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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:27

 J'ai revu récemment La Gifle de Claude Pinoteau. D'accord, le film a un peu vieilli. Moi aussi, 37 ans après. Mais quels acteurs ! Girardot, excellente ; Ventura, impeccable. Jacques Spiesser, jeune acteur rayonnant mais qui n'a pas maigri depuis. Et Isabelle Adjani : en voilà une comédienne qui aurait pu faire une sacrée carrière ! Qu'est-elle donc devenue ? On l’aurait vue errer sur la lande de l’Aubrac.

http://www.linternaute.com/cinema/magazine/photo/isabelle-adjani-une-carriere-en-images/image/gifle-1974-263391.jpg

      Mais je voudrais dire deux mots ici d’un actant du film : la moto de Spiesser, instrument de liberté qui permet au jeune homme de subtiliser Adjani à Perrin et de faire découvrir à sa belle les splendeurs du Kent.

Il s’agit, si j’ai bien vu (mais je ne suis pas spécialiste), d’une Motoconfort 125 LT2 de chez Motobécane (l’inventeur de la formidable Mobylette). Elle supporte vaillamment le poids des deux tourtereaux et les emmène à bonne vitesse vers un autre avenir.

Tout cela pour dire que, il y a quelques dizaines d’années, l’industrie française construisait de très bonnes motocyclettes qui damaient le pion aux japonaises (à l’époque rikiki), aux anglaises, aux italiennes etc.

Que s’est-il passé ?

Wikipedia nous dit ceci :


« Les machines de chez Motoconfort se distinguent par une technologie de pointe dans certains aspects, avec un moteur à cylindres en alliage d'aluminium revêtu de chrome dur et allumage électronique, suspendu sous un original mais excellent cadre double berceau. Au fil du temps le succès commercial s'émoussa devant les progrès fulgurants d'esthétique, de finition et d'équipement de la concurrence nippone. »

 

Si je comprends bien, à cette époque les Français étaient encore techniquement meilleurs, mais c’était au niveau du look et de la com’ qu’ils ont été surclassés.

Wikipedia ajoute ceci :


« Motobécane se voulant précurseur sur bien des plans (allumage électronique, certes défaillant et peu fiable, cher et irréparable…), faute d'avoir fait preuve d'une réelle stratégie d'investissement, s'est vite retrouvée à l'arrière-garde à une époque où ce genre de design tombait en désuétude avant la sortie de la LT3, trop tardive et trop chère, etc. »

 

Alors, nous sommes tombés de Charybde en Scylla : le constructeur aura beau lancer une LT3 dont une version en polyester sera championne du monde en 1977, l’entreprise (devenue MBK) sera rachetée par Yamaha en 1986.

MBK emploie aujourd’hui 800 salariés dans l’Aisne.

 

http://www.motobecane-passion.fr/LT2%20bleu.jpg

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 08:52
Gouverner, c’est choisir.

 

Alors choisissons.

Un bon coup.

 

Dans le compte-rendu officiel d’une réunion de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, Fernand Siré, député UMP des Pyrénées Orientales, a tenu les propos suivants :

 

http://medias.francetv.fr/cpbibl/url_images/2010/04/07/image_62358937.jpg« En termes de rationalisation budgétaire, on ne peut que constater la faillite de l’éducation nationale s’agissant de la formation des jeunes : non seulement certains s’arrêtent avant le niveau bac + 2 sans diplôme tandis que d’autres quittent l’école à seize ans sans rien faire après, mais on perpétue des classes dans le seul intérêt de professeurs dont le souci est uniquement de protéger leur emploi.

 

Mieux vaudrait rationaliser les dépenses en supprimant toutes les filières qui ne conduisent à rien – par exemple psychologie, sociologie ou encore géologie à l’université – et en réintroduisant les entreprises dans la formation plutôt que de leur demander de faire des efforts sur leurs propres deniers pour former des jeunes : alors que c’est le rôle de l’éducation nationale, celle-ci délivre au contraire à des jeunes entre seize ans et dix-neuf ans une fausse formation que les parents se seront sacrifiés à payer bien qu’elle ne mène à rien. »

 

Relevé par Michel Abhervé, cette info est ici

<http://www.collectif-papera.org/spip.php?article997>

 

Par ailleurs, on sait que l’université Bordeaux 3 a décidé de ne plus financer, à partir de la rentrée scolaire 2011, les préparations aux concours nationaux d'enseignement suivants : Capes de Lettres classiques, Capes d'Education musicale et chant choral, Capes d'occitan, agrégation de grammaire. Ces fermetures succèdent à d'autres fermetures similaires concernant les préparations suivantes : agrégation d'Italien, Capes de Basque, Capes de Portugais et Capes de Chinois.

Pourtant, cette université envisage de créer dans le même temps cinq nouvelles licences, intitulées "Licence Culture humaniste et scientifique", "Licence design", "Licence danse", "Licence création et écriture", "Licence Chanson française". Or, le coût de chacune de ces nouvelles licences est si élevé que même en additionnant les coûts des quatre préparations aux concours qui vont être supprimées à la rentrée 2011, le coût total d'une seule de ces licences n'est pas atteint.

 

Dernière nouvelle : plusieurs Länderallemands (dont Hambourg) viennent de supprimer les droits d’inscription. Leur analyse est que ces frais empêchent les étudiants des milieux défavorisés d’accéder à l’enseignement supérieur, ce qui ne peut qu’entraîner d’importantes perturbations dans la vie sociale.

 

<http://www.collectif-papera.org/spip.php?article993>

 

Attention à la contagion !

 

 

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 15:57

http://www.planetenonviolence.org/photo/art/default/410095-503543.jpg?v=1289419714Il me semble curieux qu'aucun journaliste, à propos de l'actuelle guerre  menée contre la Libye, n'ait eu l'idée de rappeler une guerre semblable,  qui a eu lieu, il y a quelques années, dans ces parages, et qui me  semble présenter quelques similitudes : la guerre aérienne contre la  Serbie, du 26 mars au 8 juin 1999.

1. Dans les deux cas, il s'agit d'une guerre qui s'est déroulée dans le bassin méditerranéen, à peu près au centre de celui-ci, sur la rive nord pour la première, sur la rive sud pour la seconde.

2. Dans les deux cas, le motif invoqué est le massacre de populations civiles, à l'intérieur d'un Etat donné, par le dirigeant de cet Etat, Slobodan Milosevic lors de la guerre de 1999, et Mouammar  Kadhafi lors de la présente guerre.

3. Dans les deux cas, le dirigeant en question a été diabolisé par une campagne médiatique non seulement comme dictateur mais aussi comme massacreur, et ce sans que des données précises aient été fournies sur l'ampleur des susdits massacres (qui, dans le cas du Kosovo, non seulement se sont avérés bien moindres que la propagande ne l'avait claironné, mais ont même été partagés).

4. Dans les deux cas, les puissances engagées ont été les mêmes. En 1999, c'était l'OTAN tout entière qui participait aux frappes. En 2011, l'OTAN n'apparaît pas en tant que telle, mais les pays participants sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, la Belgique, le Danemark, la Norvège, l'Espagne, le Canada, la Grèce, c'est-à-dire tous des membres de l'OTAN, parmi lesquels les trois qui ont les plus fortes armées de l'air de l'Alliance. L'OTAN, qui n'est pas à la tête des opérations, est néanmoins disposée à venir en soutien. [Symboliquement, il y a une participation de la Belgique, dont le sol abrite le siège de l'OTAN]. On notera néanmoins l'absence de deux membres de taille de l'Alliance : celles de l'Allemagne et de la Turquie.

5. Dans les deux cas, la guerre est purement aérienne, les belligérants n'ayant pas voulu (en 1999) exposer leurs troupes au sol, en Serbie, pour risquer de perdre des effectifs contre un adversaire qui s'était préparé depuis 1945 à une guerre de guérilla, en 2011, pour ne pas apparaître, aux yeux de l'opinion des pays arabes (et musulmans), encore plus comme des envahisseurs d'un pays musulman [après les engagements en Afghanistan et en Irak].

6. Dans les deux cas, les opérations sont menées principalement, d'une part depuis l'Italie, qui est le pays de l'Alliance le plus proche (jadis à l'ouest, aujourd'hui, au nord) du théâtre des opérations, et, d'autre part, depuis des navires (porte-avions, croiseurs, frégates, sous-marins) positionnés en Méditerranée. [On peut même imaginer que les schémas et plans d'opérations mis en oeuvre en 1999 aient resservi en 2011].

7. Dans les deux cas, les Américains ont frappé directement depuis leur territoire en utilisant leurs bombardiers B2 Spirit à long rayon d'action, ainsi que des missiles de croisière Tomahawk.

8. Dans les deux cas, les frappes aériennes, qui étaient censées protéger des populations civiles dans un lieu bien déterminé (le Kosovo lors de la guerre de 1999, la région de Benghazi en 2011) ont frappé d'emblée l'ensemble du territoire réputé ennemi, y compris sa capitale et y ont visé l'ensemble des infrastructures militaires (voire civiles, lorsque celles-ci peuvent servir aux opérations militaires), avec risque de commettre des bavures contre les populations civiles.

9. Dans les deux cas, la guerre se caractérise par une énorme dissymétrie dans l'importance de l'arme employée, l'aviation. Pas plus la Serbie de 1999 que la Libye de 2011 n'ont une aviation qui représente plus que quelques infimes fractions de celle de l'attaquant. [Ce qui explique peut-être et cette attaque et la forme de l'attaque].

10. Dans les deux cas, en dépit des justifications invoquées (protéger des populations civiles) ce qui est visé, c'est bien le dirigeant lui-même (Slobodan Milosevic et Mouammar Kadhafi) qui est visé, soit au sens propre, militaire, du terme, soit en tant que chef d'un pouvoir qu'on cherche à éliminer. Ici, en 2011, ce qui est recherché, c'est carrément qu'une future Libye soit de nouveau accueillante aux Occidentaux, comme elle l'était sous le roi Idriss de Libye avant 1969.

11. Dans les deux cas, au-delà du pays concerné, une autre cible est visée indirectement : en 1999, c'était la Russie (pour lui signifier qu'elle ne pourrait s'implanter dans les Balkans), en 2011, c'est tout à la fois les opinions arabes libérales – pour leur dire que les Occidentaux peuvent accompagner les mouvements de libération et ne pas être uniquement les soutiens de dictateurs – mais aussi les dirigeants arabes, pour les conforter dans l'idée que ces mêmes Occidentaux contiendront les "révolutions" dans certaines limites.

12. 
Dans les deux cas, un éventuel succès peut amener la possibilité pour l'Alliance dans le territoire vaincu (au Kosovo et en Albanie pour la guerre de 199, en Libye en 2011).

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:01

http://parolesdegauche.org/wp-content/uploads/2010/01/d143_attac_titom_decroissance.gifDans cette livraison du Sarkophage n° 24, Paul Ariès envisage un second tour Strauss-Kahn/Le Pen pour 2012 : « L’élection de Marine Le Pen à la tête du FN rend vraisemblable l’adoption d’un scénario à l’italienne caractérisé par un rapprochement des différentes droites. […] Sarkozysme et lepenisme sont les produits d’une même révolution conservatrice mondiale. »


Les pauvres en France sont désormais « à l’abandon » (Jean Peneff et Moustapha El Miri) : les auteurs espèrent que « dans les formes de survie économique peuvent apparaître des façons de vivre à cultiver ». Ce qui est difficile pour des ménages qui disposent de 50 euros par jour : « ils ont peut-être des droits citoyens, « mais pas les moyens pratiques de les exercer ».. Les auteurs critiquent le manque d’action des syndicats : « Si elles revenaient à leur histoire, les grandes centrales prendraient en charge cet énorme problème que les classes moyennes du caritatif ou des services sociaux ne savent pas saisir, l’abandonnant plutôt aux bons sentiments et au déclamatoire, préférant jouer des symboles du spectacle et des actions médiatiques dans les manifs. »

 

Véronique Perrot envisage un remaniement de la famille » : « La gauche a longtemps eu des comptes à régler avec l’institution familiale. Et si aujourd’hui c’était la famille qui avait des comptes à solder avec cette gauche-là ? Peut-on penser la famille comme un élément de résistance ? Le débat est ouvert, comme celui sur l’école. »

 

De manière cinglante, Laurent Paillard décrypte la prose de Luc Ferry (“ Ferry Games ”), tout en cynisme et en perversité. Qu’attendre d’un “ flicosophe ” qui préfère Marine Le Pen à Stéphane Hessel. À l’indignation du grand résistant, le partisan mondain de l’ordre établi préfère l’indifférence et le renoncement (« Peut-on s’indigner contre la loi de la pesanteur ? »).

 

En grande forme, le même Paillard (“ Le coin des sophistes ”) critique la politique du représentant de commerce de l’Oréal, actuellement ministre de l’Éducation nationale, une politique se résumant à l’accompagnement personnalisé pour chaque élève, qui « fonctionne comme un gadget que l’on reçoit en prime lors d’un achat  pour faire oublier la médiocrité du produit », mis en place non par des “ enseignants ” mais par des “ accompagnants d’élèves en fin de scolarité ”.

 

Jean-Claude Génot explique pourquoi la nature est « malade de la gestion ». La nature est envahie par le discours managérial, « alors qu’elle n’a besoin que de temps et d’espace, l’un nous apportant l’équilibre et l’autre la liberté ».

 

Pour Anselme Jappe, suffit-il d’être « tous contre la finance » ? « La toute-puissance de la finance n’est pas la cause des turbulences mais le symptôme d’une crise de toute la société capitaliste.

 

Un peu dans le même esprit, Pierre Dardot et Christian Laval expliquent brillamment comment le néo-libéralisme s’est imposé comme « la nouvelle raison du monde » par « l’universalisation du modèle de l’entreprise, l’extension à l’individu de la problématique gestionnaire du capital («“ capital humain ”).

 

Un article très argumenté de Guy Martin sur les prisons « usines à délinquance » : « L’oligarchie mondiale a besoin de la peur. Elle a besoin de la délinquance. Elle justifie le renforcement des systèmes répressifs, mais aussi l’enfermement d chacun chez soi. Sarkozy ne manque jamais de jouer sur la peur, d’invoquer les criminels. […] la prison plonge le délinquant dans un milieu aux antipodes du contrat social, où le rapport de force prévaut et où davantage de violence sont commises que dans n’importe quel autre lieu de la vie civilisée. […] dans certains états des États-Unis, un habitant sur cent est en prison. »

 

    Simon Cottin-Marx s’intéresse à l’immeuble de la Marquise du 1bis Place des Vosges. La justice a condamné les étudiants squatters de cet immeuble abandonné à 80000 euros d’amende. Une paille ! « Comme si un propriétaire qui laisse un immeuble vide pendant dix ans, sans entamer aucune procédure pour louer ou vendre, pouvait prétendre à un quelconque préjudice quand des mal-logés l’occupent ! »

 

Une fort utile réflexion de Georges Corm : « Comment l’idéologie libérale s’est emparée des esprits » : « Comment comprendre que les peuples ne se révoltent pas davantage ? Comment comprendre la victoire de la révolution conservatrice mondiale ? Pourquoi tant d’anciens militants de gauche se sont-ils ralliés au système ? » Voir aussi cet article sur le dernier livre de Georges Corm : [->http://www.legrandsoir.info/George-Corm-Le-nouveau-gouvernement-du-monde-Ideologies-structures-contre-pouvoirs.html]

 

Un entretien très enrichissant entre Alberto Acosta, Matthieu Le Quang et Paul Ariès sur la différence entre le bien être (qui détruit la planète) et le Buen vivir qui nous renvoie aux jours heureux du programme du CNR.

Pour Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne, le capitalisme et la piraterie ne sont pas ce que l’on croit. Est-ce que le capitalisme est un renouveau de la piraterie, où bien est-ce l’inverse ?

 

À propos de de Villepin, Le Sarkophage nous invite à nous souvenir qu’il fut l’inventeur du CPE et qu’il a considérablement réduit la progressivité de l’impôt sur le revenu.


Le Sarkophage donne la parole au Comité Anti-Olympique Annecy : « L’idéologie du sport est un élément central du productivisme avec la sportivisation de nos existences, avec la notion managériale de capital humain, avec la maltraitance du corps des sportifs, avec aussi les retombées négatives sur le plan environnemental, social et humain des territoires concernés. » Il s’agit également de « vendre des projets délicats à une population qui aura du mal à les combattre. »


Pour Christine Bergé, le nucléaire (article rédigé avant la catastrophe japonaise) n’est ni invisible, ni inodore, ni inoffensif : « Une centrale ressemble à une basilique conçue comme un hymne à la technologie sur un registre quasi religieux, centrale capable de renouveler éternellement son aliment de combustion. »

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 08:00

 Un magazine féminin pour les "ispèces de counasses" !


Al Quaida pense à tout. Il vient de lancer Al-Shamikha  (La femme majestueuse). Des articles contiennent des témoignages de veuves de martyrs. Mais le plus intéressant reste quand même les pages beauté. On conseille à ces dames de rester chez elles pour préserver la blancheur de leur peau. Il est permis de sortir, vêtu du niqab.


D'autres articles vantent les vertus des masques de beauté au miel et expliquent pourquoi il est déconseillé de se frictionner trop énergiquement.


 

 http://www.dailymail.co.uk/news/article-1365806/Glossy-Jihad-Cosmo-combines-beauty-tips-suicide-bombing-advice.html#ixzz1H8GHAQ7a

 

 

The cover of Al-Shamikha magazine

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 14:34

http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/83/Shangaï-enfant_1937.jpgDepuis la première guerre d'Irak, accessoirement depuis que les États-Unis ont verrouillé les médias en temps de guerre, on ne bombarde plus : on frappe. Un peu comme Obélix lorsqu'il donne des baffes aux soldats romains.

Ce flou sémantique vient de l'anglais "to strike" qui signifie frapper, donner un ou des coups. On utilise également ce verbe lorsque l'on pince des cordes de violon, quand on trouve du pétrole, quand on craque une allumette, quand on trouve un équilibre, quand une pendule sonne, quand on tourne à gauche, ou à droite.

Naturellement, comme en français, on utilise ce verbe au sens figuré (j'ai été frappé par cette nouvelle).

La langue anglaise n'est donc pas toujours aussi précise qu'elle en a l'air.

Les bombardements, surtout quand ils sont chirurgicaux, comme on dit désormais, visent à être le plus précis possible. Ce n'est que rarement le cas. Les victimes collatérales sont toujours des civils innocents.

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 08:30

La grande patouille des Labex, par Henri Audier

« Quels sont les cinq cabinets-conseils qui vont gagner aux Initiatives d’excellence (Idex) ?


http://farm4.static.flickr.com/3636/3671360725_53d68b9d12.jpgComme prévu, les résultats des Labex du Grand emprunt ont donné lieu à la plus grande patouille jamais vue en France. Chacun le sait, il y a un milliard à distribuer, mais en capital, pour 240 réponses à l’appel à projet. Tout début mars, les « jury internationaux » se sont réunis et auraient sélectionné « en A+ » 39 projets dont 9 en SHS.

 

Mais ça se passe mal, et même très mal en SHS. Les résultats devaient être donnés le 17 mars, puis reportés au 18, puis reportés à la semaine d’après. Etrange, car il faut en gros deux heures entre la fin du jury d’un vrai concours et l’affichage des résultats, juste le temps nécessaire au Président du jury pour aller faire signer sa liste au ministère. Pourtant, dès le 7 mars, des gens bien introduits annoncent déjà, dans leurs laboratoires, qu’ils ont gagné à ce loto. La liste est donc connue et c’est bien là le problème.

Car la liste connue, c’est la panique au ministère, Matignon appelle, un conseiller de l’Elysée intervient aussi. Car blasphème il y a : le jury a classé en C notre plus grand centre d’économie hyper-excellent, que nous appelleront ici EET pour préserver son anonymat. Pensez-vous, ces experts internationaux sont nuls ! L’ETT est reconnu internationalement, mais sans doute sauf des experts internationaux du jury ! Elle est financée par la plus grosse fondation à laquelle ont participé banques et assurance. Et s’il n’y avait que l’ETT ! Le ministère, Matignon, l’Elysée avaient chacun son Labex préféré, au meilleur niveau international, mais pourtant non retenu par le jury.

Mais il y a pire. Une fois la carte de France coloriée, il apparaissait que les 2/3 des régions n’avaient pratiquement rien, bien peu de chances d’avoir un Idex, et n’avaient obtenu que des clopinettes aux autres appels d’offre.

Non qu’il y ait le moindre souci d’aménager le territoire, mais ce serait mal venu si, en 2012, l’opération-phare de l’effort pour l’enseignement supérieur et la recherche de la droite se transformait en sabordage des 2/3 des universités françaises. Et puis, il y a quand même les cantonales et se mettre à dos les potentats et les élus locaux, même de droite, ce n’est pas le moment ! « Ne pourrait-on pas différer les résultats après le premier tour, et même après le second tour, cela serait mieux », téléphone un parti politique dont on ne nous a pas dit le nom.

Donc, on se remet a travail, on explique aux experts internationaux qu’ils n’ont rien compris à ce qu’on attendait d’eux, qu’ils n’ont pas pris en compte « l’effet structurant » que devait avoir l’opération. On leur dit que Monsieur Ricol, le commissaire au Grand emprunt qui est un grand scientifique connu de tous, tient beaucoup au susdit effet structurant. On arrive ainsi à faire remonter quelques labos, généralement de ceux qui n’avaient vraiment pas besoin de ça pour vivre, à rééquilibrer un peu la géographie de la France pour neutraliser les grandes gueules.

Mais, nouveau problème, qui justifie le temps nécessaire pour transmettre les résultats du jury : si on fait remonter des Labex, il faut en éliminer d’autres, à qui on avait déjà fait savoir que « c’était bon ». Et si on en met plus en SHS (on en est maintenant à 15), il faut éliminer des physiciens qui vont râler. Si on annonce 50 vainqueurs, cela va faire drôle …

Bref, on en est là. On a encore quelques jours pour trouver une solution. Même à l’ANR (qui gère le dossier) et au ministère, certains commencent à trouver qu’on pousse un peu loin le bouchon. Et encore heureux que personne ne soit au courant, car si cette histoire était connue, chacun conclurait… qu’il faut remettre à plat le Grand emprunt.

 

Henri Audier est directeur de recherche, membre du conseil d'administration du CNRS.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 16:23

http://sebastienrongier.net/IMG/png/Enfant_regard_camera.pngJe reprends  ici longuement un fort bel article de Patrice Beray pour Mediapart.


Il évoque les Poèmes de la bombe atomique de Tôge Sankichi (à noter, en passant, qu’on dit « bombe atomique » mais « énergie nucléaire »). Ces textes ont été publiés en 2009 aux Éditions Laurence Teper.


Né au Japon en 1917, Tôge Sankichi était âgé de vingt-huit ans quand la bombe atomique a explosé à Hiroshima. Blessé superficiellement (il se trouvait à 3 kilomètres de l'épicentre de l’explosion), il se précipita sur les lieux mêmes de la catastrophe sans rien savoir de la nature de la bombe qui venait d’exploser.

C'est cette horreur qu'il relate dans ces poèmes écrits de 1949 à 1951. Il mourut en 1953 à l'âge de trente-six ans d'une leucémie, conséquence de l'irradiation dont il fut irrémédiablement atteint.

Avec les camps d'extermination sur le continent européen, les bombes atomiques larguées sur l'archipel japonais constituent les deux points de la même ligne rouge, de non-retour dans l'horreur sans nom, d'une humanité.

Après guerre, en dépit de la maladie, Tôge Sankichi, catholique, issu d’une famille progressiste, milite pour les causes pacifistes et rejoint le parti communiste japonais. La cohérence de cette démarche est dans la primauté du « nous ». Sa leçon est éthique : une société pour aussi peu contraignante qu'on la souhaite doit précisément inventer des valeurs qui la façonnent et la préservent telle.

Tout comme Tôge Sankichi a écrit des poèmes sur ce qu'il a vu de ses propres yeux, plongé au cœur d'une catastrophe humaine sans précédent, le lecteur à sa suite fait une expérience de lecture unique. Une lecture littérale de ce que l'on a sous les yeux.

Et pas de figure ici, ni humaine, ni rhétorique. Un peu comme si Charles Trenet, quand il évoque le personnage féminin qui, sans nul doute, l'a ravi dans l'air connu « Vous qui passez sans me voir » avait voulu signifier par « sans me voir » que cette femme était aveugle, parce qu'elle avait les yeux crevés. C'est ainsi qu'il faut s'accorder à lire Tôge Sankichi :

 Vous

qui pleurez mais sans plus d'endroit d'où puissent venir des larmes,

qui criez mais sans plus de lèvres pour former des mots,

qui cherchez à agripper mais sans plus de peau sur les doigts pour saisir

vous 

Et d'un bout à l'autre de cette élégie, de cette plainte de l'Histoire, c'est toujours « vous », « nous », qui se font entendre, jamais « je ». En un geste, écrit le traducteur et préfacier Claude Mouchard, de « don » constitutif du poème.

Voyez jusqu'où le sens littéral de cette lecture se niche. Dans les vers qui suivent j'ai cru de prime abord repérer une coquille, voulant lire pour « secrètent » au 3e vers « sécrètent » (de « sécréter ») :

Lunettes noires ôtées les cicatrices où se sont collées

des paupières repliées au-dedans

secrètent des larmes

Or secréter signifie «frotter avec le secret (solution de nitrate de mercure) pour faciliter le feutrage (secréter des peaux, des poils).

Composant une œuvre exemplaire de la littérature de témoignage, ces poèmes de Tôge Sankichi sont écrits en vers libres, autrement dit dans une forme historique d'écriture occidentale. Car l'Occident célébrant le « japonisme » à la Belle Époque l'échangea contre sa propre modernité, la première, qu'accueillirent alors les milieux cultivés japonais.

Mais on peut aussi penser que Tôge Sankichi a voulu faire de la cruauté même de l'Histoire un universel. La tragédie a ainsi valeur pour tous, dès lors qu'il est acquis (mais à quel prix ?) que les cultures échangent, s'interpénètrent.

Quand il écrit Asphodèle au début des années 1950, le poète étatsunien William Carlos Williams n'a pas autre chose en tête que ce dialogue infini, jusqu'à nous, alors que son pays est une impitoyable force d'occupation en Extrême-Orient :

nous sommes incurablement malades/ de la bombe

(...)

Il n'est de pouvoir/ comparable à l'amour

 (...)

Peu d'hommes y croient / non plus qu'aux jeux d'enfants. / Ils croient plutôt / en la bombe / et mourront par / la bombe.

Rejoignant en cela dans une guerre à la guerre planétaire la poésie « objectiviste » nord-américaine, les Poèmes de la bombe atomique de Tôge Sankichi ne pouvaient donc se donner à lire que littéralement.

La raison poétique et historique en est que cette verticalité de la bombe a aspiré vers le néant une humanité couchée sous sa déflagration. Sur ce champ de ruines, ne s'élève qu'une adresse universelle à lever le rideau de l'horizon humain :

Ils rêvent,

la sueur stagnant aux écorchures que lui a laissées

l'éclair l'ouvrier pose sa pioche et rêve

une puanteur émane des aisselles à vif la femme

s'affale sur sa machine à coudre et rêve

elle dissimule les contractions en pattes de crabe sur

ses bras la fille qui vend des billets et rêve

le cou plein d'éclats de verre l'enfant qui vend des

allumettes rêve

(...)

d'un matin

(...)

où dix millions de fois plus puissante que la poudre

une énergie de 10 000 000 par gramme

sera libérée du dedans de l'atome pour aller aux bras

du peuple

et où dans la paix du peuple

les fruits abondants de la science

humides de rosée

comme de lourdes grappes de raisin

seront tenus dans nos bras,

de ce matin-là ils rêvent.

 (« Matin »)

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 07:50

Potimaron - copieJ'ai rédigé ce texte début 2008 pour les 80 ans d'un de mes cousins. On m'avait demandé d'écrire pour lui un compliment. Comme je trouvais un peu convenu de consacrer une ou deux pages à sa gloire, je décidai, en collant au plus près au champ politique et aux bidets, de raconter les affaires de la courette, en m'inspirant – justement – de "La cour", la célèbre chronique de Fressoz et Moisan (1960-1969) qui narrait par le menu la geste d'un De Gaulle peint sous les traits de Louis XIV. Les anciens se souviennent, par exemple, de "Mon Couve" ou, mieux encore, "Mon Quai" pour Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, à l'époque où notre pays s'exprimait d'une voix qui ne faisait pas rigoler la terre entière ; ou encore de "Mon humus", pour Louis Terrenoire, ministre et porte-parole du premier président de la Cinquième.


 

L’Asperge, le Potimarron et la Zucchina : conte de la folie ordinaire


Il était une fois dans un pays lointain un couple qui encombrait les gazettes et les lucarnes de sa présence ostentatoire. Il habitait la bonne ville de Portum Lulliaco. Lui, qui était petit et dont les moqueurs disaient que ses fesses rappelaient celles de la femme hottentote, était issu, de par son père, de terres tellement reculées et transylvaines et où l’on parlait des langues tellement barbares que l’imagination avait peine à concevoir une telle étrangeté. Elle, qui était longue comme un jour sans pain, avait pour ancêtre un barde fameux, grand fumeur de cigares et pianiste prodigieux. Avant de connaître son Potimarron, elle avait aimé Gros Jacques, l’amuseur officiel du royaume de France. Deux filles étaient nées d’une union dont les gazettes avaient fait leurs choux gras. Potimarron, quant à lui, avait d’abord convolé en justes noces avec une dame originaire d’une île célèbre pour ses fromages et sa coppa. Deux fils leur étaient nés.

 
Parce qu’il était le premier échevin de Portum Lulliaco, une bourgade qui comptait au moins une célébrité par palier d’immeuble, Potimarron avait marié la Grande Asperge et Gros Jacques. En cette occasion, il était tombé éperdument amoureux de la dame et s’était juré qu’un jour, elle serait sienne.

 
Bien qu’ayant plus qu‘à son tour porté un bonnet d’âne, Potimarron était un petit homme tenace et audacieux. Très jeune, il avait écarté de sa route un premier parrain, puis un second parrain, des costauds originaires de l’île aux fromages. Comme, par ailleurs, il avait su séduire les grandes fortunes du royaume qui possédaient les gazettes influentes, il avait fait trembler le roi lui-même après avoir mis sous sa coupe la cohorte de ses chevau-légers.

 
Lorsque l’Asperge finit par tomber sous le charme du Potimarron, ce ne fut pour le couple que fla-fla, tralala et falbalas. Le Tout-Paris était à leurs pieds. Les pommadés pommadèrent, les flagorneurs flagornèrent.


Un jour, en se rasant, Potimarron décida de partir à la conquête du royaume, au grand dam du roi – qu’on appelait aussi Monseigneur Lescroc – lui qui se serait bien vu mourir en son palais. L’affaire fut réglée en deux temps et trois mouvements, avec virtuosité, force promesses et démagogie. Potimarron qui, sa vie durant, n’avait fréquenté que des gandins et des Crésus, se rendit au contact des pue-la-sueur et s’enivra dans les vestiaires odorants des joueurs de soule. Bien lui en prit. Il triompha aisément d’une concurrente aussi raide qu’un passe-lacets et à l’esprit aussi embrumé que les chutes du Zambèze.


Malheureusement, le jour de son triomphe, Grande Asperge n’était pas aux côtés de Potimarron. De folles rumeurs coururent alors. Certains l’avaient vue aux Amériques, d’autres dans l’hôtel luxueux où Gros Jacques vivait ses derniers jours, d’autres, enfin, outre-Manche, en la galante compagnie d’un écrivain du Royaume. On expliqua aux manants que l’épouse de Potimarron était une femme moderne et libre. Le Tout-Paris, quant à lui, comptait les convulsions du visage du petit roi, s’inquiétait de son aphasie face à des pêcheurs courroucés et de sa panique dans le fiacre du tsar de Russie lancé à toute allure. On voulut bien se souvenir qu’il avait écourté un voyage aux Amériques, pourtant en compagnie de son ami le plus fidèle (c’est une singularité de Potimarron qu’il n’a jamais pu être seul avec lui-même), terrorisé par le spectacle des geôles du pays et de son métropolitain.


Les gazettes attendirent sans broncher que Grande Asperge quittât son Potimarron, ce qu’elle fit un jour de mécontentement national des pue-la-sueur. Les rumeurs les plus folles continuèrent. Grande Asperge, ayant vécu un enfer, aurait fréquenté les établissements de Monsieur Pinel. On prétendit même que, son petit prince l’ayant battue, elle aurait porté plainte, sous son nom d’Hispanie, chez un connétable du Val d’Oise qui aurait été affecté depuis à la circulation des carrosses et des fiacres.


Bref, le petit peuple avait compris qu’il n’en avait pas fini avec la sortie du sillon de son roi.


Après le départ de l’asperge, l’effondrement de Potimarron fut de courte durée. Point de traversée du désert : plutôt l’enjambement d’un bac à sable. On prêta au roi des passades interlopes : il aurait sonné l’halali d’un mannequin croate ; on l’aurait vu, Rolex© au poignet, pénéter sans effraction une Ferrari©. Et puis, le miracle survint. Non, Potimarron ne rencontra pas une spécialiste des poètes métaphysiques anglais chez un grand éditeur de la rive gauche de la capitale. Non, il ne s’éprit pas d’une sympathique hôtesse de caisse, mère de deux enfants. Il succomba, comme des dizaines d’autres mâles avant lui, aux charmes d’une beauté italienne dont la devise était « je ne souffre pas ceux qui forniquent tranquilles » et qui, dans les falbalas, faisait commerce de ces mêmes charmes. La mère de Carla avait été pianiste. Sa fille était organiste et trompettiste, tant elle avait connu d’organes : ceux de troubadours électriques, de comédiens de toutes nationalités, de chevaux-légers et lourds de la politique, d’un père et de son fils. Et même d’un avocat issu d’un peuple qui avait beaucoup souffert et qui, sûrement pour éprouver son amour, avait donné son ancienne dulcinée à son ami le roi. Pour se consoler, l’Arno judéo-médiatique s’était remis à courir dans le XXe arrondissement de Paris, une terre qu’il convoitait en joggant.

Cupidon darda ses flèches, Potimarron banda son arc, la Zucchina prit sa guitare et sussura au petit roi (elle ne savait que suss...urer) :

« Tu es les fesses, je suis la chaise.

Tu es les compensées, je suis la dépensière ».

Des mauvaises langues prétendirent que la courgette n’était qu’une asperge avec dix ans de moins et vingt fausses dents en plus à deux mille euros l’unité. La nouvelle compagne du roi avait tellement été refaite qu’elle ne ressemblait plus à rien et ne pouvait qu’espérer que des jeunes filles pubères souhaitassent lui ressembler. On forgea pour le petit roi et sa beauté refaite par ordinateur une nouvelle expression : la « monarchie bling-bling », tant, lorsqu’ils se déplaçaient, le roi et sa diva faisaient tinter bijoux, strass et paillettes. La première sortie du couple eut lieu en terre américaine, dans le royaume du faux et du rêve de Monsieur Disney. Immédiatement, le couple fit la une des gazettes qui défendent la cause des people. Puis, protégés par des lunettes de soleil et des cohortes de lansquenets, le roi et sa dame parcoururent le monde, l’infant de la diva juché sur les épaules du roi. De vils railleurs prétendirent que le petit roi s’infligeait cette charge roturière pour paraître aussi grand que sa belle.

Voulant que son bonheur fût connu du monde entier, le petit roi en vint à étaler sa goujaterie de méridien en parallèle. Devant le pape, il envoya des messages téléphonés à sa courgette, tant son amour était fort. Devant le roi des Saoudiens, il lut les messages que sa favorite lui adressait depuis Paris. Il plaça le maharadja des Indes dans les pires affres protocolaires car il voulait visiter le grand temple du kamasoutra avec la zucchina.

Enfin, par un beau samedi de février, après que sa belle se fut offerte nue, en cuissards, dans une gazette d’Hispanie, le pays d’origine de l’asperge désormais oubliée, le potimarron et la zucchina convolèrent dans leur palais de l’Élysée, devant un édile des beaux quartiers. Décidément, Potimarron aimait les femmes aux goûts multiples, éclectiques et changeants…

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 12:20

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas emprunté sa réflexion et sa prose à mon ami Philippe Arnaud.

 

http://media.koreus.com/200803/23-insolite-14.jpgLe traitement, par les médias, de la catastrophe nucléaire au Japon n'est pas sans me rappeler le traitement de la catastrophe financière de septembre 2008.

1. Dans les deux cas, on a invité des "spécialistes" du nucléaire ou des  partisans déclarés du nucléaire (hier, par exemple, sur France 2, Anne Lauvergeon et Claude Allègre) qui nous ont expliqué que l'accident tenait à des "causes externes", donc que (comme le krach financier de 2008), il n'était pas intrinsèque au type d'énergie lui-même. Par ailleurs, il a été dit que l'on n'était pas dans le cas de Tchernobyl (ou de Three Miles Island) et que, depuis ces accidents, on disposait de  systèmes de sécurité. Comme, depuis la crise de 1929, on dispose de  systèmes de sécurité pour éviter qu'une crise financière ne se propage.

[Ce qui est frappant, dans la métaphore, c'est qu'il existe des  "coupe-circuits" dans les deux cas : aujourd'hui, dans la finance, comme  tout est fait par ordinateur - souvent hors de l'intervention humaine - ces ordinateurs sont programmés pour s'arrêter lorsque la baisse boursière dépasse un certain seuil. De même, les centrales nucléaires sont-elles programmées pour couper certains mécanismes - ou en enclencher d'autres - lorsqu'un séisme dépasse un certain seuil. Et, dans les deux cas, on injecte quelque chose : un liquide de refroidissement (eau douce, eau purifiée ou eau de mer) pour la centrale nucléaire, dans le cas de la crise financière, de l'argent, qui est aussi appelé "liquide" ou liquidités".].

2. Dans les deux cas aussi, les partisans du "système" (financier ou nucléaire) ont dit que leurs opposants profitaient de l'affaire pour remettre en cause le principe même de ce système : le capitalisme ou le nucléaire. Et, dans les deux cas, ils sont montés aux extrêmes :

- Pour les partisans du capitalisme, ceux qui profitaient de la crise financière pour critiquer le système dans son principe veulent nous ramener au système communiste, avec son "manque de liberté", son "inefficacité", ses "pénuries", ou bien, pour ceux qui prônaient une reprise en main, une nationalisation du système par les collectivités politiques, un remède pire que le mal, parce que, poureux, c'était précisément "l'excès de réglementation" qui avait amené le krach financier.

- Pour les partisans du nucléaire, ceux qui profitent de l'accident de la centrale japonaise pour critiquer le système dans son principe veulent nous ramener à l'époque de la brouette et de la bougie, avec sa "pauvreté", son "retard", ses "pénuries", ou bien au retour du charbon, qui est de dizaines (voire des centaines) de fois plus polluant, plus réchauffant pour l'atmosphère que le nucléaire.

3. Dans les deux cas aussi, on a affaire à une minorité très spécialisée (dans la technique financière ou nucléaire), qui, en raison de ses connaissances et de sa mainmise sur un instrument indispensable à la vie contemporaine (l'énergie ou la finance), tient en son pouvoir l'immense majorité de la population et ne veut pas lâcher ce pouvoir.

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