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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 15:46

À noter cette excellente initiative de Rue 89.

 

Aidez-nous à compléter la carte des "écoles mortes"

 

Pour protester contre les suppressions de postes, des parents d'élèves occupent des écoles avec leurs enfants.

Mathieu Glaymann est un père en colère. Membre de la FCPE 93, il se bat contre l'Education nationale, notamment en envoyant des e-mails énergiques aux rédactions (« Nous ne lâcherons pas l'affaire ! »).

Dans l'école de son fils, à Epinay-sur-Seine, la situation ne s'arrange pas : cette semaine, il y a trois profs absents non-remplacés. Le papa-militant tient un compte des jours d'école perdus depuis la rentrée (plus de 600 dans l'ensemble des établissements de sa commune).

Du 11 janvier au 15 mars, Mathieu Glaymann a occupé, avec d'autres parents d'élèves, l'école maternelle Jean-Jaurès-Sud. Pacifiquement. Le 15, il a déposé avec eux un recours à la Halde pour discrimination territoriale. Jeudi, il participera à la très grande journée « école morte » prévue en Seine-Saint-Denis. Une vingtaine d'écoles du département sont mobilisées.

En ce moment, c'est une épidémie. Partout en France, des écoles « meurent ». Pour les « tuer », les parents occupent l'école avec leurs enfants, généralement une journée. Les classes restent vides.

Suppression de 16 000 postes

A Boulogne-sur-Mer, au Havre, au Mans et à Paris, ils drapent les écoles de banderoles rouges. Ils organisent des « goûters revendicatifs », comme ce jeudi, à l'école maternelle Pali-Kao à Paris.

Les parents se mobilisent contre la suppression de 16 000 postes à la rentrée prochaine, prévue dans le cadre de la loi de finance. Dans l'enseignement public seront supprimés 8 967 postes d'enseignants en primaire, dont 5 600 au titre d'une « résorption » d'un actuel « surnombre » d'enseignants :

  • 4 800 postes d'enseignants en collèges et lycées ;

  • 600 postes au sein des personnels administratifs.

Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation Ifrap (un think tank ultralibéral), minimise l'impact de la mesure :

« Il faut quand même rappeler que ce ne sont pas des licenciements, mais des non-remplacements de fonctionnaires. »

 

Quid de l'enseignement et des enfants ?

« Le budget de l'Education nationale est passé de 60 à 63 milliards, cette année. En pleine crise, les dépenses n'ont pas été gelées. »

 

Peu de marge avant les vacances

Le sort des collèges et lycées est presque réglé : les dotations globales horaires, appelées « DGH », ont été communiquées à la plupart des directeurs d'établissement par leurs académies. Ils doivent les « convertir » en nombre de postes d'enseignant.

Pour les écoles maternelles et primaires, les informations sont tombées plus tard, début avril (sauf à Paris). Selon les syndicats, le gouvernement a jugé plus prudent de reporter après les élections cantonales toute communication officielle concernant la carte scolaire. Un représentant FSU :

« Même s'il y a eu des fuites et que des écoles du premier degré ont commencé à se mobiliser, cela va aussi nous laisser très peu de marge avant les vacances de Pâques. Le timing était idéal pour eux. »

 

► Aidez-nous à placer sur la carte les actions « école morte » à venir en remplissant ce formulaire (l'icône rouge indique les actions en cours ou à venir, la noire les actions passées).

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 08:15

Chaque fois qu'un blogueur de nouvelobs.com est censuré, Caquedrole (qui fut lui-même censuré) prend sa défense avec courage. Et bon sens. Ils ne sont pas nombreux, sur ce site, à prendre ainsi leurs responsabilités. Et je ne parle même pas des tricoteuses qui enfoncent les censurés.

Tout récemment, Caquedrole publiait ceci sur son site :

Photo

Rendez-nous le blog de Bernard Gensane, Les modernes persaneries... et bien d'autres !

Allez ! un petit coup de gueule en passant...

Depuis dix-huit mois, probablement suite à des maladresses frisant parfois le risque d'accusation de diffamation, suite parfois à des outrances de langage, l'encadrement de nos blogs (les internautes du site NouvelObs.Com) par les responsables de la modération du site s'est resserré et certains d'entre nous ont été punis, soit de disparition temporaire du "TRAC", voire de disparition systématique, soit même de suspension ou suppression de leur(s) blog(s).

 

Nous avions, à plusieurs, il y a... oh... euh... trois ans, quatre ans (plus ?) réclamé suite au déferlement passé minuit des blogs pornographiques ou plutôt des liens avec des sites pornographiques sur le site. Et avions obtenu gain de cause.

 

J'ai plusieurs fois mentionné, en plein jour, des publicités pour des entrepreneurs de plomberie, de serrurerie... sous couvert de blogs sur ce site.

Après tout, nous, internautes acceptés par "Nonobs" ne sommes pas les "patrons" et avons à respecter une charte mais pas à nous mêler de la politique éditoriale du site.

 

Certes !

 

Mais qu'un Bernard Gensane, qu'un blog comme "les modernes persaneries" (avec lequel j'ai été plusieurs fois en désaccord et ai échangé de façon constructive, mais dont le moins que l'on puisse en dire est qu'il était littérairement d'excellente facture), que l'outrancier Marius et son écho Vlad, et tant d'autres aient disparu ou soient obligés de jouer à cache-cache (tout comme j.michel qui signe "le censuré", qui pourtant ne m'apprécie guère) me semble critiquable, et révoltant, et notamment à l'aune de ce qui suit :

 

Ce mardi, 10H35, je trouve un moment pour me connecter, je glisse immédiatement sur "INTERNAUTES" et regarde le sommaire des blogs récemment mis à jour. Et, là, trois blogs au moins m'interpellent.

Le post http://lovelively.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/29/... du blog « Make love lively » affiche trois liens menant à un site commercial (de sex toys)

http://www.lovelively.com/

http://www.lovelively.com/vibrators-c-1.html

http://www.lovelively.com/vibrators-rabbit-vibrators-c-1_...

 

Le post http://jimgreen0035.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/2...

du blog « Jimgreen0035 » affiche deux liens menant à un site commercial (de lingerie sexy) :

http://www.australia-sexy-lingerie.com/

http://www.australia-sexy-lingerie.com/Australia-sexy-lin...

 

Le post http://scarvesilk.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/29/... du blog « Scarvesilk » affiche cinq fois le lien menant au site commercial accessoires informatiques) http://www.r4dsnds.com/ps3

 

 

Deux poids deux mesures ? Ou baisse de vigilance de la veille ?

 

 

Mille fois merci, cher Caque.

Cela fait 35 ans que le Nouvel Observateur préfère le porno léger au politiquement incorrect, donc au politique tout court.

Mon blog nouvelobs.com est fermé depuis plus d'un mois. En mars, j'aurai eu 22000 visiteurs et plus de 50000 pages lues. Sur overblog, je n'en suis pas encore là. Cela viendra peut-être. Et si cela ne vient pas, ce n'est pas grave. L'important pour moi est de m'exprimer et d'entretenir un dialogue constructif avec ceux qui veulent bien me lire.

Il ne faut jamais retourner sur les lieux du crime. Regardez Elizabeth Taylor et Richard Burton qui convolèrent une seconde fois en justes noces. En pure perte.

Réintégrer nouvelobs.com signifierait pour moi que, à tout instant, je me demanderais si je suis bien dans la ligne, si je ne déplais pas aux bègues, aux unijambistes, aux militants socialistes, aux groupies de Sarko, aux lesbiennes juives et noires, aux adorateurs de la fesse gauche.

Cela ne m'est pas possible.

Si tous les blogeurs de nouvelobs.com avaient le courage de Caquedrole, nous n'en serions pas là.

Encore une fois, merci Caque.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 06:54

Il ne s'agit pas , cette fois-ci, de l'université mais d'une pratique autoritaire qui a de plus en plus cours dans le secondaire.

Un ancien collègue m'écrit ceci :

http://www.pasdesarkozy.fr/images/feodalite.jpg

"Le proviseur du lycée où travaille mon épouse a institué un rituel :

Quand un enseignant a été inspecté, il est convoqué chez le  proviseur qui lui lit à voix haute le contenu du rapport  d'inspection. On ne demande pas encore à l'enseignant de mettre un  genou à terre, mais le symbole est le même.

Ma femme comptait bien refuser de se prêter au rituel, mais les  syndicalistes du lycée, pourtant combatifs, l'ont dissuadé de le  faire, parce qu'elle est néo-titulaire.

De telles pratiques sont-elles légales ? "

 

Bien sûr que non, mais ici, comme ailleurs, tout est rapport de force.

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 15:29

Sur deux ménisques et Jean Degros

 

Au début des années soixante-dix, plusieurs sociologues ont développé la thèse selon laquelle il y avait quelque chose d'intrinsèquement fasciste dans le sport de compétition. On sait l'utilisation que les pays totalitaires ont fait du sport. Mais l'on sait également que les fondateurs du sport de compétition en pays capitaliste furent, le plus souvent, des gens de droite ou d'extrême droite. Pensons au baron Pierre de Coubertin qui modernisa les Jeux Olympiques, à Henri Desgranges, l'inventeur du Tour de France, au Marquis de Queensberry qui codifia les règles de la boxe. Cela n'empêcha pas cet aristocrate très irascible, pas du tout "fair-play" à titre personnel, de collectionner les prostituées de luxe, mais surtout d'avoir deux fils homosexuels, l'un étant l'amant du grand écrivain Oscar Wilde. Par la faute de ce gandin et de son père culotte de peau, l'auteur du Portrait de Dorian Gray et du Prince heureux et autres contes qui égaya mon enfance, sera condamné aux travaux forcés alors qu'il n'avait peut-être jamais essuyé une tasse à café. Il ne s'en remettra pas. Il mourra à 46 ans, malade, dans la misère et la solitude.

http://2.bp.blogspot.com/_4wK3KtlDw-Y/S-i-xKuL50I/AAAAAAAAHBE/BOsQ30gT4zU/s1600/Queensbury_1.jpgJe connais très mal  l'univers du sport de compétition. Je ne sais s'il est d'essence fasciste, mais j'observe à l'œil nu que son contexte physique est de plus en plus pesant, carcéral. Un seul exemple : je fréquente régulièrement la piscine municipale Nakache de Toulouse ([->http://www.legrandsoir.info/Daniel-Baud-Alfred-Nakache-le-nageur-d-Auschwitz.html]). Cette piscine est située à deux pas du Stadium, où l'équipe de football du TFC et, naturellement, celle de rugby se produisent régulièrement. Entre la piscine et le stade, on trouve de multiples aires de jeux (football, athlétisme). À côté de Nakache, un bassin olympique où s'entraîne une partie de la fine fleur de la natation française. Tous ces espaces sont clos par des grillages en dur, des portes fortement cadenassées, des murs infranchissables. Et je ne parle pas des caméras de surveillance. Derrière cela, il y a beaucoup d'argent. Ce casernement a été précédé d'appels d'offres extrêmement juteux. Il dut y avoir des luttes féroces chez les fournisseurs d'autant qu'on retrouve ce type d'équipement, à l'identique, dans de nombreuses villes françaises. Dans quelle mesure la "concurrence libre et non faussée" a-t-elle prévalu ?

Jean Degros fut le capitaine de l'équipe de France de basket à la fin des années cinquante et au début des années soixante. Je ne suis pas sûr qu'un seul basketteur français ait joué aussi bien que lui depuis. Quand je l'ai connu, quand j'ai joué au foot dans la cour du lycée de Douai avec lui (je ne figure pas sur la photo ci-dessous), son statut était celui d'amateur à 100%. Je crois me souvenir que la Fédération lui fournissait un survêtement par an et deux paires de baskets, ce qu'on appelle des "converses" aujourd'hui.

L'article qui suit n'est plus visible sur mon blog censuré par nouvelobs.com mais est toujours en tête de gondole google.


Un couple d’amis a un garçon ado qui joue au basket-ball comme il respire, depuis l’âge de 5 ans. Il est vraiment brillant. Il évolue en scolaire et en civil. Il a été sélectionné à plusieurs reprises dans l’équipe de sa région.


Récemment, ses entraîneurs le convoquent avec ses parents à qui ils tiennent à peu près ce langage : « Votre fils est au bord de l’équipe de France cadet. Il est tout à fait au niveau, mais a un léger problème : une réelle faiblesse dans les ménisques. Pour que sa carrière se poursuive, il faudrait opérer et remplacer les deux ménisques naturels par deux ménisques artificiels. Pas d’inquiétude, c’est comme pour la cataracte : on change un ménisque, puis l’autre.


— Oui, oui, dis le gosse, je veux me faire opérer !


Effarés, les parents se lèvent, emmènent leur champion et disent aux entraîneurs de ne plus jamais tenter de les contacter.


Lorsque j’étais gosse, j’avais comme copain de lycée le meilleur basketteur français de l’époque, capitaine de l’équipe de France. J’ai souvenir d’une raclée que notre lycée avait infligée au lycée d’Arras ; nous avions gagné par 221 à 25. Jean Degros avait passé 106 points. Avec lui, je jouais au foot, dans la cour du lycée, ou au volley-ball, sur la plage de Stella.


Degros.jpg

 

 

Je ne l’ai jamais revu. On me dit qu’il est très perturbé par la tournure prise par le sport professionnel en général, le basket en particulier.

 

Évoquer dans un même article Oscar Wilde et Jean Degros, il fallait l'oser !

 

 

 

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 07:03

Un article très intéressant de Philippe Jacqué, pour Le Monde. Il explique comment les consultants, en général étatsuniens, envahissent les universités françaises et facturent à des prix exorbitants les conseils qu'ils dispensent. Au moment où ces universités crèvent par manque de moyens, la LRU impose de facto ce genre de collaboration.

http://www.rent-it.net/1/img/contentImageConsultants.jpgÀ noter que Philippe Jacqué se laisse entraîner par l'air du temps : il cite Gilbert Casamatta en le qualifiant de "président de l'université de Toulouse". Or l'université de Toulouse n'existe pas. Casamatta est président du PRES des universités de Toulouse. Ce brillant chercheur de l'Institut National Polytechnique de Toulouse a succédé à Louis Castex, ancien président de l'INSA de Toulouse.

On voit là qu'une des fonctions des PRES est d'intégrer à ce type de structure, en leur donnant un maximum d'influence, tout ce qui n'est pas université dans le sens classique du terme : écoles d'ingénieurs, établissements d'enseignement supérieur privés (confessionnels ou pas).

Les consultants s’installent sur les campus

Par Philippe Jacqué, Le Monde, 17 mars 2011

L’autonomie des universités et le grand emprunt ont accéléré le recours aux cabinets de conseil. Ils y sont presque tous. Deloitte, Ernst & Young, Eurogroup, Bearing Point, Kurt Salmon, mais aussi McKinsey, Algoé ou Alcimed... En quelques années, les cabinets de conseil ont multiplié les interventions pour les universités. Alors que le jury international des initiatives d’excellence (IDEX) - appel d’offres des investissements d’avenir doté de 7,7 milliards d’euros - auditionne, jusqu’à vendredi 18 mars, les dix-sept projets, rares sont ceux qui ont été rédigés par des universitaires seuls. " Dans le cadre des appels d’offres, le temps était tellement contraint que nous avons dû nous faire aider, explique Jean-Claude Colliard, le président de Paris-I et d’Hésam (Hautes écoles-Sorbonne-Arts et Métiers). Nous avons fourni les projets scientifiques, des consultants les ont mis en forme. " A Strasbourg, " nous avons mis en place une cellule interne "grand emprunt" de trois personnes, explique Guy-René Perrin, son responsable. Mais nous avons aussi eu recours à un cabinet afin d’obtenir un regard extérieur neutre. " De la définition de stratégie à la rédaction de projets, les prestations facturées par les diverses sociétés oscillent de quelques dizaines de milliers d’euros à 300 000 euros. Selon le Bulletin officiel, Paris-Est a ainsi déboursé 215 950 euros hors-taxe (HT) pour travailler avec Bearing Point, quand Bordeaux a investi 294 100 euros HT pour contracter avec Kurt Salmon et Erdyn. " C’est un scandale, juge Stéphane Tassel, le secrétaire général du Snesup-FSU [NdFD : présent dans les murs de l’UPPA lundi soir, devant dix pelés et un tondu] . Alors que les universités tirent financièrement la langue, des millions d’euros ont été utilisés pour monter ces dossiers. Le pire, c’est que tout se fait dans l’opacité la plus totale. " " C’est relativement cher par rapport à nos budgets, convient Laurent Batsch, président de Paris-Dauphine. Mais tout le monde a bien compris que sans cette aide, il était impossible de répondre aux appels d’offres, car ils apportent des compétences que nous n’avons pas. " A Strasbourg, " au vu des appels d’offres déjà remportés, nous devrions rentrer dans nos frais ", assure M. Perrin, qui a dépensé près de 125 000 euros. Le grand emprunt n’a fait qu’accélérer une tendance lourde, constate Loïc Jouenne, associé chez Deloitte : " Nous travaillons avec les universités depuis 2005 et, depuis 2008, tout s’est accéléré. Mais cela représente toujours une faible part de notre chiffre d’affaires. " C’est la mise en place de la loi d’autonomie en 2007 qui a tout changé. " Les universités ont commencé à se poser des questions d’ordre existentiel dans un nouveau contexte concurrentiel, reprend M. Jouenne. Elles nous ont demandé de les aider à formaliser leur stratégie pour les années à venir. " Ainsi, l’université de Picardie a-t-elle eu recours l’an dernier à des consultants pour coordonner la réflexion sur sa stratégie 2020. De même, la vague actuelle de fusions d’établissements est accompagnée par des consultants. Deloitte a ainsi assisté les trois universités strasbourgeoises ou les deux écoles normales supérieures lyonnaises, Kurt Salmon, celle de Lorraine. Avec leurs nouvelles compétences en matière de comptabilité et de ressources humaines, les universités revoient leur organisation et leurs procédures. Elles doivent faire certifier chaque année leurs comptes. Des marchés de plusieurs centaines de milliers d’euros pour les sociétés de conseils. " Nous sommes effectivement entrés sur ce marché avec la certification des comptes, explique Patrice Lefeu, associé chez Ernst & Young. Depuis, nous avons étoffé nos services ".

Nous sommes intervenus sur ce nouveau marché pour aider les universités lors du plan campus, en 2008. Depuis, nous les avons aidés à se doter de schémas immobiliers et numériques ", ajoute Marie-Joëlle Thénoz, associée chez Kurt Salmon. Le tout souvent financé par la Caisse des dépôts et consignations, qui croit à l’apport des consultants au sein des universités. Si, au départ, il y a eu un choc des cultures, universités et cabinets ont appris à travailler ensemble. " Nous restons extrêmement modestes, car les universitaires n’attendent pas que nous réfléchissions à leur place, mais que nous les aidions à s’organiser ", résume Mme Thénoz. De fait, résume-t-on au ministère de l’enseignement supérieur, " les cabinets sont devenus des acteurs du changement. C’est pour cela que, malgré certaines réticences, les universitaires les acceptent ". " Si l’on explique notre démarche aux conseils de nos universités, cela ne suscite plus de réactions épidermiques ", conclut Gilbert Casamatta, président de l’université de Toulouse.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:22

apha.jpg

Jean-Michel Aphatie, obsessionnel et poujadiste

 

En temps normal, le sentiment de fierté m'est complètement étranger. Mais ce coup-ci, j'ai dérogé.

J'ai publié ce texte en octobre 2010, sur mon blog censuré par Nouvelobs.com, puis sur le site du Grand Soir. Une parenthèse sur ce site : il appartient à la gauche de gauche, il est animé par une poignée de personnes de grande qualité intellectuelle, et il ne rejette que les textes très mal écrits, sans réel intérêt et, bien sûr, de droite.

Je ne m'y attendais pas du tout, mais ce portrait a eu – et continue d'avoir – un réel succès. Si l'on tape "Aphatie" (et même "Apathie", c'est dire) sur Google, l'article (version Grand Soir) est référencé en haut de la première page, avant le blog de l'intéressé (qui doit en être vert) et avant la page Wikipédia. Mon portrait du chroniqueur de canal+ et de RTL a été lu par plus de 1000 personnes sur mon ancien site et par plus de 10000 personnes sur le site du Grand Soir. Je sais bien que le critère de quantité ne veut rien dire, sinon notre kleiner Mann aurait raison  avec sa "culture du résultat", concept qu'il a piqué au monde de l'entreprise privée étatsunienne.

Mais je pense avoir visé juste.

 

Il y a une cinquantaine d’années, un sociologue britannique des médias, dressant une typologie des éditorialistes en fonction du lieu d’où ils s’exprimaient, distinguait trois positions :

- celle de “ Sirius ” (comme Hubert Beuve-Méry) : le journaliste parle d’un point imaginaire éloigné de la terre, du personnel politique, des lecteurs ; il est “ objectif ” parce que sans liens avec la contingence,

- celle de l’initié, l’insider, celui qui connaît les choses de l’intérieur, qui est dans la place, et fait donc profiter ses lecteurs de sa proximité avec les gens d’en haut dont il partage le style, les bonnes manières, les valeurs (les journalistes du Times, du Figaro),

- celui qui perçoit de l’extérieur, l’outsider, qui “ sait ”, parce qu’il est au parfum, parce qu’on ne la lui fait pas, qui a ses entrées dans le grand monde mais qui s’exprime au niveau de ses lecteurs en répondant à leurs attentes et en exprimant (prétendument) leur point de vue.

Jean-Michel Aphatie appartient, bien sûr, à la troisième catégorie des observateurs politiques.

 

 Il faut s’arrêter un instant sur son itinéraire peu banal. Issu d’un milieu modeste, il quitte l’école à quatorze ans et travaille comme garçon de café ou vendeur de voitures (sa page Wikipédia). Il reprend des études à vingt-quatre ans. Il obtient des diplômes en journalisme et en droit public. Ce parcours méritant le situe et le constitue. Aphatie est différent des autres (il n’a pas fait Sciences Po en compagnie des responsables politiques de sa génération) et s’autorise à parler au nom de ceux qui en ont bavé. Avec Aphatie, on est dans le personnel, les fibres, le réactif, l’émotion. En septembre 2008, il expliquait sa passion pour la politique : « J'ai le virus, je ne connais pas de lassitude. L'actualité m'intéresse toujours autant, il se passe toujours quelque chose de passionnant. Dans la politique, il y a des snipers, des trahisons, des complots, du danger partout. On y trouve de l'irrationnel, du charme, de la solitude, des drames. La politique prête à la tragédie ». Telle est sa passion : la politique ressentie comme un film à suspense, avec des larmes, des destins croisés. On ne s’étonne pas qu’il avoue venir de la gauche (il fut membre du Parti socialiste de 1982 à 1986, donc quand ce parti était au pouvoir) sans jamais avoir été de droite. Il quitte le PS lorsqu’il apprend l’existence de la fille cachée de Mitterrand (sacrément dialectique !) et va se consacrer au “ mensonge ” en politique. Il fera également une fixation sur le sonotone (lui aussi caché) de Chirac, autre preuve que le mensonge est consubstantiel à ceux qui nous gouvernent, surtout s'ils ont, à cause de leur surdité, une perception déformée du monde. En bon outsider, il indique avoir voté blanc à tous les scrutins depuis 1988, sauf lors du référendum sur le Traité de Maastricht, où on serait surpris qu’il ait rejoint le camp du Non.

 

De fait, il va travailler deux ans pour Politis (qui ne recrute pas ses collaborateurs au hasard), dont il sera chef du service politique, puis dans divers quotidiens et hebdomadaires nationaux avant d’exercer dans les médias radiophoniques et télévisuels. Toujours à un haut niveau : chef du service politique à France Inter (qu’il quittera, vexé de ne pas pouvoir présenter l’éditorial du matin), interviewer à RTL, responsable du “ Grand Jury ” RTL-Le Figaro-LCI. Dans le même temps, il donnera des chroniques à Marc-Olivier Fogiel pour son émission “ On ne peut pas plaire à tout le monde ” et au “ Grand Journal ” de Michel Denisot (Canal+). De Politis à Fogiel et aux bobos de Canal+, Aphatie est donc passé d’une conception en profondeur de la politique au degré zéro des coups de gueule, des “ évidences ”, de la simplification à outrance. Chez Denisot, il est parfois aidé – et c’est alors désastreux de médiocrité et de lâcheté – par Ariane, l'arrière-arrière-arrière-petite-nièce du compositeur Jules Massenet. On les verra s’en prendre à Guillon et à Porte, KO debout après leur éviction de France Inter, sans que ces derniers puissent se défendre, ou à leur tête de Turc actuelle, Jean-Luc Mélenchon, qui a la langue bien pendue lorsqu’il s’agit de dénoncer les journalistes carpettes.

Dans un récent article, Marianne2.fr, exposait les obsessions politiques du journaliste. Peu nombreuses, ces marottes. Lorsqu’on chronique avec l’aide d’Ariane Massenet, il faut faire simple, formaté. Mélenchon est violent lorsqu’il traite Pujadas (systématiquement non gréviste, comme tous les présentateurs de Canal+, d’ailleurs) de laquais. Point final. Pujadas, et d’autres, sont-ils effectivement des laquais ? Peut-on s’interroger, sans basse polémique, sur les relations entre les journalistes et le personnel politique, sur celles qui unissent les journalistes à leurs employeurs, marchands d’armes, membres du CAC 40 ? Non, bien sûr. Dans ses interviews pour RTL, Apathie assène qu’une grève est systématiquement inutile, sans jamais s’interroger sur le sens des mouvements sociaux, sur l’inévitabilité des crises.

Comme il réduit l’essence des problèmes à une peau de chagrin, Aphatie use, jusqu’à la corde, un discours clos renfermant deux ou trois concepts ressassés presque quotidiennement : la dette est trop importante, les fonctionnaires sont trop nombreux, critiquer les médias est démagogique, les manifestations sociales sont inefficaces en démocratie.

Celui qui ne vient pas du moule mais qui est parvenu à faire sa place au soleil s’en prend avec jouissance aux marginaux de la politique. Arnaud Montebourg est vilipendé à plusieurs reprises pour avoir dénoncé la « tradition délinquante » de TF1, cette entreprise pourtant respectable qui vend du cerveau vide à Coca Cola.

Selon Marianne2.fr, au moindre surgissement d’une contestation (un droit en démocratie), « le cerveau apathien se met en mode automatique ». Il peut s’agiter devant son micro, à l’extérieur rien ne doit bouger. Le Parlement fait la loi, donc « on » ne « comprend » pas « l’agitation sociale ». Pourtant, si un p’tit gars comme Aphatie a pu reprendre des études, c’est bien grâce aux mouvements sociaux, en particulier à Mai 68 qui a facilité l’accès à l’enseignement supérieur de travailleurs déjà entrés dans la vie active (et vive l’examen spécial d’entrée à l’université !). Pour Apathie, la démocratie est un état de fait, une congélation, un instant parfait, sûrement pas un rapport de forces, des luttes, des avancées, des brèches. Et il n'a pas son pareil pour surréagir en poujadiste. Voyons-le se gausser du care, cher à Martine Aubry. La responsable du Parti socialiste souhaite, selon Le Monde, "redynamiser la pensée sociale progressiste". "Nunucherie", explose Apathie, en lançant un exocet au Monde : "Déjà, le titre. Qui a imaginé ce fabuleux titre ? Le rédacteur du papier, Olivier Schmitt ? Son rédac’ chef ? Un secrétaire de rédaction ? Le directeur du Monde soi-même ? On voudrait savoir. « Redynamiser » situe déjà l’action à un certain niveau d’exigence. Mais quand en plus on apprend qu’il s’agit de la « pensée sociale progressiste », alors là mes amis et mes aïeux, on prend son Monde solidement dans ses mains et on s’assoit parce qu’on sait que ça sera du lourd".

Pour Aphatie, le journalisme politique se résume à un questionnement d’autorité entre un journaliste qui se met au même niveau de responsabilité que l’élu qui doit lui rendre des comptes (d’où le mot “ Jury ”, très bien trouvé).

Apathie est hargneux parce qu’en maverick (en franc-tireur qui vient de loin et se veut non conformiste), il n’a pas l’aisance naturelle des journalistes qui appartiennent – ou croient appartenir – au grand monde : les Barbier, les Giesbert, les Mougeotte.

 

Un petit ajout, pour la route (sur le site de Jean-Luc Mélenchon) :

Dans son blog en date du 15 octobre, à propos des grèves, Apathie évoque "les chiffres de la contestation". Parlons en effet, jusqu'à plus soif, des batailles de chiffres syndicat-police-gouvernement. Pendant ce temps, on n'évoquera pas les luttes des salariés, les raisons profondes de la classe dirigeante de sa volonté apparemment inébranlable d'imposer cette "réforme" des retraites. On n'évoquera pas non plus la vie des gens, leur ressenti, leurs angoisses, leur dégoût de Sarkozy et de son gang. Aphatie conclut son article par :

"Ceci nous rappelle une vérité simple: le journalisme est un métier, pas un acte de foi quotidien. Sans doute, le phare du journalisme à la française qu'est Jean-François Kahn, ou Pierre Carles, l'homme qui préfère diffuser ce qu'il y a avant les interviews plutôt que ce qu'il y a dedans, ce qui nous renseigne sur ses qualités d'interviewer, ne seront pas d'accord, eux qui commencent par l'analyse et se dispensent des faits quand cela les contrarie, ou les ennuie. Mais ne soyons pas sectaires. On peut tolérer, en France, deux manière de faire du journalisme, la bonne et la mauvaise. Il suffit juste que chacun choisisse la sienne."

Une fois encore, il fait la leçon à Jean-François Kahn qui n'a jamais prétendu être le "phare" du journalisme français (et qu'on a assez peu entendu depuis le début du mouvement) et à Pierre Carles, authentique journaliste d'investigation iconoclaste, auteur d'un film magnifique sur Bourdieu et grand dénonciateur du journalisme de cour : c'est lui qui avait démontré le bidonnage de l'interview de Fidel Castro par PPDA et qui avait filmé une conversation entre Mougeotte et Léotard, où l'on voyait clairement le ministre aux ordres du journaliste qui s'apprêtait à lui donner TF1.

Aphatie termine son article par un PS qui ressemble à un "attendez, j'essuie les miettes de la table et on y va" :

"PS Suis-je bête, j'ai oublié... Page 24 dans Libération du jour, Pierre Marcelle, chroniqueur, parle de moi dans sa chronique. Je me suis dit que la moindre des politesses, ce serait de lui répondre, ici et maintenant comme on disait avant. Mais pour comprendre ce qu'écrit Pierre Marcelle, il faut le relire au moins quatre fois, ou cinq les bons jours. Le style plus l'intelligence, c'est beaucoup pour moi. Presque trop. Je suis sûr qu'il comprendra et qu'il ne m'en voudra pas, pour cette raison, de ne pas lui répondre."

Le poujadisme de l'individu éclate dans cette adresse à Pierre Marcelle qui signifie "vous et moi, chers lecteurs, nous sommes beaucoup trop bêtes, trop insignifiants pour engager le débat avec une telle lumière". Aphatie devrait se méfier : Marcelle a peut-être un style tout en finesse, il a un gabarit de catcheur.

 

Encore un petit verre pour la route :

Alexis Corbière, un proche de Mélenchon, rapporte ceci dans son blog :

 

Dès dimanche dernier, j’ai eu la chance avec plusieurs de mes camarades du PG, d’accompagner Jean-Luc sur le plateau de l’émission du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. C’est Jean-Michel Apathie qui menait les débats, accompagné d’Eric Revel de LCI etEtienne Mougeottepour le Figaro. « L’Affaire Pujadas » a occupé pratiquement la moitié de l’émission. Les trois journalistes voulaient lui faire mettre un genou à terre, sur cette question, et je considère qu’ils n’y sont pas arrivés. Mais, quel ring ! Quel bras de fer ! Après l’émission, avec quelques camarades, nous avons discuté un moment avec Apathie sur le rapport entre les journalistes et les politiques. L’homme, plus à l’écoute que ce que je pensais, n’était pas indifférent à nos critiques sur la façon dont certains journalistes assénent des évidences qui ne peuvent être remise en cause, sans être moqué. Nous avions déjà vécu cette outrance en 2005 lors du débat sur le TCE, et nous avions le sentiment de le revivre à présent, lors du débat sur les retraites. Il semblait entendre. Mais, peut être était-il lui aussi épuisé par l’épreuve qu’il venait de faire subir à JLM. Il faut dire que l’exercice était éreintant, et la tension grande dans la petite équipe que nous étions, assis derrière les intervenants, durant les soixante minutes de l’émission. Dans le métro qui nous ramenait nous avons ri avec Jean-Luc des pièges qui lui furent tendus par ce trio. Mais, sans son expérience accumulée, un autre invité aurait été écrasé. Il faudra s’en souvenir dans les étapes suivantes.

Je fais encore un petit détour à propos de M. David Pujadas. Voulez-vous un nouvel exemple de ses choix éditoriaux lorsqu’il interroge un syndicaliste ? Mardi soir, après le succès de la manifestation organisée le jour même, M. Pujadas avait pour invité M.Bernard Thibault,secrétaire général de la CGT. Quelle est la première question qu’il lui a posé : « Avec cette culture du blocage, ne craignez-vous pas d’être la risée de l’Europe ? ».Sidérant, non ? Qui ne voit pas le lourd contenu idéologique colporté par une telle question qui, sur le ton de l’évidence, entend ridiculiser un puissant mouvement populaire ? M. Thibault aurait sans doute dû lui répondre : et vous, M. Pujadas, avec une telle question, ne craignez vous pas d’être la risée de votre profession ? Il ne l’a pas fait. Dommage. Mais, a-t-on le droit s’indigner que sur une chaîne de service public on traite ainsi l’information ? Cette affaire nous concerne tous. L’information et le traitement de l’information sont des questions civiques relevant de l’intérêt général. Elles formatent les consciences. Elles ne peuvent être seulement débattues entre journalistes, en famille, tel un clan fermé. Je suis convaincu que l’immense majorité d’entre eux sont conscients de ce problème. Ils le vivent quotidiennement. Je suis persuadé que pour la plupart, ils en souffrent. Il ne s’agit donc pas de globaliser en critiquant « les » journalistes, mais au contraire de défendre cette profession indispensable à toute démocratie et de pointer ses dysfonctionnement les plus graves. Est-ce possible ?

Il faut à présent dire un mot du ball-trap anti-Mélenchon auquel certains rêvent de participer. Pour un mot de colère lâché devant un écran, combien d’insultes, injures et calomnies… ? Je veux essayer de répondre à certaines d’entre elles.

Alors, « totalitaire » Jean-Luc Mélenchon par son comportement? Mais, je rêve. Qui possède les groupes de presse ? Où sont les monopoles mêlant dangereusement pouvoirs médiatiques et économiques ? Qui contrôle et décide du traitement de l’information ? Qui a le pouvoir de faire taire telle ou telle personne, ou tel courant de pensée ? Mélenchon tout seul ? Quelle blague. Et pourtant, déjà la menace est brandie, elle menace de s’abattre. Sur le net, la mode est au billet d’insulte. Inutile de tous les citer. Mais au premier rang, M.Renaud Revel, rédacteur en chef de l’Express, qui prévient sur son blog: il faut faire taire ce « gugus ». « Que serait Mélenchon sans la télé ? Rien : un obscur militant venu du PS représentant un courant politique confidentiel, plombé dans la pénombre. »Pour lui, JLM est « un hurluberlu qui ne représente que lui-même», « un homme politique virtuel » au « poujadisme rampant et à la démagogie poisseuse ». « Il est tout ce qui rend la politique détestable ». Il est temps de « faire un sérieux tri ». Sous entendu : Journalistes, mes chers collègues ! Ne l’invitez plus, n’en parlez plus, boycottez-le ! Ruth Elkrief si I-Télé en rajoute en considérant que Jean-Marie le Pen et Jean-Luc Mélenchonsont comparables, et elle ne souhaite plus en parler. Voilà donc comment ils veulent traiter un des rares responsables politiques qui exprime l’opinion de millions de gens actuellement mobilisés contre la réforme des retraites. Ils ont tout pouvoir, ce sont eux qui l’ont « fabriqué », à présent il faut le faire taire, et c’est un fasciste. Et cela, parce qu’il s’est indigné de la façon dont l’information est traité par les principales chaînes de TV. Où est le totalitarisme ? Franchement. Que chacun garde donc son sang-froid. Je me souviens encore d’une émission sur France 5,Ripostes animé par Serge Moati (excellente émission d’ailleurs qui a disparu) en avril 2009, durant laquelle M. Pierre Lellouche, actuel membre du gouvernement, avait insulté Jean-Luc en lui disant : « vous êtes un pauvre type Mélenchon. Si nous étions au 19e siècle, je vous provoquerai en duel et je vous flinguerai. Mais hélas je ne peux pas.. » Jean-Luc était resté de marbre devant cette menace de mort en direct à la TV. A-t-on vu un journaliste, ou précisément M. Renaud Revel s’indigner de ce comportement de Pierre Lellouche ? Non. Cela, pour M. Revel « ne rend pas la politique détestable » pour reprendre son expression. Idem, quandXavier Bertrand, en pleine affaire Woerth Betancourt, considère que Médiapart est digne d’une officine d’extrême droite des années 30. J’attends encore la réaction de M. Revel qui est pourtant responsable de la rubrique Médias pour l’Express.

Poujadiste ! JLM serait donc « poujadiste » selon ce journaliste de l’Express. C’est à dire un héritier dePierre Poujade, leader d’extrême droite des années 50, défenseur des petits commerçants, violemment anti fonctionnaire et ultra de l’Algérie française. Bigre, ça c’est précis, et ça c’est envoyé ! Il faut dire que M. Revel lui, connaît les sujets importants et s’y consacre. Il est notamment un « spécialiste » de Johnny Hallyday sur lequel il vient de publier récemment un ouvrage : Johnny, les 100 jours où tout a basculé. Ah, voilà enfin un sujet important qui ne dégrade pas la vie politique. Dans les pages de M. Revel, on ne trouvera aucune critique contre le rockeur exilé fiscal en Suisse. Rassurez-vous, ici pas de telle vulgarité. Par contre, M. Revel en présentant son ouvrage s’inquiète : « Johnny est un travailleur pauvre qui malgré ses nombreuses années de carrière n’a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant. » Quand le producteur du chanteur lui verse « 800 000 euros, il y a 15 jours, c’est insuffisant. Il ne possède pas de capital, excepté son capital immobilier. » Pauvre Johnny… Des lignes pareilles, voilà du beau journalisme, sur des thèmes majeurs, traités avec une belle hauteur de vue. Chapeau. Pas de « poujadisme » dans votre style. Et cela vous donne le droit de défendre l’honneur de toute votre profession… M. Revel, à la vérité, parler ainsi de Jean-Luc Mélenchon, homme de gauche, est indigne. Savez-vous au moins de quoi vous parlez ? J’en doute. Vous avez une excuse. Vous n’êtes pas le seul. Ce qualificatif à force d’être utilisé en toute circonstance, n’a plus aucun sens. Je l’ai même entendu utilisé contre moi, en Conseil de Paris, il y a deux semaines, alors que j’expliquais pourquoi j'allais voter contre le protocole d’accord entre la Ville de Paris et l’UMP etJacques Chirac. « Poujadiste » que de demander justice et la tenue d’un procès digne de ce nom pour une affaire qui a occupé durant plus de dix ans la vie politique française. « Poujadiste » d’être outré par l’arrogance tranquille d’un présentateur TV quand il interview un homme licencié. Les mots n’ont décidemment plus aucune signification. Pour la peine, j’en invente un nouveau (en réalité je l’emprunte à l’intelligence vive et mordante de mon ami François Delapierre) : M. Revel, vous, et ceux qui pratiquent comme vous ce métier êtes des « Pujadistes » ! Et vos insultes sans fondement vous déshonorent.

Mais, ce n’est pas fini.

 

Populiste ! Ils veulent aussi l’injurier par ce terme. Mais, cette fois ci, cela ne fonctionne plus, car le pire pour eux, c’est que Jean-Luc Mélenchonassume. A ce sujet, lisez« Qu’ils s’en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne »(édition Flammarion) dans lequel il s’explique brillamment. Je voudrais ajouter au sujet de ce mot « populiste » qui donne des sueurs froides à certains, quelques arguments. Cela s’impose. Il y en a assez, que tout ce qui semble venir du peuple est montré comme vulgaire, simpliste et généralement raciste. Le mot de populiste n’a pas la signification que certains lui donne depuis quelques années. Depuis 1929, il existe par exemple en littérature un « Prix du roman populiste ». Il récompense, je cite : « une œuvre romanesque qui préfère les gens du peuple comme personnages et les milieux populaires comme décors à condition qu’il s’en dégage une authentique humanité ». En 1930, ce prix a récompensé Marcel Aymé, puis en 1932 Jules Romains, en 1940 Jean-Paul Sartre, en 1984 Didier Daeninckx, en1987Gérard Mordillat ou encore en 2001 Daniel Picouly. Aucun de ses auteurs ne s’est indigné de l’intitulé de ce prix. Il me semble même qu’ils en ont été honorés.

Depuis quelques décennies, des commentateurs politiques ont détourné ce mot pour qualifier des mouvements d’extrême droite qui seraient« des représentants du peuple contre les élites ». Le problème est que cette définition courante est dangereuse. Non, l’extrême droite ne représente pas le peuple. Elle n’est ni populiste, ni populaire. Il nous faut nous réapproprier ces mots, même si cela choque dans un premier temps. J’invite chacun à y réfléchir sans passion. Pour nous républicains, le peuple est notre souverain. C’est lui que l’on doit servir, écouter, éduquer aussi et non pas le mépriser en considérant que ce qu’il pense, la façon dont il parle, ses modes d’actions sont « la risée de l’Europe »ou de je ne sais trop qui.

Je le sais, pour des femmes et des hommes de gauche, le peuple n’a pas forcément raison. Mais il n’a pas forcément tort non plus. Et, quand il se trompe c’est souvent quand on lui a fait entrer au forceps dans le crâne des valeurs qui sont celles de ceux qui organisent et profitent du système économique actuel : le goût inconsidéré de l’argent facile, de la réussite individuelle, du chacun pour soi. L’idéologie dominante est aujourd’hui celle des classes dominantes. Qui peut prétendre l’inverse ?

On revient donc à la question des médias. Peut-on imaginer une société plus juste, plus fraternelle, plus solidaire, en ne changeant rien de notre système médiatique et aux messages quotidiens qu’il fait entrer dans des millions de foyers ? C’est aussi aux professionnels de l’information de nous aider dans cette tâche. Ils n’ont rien à perdre et tout à gagner.

Est-il possible de prétendre« changer la vie » en annonçant que rien ne changera ? Est-il crédible de dire que nous bâtirons un autre monde en gardant aux mêmes places, aux mêmes responsabilités, ceux qui organisent le monde actuel ? Ayons confiance en nos propres forces. L’intelligence de la majorité de notre pays se fait entendre. D’immenses énergies sont disponibles pour cette tâche. Pour l’essentiel, elles sont actuellement dans la rue, pour le retrait d’une loi injuste.

Si certains veulent ouvrir la chasse au Mélenchon pour le faire taire, ils rencontreront une difficulté. La cible est multiple. Il y en a des millions dans la rue qui manifestent.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:27

 J'ai revu récemment La Gifle de Claude Pinoteau. D'accord, le film a un peu vieilli. Moi aussi, 37 ans après. Mais quels acteurs ! Girardot, excellente ; Ventura, impeccable. Jacques Spiesser, jeune acteur rayonnant mais qui n'a pas maigri depuis. Et Isabelle Adjani : en voilà une comédienne qui aurait pu faire une sacrée carrière ! Qu'est-elle donc devenue ? On l’aurait vue errer sur la lande de l’Aubrac.

http://www.linternaute.com/cinema/magazine/photo/isabelle-adjani-une-carriere-en-images/image/gifle-1974-263391.jpg

      Mais je voudrais dire deux mots ici d’un actant du film : la moto de Spiesser, instrument de liberté qui permet au jeune homme de subtiliser Adjani à Perrin et de faire découvrir à sa belle les splendeurs du Kent.

Il s’agit, si j’ai bien vu (mais je ne suis pas spécialiste), d’une Motoconfort 125 LT2 de chez Motobécane (l’inventeur de la formidable Mobylette). Elle supporte vaillamment le poids des deux tourtereaux et les emmène à bonne vitesse vers un autre avenir.

Tout cela pour dire que, il y a quelques dizaines d’années, l’industrie française construisait de très bonnes motocyclettes qui damaient le pion aux japonaises (à l’époque rikiki), aux anglaises, aux italiennes etc.

Que s’est-il passé ?

Wikipedia nous dit ceci :


« Les machines de chez Motoconfort se distinguent par une technologie de pointe dans certains aspects, avec un moteur à cylindres en alliage d'aluminium revêtu de chrome dur et allumage électronique, suspendu sous un original mais excellent cadre double berceau. Au fil du temps le succès commercial s'émoussa devant les progrès fulgurants d'esthétique, de finition et d'équipement de la concurrence nippone. »

 

Si je comprends bien, à cette époque les Français étaient encore techniquement meilleurs, mais c’était au niveau du look et de la com’ qu’ils ont été surclassés.

Wikipedia ajoute ceci :


« Motobécane se voulant précurseur sur bien des plans (allumage électronique, certes défaillant et peu fiable, cher et irréparable…), faute d'avoir fait preuve d'une réelle stratégie d'investissement, s'est vite retrouvée à l'arrière-garde à une époque où ce genre de design tombait en désuétude avant la sortie de la LT3, trop tardive et trop chère, etc. »

 

Alors, nous sommes tombés de Charybde en Scylla : le constructeur aura beau lancer une LT3 dont une version en polyester sera championne du monde en 1977, l’entreprise (devenue MBK) sera rachetée par Yamaha en 1986.

MBK emploie aujourd’hui 800 salariés dans l’Aisne.

 

http://www.motobecane-passion.fr/LT2%20bleu.jpg

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 08:52
Gouverner, c’est choisir.

 

Alors choisissons.

Un bon coup.

 

Dans le compte-rendu officiel d’une réunion de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, Fernand Siré, député UMP des Pyrénées Orientales, a tenu les propos suivants :

 

http://medias.francetv.fr/cpbibl/url_images/2010/04/07/image_62358937.jpg« En termes de rationalisation budgétaire, on ne peut que constater la faillite de l’éducation nationale s’agissant de la formation des jeunes : non seulement certains s’arrêtent avant le niveau bac + 2 sans diplôme tandis que d’autres quittent l’école à seize ans sans rien faire après, mais on perpétue des classes dans le seul intérêt de professeurs dont le souci est uniquement de protéger leur emploi.

 

Mieux vaudrait rationaliser les dépenses en supprimant toutes les filières qui ne conduisent à rien – par exemple psychologie, sociologie ou encore géologie à l’université – et en réintroduisant les entreprises dans la formation plutôt que de leur demander de faire des efforts sur leurs propres deniers pour former des jeunes : alors que c’est le rôle de l’éducation nationale, celle-ci délivre au contraire à des jeunes entre seize ans et dix-neuf ans une fausse formation que les parents se seront sacrifiés à payer bien qu’elle ne mène à rien. »

 

Relevé par Michel Abhervé, cette info est ici

<http://www.collectif-papera.org/spip.php?article997>

 

Par ailleurs, on sait que l’université Bordeaux 3 a décidé de ne plus financer, à partir de la rentrée scolaire 2011, les préparations aux concours nationaux d'enseignement suivants : Capes de Lettres classiques, Capes d'Education musicale et chant choral, Capes d'occitan, agrégation de grammaire. Ces fermetures succèdent à d'autres fermetures similaires concernant les préparations suivantes : agrégation d'Italien, Capes de Basque, Capes de Portugais et Capes de Chinois.

Pourtant, cette université envisage de créer dans le même temps cinq nouvelles licences, intitulées "Licence Culture humaniste et scientifique", "Licence design", "Licence danse", "Licence création et écriture", "Licence Chanson française". Or, le coût de chacune de ces nouvelles licences est si élevé que même en additionnant les coûts des quatre préparations aux concours qui vont être supprimées à la rentrée 2011, le coût total d'une seule de ces licences n'est pas atteint.

 

Dernière nouvelle : plusieurs Länderallemands (dont Hambourg) viennent de supprimer les droits d’inscription. Leur analyse est que ces frais empêchent les étudiants des milieux défavorisés d’accéder à l’enseignement supérieur, ce qui ne peut qu’entraîner d’importantes perturbations dans la vie sociale.

 

<http://www.collectif-papera.org/spip.php?article993>

 

Attention à la contagion !

 

 

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 15:57

http://www.planetenonviolence.org/photo/art/default/410095-503543.jpg?v=1289419714Il me semble curieux qu'aucun journaliste, à propos de l'actuelle guerre  menée contre la Libye, n'ait eu l'idée de rappeler une guerre semblable,  qui a eu lieu, il y a quelques années, dans ces parages, et qui me  semble présenter quelques similitudes : la guerre aérienne contre la  Serbie, du 26 mars au 8 juin 1999.

1. Dans les deux cas, il s'agit d'une guerre qui s'est déroulée dans le bassin méditerranéen, à peu près au centre de celui-ci, sur la rive nord pour la première, sur la rive sud pour la seconde.

2. Dans les deux cas, le motif invoqué est le massacre de populations civiles, à l'intérieur d'un Etat donné, par le dirigeant de cet Etat, Slobodan Milosevic lors de la guerre de 1999, et Mouammar  Kadhafi lors de la présente guerre.

3. Dans les deux cas, le dirigeant en question a été diabolisé par une campagne médiatique non seulement comme dictateur mais aussi comme massacreur, et ce sans que des données précises aient été fournies sur l'ampleur des susdits massacres (qui, dans le cas du Kosovo, non seulement se sont avérés bien moindres que la propagande ne l'avait claironné, mais ont même été partagés).

4. Dans les deux cas, les puissances engagées ont été les mêmes. En 1999, c'était l'OTAN tout entière qui participait aux frappes. En 2011, l'OTAN n'apparaît pas en tant que telle, mais les pays participants sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, la Belgique, le Danemark, la Norvège, l'Espagne, le Canada, la Grèce, c'est-à-dire tous des membres de l'OTAN, parmi lesquels les trois qui ont les plus fortes armées de l'air de l'Alliance. L'OTAN, qui n'est pas à la tête des opérations, est néanmoins disposée à venir en soutien. [Symboliquement, il y a une participation de la Belgique, dont le sol abrite le siège de l'OTAN]. On notera néanmoins l'absence de deux membres de taille de l'Alliance : celles de l'Allemagne et de la Turquie.

5. Dans les deux cas, la guerre est purement aérienne, les belligérants n'ayant pas voulu (en 1999) exposer leurs troupes au sol, en Serbie, pour risquer de perdre des effectifs contre un adversaire qui s'était préparé depuis 1945 à une guerre de guérilla, en 2011, pour ne pas apparaître, aux yeux de l'opinion des pays arabes (et musulmans), encore plus comme des envahisseurs d'un pays musulman [après les engagements en Afghanistan et en Irak].

6. Dans les deux cas, les opérations sont menées principalement, d'une part depuis l'Italie, qui est le pays de l'Alliance le plus proche (jadis à l'ouest, aujourd'hui, au nord) du théâtre des opérations, et, d'autre part, depuis des navires (porte-avions, croiseurs, frégates, sous-marins) positionnés en Méditerranée. [On peut même imaginer que les schémas et plans d'opérations mis en oeuvre en 1999 aient resservi en 2011].

7. Dans les deux cas, les Américains ont frappé directement depuis leur territoire en utilisant leurs bombardiers B2 Spirit à long rayon d'action, ainsi que des missiles de croisière Tomahawk.

8. Dans les deux cas, les frappes aériennes, qui étaient censées protéger des populations civiles dans un lieu bien déterminé (le Kosovo lors de la guerre de 1999, la région de Benghazi en 2011) ont frappé d'emblée l'ensemble du territoire réputé ennemi, y compris sa capitale et y ont visé l'ensemble des infrastructures militaires (voire civiles, lorsque celles-ci peuvent servir aux opérations militaires), avec risque de commettre des bavures contre les populations civiles.

9. Dans les deux cas, la guerre se caractérise par une énorme dissymétrie dans l'importance de l'arme employée, l'aviation. Pas plus la Serbie de 1999 que la Libye de 2011 n'ont une aviation qui représente plus que quelques infimes fractions de celle de l'attaquant. [Ce qui explique peut-être et cette attaque et la forme de l'attaque].

10. Dans les deux cas, en dépit des justifications invoquées (protéger des populations civiles) ce qui est visé, c'est bien le dirigeant lui-même (Slobodan Milosevic et Mouammar Kadhafi) qui est visé, soit au sens propre, militaire, du terme, soit en tant que chef d'un pouvoir qu'on cherche à éliminer. Ici, en 2011, ce qui est recherché, c'est carrément qu'une future Libye soit de nouveau accueillante aux Occidentaux, comme elle l'était sous le roi Idriss de Libye avant 1969.

11. Dans les deux cas, au-delà du pays concerné, une autre cible est visée indirectement : en 1999, c'était la Russie (pour lui signifier qu'elle ne pourrait s'implanter dans les Balkans), en 2011, c'est tout à la fois les opinions arabes libérales – pour leur dire que les Occidentaux peuvent accompagner les mouvements de libération et ne pas être uniquement les soutiens de dictateurs – mais aussi les dirigeants arabes, pour les conforter dans l'idée que ces mêmes Occidentaux contiendront les "révolutions" dans certaines limites.

12. 
Dans les deux cas, un éventuel succès peut amener la possibilité pour l'Alliance dans le territoire vaincu (au Kosovo et en Albanie pour la guerre de 199, en Libye en 2011).

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:01

http://parolesdegauche.org/wp-content/uploads/2010/01/d143_attac_titom_decroissance.gifDans cette livraison du Sarkophage n° 24, Paul Ariès envisage un second tour Strauss-Kahn/Le Pen pour 2012 : « L’élection de Marine Le Pen à la tête du FN rend vraisemblable l’adoption d’un scénario à l’italienne caractérisé par un rapprochement des différentes droites. […] Sarkozysme et lepenisme sont les produits d’une même révolution conservatrice mondiale. »


Les pauvres en France sont désormais « à l’abandon » (Jean Peneff et Moustapha El Miri) : les auteurs espèrent que « dans les formes de survie économique peuvent apparaître des façons de vivre à cultiver ». Ce qui est difficile pour des ménages qui disposent de 50 euros par jour : « ils ont peut-être des droits citoyens, « mais pas les moyens pratiques de les exercer ».. Les auteurs critiquent le manque d’action des syndicats : « Si elles revenaient à leur histoire, les grandes centrales prendraient en charge cet énorme problème que les classes moyennes du caritatif ou des services sociaux ne savent pas saisir, l’abandonnant plutôt aux bons sentiments et au déclamatoire, préférant jouer des symboles du spectacle et des actions médiatiques dans les manifs. »

 

Véronique Perrot envisage un remaniement de la famille » : « La gauche a longtemps eu des comptes à régler avec l’institution familiale. Et si aujourd’hui c’était la famille qui avait des comptes à solder avec cette gauche-là ? Peut-on penser la famille comme un élément de résistance ? Le débat est ouvert, comme celui sur l’école. »

 

De manière cinglante, Laurent Paillard décrypte la prose de Luc Ferry (“ Ferry Games ”), tout en cynisme et en perversité. Qu’attendre d’un “ flicosophe ” qui préfère Marine Le Pen à Stéphane Hessel. À l’indignation du grand résistant, le partisan mondain de l’ordre établi préfère l’indifférence et le renoncement (« Peut-on s’indigner contre la loi de la pesanteur ? »).

 

En grande forme, le même Paillard (“ Le coin des sophistes ”) critique la politique du représentant de commerce de l’Oréal, actuellement ministre de l’Éducation nationale, une politique se résumant à l’accompagnement personnalisé pour chaque élève, qui « fonctionne comme un gadget que l’on reçoit en prime lors d’un achat  pour faire oublier la médiocrité du produit », mis en place non par des “ enseignants ” mais par des “ accompagnants d’élèves en fin de scolarité ”.

 

Jean-Claude Génot explique pourquoi la nature est « malade de la gestion ». La nature est envahie par le discours managérial, « alors qu’elle n’a besoin que de temps et d’espace, l’un nous apportant l’équilibre et l’autre la liberté ».

 

Pour Anselme Jappe, suffit-il d’être « tous contre la finance » ? « La toute-puissance de la finance n’est pas la cause des turbulences mais le symptôme d’une crise de toute la société capitaliste.

 

Un peu dans le même esprit, Pierre Dardot et Christian Laval expliquent brillamment comment le néo-libéralisme s’est imposé comme « la nouvelle raison du monde » par « l’universalisation du modèle de l’entreprise, l’extension à l’individu de la problématique gestionnaire du capital («“ capital humain ”).

 

Un article très argumenté de Guy Martin sur les prisons « usines à délinquance » : « L’oligarchie mondiale a besoin de la peur. Elle a besoin de la délinquance. Elle justifie le renforcement des systèmes répressifs, mais aussi l’enfermement d chacun chez soi. Sarkozy ne manque jamais de jouer sur la peur, d’invoquer les criminels. […] la prison plonge le délinquant dans un milieu aux antipodes du contrat social, où le rapport de force prévaut et où davantage de violence sont commises que dans n’importe quel autre lieu de la vie civilisée. […] dans certains états des États-Unis, un habitant sur cent est en prison. »

 

    Simon Cottin-Marx s’intéresse à l’immeuble de la Marquise du 1bis Place des Vosges. La justice a condamné les étudiants squatters de cet immeuble abandonné à 80000 euros d’amende. Une paille ! « Comme si un propriétaire qui laisse un immeuble vide pendant dix ans, sans entamer aucune procédure pour louer ou vendre, pouvait prétendre à un quelconque préjudice quand des mal-logés l’occupent ! »

 

Une fort utile réflexion de Georges Corm : « Comment l’idéologie libérale s’est emparée des esprits » : « Comment comprendre que les peuples ne se révoltent pas davantage ? Comment comprendre la victoire de la révolution conservatrice mondiale ? Pourquoi tant d’anciens militants de gauche se sont-ils ralliés au système ? » Voir aussi cet article sur le dernier livre de Georges Corm : [->http://www.legrandsoir.info/George-Corm-Le-nouveau-gouvernement-du-monde-Ideologies-structures-contre-pouvoirs.html]

 

Un entretien très enrichissant entre Alberto Acosta, Matthieu Le Quang et Paul Ariès sur la différence entre le bien être (qui détruit la planète) et le Buen vivir qui nous renvoie aux jours heureux du programme du CNR.

Pour Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne, le capitalisme et la piraterie ne sont pas ce que l’on croit. Est-ce que le capitalisme est un renouveau de la piraterie, où bien est-ce l’inverse ?

 

À propos de de Villepin, Le Sarkophage nous invite à nous souvenir qu’il fut l’inventeur du CPE et qu’il a considérablement réduit la progressivité de l’impôt sur le revenu.


Le Sarkophage donne la parole au Comité Anti-Olympique Annecy : « L’idéologie du sport est un élément central du productivisme avec la sportivisation de nos existences, avec la notion managériale de capital humain, avec la maltraitance du corps des sportifs, avec aussi les retombées négatives sur le plan environnemental, social et humain des territoires concernés. » Il s’agit également de « vendre des projets délicats à une population qui aura du mal à les combattre. »


Pour Christine Bergé, le nucléaire (article rédigé avant la catastrophe japonaise) n’est ni invisible, ni inodore, ni inoffensif : « Une centrale ressemble à une basilique conçue comme un hymne à la technologie sur un registre quasi religieux, centrale capable de renouveler éternellement son aliment de combustion. »

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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