaires et de tirer profit du mécontentement général, la gauche s’enferme souvent dans un discours où le pathos le dispute à la mièvrerie. Elle espère ainsi rassembler grâce à une rhétorique consensuelle des groupes sociaux que dorénavant tout sépare.

 

On a tort de considérer comme acquis, incontournable, le célèbre logiciel Pronote qui a révolutionné la vie des élèves, et aussi des enseignants (Luvie Tourette) : « Utilisé dans plus de deux établissements du second degré sur trois, le logiciel de gestion de la vie scolaire Pronote rend bien des services aux familles et aux communautés éducatives, notamment pour affronter les dernières réformes du lycée. Mais, en faisant de l’immédiateté la norme, il change aussi les métiers en profondeur, ainsi que les relations entre parents, élèves et enseignants. »

 

Pour Ian Urbina, la Libye est un garde-chiourme de l’Europe face aux migrants : « Pour qu’ils retiennent à tout prix les migrants, le Vieux Continent subventionne grassement les pays du pourtour méditerranéen à qui il a délégué le contrôle de ses frontières. Un reportage mené en Libye dans les conditions les plus difficiles dévoile la face cachée de cette hypocrisie. »

 

Le Diplo reprend une conférence de Pierre Bourdieu intitulée “ Imposer une vision du monde ” : « Le  champ politique, le champ des sciences sociales et le champ journalistique sont trois univers sociaux relativement autonomes et indépendants, mais qui exercent des effets les uns sur les autres. Lors d’une soirée électorale à la télévision par exemple, ces champs sont présents, mais sous la forme de personnes. Un historien connu commentera les résultats, à côté d’un journaliste et du directeur de l’Institut des sciences politiques, membre du champ académique et du champ des sciences sociales à travers les instituts de sondage auxquels il donne par ailleurs des conseils. On pourrait faire une description interactionniste, c’est-à-dire limitée aux interactions entre les gens, ou une analyse de discours portant sur la rhétorique employée, les procédés, les stratégies, etc. »

 

Que se passe-t-il en Transnistrie (Loïc Ramirez) ? : « Si un étranger me le demande, je réponds que je suis de quelque part entre l’Ukraine et la Moldavie », rétorque avec malice Mme Loudmila Kliouch. Une tasse de café entre les mains, cette jeune femme de 36 ans sait que prononcer le nom du pays où elle vit laisserait perplexe n’importe lequel de ses interlocuteurs étrangers. Enseignante de français, elle habite Tiraspol, la capitale de la Transnistrie, ce « quelque part » si méconnu. Appelé officiellement République moldave du Dniestr (ou Pridnestrovie), ce proto-État situé dans la partie orientale de la Moldavie, entre le fleuve Dniestr et la frontière ukrainienne, n’est reconnu par aucun membre des Nations unies. […] La Transnistrie est revenue au centre de l’actualité après l’élection, le 16 novembre 2020, de la très europhile Maia Sandu à la présidence de la République de Moldavie (avec 57 % des suffrages), un résultat conforté huit mois plus tard par des élections législatives remportées par sa formation, le Parti action et solidarité (PAS), avec 48 % des voix. Cette ancienne économiste, passée par la Banque mondiale, s’est illustrée dès sa prise de fonctions par un regain d’hostilité à l’égard du voisin sécessionniste. »

 

Selon Christine Lévy, les Japonaises ne veulent plus se taire : « Le triomphe du Parti libéral-démocrate au Japon lors des élections législatives d’octobre 2021 s’accompagne d’une défaite du féminisme, avec un recul du nombre de femmes députées. Pourtant, à la faveur du mouvement #MeToo, les bouches s’ouvrent, les mobilisations se nouent. Mais celles-ci ne franchissent pas encore les portes des entreprises ni des assemblées élues. C’était la première fois que la loi de 2018 « pour promouvoir la participation commune des hommes et des femmes dans le domaine politique » – c’est son nom – s’appliquait à un scrutin législatif. Pourtant, les élections du 31 octobre 2021 se sont soldées par un recul de la proportion de femmes élues à la Chambre des représentants : 45 députées sur 465 sièges, contre 47 quatre ans plus tôt. Le Japon se traînait alors au 164e rang (sur 190 pays) du classement de la parité en politique.Les féministes japonaises avaient réclamé que cette loi inscrive l’obligation d’atteindre une « répartition équitable des candidatures d’hommes et de femmes ».Mais elles se sont heurtées à l’opposition ferme des députés de droite. et la version ratifiée se contente de demander aux partis de faire « autant d’efforts que possible ».

Le Monde Diplomatique (270)

Peut-on désormais penser que tout commence au Chili (Franck Gaudichaud) ? : « Avec presque 56 % des voix, le candidat de gauche Gabriel Boric vient de remporter l’élection présidentielle contre M. José Antonio Kast, nostalgique de la junte d’Augusto Pinochet. Âgé aujourd’hui de 35 ans, M. Boric deviendra le plus jeune président de l’histoire de l’Amérique latine lorsqu’il prendra les rênes de l’État, le 11 mars 2022. Alors, tout restera à faire… »

 

Pour Lakhdar Benchiba et Omar-Lofti Lahlou, on assiste à un bras de fer entre le Maroc et l’Algérie : « Entre Alger et Rabat, le temps de la cohabitation dans l’indifférence semble révolu. La question du Sahara occidental, jamais résolue depuis 1975, envenime de nouveau les relations entre les deux poids lourds du Maghreb. À cela s’ajoute le rapprochement du royaume chérifien et d’Israël, que les autorités algériennes considèrent comme une menace militaire directe contre leur pays. »

 

Be,njamin Lemoine assiste au retour des maîtres chanteurs de la dette : « Candidate du parti Les Républicains, Mme Valérie Pécresse promet de ramener la dette publique française à 100 % du produit intérieur brut. Reviennent ainsi les appels à mettre en place de nouveaux « comités de la hache » pour tailler dans les dépenses publiques, au moment même où les interventions de la Banque centrale européenne réduisent à néant le pouvoir de nuisance des créanciers privés. »

 

Romain Cruse décrit le kaléidoscope antillais : « Fin décembre, les manifestations contre l’obligation vaccinale imposée aux personnels soignants se poursuivaient en Guadeloupe dans le cadre du mouvement social qui balaie les Antilles françaises depuis le mois de novembre 2021. La diversité des revendications et la détermination des protestataires illustrent la profondeur de la crise que traversent ces territoires ultramarins. »

 

Tout schuss : la Chine est le plus grand marché de skieurs débutants : « La Chine a parfois du retard, mais quand les dirigeants et les hommes d’affaires s’y mettent la donne change rapidement. Les sports d’hiver n’existaient pratiquement pas en 1995 ; à l’orée des Jeux olympiques, qui s’y dérouleront en février, le pays totalise près de huit cents stations. Les plus importantes pistes de ski sont couvertes et peuvent accueillir simultanément trois mille pratiquants. »

 

Pascal Bouaziz réfléchit sur la condition de l’artiste aujourd’hui (« je suis un luxe ») : « Qu’est-ce que la vie professionnelle d’un artiste qui est fêté par les critiques et a ses fervents, mais que les radios et télévisions ignorent ? Quelles interrogations, intimes, sociales, politiques, suscitent les limites du succès d’estime ? Un chanteur estampillé « de qualité » en rend compte de l’intérieur. »

 

Allons de ce pas côté cour observer, avec Ma       rie Bénilde, Vincent Bolloré : « Fin 2021, alors qu’un chroniqueur d’extrême droite de la chaîne CNews devenait le candidat du groupe Bolloré à l’élection présidentielle, l’establishment a paru s’étonner qu’un pilier du capitalisme français soutienne ouvertement des thèses aussi réactionnaires. C’est peu dire que le couple formé par MM. Éric Zemmour et Vincent Bolloré embarrasse les élites économiques : à l’opposé d’une extrême droite arriérée contre laquelle il est confortable de se mobiliser, ce tandem personnifie une bourgeoisie conservatrice, raffinée et brutale. Mais assurément moins tapageuse que ses deux porte-flamberge, dont les inclinations politiques proclamées sans détour indisposent l’univers des possédants. Pour la classe dirigeante, l’année 2022 débute par une équation insoluble : comment critiquer Zemmour-Bolloré sans s’éclabousser soi-même ?

 

Célébré par la presse et par ses pairs sous les atours successifs du « petit prince du cash-flow » dans les années 1980 et 1990, de l’industriel « audacieux » et « visionnaire » dans la décennie 2000, du repreneur d’entreprises en vue puis du conquérant d’Afrique, le milliardaire gravite de longue date, tout comme son chroniqueur, à l’intersection des galaxies économique, politique et médiatique. Tous deux se disent marginaux en squattant les positions de pouvoir. D’un côté, le magnat des médias, qui étend son influence à travers les rachats de Havas, Editis, Canal Plus, Prisma et désormais Lagardère-Hachette, incarne un patronat soucieux de s’adapter à la mondialisation en liquidant le service public et en quadrillant l’édition. De l’autre, le journaliste du Figaro Magazine, diplômé de Sciences Po, qui porte depuis deux décennies la voix d’une droite autoritaire et misogyne, dépeignait déjà l’exilé en « envahisseur » le samedi soir sur France 2, sur le plateau de la chaîne i-Télé de l’ère pré-Bolloré ou sur RTL avant sa reprise par M6.

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 05:29

Seul de la toile française, Le Grand Soir consacre de nombreux articles au calvaire de Julian Assange. Ici, un extrait d’un texte publié par Edward Snowden : 

 

« Ce Noël pourrait bien être le dernier que le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, passera hors des geôles américaines. Le 10 décembre, la Haute Cour britannique s’est prononcée en faveur de l’extradition d’Assange vers les États-Unis, où il sera poursuivi en vertu de l’Espionage Act pour avoir publié des informations véridiques. Il est clair pour moi que les accusations portées contre Assange sont à la fois sans fondement et dangereuses, dans une mesure inégale - sans fondement dans son cas personnel, et dangereuses pour nous tous. En cherchant à poursuivre Assange, le gouvernement américain prétend étendre sa souveraineté à la scène mondiale et tenir les éditeurs étrangers responsables des lois américaines sur le secret. Ce faisant, le gouvernement américain créera un précédent pour poursuivre toutes les organisations de presse du monde entier – tous les journalistes de tous les pays – qui s’appuient sur des documents classifiés pour rendre compte, par exemple, des crimes de guerre commis par les États-Unis, du programme de drones américain ou de toute autre activité gouvernementale, militaire ou de renseignement que le département d’État, la CIA ou la NSA préféreraient garder enfermés dans le secret, loin de la vue du public et même de la surveillance du Congrès. »

 

 

Dans le World Socialist Website, Martin Kreickenbaum s’est livré à un décompte macabre : « Près de 300 réfugiés se sont noyés en Méditerranée au cours de la semaine précédant Noël. Au cours de la semaine qui précède Noël, près de 300 réfugiés se sont noyés dans plusieurs accidents de bateau en mer Méditerranée. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, au moins 200 personnes sont mortes au large des côtes libyennes et des dizaines d’autres ont péri en mer Égée. Selon les données officielles, au moins 1 887 personnes se sont noyées en Méditerranée cette année alors qu’elles cherchaient l’asile. Comme dans le cas de la pandémie, les décès massifs en Méditerranée sont le résultat de politiques délibérées prises sur les piles de cadavres qui s’accumulent. Les pays européens riverains de la Méditerranée ont largement interrompu les missions de sauvetage en mer. Les réfugiés désespérés qui se retrouvent en détresse en mer et demandent de l’aide sont souvent dirigés vers la garde côtière libyenne formée par l’UE et hautement équipée. Cette dernière est essentiellement composée de milices dirigées par des seigneurs de guerre et est notoirement connue pour ses graves violations des droits de l’homme. »

Revue de Presse (387)

Dans son blog, El Diablo revient sur la tragédie minière de Liévin, en 1974 : « Il y a quarante ans, au fond d’une galerie de la fosse 3, dite Saint-Amé du siège 19 du groupe de Lens-Liévin, 42 mineurs ont trouvé la mort. Un drame qui n’était pas dû à la fatalité :

 

« Les organisations syndicales ont décidé l’arrêt de travail pour le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. En ce qui concerne notre fédération nationale du sous-sol CGT hier nous avons appelé les mineurs de France à rendre le jour des obsèques un dernier hommage aux victimes et à exiger plus d’hygiène et de sécurité dans les mines… Nous ne croyons pas à la fatalité. Quand il y a une catastrophe comme celle que nous avons connue hier, une véritable tragédie, il y a incontestablement des causes. Nous voulons qu’elles soient décelées, recherchées afin que pareille tragédie ne se reproduise plus. Mardi prochain, lors des funérailles des victimes, les mineurs du Nord-Pas-de-Calais et de nombreux mineurs d’autres bassins vont rendre, par une grève de vingt-quatre heures, hommage aux victimes. » Achille Blondeau, secrétaire de la fédération des travailleurs du sous-sol CGT, a le ton grave. La veille, le 27 décembre 1974, à 6 h 30 du matin, un violent souffle dévasta à 710 m de profondeur une part de la fosse 3, dite Saint-Amé de Lens-Liévin, à Liévin. Une cinquantaine d’hommes se trouvaient au fond, exécutant des travaux préparatoires pour l’exploitation future de ce chantier. Quarante-deux gueules noires y laissèrent leur vie, le plus jeune avait vingt-cinq ans, le plus âgé cinquante-quatre : à cet instant, cent quarante enfants devinrent orphelins ! L’émotion fut considérable. La catastrophe de Liévin en ce Noël 1974 était la plus grande tragédie que connaissait le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais depuis les 1 099 victimes de la tragédie de Courrières en mars 1906. Tout d’abord les responsables évoquèrent un coup de poussier. L’utilisation du marteau-piqueur et plus encore des haveuves mécaniques augmentait considérablement la présence de fines particulières de carbone dans les mines. Hautement inflammables, elles favorisaient les explosions dévastatrices. Mais, très vite, les experts acquirent une autre conviction. Les 42 corps remontés du fond avaient été autopsiés : les autopsies révélèrent la présence de grisou. L’accident était donc lié à un coup de grisou. Composé de 90 % de méthane, inodore et invisible, le grisou était le gaz redouté des mineurs.  »

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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 06:05
 

 

Alors que la campagne présidentielle 2022 est lancée et que les médias des milliardaires et de son régime Macron saturent les ondes et les unes de leur haine xénophobe pour faire diversion, il est un sujet qui mérite un débat urgent : celui de la diversité linguistique alors que le globish du Wall Street English est imposé partout pour mieux faire primer l'idéologie de l'impérialisme des États-Unis. C'est pourquoi les communistes du PRCF, parmi les 30 mesures d'urgence qu'ils proposent pour 2022 ne font pas l'impasse sur la promotion de la langue française et la promotion de la francophonie internationale.

 

En violation de l’article II de la Constitution qui dispose que « la langue de la République est le français », et de la loi Toubon de 1994 qui stipule que le français « est la langue du travail, de l’enseignement, des échanges commerciaux et des services publics », le tout-globish promu par le MEDEF, l’Union européenne (et tout particulièrement ces derniers temps, par le Parquet européen, la Cour des comptes européenne et la Commission européenne) et les traités néolibéraux transatlantiques, avance à pas de géant en France dans le cadre d’une inavouable politique générale de substitution de l’anglo-américain managérial à la langue française. Tous les domaines sont contaminés : publicités, enseignes et produits, communication interne et externes des grandes entreprises, système éducatif de la maternelle au troisième cycle universitaire, voire communication des collectivités territoriales, des services publics (SNCF, Poste, EDF...) et même des ministères. Dans le même temps, la France officielle désinvestit sur tous les plans (économique et culturel notamment) l’espace francophone mondial, notamment africain, pourtant riche de près de 900 millions de personnes parlant ou comprenant peu ou prou notre langue commune.

 

Cette tentative inavouée, soustraite par les média et les gouvernements successifs à toute forme de débat démocratique, de « désétablir » le français et de contourner, puis de changer, la Constitution et la loi existante (loi Toubon d’août 1994) pour basculer notre pays au tout-anglais, va de pair avec l’offensive délétère des forces euro-régionalistes et eurofédéralistes qui, tout en ignorant les langues de l’immigration de travail, et plus encore le chinois, première langue parlée au monde, dévoient la défense, légitime en elle-même, des langues régionales pour établir l’Europe fédérale des régions et détruire l’espoir d’une République française souveraine, sociale, démocratique, laïque, une et indivisible.

 

Héritier du grand PCF patriote et internationaliste qui, sous l’Occupation, porta haut le drapeau de la langue et des « Lettres françaises » clandestines, prenant le contrepied du PCF-PGE actuel qui déclare veulement, par la voix de son secrétaire national Fabien Roussel, que « PCF is back ! », le PRCF appelle à résister au tout-globish aliénant, à défendre et à promouvoir la langue française, à soutenir la Francophonie sur des bases internationalistes, à enseigner les langues régionales sur des bases républicaines sans mettre en cause le monopole administratif national du français et à élargir à tous l’accès, via l’Education nationale, aux langues étrangères dans toute leur diversité.

 

1 – UN CONSTAT LINGUISTIQUE ACCABLANT

 

Arrachage délibéré du français, substitution systématique de l’anglo-américain des affaires au français dans un nombre croissant de domaines, basculement précipité du pays et des pays européens voisins au tout-globish, le peuple français subit une politique linguistique inavouable que les forces capitalistes dominantes refusent de mettre en débat, préférant imposer si possible ce basculement linguistique subreptice de manière « ludique » et inconsciente par les pubs, les chansons, le cinéma, le bain linguistique en globish dès la maternelle et la petite musique pernicieuse permanente, serinée dès la Maternelle, selon laquelle l’anglais serait la seule langue d’avenir. Cette « ligne » linguistique n’émane pas du peuple, encore moins du monde du travail. C’est au contraire le MEDEF qui se déclare officiellement « ready for the future » lors de son congrès de 2003, c’est le Baron Sellières, ex-président du MEDEF et ancien président du syndicat patronal européen qui déclare en 2004, devant le Conseil européen des chefs d’Etat : « je ne vous parlerai plus désormais qu’en anglais, la langue de l’entreprise et des affaires ». Ce sont aussi les grandes entreprises privées « françaises », PSA et Renault en tête qui, imitant Volkswagen, ont basculé toute leur communication technique interne à l’anglais, portant un coup énorme au « français technique ». Ce sont les pubs aux heures de « prime time » (grande écoute) qui sacrifient grossièrement et laidement le français au globish. Ce sont les réformes successives (Pécresse, Fioraso, Darcos, Vidal...) autorisant les universités, voire les écoles, collèges et lycées à dispenser des cours en anglais (délivrés par des professeurs francophones à des étudiants francophones : il n’est pas question ici bien sûr des cours d’anglais eux-mêmes...). C’est l’obligation désormais faite aux Universités de n’inscrire en licence que des étudiants affichant une certification en anglais (au détriment des autres langues étrangères, espagnol, arabe, russe, chinois, arabe, italien, portugais...) ou, de manière encore plus grossièrement anticonstitutionnelle et illégale, la nouvelle « carte nationale d’identité », ou le « passe sanitaire » covid ornés d’un drapeau européen et comportant des mentions en français suivie de leur traduction uniquement en anglais (rupture majeure avec tout le droit administratif, confirmé par la Révolution française, depuis 1539, et avec la loi Toubon qui impose la traduction en au moins deux langues).

 

Quant aux services « publics » en voie d’euro-privatisation, ils sont hélas en pointe dans la politique d’anglicisation, l’Etat français qui domine leurs conseils d’administration fermant les yeux, voire facilitant l’anglicisation des enseignes et autres « produits » commerciaux : « Ma French Bank », dit la Poste, « ouigo » ou « SNCF connect » répond la SNC« F », « Pulse » poursuit ED« F », « Blue Sky », dit « Airfrance », et tout à l’avenant... Quant aux émissions de radio et de télévision, elles se nomment, dans la parfaite impassibilité du CSA chargé de veiller sur notre langue, « The Artists », « The Kid Voice », « Super Fail », « Soft power », et tout à l’avenant.

 

Plus grave encore, le chef de l’Etat censé garantir la Constitution et exécuter la loi est le premier à les violer en organisant, en France même, des évènements mondiaux titrés en anglais : « Make the planet great again », « Choose France ! », « French Tech », etc.

 

Sur le plan des régions et des « territoires », outre la rapide érosion du français par le tout-globish cher aux caciques (« In Annecy Mountains », « Only Lyon », « O my Lot ! », carte de transports « Navigo Easy » mise en place par Valérie Pécresse qui prétend porter la « Fierté française »), on assiste à une alliance du Parti Maastrichtien Unique (composé des partis LR, LREM, UDI, PS, EELV...) avec les euro-séparatistes locaux, bretons, corses, alsaciens, catalans, etc. ; leur but commun, défendu notamment par Bayrou, est de co-officialiser les langues régionales, d’abolir l’article II de la Constitution (« la langue de la République est le français ») et de mettre en place dans la « Charte européenne des langues minoritaires et régionales » promue par Berlin et par Bruxelles. Ces euro-destructeurs de pays et d’acquis démocratiques est de « désétablir » le français de son rôle structurant de premier service public de France et de langue commune à tout le territoire national ; et ce faisant, de « dépasser » l’idée même de territoire national (« euro-régions transfrontalières »), d’ethniciser la citoyenneté française, de passer subrepticement d’une citoyenneté universaliste à une représentation figée des minorités ethniques. Cette brèche majeure dans le droit linguistique français vise moins à établir l’usage administratif quotidien des langues régionales, qui n’a en réalité presque pas existé (le latin a précédé le français dans ce rôle), qu’à aider l’UE à établir subrepticement l’anglais comme unique « lingua franca » en France, puis, comme « langue auxiliaire » du pays (à la manière de ce qui s’est passé en Irlande, et qui a fini par marginaliser le gaélique).

 

Il s’agit aussi, à la faveur d’un basculement linguistique généralisé (une « babélisation » de la France), de rendre plus en plus « gazeux » les bases de la citoyenneté française et l’idée même d’un territoire national régi par une seule loi, garantie politico-juridique, sinon socioéconomique, de l’égalité formelle entre les citoyens, mais aussi, par un seul Code du travail, un seul SMIG, un seul Code des pensions, une seule Sécu, un seul statut national (des fonctionnaires, des cheminots, des électriciens-gaziers, etc.), avec des services publics d’Etat unifiés, un Plan national d’aménagement du territoire, etc.

 

A plus ou moins brève échéance, cette contre-révolution culturelle et linguistique remontant le film de l’histoire de France jusqu’à Villers-Cotterêts (1539), ne peut manquer de produire d’énormes conséquences funestes pour la paix civile : on le voit depuis des décennies en Belgique où les prétendues « querelles linguistiques » alimentées par l’oligarchie ont conduit à la quasi « évaporation » de ce pays ami ainsi qu’à son ingouvernabilité chronique sur fond de noises pseudo-linguistiques incessantes.

 

On le voit aussi dans toute l’Europe où, sur fond de généralisation du tout-anglais porté par l’UE-OTAN, une balkanisation des Etats-nations et des Etats multinationaux historiquement constitués s’est opérée, souvent sur des bases pseudo-linguistiques et « ethniques », pour diviser l’URSS et discriminer les populations russophones (Est de l’Ukraine, Pays baltes), scinder la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, etc.. Ce processus sourdement inspiré de la devise impérialiste classique « diviser pour régner », a d’abord percuté les ex-pays socialistes pour toucher désormais de plus en plus, à partir de problèmes nationaux bien réels mais dévoyés dans un sens euro-séparatiste, les pays de l’Ouest (Italie, Espagne, France). Sauf l’un d’eux qui s’est « réunifié » et qui domine aujourd’hui le continent...

 

 

2 – LES CAUSES : UNE POLITIQUE INAVOUABLE D’ARRACHAGE LINGUISTIQUE

Les enjeux de classes politiques, sociaux et culturels de ce démontage linguistique généralisé sont énormes.

 

Il s’agit d’abord pour l’oligarchie de détruire les Etats-nations qui composent l’UE pour installer, sous le nom d’Europe fédérale des régions, un Empire euro-atlantique qui ne cache même plus son nom (le mot « empire européen » est désormais utilisé couramment de Le Maire à Strauss-Kahn). La France est particulièrement ciblée car c’est sa Révolution qui a enclenché en Europe le « mouvement des nationalités » fondé sur le principe anti-impérialiste du droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Le grand capital, la CAC 40 et le MEDEF « français » affichent d’ailleurs cyniquement leur « besoin d’aire », c’est-à-dire leur volonté d’étendre leur nouvel « espace vital », celui de la quête du profit maximal, à l’échelle, quitte à liquider la France [1] et à mettre en place ce que les oligarques appellent un « Empire ». Et pour cela, comme l’a dit Rudolph Von Thadden, longtemps préposé par Bonn aux affaires franco-allemandes, « pour faire l’Europe il faut un peu défaire la France », le mot « un peu » enjolivant un processus destructif pour la souveraineté, la démocratie, la casse généralisée du produire en France et l’ensemble des acquis populaires.

 

Il s’agit ensuite, à travers le tout-globish [2] de promouvoir, moins une langue véritable qu’un code déculturé, le globish, qui s’affiche cyniquement comme la langue du « management » néolibéral mondial : énormes effets néfastes en termes d’hégémonie culturelle capitaliste car aucune langue, et moins encore aucun code normalisé par le grand patronat, n’a jamais été idéologiquement et politiquement neutre, la langue n’était pas seulement un instrument de communication, mais bien une infrastructure (jusqu’ici plurielle) de la pensée et de la production même des concepts...

 

Il s’agit surtout, pour ceux que Michel Serres appelait les « collabos de la pub et du fric », de désegmenter sauvagement, sur le plan linguistique et à l’échelle transcontinentale, le marché de l’emploi. Si l’anglais devient la seule langue permettant d’être « employable », d’une part les discriminations à l’embauche à l’encontre des non-anglophones deviendront gigantesques (un francophone ou un germanophone non anglicisant seraient moins bien placés en France ou en Allemagne pour obtenir un emploi que ne le serait un « English Mother Tongue » – anglais langue maternelle : ce qui instituerait une préférence nationale... à l’envers !). En outre, pour chaque emploi soumis par le patronat à l’offre et à la demande par la numérisation tentaculaire en marche du travail (un processus complémentaire du tout-globish, avec l’uberisation des emplois), il n’y aura plus dix, mais 100, mais 1000 candidats en concurrence : énormes effets délétères prévisibles sur les salaires et les protections sociales arrachées par les luttes dans le cadre des Etats nationaux, les langues nationales mises en extinction cessant brutalement de jouer le rôle de paliers régulateurs entre les marchés nationaux de l’emploi, les « passages » s’opérant jusqu’ici au moyen de l’apprentissage des langues étrangères.

 

Enfin, le basculement à la langue unique continentale, voire mondiale, aurait des effets proprement exterministes de contre-révolution anthropologique : en effet, le propre de l’homme est que son langage n’est pas inné et instinctif : nous ne parlons pas « le langage » (comme feraient deux pigeons venus l’un d’Espagne, l’autre de Chine ; de si loin qu’ils arrivent, ils se « comprendront » immédiatement sur une place de Paris, leur « langage » étant pour l’essentiel instinctif), mais des langues toutes liées à une culture et à une histoire parfois millénaire. Finie alors la diversité des langues et des cultures, facteur de diversité des écoles scientifiques, philosophiques, artistiques, etc. Danger majeur de totalitarisme culturel capitaliste-impérialiste par la destruction de toute forme d’« ailleurs » linguistique, de toute recherche d’altérité conceptuelle, de toute construction internationaliste (et non supranationaliste) reposant, non sur l’uniformisation culturelle du monde derrière Mac Donald, les GAFAM et Disney, mais sur le partage stimulant des diversités. Bref, derrière le tout-anglais d’apparence si « open », un monde monocolore inquiétant se met en place dont l’uniformité formelle n’empêchera même pas les querelles intestines entre grands ensembles monopolistiques. Dès lors, on ne peut que s’étonner du fait que certains, qui se disent écologistes et défendent à juste titre la biodiversité comme moteur indispensable à l’écosystème planétaire, passent leur temps à promouvoir l’uniformisation linguistique et culturelle de la planète – c’est-à-dire en fait, sous couvert d’ « internationalisation » -, l’américanisation générale des modes de vie, des modes de penser et des modes de consommation au seul profit des transnationales et de la marchandisation généralisée des activités humaines, voire des humains eux-mêmes...

 

3 – PROPOSITIONS POUR UNE RESISTANCE LINGUISTIQUE A ASSOCIER AUX LUTTES SOCIALES

 

De manière générale, il faut cesser de voir uniquement les langues comme des compétitrices s’affrontant sur un « marché » linguistique mondial, donc comme un simple « capital » marchand s’offrant aux individus comme de simples marchandises. Elément constitutif de la personnalité des nations, notamment de la nôtre, qui a largement construit son identité sur le fait littéraire [3], socle commun et diversifié à la fois de la Francophonie internationale et de l’ouverture de la France sur l’Europe et le monde [4], l’Afrique, l’Amérique, l’Océanie et l’Asie, le français doit redevenir, non plus seulement en droit mais en fait « la langue de la République » dans le cadre d’une politique linguistique et culturelle générale associée au rétablissement et à l’extension, jusqu’au socialisme, au communisme et au fusionnement internationaliste des nations, de la République souveraine, laïque et indivisible, sociale, démocratique, populaire et centrée sur le monde du travail, de la reconstruction du produire en France et des services publics, d’une diplomatie française pacifique, internationaliste et anti-impérialiste et non alignée, ouverte au dialogue avec les peuples de tous les continents, excluant à la fois une attitude néocoloniale et paternaliste envers l’Afrique et, symétriquement, une attitude servile de néo-colonisé à l’égard de Berlin et de Washington.

 

A) Protection, développement et promotion du français

 

La politique linguistique, pas plus que la politique culturelle, ne doit être abandonnée à la « loi du marché » elle-même fortement encadrée par les monopoles capitalistes. La loi Toubon sera renforcée et strictement appliquée de manière que le français redevienne effectivement, sauf cas très exceptionnel, la langue du travail, des services, des échanges, de l’enseignement, des services publics, et a fortiori, celle de l’administration, des institutions et des documents officiels. Tout citoyen pourra porter plainte contre une infraction linguistique à la loi Toubon renforcée. Ces infractions seront fortement sanctionnées sur le plan financier, voire pénal quand elles émaneront d’acteurs publics ou semi-publics.

 

Les « rappels à l’ordre » incessants de Bruxelles et de la « justice » européenne visant à invalider la législation linguistique française pour promouvoir le tout-anglais sous couvert de « libre concurrence » seront catégoriquement refusés.

 

Les dispositifs scélérats Fioraso, Darcos, Vidal seront abrogés et le français redeviendra la langue de l’enseignement et de l’Université sauf cas très exceptionnels.

 

Le patronat, les médias et les publicitaires promouvant le tout-anglais subiront de lourdes amendes abondant un fonds permanent pour la création francophone en tous domaines (sciences, chanson, cinéma, technologies, etc.). Le travail des commissions officielles de terminologie existantes sera systématiquement promu et le peuple français et sa jeunesse seront démocratiquement associés à l’évolution des usages.

 

Les quotas de chanson francophone seront relevés et les subventions d’Etat ou de collectivités publiques seront réservées aux chansons en français ou dans les diverses langues régionales du pays. Il en ira de même pour les films et spectacles.

 

Le français redeviendra la seule langue de l’armée, à l’exception bien entendu des nécessités de la traduction.

 

Tout article scientifique devra d’abord paraître en français, fût-il ensuite traduit en plusieurs langues, de manière à être compris de tout francophone doté des compétences scientifiques requises.

 

La France sortira en outre de l’UE et de l’OTAN mais, dès à présent, elle ne tolèrera plus que les institutions européennes ou atlantiques s’adressent à elle en anglais (y compris sous la plume d’eurocrates français comme Moscovici), tous les textes européens devant être rédigés dans l’ensemble des langues nationales des pays membres. Bref notre pays devra associer la défense de sa langue à celle des autres langues nationales d’Europe et du monde, la défense du français étant un aspect de la défense de la pluralité linguistique mondiale contre l’uniformisation en cours.

 

Le CSA fortement réformé sera tenu de veiller enfin au respect de la langue française sur les ondes du service public ainsi que sur les radios privées, la création en français étant systématiquement aidée et promue.

 

Sur le plan éducatif, les réformes progressistes à venir de l’Education nationale abonderont le nombre d’heures de cours consacrées à l’étude et à la maîtrise sur tous les plans de la langue française (vocabulaire, grammaire et orthographe, rédaction, littérature, théâtre...) de l’école primaire à la terminale au rebours des contre-réformes qui se sont succédé de Giscard d’Estaing à Blanquer en passant par Jospin-Allègre, et qui n’ont cessé de diminuer les horaires scolaires dévolus au français et aux lettres françaises.

 

B) Les langues régionales seront considérées comme un patrimoine indivis de la Nation et les partis et organisations antirépublicains prétextant desdites langues pour fomenter l’euro-séparatisme régionaliste seront combattus.

 

L’Education nationale sera dotée des moyens d’enseigner les langues régionales dans un cadre laïque, et hors de toute propagande séparatiste, dès lors qu’une demande significative de cet enseignement se manifestera dans tel ou tel département.

 

Toutes les prétendues « lois organiques » permettant aux collectivités territoriales, au nom du « Pacte Girondin », de déroger à la loi nationale, y compris sur le plan linguistique, seront abrogées. La Charte européenne des langues régionales sera définitivement refusée.

 

Une exception sera toutefois faite pour les langues nationales ou créoles de l’outre-mer dans la mesure où ces territoires, s’ils demeurent de plein gré dans la République française, devront faire l’objet d’un processus complet de décolonisation et faire largement place, à côté de l’enseignement du français, aux cultures locales.

 

C) Les langues de l’immigration de travail pourront être enseignées comme LV 1 ou 2 partout où une demande suffisante se manifestera.

 

D) L’enseignement de l’anglais (et non « en anglais ») et les autres langues vivantes retrouveront dans le second degré les volumes horaires dont les ont privés les contre-réformes austéritaires. Le plurilinguisme sera favorisé et la France dialoguera avec tous ses voisins pour que le plurilinguisme soit favorisé à parité dans notre pays et dans les pays limitrophes dans une démarche impliquant la réciprocité. Le privilège linguistique systématique conféré à l’anglais, seule langue inculquée aux enfants à l’école primaire, voire à la maternelle, sera supprimé.

 

E) Des alliances seront nouées à l’échelle européenne et mondiale entre la Francophonie, l’Italophonie, l’Hispanophonie, la Lusophonie et les autres langues d’origine latine ;

 

F) L’enseignement du chinois, première langue parlée au monde, sera promu en France dans le cadre d’accords de réciprocité avec la République populaire de Chine ;

 

G) Les langues anciennes, latin et grec, qu’ont marginalisées, voire exclues du second degré, les contre-réformes antihumanistes successives, seront remises à l’honneur ; celles et ceux qui voudront les étudier devront pouvoir le faire sérieusement, sans se limiter à une forme de vernis culturel pseudo-humaniste.

 

H) Dans toutes les disciplines d’enseignement, y compris scientifiques et techniques, sera remise à l’honneur la maîtrise de la langue française écrite et parlée.

 

I) Les recherches scientifiques et techniques menées en France, qu’elles émanent de l’Université, du CNRS ou des entreprises, devront d’abord être publiées et enseignées en français, un service public de la traduction en langues étrangères étant mis en place et financé notamment par l’argent des contraventions frappant les infracteurs à la législation linguistique.

 

J) La Francophonie internationale sera réformée dans un sens internationaliste exclusif de tout esprit de domination néocoloniale, de tout paternalisme, et surtout, en mettant au premier plan de son cahier des charges la promotion de la langue française. La France proposera qu’une Académie internationale de la Francophonie assure la mutualisation des créations et des évolutions linguistiques de tous les pays francophones d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

 

K) Des relations culturelles, économiques, techniques et politiques dynamiques et égalitaires seront proposées aux pays de l’Afrique francophone, au Québec, à Bruxelles et à la Wallonie, à la Suisse romande, etc.

 

Des prix et des concours internationaux en français seront créés (chanson, cinéma, théâtre, sciences, techniques, philosophie...).

 

*Rédigée par Georges Gastaud et adoptée par le comité de campagne pour l’Alternative rouge et tricolore animé par Fadi Kassem.

 

[1] Mitterrand le sous-entendait subliminalement quand il déclarait : « la France est notre patrie, l’Europe est notre avenir ».

[2] Qu’il faut distinguer de l’anglais en tant que langue ancrée, comme toute autre, dans une culture et une histoire nationales. Nous sommes, non pas « contre l’anglais », ce qui ne voudrait rien dire, ni bien évidemment contre les Anglais, mais contre le « tout-anglais ».

[3] Cf ce manifeste hautement politique qu’écrivit le grand poète Joachim du Bellay au XVIème siècle à l’époque où entrait en vigueur l’Ordonnance de Villers-Cotterêts : Défense et illustration de la langue française.

[4] Le français est la langue seconde la plus enseignée au monde...

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 05:54

 

L’Humanité nous invite à signer une pétition visant à faire entrer Ambroise Croizat au Panthéon.

À l’initiative de l’Humanité, élus, syndicalistes et intellectuels interpellent le président de la République afin que le bâtisseur de la Sécurité sociale et ministre du Travail à la Libération, Ambroise Croizat, entre au Panthéon.

Il y a cent vingt ans ans, le 28 janvier 1901, naissait Ambroise Croizat. La France lui doit l’une de ses plus belles créations collectives : la Sécurité sociale. Il en fut la cheville ouvrière et le principal bâtisseur, en tant que ministre du Travail au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans le respect du programme du Conseil national de la Résistance. Depuis lors, des générations de citoyens ont eu la chance de bénéficier d’une couverture sociale exceptionnelle. Il faut bien mesurer l’œuvre civilisatrice d’Ambroise Croizat pour ce qu’elle est : une étape fondamentale, révolutionnaire, dans la recherche d’une vie meilleure qui a toujours animé l’humanité.

L’objectif d’Ambroise Croizat était de briser l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail. Sa volonté, sa vision étaient de ne plus faire de la retraite l’antichambre de la mort, mais bien une nouvelle étape de la vie. Notre pays doit à ce militant communiste la généralisation des retraites, les comités d’entreprise, la médecine du travail, la reconnaissance des maladies professionnelles, la prime prénatale… En tant que député du Front populaire, dès 1936, il avait déjà pris une part considérable dans l’instauration des congés payés, des conventions ­collectives et de la semaine de quarante heures.

 

Le Monde signale qu’un tribunal russe a condamné Google et Meta à des amendes de 87 millions et 23 millions d’euros.

En Russie, un tribunal a condamné, vendredi 24 décembre, Google et Meta (maison mère de Facebook) à des amendes records de 87 millions et 23 millions d’euros pour n’avoir pas supprimé des contenus « interdits ». Dans un communiqué sur son compte Telegram, le service de presse des tribunaux de Moscou a précisé que les géants californiens avaient été reconnus coupables de « récidive ».

Ils ont dès lors été condamnés, pour la première fois, à une amende calculée sur la base de leurs revenus en Russie. « Nous allons étudier les documents de la cour et déciderons ensuite des mesures à adopter », a déclaré en milieu de journée à l’Agence France-Presse le service de presse de Google.

 

Dans Le Figaro, le doyen de faculté de droit Nicolas Leblond pose une question qu’une grande majorité de Français se posent désormais : «Covid-19: voulons-nous vivre à vie sous un régime de restrictions de libertés?». Une crise sanitaire qui dure depuis près de deux ans et dont on n’aperçoit pas la fin ne peut plus être qualifiée de temporaire. Subrepticement, les bases de notre droit sont ébranlées: l’interdiction est érigée en principe et la liberté en exception, argumente Nicolas Leblond, maître de conférences de droit privé.

Le temps est venu de dessiner la façon dont nous allons devoir vivre avec ce virus et d’abandonner une appréhension uniquement sanitaire de court terme pour renouer avec une approche politique de long terme.

Les deux ans qui viennent de s’écouler l’ont montré: le raisonnement sanitaire ne connaît en lui-même aucune limite, aucun garde-fou. Son aspect purement technique conduit à toutes les propositions dès lors qu’elles pourraient permettre qu’il n’y ait plus de malades.

 

Enfin, Paris Match, toujours à la pointe de l’actualité, me confirme que de Jamie Lee Curtis à George Clooney en passant par Jessica Parker, je les ai tous et toutes devancées. Au nom d’une nouvelle mode, ces stars assument leurs cheveux grisonnants ou vieillissants : « Les célébrités sont de plus en plus nombreuses à prôner un look capillaire naturel, qu'importe les diktats de la beauté. Alors que certaines sont nombreuses à colorer leurs cheveux, qu'elles soient quarantenaires, cinquantenaires ou octogénaires, d'autres ont décidé d'embrasser le gris ou le blanc, prouvant que ces couleurs ne sont pas une tare et qu'il est même totalement possible de les sublimer. »

 

 

 

Revue de Presse 386
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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 06:16

Julian Assange risque la mort dans les prisons étasuniennes, alors qu’il n’est pas citoyen des États-Unis et que son site Wikileaks n’est pas basé aux États-Unis. S’il avait dénoncé des crimes en Chine ou en Russie, il serait prix Nobel de la paix. Chris Hedges consacre à cette condamnation à mort programmée un long article sur le site du Grand Soir :

 

Reconnaissons que l’objectif de ces bourreaux, qui ont discuté de l’enlèvement et de l’assassinat d’Assange, a toujours été son anéantissement. La condamnation à mort d’Assange, dont la santé physique et psychologique est précaire et qui a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) lors d’une procédure vidéo judiciaire le 27 octobre, ne doit pas surprendre.

 

Sa détérioration physique et psychologique constante a entraîné des hallucinations et une dépression. Il prend des antidépresseurs et un antipsychotique. On l’a vu faire les cent pas dans sa cellule jusqu’à ce qu’il s’effondre, se frapper au visage et se cogner la tête contre le mur. Il a passé des semaines dans l’aile médicale de Belmarsh. Il a appelé à plusieurs reprises la ligne téléphonique d’aide au suicide gérée par les Samaritains.

 

La cabale actuelle d’assassins se cache derrière un burlesque judiciaire supervisé à Londres par des juges corpulents en blouse et perruque de crin blanc qui débitent des absurdités juridiques dignes d’Alice au pays des merveilles.

 

Il n’y a aucune base légale pour maintenir Julian en prison. Il n’y a aucune base légale pour le juger, lui, un ressortissant étranger, en vertu du Espionage Act. La CIA a espionné Assange à l’ambassade d’Équateur par l’entremise d’une société espagnole, UC Global, engagée pour assurer la sécurité de l’ambassade. Cet espionnage comprenait l’enregistrement des conversations privilégiées entre Assange et ses avocats. Ce seul fait invalide tout futur procès.

 

Revue de Presse 385

Nous en sommes désolés pour Le Figaro, mais, selon Le Monde, Zemmour provoque un réel malaise au sein de la rédaction du quotidien de droite : « Il y a longtemps, en 2010, Eric Zemmour a failli être licencié du Figaro. Le journaliste, vedette d’une émission de Laurent Ruquier sur France 2, venait de déclarer sur Canal+ : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes C’est un fait. » Le directeur des rédactions d’alors, Etienne Mougeotte, l’avait convoqué à un entretien préalable à un licenciement, avant de faire machine arrière. Eric Zemmour était resté dans les murs, même après sa condamnation pour provocation à la haine raciale, en février 2011. Alexis Brézet, alors à la tête du Figaro Magazine, l’avait accueilli dans son équipe, avant de prendre la succession de M. Mougeotte, écarté après l’échec de Nicolas Sarkozy à décrocher un second mandat présidentiel. Près de dix ans plus tard, Alexis Brézet est toujours en poste, Eric Zemmour est candidat à l’élection présidentielle, et Le Figaro n’en finit pas de composer avec lui.

Le 1er décembre, au lendemain de la diffusion de sa vidéo d’entrée en campagne, il y avait au moins trois signatures (Vincent Trémolet de Villers, Guillaume Tabard, Alexandre Devecchio), dans le journal et sur France Inter, pour trouver qu’il y parlait juste. Depuis, les éditoriaux indulgents se sont succédé sans discontinuer. « J’aimerais que vous preniez acte que toute la rédaction n’est pas passée à l’extrême droite », supplient cependant nombre de journalistes avec lesquels nous avons échangé, requérant l’anonymat qu’ils estiment nécessaire pour pouvoir s’exprimer librement.

Plutôt heureux jusque-là de faire sereinement leur travail dans un journal prestigieux, en accord avec la ligne éditoriale qui permet à toutes les droites républicaines d’y cohabiter, satisfaits que les différents éditorialistes fassent chatoyer les sensibilités sans en privilégier aucune, beaucoup ne pensaient pas devoir poser un tel préalable un jour. Mais « cette espèce de tolérance qui n’est pas un soutien mais qui s’en approche » (selon les termes de l’une d’entre eux) envers leur ancien collègue obsédé par l’immigration et l’islam suscite le trouble. »

 

 

Selon le site Communistes, le gouvernement veut liquider rapidement la Sécu : « Des quatre scénarios, celui de la « grande sécu » qui dit-on a les faveurs du gouvernement, ne vise, ni plus ni moins, comme les trois autres d’ailleurs, qu’à liquider un acquis majeur des luttes sociales celui de la Sécurité Sociale issue du rapport de force de la libération et qui a imposé l’idée d’une protection sociale pour chacun suivant ses besoins de la naissance jusqu’à la mort, reposant sur la solidarité. Le financement est assuré par des cotisations sociales, à part égale par les salariés et par les entreprises pris sur la richesse créée par le travail. Cela constitue un salaire socialisé. Le patronat et le pouvoir à son service n’ont jamais accepté cette avancée sociale, ce principe de la sécurité sociale a été l’objet d’une lutte permanente entre le patronat avec le pouvoir dont l’objectif est de remettre en cause cette avancée sociale majeure et les salariés. 


Notre sécu est née des ordonnances d’octobre 1945. C’est après la guerre dans un pays ravagé que s’organise cette impressionnante construction qui met enfin à l’abri l’ensemble des salariés. A l’abri de tout ce qui les a hantés depuis toujours : la peur de la maladie, de l’accident, du vieillissement, , bref tout ce qui diminue voire supprime leur seul moyen d’existence le salaire, la part minimale qui leur vient de la vente de leur force de travail. Des luttes avaient déjà permis de gagner l’importante loi sur les accidents de travail et ça et là, selon les branches professionnelles, des embryons d’assurance sociale, des sociétés de secours mutuels qui pouvaient apporter un minimum d’aide. 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 06:09

 

Pendant plusieurs années, pour ce blog et pour Le Grand Soir, j'ai écrit (ou repris) des dizaines de textes contre un projet de loi dont le but était de détruire l'Université de la République en la privatisant.  Ce projet était voulu par le président de la République d'alors, Nicolas Sarkozy, qui avait d'autant plus une dent contre l'institution que son parcours universitaire s'était achevé par l'obtention d'un DEA dans des conditions assez douteuses. Il avait confié cette tâche à Valérie Pécresse, sur-diplômée pour sa part mais animée par une profonde détestation du secteur public (à la tête de la région Íle-de-France, elle a constamment réduit les subventions au public et augmenté celles du privé) et fille d'un personnage de haute volée qui restera comme l'un des tout premiers universitaires entrepreneurs français n'ayant pas hésité à se mettre en affaires avec le sulfureux Xavier Niel.

 

Pécresse fut objectivement aidée par la CFDT qui réagit mollement à son entreprise funeste, et surtout par un grand nombre de présidents d'université qui avaient compris que leurs pouvoirs et prérogatives seraient renforcés dans un contexte d'amenuisement des pratiques démocratiques en vigueur jusque là.

 

Au fait, “ LRU ” signifiait “ Loi relative aux libertés et responsabilités des universités ”. Toujours se méfier lorsque le mot “ liberté ” est utilisé au pluriel. Cela porte la marque de la droite. Quand aux “ responsabilités ”, je dirai, pour simplifier que les universités purent disposer, de manière autonome et responsable, de toujours moins d'argent, tandis que le ministère put fliquer comme jamais les administrations et le corps enseignant.

 

Je reprends ici de larges extraits d'un texte de juin 2009. J'espère qu'il convaincra ceux qui ne voient pas en Pécresse une tueuse qu'avec elle les fonctionnaires et les retraités de la Fonction publique vont souffrir encore plus qu'avec Chirac, Sarkozy, Hollande ou Macron.

 

 

Alors que le combat contre la LRU est (provisoirement) perdu, il convient de commencer à dresser le bilan de ces mois de luttes, qui se sont soldées par un échec pour la raison toute bête que le rapport de forces n’a jamais été en faveur des opposants au pouvoir politique. Le nombre des universités ayant accepté la LRU a toujours été nettement supérieur à celui de celles qui la contestaient, et à l’intérieur même des universités contestatrices les grévistes furent toujours minoritaires. Il ne faut pas se voiler la face ; et l’on gardera à l’esprit qu’en 2008 la corporation des chauffeurs de taxis avait remporté un combat de 48 heures contre Sarkozy parce qu’elle était gréviste à 90%.

Pour réfléchir, je voudrais m’aider (en décentrant quelque peu le débat) des réflexions de Christopher Newfield, professeur de littérature à l’université de Californie, et de son livre Unmaking the Public University. The Forty-Year Assault on the Middle Class (Cambridge, Harvard University Press, 2008).

Dans cet indispensable ouvrage, l’auteur explique comment « démonter » (to unmake ), en d’autres termes, flanquer par terre, l’université publique. Ce qui vaut pour l’université outre-Atlantique vaut, naturellement, en tout point, chez nous. Newfield donne sept recettes :

- Exiger, en matière budgétaire, rigueur, transparence et responsabilité (le " R " de LRU). C’est aberrant, à la limite obscène car la culture est du ressort de l’impalpable. Combien valait une heure de pause de Mona Lisa face à Léonard de Vinci ? C’est aberrant, mais cela permet et oblige à quantifier une heure de thème de grec ancien par rapport à une manip’ d’électro-acoustique, le tout opposé à l’achat de cinquante rideaux de salle de classe. Depuis une vingtaine d’années, de nombreux universitaires « gestionnaires » ont intériorisé cette démarche, enseignants de droite, mais aussi de gauche, principalement (mais pas seulement) affiliés à la CFDT. Peu importe, donc, qu’aucun gestionnaire ne parviendra jamais à quantifier ce que vaut, en espèces sonnantes et trébuchantes, un cours de littérature anglaise. Dans le même ordre d’esprit, l’alphabétisation d’un enfant en cours préparatoire est-elle plus rentable pour un pays comme la France que la production d’une Laguna ? Je défie les enseignants qui se sont ralliés, plus ou moins consciemment, bon gré mal gré, à la pratique sarkoziste de la gestion du bien public de répondre à cette question.

- Imposer l’autonomie comptable. Cette autonomie est, bien sûr, un leurre. A moyens constants (de fait, en baisse dans la plupart des pays du monde), cela oblige les établissements (universités), mais aussi les plus petites unités (les départements) à gérer par eux-mêmes les ajustements imposés par le contexte extérieur. Cela débouche par voie de conséquence sur une lutte au couteau entre ces composantes et, à l’intérieur de ces composantes, entre les personnels eux-mêmes.

- Précariser sans fin. En France, cela a commencé sérieusement dans les années soixante-dix, sous Giscard, avec la création d’un statut officiel de personnels enseignants exploités, des agrégés ou des certifiés contraints d’effectuer des services doubles de ceux de leurs collègues recrutés normalement. Depuis 1970, aux États-Unis, la proportion des enseignants et administratifs recrutés à temps partiel a doublé par rapport à celle des titulaires. Ces exploités sont victimes d’un cercle vicieux infernal puisque, effectuant davantage d’enseignement, ils ont moins de temps à consacrer à la recherche et donc moins la possibilité d’améliorer leur statut. La LRU, acceptée, on ne le répètera jamais assez, par une majorité de présidents d’université et d’enseignants, va renforcer ce processus et l’officialiser. La politique de recrutement pourra découler non pas des nécessités du développement scientifique, mais des exigences du partenariat avec les entreprises. Cela impliquera une souplesse, une « flexibilité » permise par des CDD et des CDI de droit public ou privé toujours plus nombreux (il n’y aura pratiquement plus de fonctionnaires dans l’université française d’ici vingt ans).

- Augmenter la taille des groupes ou déqualifier les enseignements. Décider, par exemple, qu’on dédoublera un enseignement de travaux dirigés à partir de cinquante étudiants et non quarante ; ou encore décider qu’un cours magistral donné à cinq étudiants (en thèse ou dans une discipline rare) comptera pour l’enseignant non comme un cours magistral mais comme des travaux dirigés. Ces pratiques, que la LRU va également consacrer, ont déjà cours depuis plusieurs années en France et ont été intériorisées par quantité d’enseignants par peur de perdre ces cours magistraux.

- Obliger les universitaires à remplir cent à deux cents pages (minimum) par an de questionnaires multiples et variés - tous destinés à encombrer les disques durs du ministère de l’Enseignement supérieur, à rédiger des rapports sur leurs activités d’enseignement et de recherche passées, présentes et à venir, donc à se justifier aux yeux, non de leurs pairs scientifiques, mais de l’institution administrative qui, lorsque la messe est dite, n’a que faire de ces mémos qu’elle est incapable d’évaluer scientifiquement. Cette énergie insensée, dépensée (comme dans de nombreuses entreprises privées, d’ailleurs) en pure perte ne sert en fait qu’à justifier l’existence d’une administration proliférante. Newfield nous précise qu’aux États-Unis, de 1975 à 1985, le nombre d’enseignants-chercheurs n’a augmenté que de 6% alors que celui des administratifs augmentaient de 60%. Le processus est kafkaïen : on recrute des administratifs pour analyser pourquoi les coûts administratifs sont en constante augmentation.

- Mettre au pinacle la désormais sacro-sainte professionnalisation. Aux dépens, bien évidemment, de l’éducation. Il y a belle lurette, aux États-Unis, que les professeurs de langue et littérature ont accepté d’amputer leurs cours de troisième cycle parce que les étudiants ne trouvaient pas suffisamment d’emplois correspondant, même latto sensu, à leur formation. Ainsi, un professeur qui dirige la thèse d’un doctorant sur l’écrivain anglais George Orwell (ça m’est arrivé) devra, au préalable, faire une étude de marché pour savoir s’il existe une demande de spécialistes d’Orwell auprès des consommateurs de littérature. Bon courage ! La logique d’une telle démarche tend naturellement vers zéro étudiant, zéro cours et zéro enseignant. Mieux que se tirer une balle dans le pied, nous dit Newfield, cela revient à mener une guerre contre soi-même. C’est accepter la logique marchande selon laquelle l’emploi (l’employabilité, selon Tony Blair) a une valeur sociale et humaine supérieure à celle de l’éducation.

- Opposer les sciences dures (on n’ose plus dire « exactes » de nos jours, petit progrès) qui font prétendument gagner de l’argent aux universités, donc à la société, aux sciences humaines, molles pour tout dire, qui n’existent qu’à fonds perdus. Combien a rapporté à la France le bout d’os que le paléoanthropologue Michel Brunet, à l’époque professeur à l’université de Poitiers, a rapporté du Tchad, après avoir littéralement sarclé le désert pendant des années grâce aux impôts payés par les chauffeurs de taxi de Poitiers, chers à Sarkozy (infirmant ce faisant les théories d’Yves Coppens qui avaient, elles aussi, coûté bonbon à d’autres chauffeurs de taxi) ? Les enseignants de lettres qui intériorisent cette logique discréditent et tuent leurs disciplines. Ils oublient dans la foulée que le capital humain (on me pardonnera cette expression) est, à terme, plus productif que le capital scientifique ou technologique.

De très nombreux enseignants ont intériorisé l’idée folle (je mâche ce mot) qu’ils sont des privilégiés. Par rapport au paysan du Mali, ils ont sûrement raison. Mais il s’agit bien sûr d’un point de vue de droite, deferential comme disent les Anglais, celui de l’ouvrier qui salue casquette basse le patron qui a la grande bonté de lui donner du travail. Les vrais privilégiés, ceux qui possèdent de vrais avantages acquis sont les grands capitalistes, les grands actionnaires qui, contrairement aux enseignants dont le pouvoir d’achat a régulièrement baissé depuis trente ans, ont vu leurs revenus exploser et trouvent tous les moyens légaux ou illégaux pour ne pas payer les impôts qui feraient vivre décemment les services publics.

La LRU va faire de l’universitaire une marchandise (ce processus a commencé avec l’évaluation des enseignants), un auto-entrepreneur (tellement responsable !) dont la tâche sera totalement individualisée. Les étudiants seront des utilisateurs (pour ne pas dire clients) d’entreprises privées.

L’enseignement sera dissocié d’une recherche effectuée dans des « pôles » dont l’excellence sera déterminée par la politique et la finance.

Les recrutements seront de plus en plus opaques, propices à toutes les magouilles : les comités de sélection sont désormais à géométrie variable (un comité par poste et, souvent, par candidat) et leurs travaux peuvent être annulés par le veto des présidents d’université.

Les conseils d’administration des universités sont désormais des CA au sens entrepreneurial du terme, alors qu’auparavant ils exprimaient démocratiquement les personnels et les étudiants dans leurs diversités.

Concoctés depuis plus de vingt ans, le Processus de Bologne, la LRU et les lois similaires dans les autres pays européens ont frappé dans un contexte très particulier : celui de la financiarisation du capitalisme. Pour affirmer leur pouvoir, les grands financiers ont pris en otage les propriétaires fonciers (crise des sub-primes), ils ont mis en danger les retraites publiques et privées. Lorsque la crise de 2009 a éclaté, ils ont obligé les gouvernants (Sarkozy en tête pour l’Europe) à les renflouer. Aux États-Unis de Bush et d’Obama, ils ont récupéré 140000 milliards de dollars (grosso modo l’argent de tout le pays) en prêts, en lignes de crédit, en obligations etc.

Durant ces glorieuses capitalistes, Newfield nous dit que l’université de Californie a perdu 40% de son budget en cinq ans. Quantité d’artifices comptables et autres ont empêché les enseignants et les étudiants de comprendre ce qui se passait.

La politique du capitalisme financier est de réduire le secteur public à la mendicité. Les enseignants privilégiés seront désormais des mendiants. Comme disait Orwell, « begging is a full-time job ». (*)

Bernard Gensane

(*) la mendicité est un travail à temps plein.

Retour sur les ravages de la LRU
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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 06:21

 

Dans Le Monde Diplomatique de décembre 2021, Barbara J. Fields et Karen E. Fields sont allées aux racines de la race : La race ne ressortit pas à la biologie humaine (contrairement au fait de respirer ou de se reproduire sexuellement) ; ce n’est pas non plus une idée (comme la valeur de π) qui pourrait mener une vie en propre. Il s’agit plutôt d’une idéologie, qui naît à un moment historique donné, du fait de causes explicables. Elle évolue donc pour les mêmes raisons.

 

La Virginie du XVIIe siècle offre un bon point de départ pour présenter cette histoire, ainsi que celle de la société des planteurs en Amérique du Nord britannique. L’État, qui menaçait à ses débuts de s’effondrer, découvrit sa vocation à partir des années 1620 : la culture du tabac. Les futurs États-Unis allaient alors connaître leur première expansion, reposant principalement sur les épaules des « serviteurs sous contrat anglais » plutôt que sur celles des esclaves africains. Ces Anglais « nés libres » pouvaient être achetés et vendus comme du bétail, enlevés, volés, misés lors de parties de cartes. Des magnats cupides rognaient sur leur nourriture et les privaient de leurs indemnités de liberté, voire de leur liberté elle-même, à l’issue de leurs années de service. Les serviteurs étaient battus, mutilés et souvent tués en toute impunité. Pour avoir exprimé des opinions défavorables au gouverneur et au conseil de gouvernement, un homme eut les deux bras brisés et la langue transpercée avec un poinçon, tandis qu’un autre eut l’oreille arrachée et dut effectuer un second contrat de sept ans de servitude.

 

Revue de Presse 384

Dans Le Grand Soir, CN46400 revient sur une discussion lors d’une commission d’enquête parlementaire de 1998 à propos de la fermeture de Superphénix : « D’entrée, Jospin fait savoir que la décision de fermeture est prise, mais néglige de préciser que c’est le résultat d’un accord avec les écolos. Il y a donc, dans la salle, deux tendances, ceux, écolos de diverses paroisses, qui veulent la peau de Superphénix et ceux qui, à des degrés divers, sont contre l’abandon.

 

Mamère et Rivasi, qui militent pour la fermeture, ont invité toute l’écologie à la tribune, Voynet (ministre de l’environnement), Cochet, Grenpeace, Lepage et toutes les assos anti-phenix europénnes. Les socialistes, prudents, ont invité des spécialistes plutôt favorables à Superphenix (Curien, Charpak, trois pontes du CEA et Allègre, ministre de la recherche scientifique). La droite, Galley, président de la commission, Poniatowski, Borotra.... est franchement hostile à la fermeture, mais ne promet jamais une quelconque réouverture.

 

 

Voilà comment la France abandonna, en rase campagne, le peloton de tête de l’atome civil, position qu’elle occupait depuis qu’un jour de 1938, Frédéric Joliot-Curie avait décroché le prix Nobel en démontrant qu’une réaction nucléaire pouvait se contrôler. Une entente franco-germano-italienne avait été mise sur pied qui aurait pu positionner l’Europe en tête de la G4 (technologie des réacteurs à neutrons rapides-RNR). Il faudra donc se contenter de la G3 (EPR) et laisser l’étape suivante aux Russes, aux Chinois et autres Japonais, Indiens ou Américains. »

 

 

Dans Res Publica, Bernard Tepper analyse le projet de destructions de la sécurité sociale par le gouvernement : « Contrairement aux prévisions de René Teulade, président de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) et ministre de François Mitterrand, qui avait souhaité la concurrence avec les multinationales de l’assurance en maintenant le caractère non obligatoire des mutuelles, les mutuelles ne sont pas parvenues à « bouffer » l’assurance privée au point de perdre des parts de marché. Les mutuelles et les assurances privées partagent le même Code des assurances du fait des directives de l’Union européenne et du couple Jospin-Aubry. Les grands opérateurs mutualistes deviennent dans leurs fonctionnements de plus en plus éloignés des anciennes valeurs mutualistes, pratiquant sans vergogne la sélection par le risque et le pilotage par la recherche de la rentabilité en lieu et place de la satisfaction des besoins. » Et il note qu’«un rapporte la Cour des comptes publié en juillet exposait que 40% des frais de gestion complémentaires Santé étaient consacrés à l'acquisition de nouveaux clients (publicité, marketing, démarchages etc.). En d'autres termes, les frais de gestion des complémentaires sont quatre fois supérieures à ceux de la Sécurité sociale.   

 

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