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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 06:15

http://a7.idata.over-blog.com/3/42/93/56/personnalites/Jean-Jaures.jpgUne nouvelle rubrique, donc. Mais jusqu'où ira-t-il ?


Écrire m'est très facile quand je puise chez les bons auteurs (mais je n'ai tout de même pas le talent de pompage de Macé-Scaron). Cette foi-ci, dans un petit livre de Viktor Dedaj et Maxime Vivas : 200 citations pour comprendre le monde, suivies du programme du Conseil National de la Résistance (Éditions : La Brochure).


L'ouvrage est préfacé par Jean-Luc Mélenchon. La première phrase de son texte (on reconnaît bien notre Jean-Luc national) mérite de devenir une citation impérissable : "Citer est ridicule".


 

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. (Jean Jaurès)*

 

Dans toute idée, il faut chercher à qui elle va et de qui elle vient; alors seulement on comprend son efficacité. (Bertolt Brecht)

 

*Tout récemment, le potentat du Sud-Ouest Jean-Michel Baylet a essayé de s'annexer Jaurès. Presque aussi convaincant que Sarkozy...

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:07

Cassidy (né Robert LeRoy Parker) était un ancien garçon boucher, d’où son surnom “ Butch ”. Et de la boucherie, il en fit. Après le suicide de son collaborateur Harvey Logan, alias Kid Curry, il partit tenter sa chance en Amérique du Sud. Il sévit pendant de longues années dans la sierra et finit par tomber dans une embuscade tendue par l’armée bolivienne. Il se fit sauter la cervelle à 42 ans.

 

(Subtractio).

http://www.circlevilleutah.org/images/butch.jpg


Chef de la tribu Bororo rendue célèbre par Tristes Tropiques, Cadete fut frappé par la variole à l’âge de 53 ans. Il demanda que ses jours soient abrégés. On peignit son corps, on le para de ses plus beaux atours et on l’étouffa. Combattue par les missionnaires, cette coutume a trouvé grâce auprès des militants de la mort douce.

(Valetudinis adversæ impatienta).

 

http://www.proverbes.net/resizeimage.php?source=/img/boutique/mz/5d/7d/5d7da36b29ea0e65-grand.jpg&largeur=420&q=60

 

Né en 1926, Gabriele Cagliari fut, à la tête de l’Eni, un industriel plutôt sulfureux. En 1962, Enrico Mattei avait péri dans un “ accident ” d’avion pas vraiment accidentel parce qu’il était trop intègre. Trente ans, plus tard, dans le cadre de l’opération « Mains propres », Cagliari fut inculpé de versements de pots-de-vin au profit du gouvernement algérien. Le 20 juillet 1993, après cinq mois d’incarcération, il se suicide en se recouvrant la tête dans un sac en plastic. Il écrivit vouloir commettre « un acte de rébellion contre un mécanisme qui cherche à annihiler les hommes et non la justices ».

(Jactatio).

 

http://www.repubblica.it/online/album/novantatre/turani/internet3gardincxw200h286c00.jpg

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:54

Je passe sur Eva Braun, suicidée à 33 ans, deux jours après avoir convolé en justes noces. En fait, c’est la vie maritale qu’elle n’a pas supportée (Subtractio).

 

http://www.psychologytoday.com/files/authors/michael_brody.jpg?1245866240Michael Brody Jr était un héritier du roi de la margarine, son grand-père. Une fois la fortune empochée, il se proclama le Messie et annonça qu’il allait distribuer tous ses dollars afin d’apporter paix et prospérité au monde. Il signa des centaines de chèques à des anonymes qui se présentèrent à sa porte. La banque refusa de les honorer. Michael fut mis sous tutelle et soigné en HP. À l’âge de 24 ans, il se suicida d’un tir de chevrotine en pleine tête.

(Furor).

 

Socialiste, Pierre Brossolette fut un grand résistant. Sa descendance vira à droite, tout en gardant son nom, les gens de droite aimant bien le beurre et l’argent du beurre (« Sylvie Pierre-Brossolette »). Il rejoignit De gaulle en 1942 et fut chargé d’unifier la Résistance en zone Nord. Brossolette et Moulin créèrent le CNR. Brossolette fut arrêté le 22 mars 1944. Il fut torturé pendant deux jours et demi. Il se jeta d’une fenêtre de l’immeuble occupé par la gestapo avenue Foch. Il avait 41 ans.

Plus de 400 rues en France portent son nom.

(Subtractio).

http://pluq59.free.fr/image/timbresgrandformat/1957/1103.JPG

 

Daniel Burros fut un membre éminent du Ku Klux Klan et du parti nazi américian. Son programme : exterminer les Juifs et réhabiliter Hitler (suicidé bien connu). Sa croisade prend fin de manière surprenante le 31 octobre 1965 quand le New York Times en publie une bien bonne. Burros s’appelle en réalité Klansman et est juif de père et de mère. À 28 ans, l’homme du clan (ouaf !) se tire une balle dans le cœur, puis une autre dans la tête.

Les soupçons que Burros soit juif commencèrent quand il se trouvait encore au Parti nazi américain. Il aimait la nourriture casher et fréquentait des femmes juives. Quand son camarade Rockwell découvrit qu'il était juif, il désira rester en relation avec lui. Cependant, deux heures à peine après avoir lu le New York Times, Burros se suicidait dans le bureau du parti nazi où il se trouvait.

Lors de la conférence de presse après la mort de Burros, George Lincoln Rockwell se répandit en injures contre les Juifs qu'il appelait « ..un peuple unique avec une quantité importante de malades mentaux », et attribuait le suicide et l'instabilité de Burros à « cette fâcheuse psychose juive ».

(Pudor).

http://2.bp.blogspot.com/_tkm9v4opNG8/TCXAe7WriKI/AAAAAAAADm0/wxTYlIkSVe0/s1600/daniel+burros.jpg


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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 06:24


http://www.antiwarsongs.org/img/upl/Jarrow_march_002.jpgAu début de sa carrière d’écrivain et de journaliste, pour des raisons peut-être plus personnelles que politiques, Orwell s’est intéressé à ceux qui avaient sombré dans la misère la plus noire au début des années trente en Grande-Bretagne. Il a écrit de nombreux textes, dont son premier livre publié en 1933, Dans la dèche à Paris et Londres (Down and Out in Paris and London). Il écrivit ce livre après avoir partagé, volontairement, le sort de ces malheureux, dans les asiles de nuit, dans les champs de houblon du Kent, dans les arrière-cuisines de cafés et de restaurants parisiens.

 

Dans le chapitre III de cet ouvrage, il décrit ce qui se passe dans la conscience de ceux qui sombrent. C’est peu dire que ces lignes écrites il y a soixante-dix ans, sont, malheureusement, toujours d’actualité.

 

Curieuse sensation qu’un premier contact avec la “ débine ”. C’est une chose à laquelle vous avez tellement pensé, que vous avez si souvent redouté, une calamité dont vous avez toujours su qu’elle s’abattrait sur vous à un moment ou à un autre. Et quand vient ce moment, tout prend un tour si totalement et si prosaïquement différent. Vous vous imaginiez que ce serait très simple : c’est en fait extraordinairement compliqué. Vous vous imaginiez que ce serait terrible : ce n’est que sordide et fastidieux. C’est la petitesse inhérente à la pauvreté que vous commencez par découvrir.

 

[…] Vous vous trouvez brutalement contraint de vivre avec six francs par jour. Mais vous ne voudriez pour rien au monde que cela se sache : il faut donner à votre entourage l’impression que rien n’a changé dans votre vie. […] Vous renoncez pour commencer à donner votre linge à blanchir. […] Le buraliste ne cesse de vous demander pourquoi vous fumez moins. Il y a des lettres auxquelles vous voudriez bien répondre, mais cela vous est impossible parce que les timbres sont devenus trop chers pour vous. Et puis, il y a la question de la nourriture – de loin la plus épineuse. Chaque jour, aux heures des repas, vous faites ostensiblement mine de prendre la direction du restaurant, mais vous passez une heure dans les jardins du Luxembourg, à tourner en rond et à regarder les pigeons. […] Votre ordinaire se compose de pain et de margarine, ou de pain et de vin, mais là encore il vous faut tricher. Vous achetez du pain de seigle au lieu de pain de ménage parce que les pains de seigle, quoique plus chers, sont ronds et donc plus faciles à mettre dans une poche. Ce qui, chaque jour, vous fait dépenser un franc en pure perte. […] Vous mentez à longueur de journée et ces mensonges vous coûtent cher.

 

[…] Vous découvrez ce que c’est que d’avoir faim. L’estomac lesté de pain et de margarine, vous allez vous promener dans la rue et lorgner les devantures. Partout vous apercevez des étalages débordant de victuailles qui vous sont autant d’insultes : des cochons entiers, des paniers pleins de miches juste sorties du four, des mottes de beurre jaune, des chapelets de saucisses, des montagnes de pommes de terre, d’énormes meules de gruyère.

 

[…] Vous découvrez l’ennui, compagnon obligé de la pauvreté – ces moments où, n’ayant rien à faire, vous vous sentez incapable de vous intéresser à autre chose qu’à votre estomac qui crie famine. Vous passez la moitié de la journée allongé sur votre lit, dans l’état d’esprit du jeune squelette de Baudelaire. Seule la nourriture pourrait vous arracher à votre torpeur. Vous vous apercevez qu’un homme qui a passé ne serait-ce qu’une semaine au régime du pain et de la margarine n’est plus un homme mais uniquement un ventre, avec autour quelques organes annexes.

 

[…] Et pourtant, j’étais loin d’être aussi malheureux que je l’aurais cru.. Car lorsque vous vous trouvez au seuil de la misère, vous faites une découverte qui éclipse presque toutes les autres. Vous avez découvert l’ennui, les petites complications mesquines, les affres de la faim, mais vous avez en même temps fait cette découverte capitale : savoir que la misère a la vertu de rejeter le futur dans le néant. On peut même soutenir, jusqu’à un certain point, que moins on a d’argent, moins on se tracasse pour cela. Quand il vous reste cent francs en poche, vous imaginez les pires ennuis. Si vous avez trois francs, cela ne vous fait ni chaud ni froid. Car avec trois francs, vous avez de quoi manger jusqu’au lendemain : vous ne voyez pas plus loin. […] Le régime du pain sec et de la margarine sécrète, en son sens, son propre analgésique.

 

Il est un autre sentiment qui aide grandement à supporter la misère. […] c’est un sentiment de soulagement, presque de volupté, à l’idée qu’on a enfin touché le fond. Vous avez maintes et maintes fois pensé à ce que vous feriez en pareil cas : eh bien, ça y est, vous y êtes, en pleine mouscaille – et vous n’en mourez pas. Cette simple constatation vous ôte un grand poids de la poitrine.

 

Traduction : Michel Pétris pour Champ Libre.

 

 

On peut lire : Bernard Gensane. George Orwell, vie et écriture. Presses Universitaires de Nancy.

 

 

 

’Spleen

Je suis comme le roi d’un pays pluvieux’’

 

poème de Charles BAUDELAIRE

 

dans

 

’Les fleurs du mal’’

(1857)

 

Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,

Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,

Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,

S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.

Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,

Ni son peuple mourant en face du balcon.

Du bouffon favori la grotesque ballade

Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;

Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,

Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,

Ne savent plus trouver d'impudique toilette

Pour tirer un souris de ce jeune squelette.

Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu

De son être extirper l'élément corrompu,

Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,

Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,

Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété

Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 15:37

http://www.pyepimanla.com/dec_jan_07/actualite/rep_actualite/haiti/images/TimounKeKontan02.jpgQue nous réserve ce numéro de rentrée (mais sont-ils partis) de septembre 2011 ?

La chine peut désormais se payer le luxe de donner des leçons aux Etats-Unis et à la terre entière (Martine Bulard : “ Addictions chinoises ”) :

« Des États-Unis tancés et privés de la note de meilleur élève de la classe (capitaliste) ; une Chine sollicitée pour renflouer les caisses et impulser la croissance mondiale. Même dans leurs rêves nationalistes les plus fous, les dirigeants chinois n’auraient pu imaginer plus spectaculaire basculement de l’histoire.

Ils ne se privent donc plus de donner des leçons à cette Amérique « qui doit soigner son addiction à la dette »(Xinhua, 7 août 2011). Et précisent que Pékin « a tous les droits d’exiger des Etats-Unis qu’ils s’attaquent à leur problème structurel ». Qui paye le bal mène la danse. Or la Chine se montre très généreuse : elle a accumulé en bons du Trésor américain 1 170 milliards de dollars, soit l’équivalent ou presque de la richesse annuelle produite par la Russie. Une arme financière qu’elle utilise politiquement, renvoyant les Occidentaux à leurs turpitudes. »

Patrick Haimzadeh évoque les conditions de l’unité nationale en Libye :

« Si la fin du régime de M. Mouammar Kadhafi conforte l’élan des révoltes dans le monde arabe, en particulier en Syrie, beaucoup reste à faire pour construire la paix. Le Conseil national de transition, qui promet des élections, va devoir démonter un à un les piliers du régime et apprendre à travailler avec les tribus — notamment celles de l’Ouest, qui ont joué un rôle décisif dans la bataille. »

À lire également “ Quand la Banque mondiale encourage la razzia sur les terres agricoles ” et “ Investisseurs libyens, paysans maliens ”.

Un article très intéressant de Julien Brygo sur la domesticité dans le monde, sur le mirage des services à la personne, suivi d’un dossier très nourri : (“ La malédiction du balai ”, “ Syndicaliser les aides à domicile : un travail de fourmi ”, “ Éternelles invisibles ”) :

« Le gouvernement français et une partie de la gauche voient dans les « services à la personne » un gisement d’emplois providentiel. On compte quelque cent millions de travailleurs domestiques dans le monde. Aux Philippines, l’« exportation » de bonnes est devenue une industrie nationale, avec formation obligatoire et séminaires de préparation à l’exil. Nombre d’entre elles travaillent à Hongkong. »

Ibrahim Warde dénonce les « indétrônables fauteurs de crise » :

"Même le ralentissement de la croissance en Chine et en Allemagne n’interrompt pas le durcissement des politiques d’austérité. Pendant que les socialistes espagnols entendent constitutionnaliser la réduction des déficits publics, la droite française, qui a dû se résigner au relèvement cosmétique des impôts des plus riches, continue à tailler dans les dépenses de l’Etat. Après le krach financier de septembre 2008, on annonçait pourtant le retour de Keynes."

Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva explique comment l’Europe aide officiellement les spéculateurs : “ Une directive européenne pour doper la spéculation ” :

« Depuis 2010, plus de la moitié des échanges boursiers européens s’effectuent via des systèmes opaques. Grâce à la déréglementation impulsée par Bruxelles.

Lundi 20 septembre 2010, Bruxelles. Rue de la Loi, bâtiment Charlemagne, salle Alcide-De-Gasperi, la foule des grands jours se presse. Le commissaire chargé du marché intérieur et des services, M. Michel Barnier, ouvre la réunion par « un souvenir personnel » : « Il y a quelques mois, lorsque je me suis préparé à mes futures fonctions de commissaire européen, j’ai entrepris de longues séances de travail avec mes services. Le directeur général m’a indiqué alors : “Il faudra réviser la MIF.” Oserai-je dire que cette affirmation ne me parut pas totalement limpide ? » Depuis, M. Barnier a bachoté. »

Jean-Pierre Terrail dénonce en Luc Chatel un destructeur de l’Éducation nationale : “ Controverses sur l’apprentissage de la lecture ” :

« En visite à Helsinki le 16 août dernier, le ministre de l’éducation nationale Luc Chatel a attribué les succès du système scolaire finlandais à sa « modernité », à la « grande autonomie » de ses établissements et au mode de recrutement de ses professeurs. Des observations censées cautionner les choix français, notamment en matière de coupes budgétaires (lire « Pourquoi veulent-ils casser l’école ? » ). Le ministre ne s’est en revanche pas soucié des méthodes d’apprentissage de la lecture. Lesquelles occupent pourtant une place centrale dans la réussite des élèves et la lutte contre la perpétuation des inégalités. »

Dans la même veine, Christian Laval se demande pourquoi ils veulent « casser l’école » :

« En septembre 2007, à peine élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy avait exprimé dans une « Lettre aux éducateurs » son souhait d’une école avec « moins de professeurs ». Et, pour une fois, la promesse a été tenue, avec la suppression de seize mille postes d’enseignant en 2011 et 2012, ce qui devrait conduire à la destruction de quatre-vingt mille postes en cinq ans dans l’enseignement primaire et secondaire. Cette véritable saignée suscite colère et inquiétude chez les enseignants, mais aussi chez les parents d’élèves et, désormais, chez les maires, y compris ceux de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). L’annonce de la fermeture de mille cinq cents classes du primaire à la rentrée 2011 a soulevé l’indignation : « Trop c’est trop, on ne peut plus continuer à supprimer des postes dans l’enseignement  ! »,s’est ainsi exclamé M. Jean-Pierre Masclet, le président UMP de l’Association des maires du Nord. »

Les patrons de presse sont « déjà en campagne » (Marie Benilde) :

« Erosion des ventes, concurrence d’Internet : la presse quotidienne française a-t-elle les moyens de redresser la situation ? Ses actionnaires industriels sont en passe d’être remplacés par des financiers ; mais les uns comme les autres cherchent à la mettre au service de leurs intérêts, tandis que les contre-pouvoirs qui limitaient leur ingérence faiblissent.

Dans la prochaine course à l’élection présidentielle française, la presse écrite et son outil industriel risquent d’occuper les états-majors politiques. L’Etat doit-il accompagner financièrement la restructuration des journaux ? Alors que la direction du Figaro a choisi en juin de céder le contrôle de son imprimerie de Tremblay-en-France au groupe Riccobono, celle du Monde annonçait le même mois l’arrêt d’une des deux rotatives encore en service à l’imprimerie d’Ivry-sur-Seine. M. Louis Dreyfus, président du directoire du Monde, projette de confier à la presse quotidienne régionale le soin d’apporter « une solution d’impression en régions », afin d’assurer des ventes l’après-midi en province et de combler ainsi une perte annuelle de 3 millions d’euros. Au total, d’après The Economist. M. Xavier Niel, l’un des actionnaires du Monde, envisagerait de licencier deux cent vingt des deux cent soixante ouvriers du site. L’hebdomadaire britannique compare d’ailleurs ce milliardaire du Web à M. Rupert Murdoch, qui brisa la résistance du syndicat des typographes anglais dans les années 1980. Mais il estime aussi que la presse quotidienne nationale va au-devant d’un sévère conflit dès lors qu’elle se heurte au Syndicat du livre, dont un quart des membres seraient menacés par la restructuration du Monde. »

Un éclairage intéressant sur le terrorisme par Sébastien Fontenelle : “ Au nom des victimes ” :

« Ce sera, d’après l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), qui l’organise, l’un des plus importants rendez-vous (de « dimension internationale ») de la rentrée : Paris accueille, du 15 au 17 septembre, dans le prestigieux cadre de l’Ecole militaire et « sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy », le Congrès international des victimes du terrorisme, septième du nom.

Les précédentes éditions, dont la première a eu lieu en 2004, se sont pour la plupart tenues en Espagne — en présence, à chaque fois, d’éminents représentants du très droitier Parti populaire, dont le moindre ne fut pas l’ancien chef du gouvernement espagnol, M. José María Aznar. Mais il est aussi arrivé par deux fois qu’elles se délocalisent en Colombie : à Bogotá, en 2005, puis à Medellín, en 2009. En ces deux occasions, les organisateurs purent compter sur l’amicale participation, lors des cérémonies d’ouverture, d’un homme que nul ne saurait suspecter de n’avoir pas lutté de toutes ses forces contre le terrorisme, puisqu’il s’agit du président colombien de l’époque, M. Alvaro Uribe, sur qui pèse le lourd soupçon d’avoir (dans le meilleur des cas) toléré, durant son règne, que des escadrons d’assassins paramilitaires commettent impunément, et sous le sceau, précisément, de la guerre à la terreur, d’atroces tueries. »

Une réflexion sur l’abstentionnisme en France par Blaise Magnin : “ Les urnes et le peuple ” :

« La perspective de l’élection présidentielle de 2012 va multiplier les sondages mesurant les chances respectives de chaque candidat. Programmes et petites phrases seront disséqués par les commentateurs politiques. Mais ceux-ci seront moins diserts sur l’abstention, qui perturbe le fonctionnement du système représentatif d’où les gouvernants tirent leur légitimité.

Tour à tour présentés comme « aberrants » ou « pathologiques », les comportements abstentionnistes contredisent la mythologie de la démocratie représentative. Laquelle voit dans la participation électorale l’acte fondateur permettant à chaque citoyen d’exprimer ses opinions et ses préférences politiques. »

Gérard Mordillat se livre à un surprenant éloge du flou :

« Proposer au spectateur des images le plus nettes possible peut sembler le minimum que l’on soit en droit d’attendre d’un cinéaste. Par leur qualité comme dans leur enchaînement, elles doivent être sans ambiguïté, propres, limpides, rassurantes. Mais est-on si sûr que cette approche soit la mieux à même de rendre fidèlement la vérité du réel ? »

 

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 15:33

http://storage.canalblog.com/78/62/139268/53832031.jpgSi mon grand-père ou mes parents, qui furent instituteurs, revenaient sur terre, ils seraient stupéfaits de voir des enseignants, même blanchis sous le harnais, démissionner de l'Education nationale. Ils ne manqueraient pas, évidemment, de relier ces drames individuels à la casse de la Fonction publique et des valeurs républicaines commencée sous Chirac/Raffarin/Villepin et amplifiée sous Sarkozy.

 

La lettre de démission ci-dessous a été publiée par Rue 89 le 2 septembre 2011.

 

Je souhaite par ce courrier, monsieur l'inspecteur, vous présenter ma démission. Depuis la fin des années 80, je n'ai pu qu'assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l'enseignant, et à l'appauvrissement du champ éducatif à l'école.

 

Sous couvert d'un « recentrage » perpétuel vers l'acquisition de « fondamentaux », de socle, l'école primaire s'est appauvrie, s'est repliée sur elle-même ; elle s'est coupée des ressources de son environnement naturel, à la fois urbain, familial et social.

 

Le temps et le champ de l'enseignement se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d'objectifs, d'injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d'initiative et d'autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives.

Restriction de la liberté éducative

Le plan Vigipirate, l'alourdissement des procédures d'autorisation de sortie, ou d'intervention de tiers, la règlementation des activités physiques […] ont constitué autant d'entraves au développement d'un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.

 

Qui peut encore en effet, dans sa classe et dans son école, sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?

 

Sans que l'on y prenne garde, c'est toute la liberté éducative nécessaire à l'apprentissage de l'autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l'école.

Inflation des évaluations en tous genres

A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants.

 

Cette tendance est allée si loin, que l'on peut se demander si l'enseignement à l'école n'est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.

En vingt-quatre ans, je n'ai observé également aucun progrès dans la formation ou l'accompagnement des jeunes enseignants.

 

La formation éducative, l'accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psycho-affectif de l'enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusés aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose leur impréparation.

Des relations d'autoritarisme et de servilité

Membre de l'Icem pédagogie Freinet [pédagogie fondée fondée sur l'expression libre des enfants, ndlr] de longue date, j'aurais souhaité contribuer à l'intérieur de l'Education nationale au développement d'une pédagogie respectueuse de l'enfant, de ses besoins et de ses aspirations.

 

Je suis malheureusement aujourd'hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n'ont plus de place dans l'Education nationale, telle qu'elle est devenue.

 

Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent les modes d'évaluation néfaste, l'absurdité du » soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.

 

La relation avec la hiérarchie s'est tellement dégradée qu'il n'y a plus de place aujourd'hui dans notre institution que pour des relations d'autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l'acte d'éduquer. Aujourd'hui, Monsieur l'Inspecteur, il devient clair que c'est en dehors de l'école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.

Mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie

C'est pour cette raison, que dans le cadre de l'action associative, je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l'école.

 

C'est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d'aujourd'hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.

 

Constatant que ces objectifs n'ont plus aujourd'hui de place dans l'Education nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission. Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie.

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 14:50

http://madjyc.com/images/ane.jpgJ'ai plaisir à publier ci-dessous ce texte de mon camarade et ami Xavier Lambert (Université du Mirail) :

 

Construire l’économie de la connaissance en faisant l’économie des connaissances ?

 

Concrétisé par le processus de Bologne, notamment, cela fait plusieurs années que l’enseignement en général et l’enseignement supérieur en particulier a vocation à rejoindre le secteur marchand autour du fameux concept de « l’économie de la connaissance ». Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire accroire parfois ici et là, n’est pas seulement l’organisation économique de la connaissance, mais bien son intégration à terme dans le système marchand.


Les différentes réformes entreprises ces dernières années, en Europe notamment, ont pour objectif de mettre en place les conditions de cette marchandisation et, là comme dans d’autres domaines, la crise financière sert de prétexte à une accélération du processus par la diminution drastique des dépenses publiques, et l’affaiblissement des secteurs publics qui en découle dans chaque pays.


La France n’est bien sûr pas à l’abri, cette logique procède de la même logique que celle des choix résolument ultralibéraux de Sarkozy.


C’est la raison pour laquelle, aussi bien dans le primaire, dans le secondaire que dans le supérieur, le gouvernement Sarkozy a mis en place des réformes structurelles profondes qui visent fondamentalement à instaurer une culture d’entreprise dans les différents niveaux du système éducatif. Le modèle initial en est celui de la loi LRU qui a été imposé aux universités en 2009. Pour l’essentiel, il s’agit de créer des établissements autonomes dans leur gestion financière (y compris pour la masse salariale en ce qui concerne les universités), avec des chefs d’établissement aux pouvoirs considérablement renforcés (avec la possibilité de recruter leur personnel, enseignant inclus) dont la mission tient davantage du management que de la pédagogie, et dont le recrutement pourra se faire de plus en plus hors du sérail.


Pareillement, de plus en plus nombreux sont les coups portés au statut de fonctionnaire. D’une part, notamment pour les universités, sous prétexte de « recentrer sur le cœur du métier », de plus en plus d’emplois de BIATOSS sont externalisés et cela va probablement s’accentuer avec le développement des PPP (Partenariat Public/Privé) qui dévoloiront la gestion et l’entretien des locaux ainsi construits au privé.


Mais c’est ce qui est en train de se dessiner aussi pour les personnels enseignants du premier et du second degré. La réforme de la formation des enseignants laisse envisager la disparition des concours, ce qui est somme toute dans la même logique que l’abandon du cadre national qu’on retrouve à différents niveaux. La diminution drastique du nombre d’enseignants titulaires n’est pas dictée que par des raisons d’économie, on le voit bien cette année par exemple où le ministère recrute autant de vacataires via Pôle Emploi qu’il supprime de postes. Et, corollairement, des centaines d’étudiants vont sortir chaque année de l’université avec des masters enseignement qui leur reconnaîtront la compétence pour enseigner sans en avoir la qualification parce qu’ils ne seront pas reçus aux concours du fait du faible nombre de postes ouverts.


Les suppressions de postes s’inscrivent aussi dans un projet de recentrage des disciplines enseignées défini par le fameux « socle commun de connaissances et de compétences ». Exit, donc, à plus ou moins court terme, les petites disciplines, jugées non essentielles aux acquis attendus par rapport aux besoins de l’entreprise. Et l’intitulé même de ce « socle » montre que la mission première de l’enseignement n’est plus l’éducation, mais la formation à l’acquisition de connaissances et de compétences.


Il y a là un glissement qui me paraît très important quant aux enjeux qu’il recouvre. On le voit clairement à l’université dans le cadre, notamment de la nouvelle licence définie par l’arrêté de juillet dernier. Ce qui se dessine clairement, c’est que la licence n’est plus tant le lieu de l’acquisition d’un savoir scientifique cohérent que celui d’un parcours individualisé qui articule acquisition de connaissances, sans référentiel national, et construction de compétences qui, elles, n’ont rien à voir avec un quelconque contenu scientifique. Significativement, le diplôme n’est plus un objectif en tant que tel puisque l’objectif annoncé est celui du niveau licence pour 50% d’une classe d’âge.


Si le principe d’une approche épistémologique de l’acquisition des connaissances est une bonne chose en soi, le dispositif annoncé relève davantage du supermarché que d’un parcours structuré, accentué encore par l’extension des mesures de compensation. En fait, la structure de la nouvelle licence consiste essentiellement à sectoriser les modules de formation, entre enseignement, stages, et dispositifs d’acquisition de compétences, dans la perspective d’une adaptabilité directe à l’emploi.  Il s’agira donc davantage de vendre des compétences que d’assurer la transmission de savoirs.


L’objectif à terme me semble être celui de placer l’université compétitivement sur le marché de la formation au même titre que les organismes de formation privée de type CFA par exemple.


Ce n’est probablement pas un hasard si un certain nombre d’outils ont été ou vont être mis en place et qui font cohérence à partir de cette grille de lecture :


- Le fait que la loi LRU ait rajouté la professionnalisation aux missions fondamentales de l’université.


- La création des BAIP (Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle) où on a parfois la surprise de voir siéger des représentants de Pôle Emploi.


- L’attribution du label d’excellence aux formations en fonction du taux d’insertion professionnelle de leurs étudiants dans les 3 mois qui suivent leur sortie.


- L’évaluation des enseignements en fonction de leur performance.


Il nous faut plus que jamais réaffirmer la nécessité d’un service public d’enseignement et exiger qu’il soit maintenu hors AGCS.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 15:32

http://image.toutlecine.com/photos/p/a/c/pacha-07-g.jpgUne récente émission de France 2 consacrée à Jean Gabin « en famille » m’a ramené cinquante ans en arrière. Cette émission revenait sur l’un des événements dramatiques dans la vie de l’acteur et des siens : l’invasion pacifique de sa propriété normande par 700 agriculteurs en 1962.

 

Une fois le succès revenu vers le milieu des années cinquante, Gabin avait décidé de consacrer son argent au développement d’une exploitation agricole. Quand d’autres célébrités boursicotaient ou planquaient leur fortune en Suisse, l’acteur avait choisi de vivre un de ses rêves d’enfance et de devenir paysan. Pas comme Marie-Antoinette, mais comme n’importe quel paysan de France souhaitant se lancer dans la production, s’agrandir, faire des bénéfices, bref vivre de ses terres et de son cheptel.

 

Il faut replacer cette invasion dans son contexte. Elle fit grand bruit, je m’en souviens encore (j’avais 14 ans à l’époque). Nous sommes au début des années soixante. Le pays connaît une croissance économique soutenue. La classe ouvrière, la petite bourgeoisie vivent mieux. Mais pas la majorité des paysans. C’est le début de l’interminable feuilleton agricole « européen ». Au nom de l’Europe des Six et des mutations nécessaires, des centaines de milliers de petites exploitations vont disparaître, les paysans seront subventionnés, une gigantesque montagne de beurre va sortir des étables et du cerveau des technocrates bruxellois et des gouvernants afin de soutenir les cours des produits laitiers.

 

Que Gabin investisse la plus grande partie de sa fortune dans un petit village de l’Orne est insupportable aux gens du cru. Lors de l’invasion, ils lui demandent de louer ses terres aux paysans du village. Gabin refuse. Dès lors, plus rien ne sera comme avant. Les liens ténus qui le reliaient à la communauté sont rompus. Autrefois homme de gauche, Gabin le conservateur entre en conflit avec des gens tout aussi conservateurs que lui, mais différemment et au nom d’intérêts divergents.

 

Gabin, qui avait déjà très mal vécu sa traversée du désert comme acteur entre 1945 et 1952 (alors qu’il s’était engagé dans la France Libre et avait combattu de manière très exposée, nombre de ses confrères avaient fait le dos rond ou avaient joué pour des studios contrôlés par les nazis), fut traumatisé par ce coup de Jarnac. Il prit un sérieux coup de vieux : à soixante ans, il semblait en avoir au moins soixante-dix.

 

Durant l’été 1976, la France connaît une forte canicule. La région qui en pâtit le plus est, bizarrement, la Normandie. Je me souviens de pâturages transformés en paysages sahéliens. Entre alors en débat la question d’un « impôt sécheresse », accepté de manière consensuelle. Un soir, sur un plateau de télévision, deux journalistes, Guy Thomas et Jean-Marie Cavada, reçoivent le président de la FNSEA, Michel Debatisse. Bien qu’en recul, la population agricole française est toujours importante et le chef de son principal syndicat est un homme qui compte. A l’évidence, il défend plutôt les gros que les petits. Quelques années auparavant, il s'est illustré en soutenant l’armée contre les paysans du Larzac. La droite saura s’en souvenir et Raymond Barre le nommera secrétaire d’Etat en 1979. On pense parfois, en écoutant les interviewers de chez Ruquier ou d’ailleurs, que la télé en France a atteint des abysses de vulgarité et de bassesse. Mais, déjà sous le précieux Giscard, des journalistes de droite, eux aussi précieux, pouvaient s’exprimer par des coups bas. Cavada et Thomas demandent à Debatisse si les agriculteurs vont bénéficier de l’impôt. « Oui », répond le syndicaliste comme s’il était ministre.  « Et Jean Gabin ? », s’enquièrent nos deux comparses. « Ah, non, pas Jean Gabin », répond Debatisse. Ce faisant, Thomas et Cavada surfaient sur une vague de démagogie particulièrement vile. Pourquoi nommèrent-ils Gabin ? Pourquoi ne pensèrent-ils pas, par exemple, à la famille princière de Monaco qui possédait, et possède toujours, des propriétés agricoles dans l’Aisne autrement plus importantes que celle de Gabin ?

 

Gabin ne surmontra jamais de cette hostilité et de cette bassesse. Il mettra ses terres en vente. Comme, par ailleurs, il connaîtra des circonstances familiales pathétiques, il déclinera brutalement et mourra à 72 ans. Pas si vieux que cela.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 14:50

http://cocorico.com/wp-content/uploads/2009/04/La_Grande_Illusion.jpgDans son dernier ouvrage, Plans rapprochés, plaisant mais un peu superficiel, Guy Bedos nous fait part d'une anecdote édifiante.

 

En 1962, il joue dans le dernier film tourné par Renoir, Le Caporal épinglé. La production s'est installée à Vienne, près du parc de Schönbrunn. Les figurants sont autrichiens.

 

" Un jour, au déjeuner, Renoir me dit à l'oreille : "Regardez les figurants dans la salle !". Rien de particulier pour le béotien que j'étais. Il éclate de rire. "Vous ne voyez rien ? Les figurants sont payés exactement le même prix, on leur a distribué au hasard des uniformes, aux uns d'officiers, aux autres de soldats : les oficiers mangent avec les officiers et les soldats avec les soldats !" Et il ajoute, ravi : "Exactement ce que j'avais voulu montrer dans La Grande Illusion : Fresnay, officier français, plus proche, malgré la guerre, de Stroheim, officier allemand, que de Gabin et Dalio, simples soldats français. Affinités de classe."

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 23:00

http://www.d0wn.com/wp-content/uploads/paire-fesses-12.jpg Ah, la belle pomme d'Arnaud !

 

L'ami Arnaud a de belles manches.

 

Dans son clip, il ne nous parle que de délices et de rapine. Et puis d'imports d'Arnaud, tout de même.

 

Sa conquête Jade, il la voit futée, alors qu'elle n'est que folle de fric dès qu'elle est en tournée.

 

Craignant la clim' dans les bacs, DSK, infatigable, aurait gazouillé avec la BERD.

 

Le condamné de Bernadette a été privé de far.

 

Le Luc sent trop Marine.

 

Et espérons que le kleiner Mann ne sera pas plâtré après l'accouchement.

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